‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interneChapitre 77 sur 140 · DE L’ENCÉPHALITE · texte numérisé non relu

DE L’ENCÉPHALITE

tions des os du crâne et particulièrement la carie du rocher; celle-ci coexiste fréquemment avec un abcès clu lobe moyen, lequel communique quelquefois avec l’oreille interne (Morgagni, ltard, Lallemand, etc.) , et devient ainsi une des sources du pus dans l’otorrhée purulente.

Enfin , on a cité la gangrène comme pouvant être produite par l’encéphalite; cependant cette terminaison est rare. Quoique les caractères du sphacèle du cerveau ne soient pas encore suffisamment connus , on devra, néanmoins, croire à l’existence d’une gangrène, lorsque la substance nerveuse, d’un brun noirâtre, se sépare par fragments ou sous forme de détritus , lors même qu’elle n’exhale aucune odeur putride.

Les lésions qui caractérisent l’encéphalite aiguë sont plus fréquentes dans le cerveau que dans le cervelet , et on en a encore à peine observé quelques exemples dans la protubérance. Depuis MM. Lallemand et Cruveilhier on a prétendu que le ramollissement inflammatoire était surtout commun dans les parties les plus vasculaires, c’est-à-dire dans la couche corticale ou dans les parties qui renferment le plus de substance grise. Cependant quelques relevés contradictoires , mais s’appuyant néanmoins sur un nombre de faits encore insuffisant , doivent faire élever quelques doutes sur l’exactitude de cette proposition. Quant aux collections purulentes, on les rencontre surtout au centre des hémisphères ou dans les lobes moyens, et tout porte à croire, d’après leur siège , qu’ils se sont d’abord formés dans la substance médullaire.

Des lésions quon a regardées comme caractérisant l'inflammation chronique du cerceau, de celles qui 'peuvent succéder à V encéphalite. — Parmi les lésions que nous venons d’étudier, il en est deux qu’on rencontre aussi à l’état chronique ; ce sont le ramollissement blanc par infiltration purulente et les abcès; ces derniers sont alors toujours enkystés. Mais il est d’autres lésions qu’on a regardées comme spéciales à l’état chronique ; ce sont les ulcérations et différentes espèces d’indurations. L’ulcéraiion de la substance cérébrale, qui peut aussi se former d’une manière aiguë , est une altération fort rare, et sur laquelle nous ne possédons encore que des renseignements fort incomplets. Elle est caractérisée par une destruction plus ou moins étendue de la substance cérébrale et de la portion correspondante de la pie-mère et de l’arachnoïde. L’ulcération est tantôt recouverte d’une exsudation albumineuse sanguine, ou baignée par une matière pulpeuse, grisâtre; enfin d’autres fois la surface est détergée , et elle est tapissée par une membrane celluleuse, et, aune époque plus avancée, par une membrane épaisse , dure , cartilagineuse ou même cornée, qui constitue une vérfiable cicatrice. L’irlcération se fait toujours lentement, et envahit successivement des parties qui tantôt sont saines , mais qui , le plus souvent, sont le siège d’un ramollissement avec injection ou infiltration purulente, et d’une induration.

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L’induration simple du cerveau , c’est-à-dire celle dans laquelle le tissu de l’organe offre partiellement, ou dans toute son étendue, la consistance qu’elle acquiert lorsqu’on la fait macérer dans l’acide nitrique étendu , a été regardée comme un caractère anatomique certain de l’encéphalite chronique. Cependant il est impossible d’émettre sur la nature de cette altération aucune opinion plausible. Si même on réfléchit que cette induration a presque toujours lieu sans injection des tissus, qu’elle occupe le plus souvent toute la masse encéphalique , qu’on ne retrouve point ordinairement ces colorations ardoisées, bleuâtres, qui, pour la plupart des tissus , sont les vestiges de congestions ou de phlegmasics anciennes, on devra supposer que l’inflammation est étrangère à sa production, et qu’elle se manifeste sous l’influence d’unede ces perversions dans la nutrition dont nous observons de si fréquents exemples dans l’économie. Ce que nous disons ici de l’induration simple, générale, s’applique également à la plupart des indurations locales, et qui s’accompagnent en outre d’une transformation fibreuse , fibro-carlilagineuse ou osseuse des tissus. Nul doute que ces différents produits ne surviennent le plus souvent sans le concours d’aucun travail inflammatoire , mais quelquefois aussi une encéphalite circonscrite en est le point de départ. Lorsqu’en effet la destruction du cerveau s’arrête dans sa marche, une partie des liquides infiltrés et des tissus altérés est résorbée, l’autre portion se concrète , se durcit et forme une cicatrice dont l’aspect et la composition varient suivant les produits morbides , aux dépens desquels elle est constituée, et suivant l’époque à laquelle on l’examine; c’est ainsi que, d’abord blanchâtre et albumineuse, elle durcit et peut devenir plus tard fibro-cartilagineuse et même osseuse. Ces sortes de cicatrices sont situées dans la profondeur de l’organe ou à la superficie; elles peuvent produire tous les accidents primitifs ou consécutifs qui accompagnent la plupart des produits accidentels qui se forment dans le cerveau; mais il n’est nullement démontré, comme le prétend Abercrombie, qu’une portion du cerveau venant à être frappée d’induration à la suite d’un travail inflammatoire, puisse plus tard s’isoler à l’aide d’un kyste, pour former une de ces tumeurs si communes dans le cerveau, et qui sont réllement constituées par quelques produits accidentels.

