DE LA MÉNINGITE RACHIDIENNE
ci en entraînent de petits fragments. La dure-mère est presque toujours intacte ; parfois elle est rouge et épaissie ; cependant nous ne possédons encore, sur l’inflammation de celte membrane, aucune donnée positive.
La méningite spinale est plus fréquente à la région cervicale qu’aux régions dorsale et lombaire; elle peut être circonscrite à un espace très limité : c’est ce qui a lieu particulièrement lorsque la phlegmasie est i consécutive à une altération des vertèbres ; ce n’est guère que dans ces cas qu’elle existe h l’état chronique. On trouve alors une adhérence des deux feuillets de l’arachnoïde , ou bien son feuillet viscéral , opaque ,
! semble épaissi; cependant un examen attentif démontre que cet épaississement dépend du tissu cellulaire subjacent, et que le feuillet arachi noïdien y est complètement étranger. Enfin on trouve quelquefois aussi des adhérences morbides entre l’arachnoïde et la pie-mère ou bien
entre celle-ci et la surface de la moelle. Quelques personnes ont en- 1 core voulu regarder comme résultant d’une phlegmasie chronique la présence des lamelles cartilagineuses qui hérissent quelquefois la face interne du canal rachidien; mais aucun fait ne justifie une pareille supposition.
Symptômes , marche. — La méningite spinale peut avoir une invasion brusque , foudroyante : c’est ce que M. lourdes a constaté plu- I sieurs fois dans l’épidémie de Strasbourg, où l’on vit des hommes pleins | de force et de santé passer sans transition à un état des plus graves, et succomber en quelques heures, avant meme que les lésions caractéristiques eussent eu le temps de se développer. Le plus souvent pourtant on note des prodromes, tels que frissons , céphalalgie , douleurs des membres, nausées, vomissements. Dans presque tous les cas, en raison de la coïncidence d’une méningite intra-crânienne, on voit les symptômes de la méningite spinale être masqués au début par des troubles cérébraux ; ceux-ci pourtant peuvent être consécutifs. Quoi qu’il en soit, dans la méningite spinale , les malades éprouvent une douleur violente dans le dos (rachialgie), presque toujours circonscrite aux régions lombaire, dorsale, et surtout cervicale ; elle s’irradie parfois vers les membres, augmentant par les mouvements musculaires et souvent par la pression. En même temps les muscles de la partie postérieure du tronc sont pris I de contraction convulsive, qui varie depuis la simple rigidité jusqu’à | une contracture telle que la tête et le tronc sont fortement renversés en l arrière, comme dans l’opisthotonos. Cette contraction tétanique peut I rester permanente; mais le plus souvent elle présente des rémissions ! plus ou moins complètes, et elle se renouvelle, soit spontanément, soit à l’occasion des mouvements qu’on imprime aux malades, line contrac- I turc analogue peut affecter divers autres muscles du corps : ainsi il y a ; quelquefois du trismus , de la roideur dans les muscles des avant-bras
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et des mollets; mais rarement il existe des secousses Convulsives épilepsifonnes, excepté pourtant dans les muscles de la face. Les membres supérieurs et inférieurs peuvent souvent exécuter* avec précision leurs mouvements habituels; cependant ils sont ordinairement plus faibles; souvent aussi ces parties sont le siège de crampes , tandis que la peau présente une exaltation de sa sensibilité telle, que la moindre pression exercée sur elle arrache des cris aux malades. Cette exaltation se remarque surtout aux membres; en même temps la respiration s’accélère et devient difficile; le pouls est fréquent, fébrile, la peau chaude et baignée de sueurs; il y a de la constipation, et l’urine s’échappe involontairement ou bien elle est retenue dans la vessie par suite de la paralysie de cet organe. Enfin on constate presque toujours divers accidents qui dépendent de la coïncidence d’une méningite cérébrale : ce sont surtout la céphalalgie , le délire ou le coma , et le strabisme.
En résumé , la méningite spinale est essentiellement caractérisée par la douleur rachidienne , la roideur tétanique et l’exaltation de la sensibilité générale. Ces divers accidents offrent souvent des rémissions et même des intermittences complètes ; mais il est rare que l’appareil fébrile suive les mêmes variations; du moins il ne cesse jamais complètement, comme les troubles cérébraux. Cependant au bout de quelque temps les accidents ne présentent plus de rémission; mais ils s’aggravent sans cesse ; enfin la mort survient au milieu de symptômes convulsifs épilepsiformes, ou bien par suite de la gêne croissante de la respiration, et dans un état d’asphyxie lente. En général , la roideur et les contractures persistent jusqu’aux derniers moments; dans quelques cas assez rares pourtant , on observe dans les derniers jours un état de résolution ou
de paralysie. SI ]
Terminaisons , durée. — La mort est la terminaison la plus ordi- . naire de la méningite spinale; quelques jours, ou même quelques ; heures , suffisent pour emporter les malades; mais on peut , avec M. Calmeil , évaluer à dix jours la durée moyenne de la maladie. Lorsque sa marche est rémittente, elle se prolonge parfois jusqu’au deuxième ou troisième septénaire , et même beaucoup au-delà ; on en a vu qui ne succombaient qu’au quarantième ou cinquantième jour, après être tombés dans le marasme ( Tourdes, Chauffard). Ceux qui guérissent re- • î viennent lentement à la santé , et présentent souvent une maigreur et un affaiblissement extrêmes.
Diagnostic. — Le diagnostic est en général facile ; nous dirons plus tard comment on pourra distinguer la méningite spinale de la myélite et du tétanos, qui sont les seules affections avec lesquelles on pourrait la confondre (voir en outre ce que nous avons dit plus haut du diagnostic de la méningite crânienne).
Pronostic. — Son pronostic est des plus graves. Dans l’épidémie de