DE LA MÉNINGITE RACHIDIENNE
Strasbourg, la mortalité aurait été de 60 pour 100, et de 70 ou 80 en ne comprenant que les cas graves.
Etiologie. — La méningite spinale est trois ou quatre fois plus fréquente chez l’homme que chez la femme. Plus commune depuis la puberté jusqu’à trente ans, elle a, d’après M. Calmeil, son maximum de fréquence entre vingt-huit et trente ans. La maladie a quelquefois été le résultat de l’impression du froid ; plus souvent elle a succédé à une contusion du rachis , ou à des efforts pour soulever ou porter de lourds fardeaux. Cependant, dans la grande majorité des cas , la méningite spinale semble être tout-à-fait spontanée. Plusieurs fois elle a sévi épidémiquement : c’est ce qu’on a surtout constaté depuis quelques années. Ainsi on l’a vue régner en 1838 dans les Landes (Lamotte et Lespes), en 1839 à Versailles (Faure-Villar) , à Avignon (Chauffard), à Metz (Gasté) , à Strasbourg (Lourdes, Forget), etc. Dans toutes ces localités, elle a sévi spécialement sur la garnison. Ses causes sont assez obscures; toutefois il paraît prouvé que dans plusieurs endroits , et surtout à Strasbourg , son développement a été favorisé par l’encombrement des casernes.
Traitement. — Le traitement consiste dans l’emploi des saignées générales, auxquelles on associera les saignées locales faites à l’aide de sangsues , et surtout de ventouses , qu’on appliquera en grand nombre tout le long du rachis. Les malades seront plongés dans un bain tiède et prolongé , avec affusions froides. Enfin lorsque l’état du pouls ne permettra plus de recourir aux émissions sanguines, on promènera le long du rachis des vésicatoires volants, et on tâchera de favoriser l’absorption des liquides épanchés à l’aide des mercuriaux, administrés comme dans la méningite cérébrale. Quelques auteurs ont encore eu recours , contre la méningite cérébro-rachidienne, à l’usage de l’opium. Ce médicament, employé en effet par M. Chauffard à Avignon , et par les professeurs Tourdes et Forget à Strasbourg , paraît avoir été utile plusieurs fois. On l a conseillé de le donner dès le début associé ou non aux émissions sanguines, et de le porter à la dose de 30 ou A0 centigrammes par jour. Les résultats obtenus jusqu’à présent autorisent à essayer de ce remède.