DE LA MÉNINGITE RACHIDIENNE ET CÉRÉBRO-SPINALE
Les enveloppes de la moelle peuvent s’enflammer isolément ; mais le plus souvent, c’est-à-dire 18 fois sur 20, d’après M. Calmeil, elles le sont simultanément avec celles du cerveau : voilà pourquoi la maladie mérite , dans la plupart des cas , le nom de méningite cérébro-spinale.
Historique. — Cette affection , signalée vaguement par les anciens , i qui paraissent l’avoir vue régner plusieurs fois épidémiquement , n’est connue que depuis les travaux des auteurs modernes, et surtout depuis les recherches de MM. Ollivier (d’Angers) et Calmeil; mais le travail le plus complet, le plus remarquable, est sans contredit la relation qu’a publiée il y a peu de mois le professeur G. Tourdes, d’une épidémie de méningite cérébro-spinale qui a régné à Strasbourg de 18ù0 à 18A1.
Le travail de ce médecin, rédigé dans un excellent esprit, est d’un 'i grand intérêt, et peut être cité comme un modèle de description.
Anatomie pathologique. — Les caractères anatomiques de la ménin- gitc rachidienne ne diffèrent guère de ceux de la méningite cérébrale : ainsi on retrouve la même injection de la pie-mère et les mêmes pro- • duils de sécrétion albumineuse ou purulente. Ceux-ci ne sont presque { jamais épanchés dans la cavité de l’arachnoïde, mais infiltrent le tissu ' cellulaire subjacent, où ils forment une couche jaunâtre d’aspect couen- ! neux , existant à peu près uniformément sur une étendue plus ou moins considérable ; ils offrent toujours plus d’épaisseur à la face postérieure de la moelle qu’antérieurement, où le plus souvent même ils manquent complètement. La moelle épinière a ordinairement sa consistance normale ; parfois elle paraît même plus ferme ; enfin dans quelques cas elle est assez ramollie à sa surface pour qu’en la séparant des méninges celles-