Symptômes, marche. — L’encéphalite partielle, la seule dont nous devions traiter ici , peut débuter brusquement par des secousses convulsives ou une roideur tétanique, bornée à un membre , à une moitié du corps, ou- occupant simultanément la face et les membres; cependant, dans la plupart des cas, la maladie est précédée par quelque symptôme de congestion cérébrale. Ainsi la plupart des malades accusent pendant un ou plusieurs jours une céphalalgie partielle ou générale, ou une simple pesanteur de tête, des vertiges, des éblouissements, des

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bourdonnements d’oreiHes ; ils sont agités ou abattus ; il y a de la somi nolence chez les uns , et une insomnie opiniâtre chez d’autres. Quelques uns éprouvent des crampes, des roideurs ou des fourmillements bornés à un membre, à une moitié du corps, ou occupant tous les membres; il y a aussi parfois embarras momentané de la parole. Cependant bientôt les facultés intellectuelles s’affectent ; il y a un délire | vague , loquace , ou une obtusion des idées , ou un état semi-comateux , et un affaiblissement de la mémoire ; souvent il y a du strabisme ; la figure est animée , les yeux sont injectés. Vers la meme époque , les ! membres d’une moitié du corps , et c’est là un des premiers symptômes,

| deviennent le siège de roideur et de contracture ; les mâchoires sont serrées, la sensibilité est obtuse , quelquefois elle est exaltée; enfin ces parties peuvent être agitées de temps en temps par des secousses con- ( vulsives, auxquelles succède bientôt une paralysie plus ou moins com- 1 plète du sentiment et du mouvement. Au milieu de ces désordres , le pouls peut rester assez calme; mais, dans la plupart des cas, il s’accélère, il est vif, la chaleur de la peau s’élève, et comme nous l’avons vu pour la méningite, mais un peu moins fréquemment que dans cette dernière, on observe des nausées, des vomissements et de la constipa*

1 tion. Tel est l’ensemble des symptômes qu’on note dans cet état de la maladie qu’on peut nommer sa première période. Les symptômes ultérieurs varient ensuite beaucoup suivant la marche que l’affection suit.

Dans la plupart des cas, les symptômes d’excitation, tels que les contractures, les mouvements convulsifs et l’exaltation de la sensibilité, diminuent ou cessent , et sont remplacés par la paralysie du sentiment et du mouvement. Cette dernière peut être permanente ou bien alterner avec la roideur et les mouvements convulsifs. Quelquefois ces phénomènes opposés se remarquent simultanément; c’est ainsi que la jambe peut être dans la résolution, tandis que le bras est contracturé, et réciproquement. Les symptômes paralytiques coïncident ordinairement avec l’affaissement des facultés intellectuelles : ainsi , le coma est de plus en plus profond, les pupilles sont dilatées, le malade est étranger à tout ce qui l’entoure, la déglutition est difficile, les évacuations sont involontaires ou bien l’urine est retenue dans la vessie. Enfin , la respiration „ s’accélère et la mort survient lentement, ou bien la vie se termine brusquement au milieu d’un accès convulsif. Ce mode de terminaison est plus commun dans la période spasmodique de la maladie, et, dans ce cas, la mort survient avant qu’aucun symptôme de paralysie ait été observé. Enfin , l’encéphalite avec une vaste suppuration , peut même avoir une issue funeste sans que son existence ait été révélée par la contracture ou des convulsions; mais on voit seulement l'intelligence s’affaiblir et les malades tomber dans le coma et dans un état de résolution générale dans les vingt-quatre ou trente-six dernières heures de la vie.

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Ou dirait, dans ce cas, que le cerveau est resté étranger à la formation du pus ; que ce liquide a été seulement déposé dans l’organe , et qu’a la manière de tous les corps étrangers, il n’a agi sur la pulpe nerveuse que par son volume ou parles lésions consécutives- ( ramollissement, apoplexie, méningite), qu’il a développées, et qui expliquent souvent à elles seules les symptômes des derniers moments.

Ainsi , l’encéphalite n’est pas une de ces maladies dont la marche est franche et régulière. Les alternatives de délire et de coma, et le retour à l’intelligence , la paralysie et la contracture, ont fait dire depuis longtemps que l’encéphalite présentait des caractères pernicieux ou ataxiques. Ces rémittences peuvent se remarquer à toutes les époques de la maladie ; il n’est pas rare de les observe^ complètes dans la dernière période, lorsque, par exemple, un vaste abcès remplit tout un lobe. Cette irrégularité des symptômes est difficile à expliquer, on peut néanmoins s’en rendre compte jusqu’à un certain point en supposant qu’indépendamment de la lésion permanente (ramollissement, abcès), et autour d’elle , il se forme une congestion plus §u moins forte , et qui détermine des symptômes cérébraux proportionnés aux variations qu’elle subit. La maladie suit la même marche , et les symptômes se développent à peu près dans le même ordre de succession dans l’encéphalite spontanée que dans celle qui est traumatique. Des faits nombreux ont aujourd’hui mis hors de doute qu’on ne pouvait se fonder sur aucun des symptômes de la maladie ou sur la prédominance d’aucun d’eux pour localiser l’altération dans telle ou telle partie du cerveau. Enfin , aucun accident particulier ne peut faire distinguer les cas dans lesquels le cerveau est seulement injecté et ramolli de ceux dans lesquels du pus est déjà infiltré ou bien réuni en foyer. Les abcès du cerveau ont surtout une marche des plus insidieuses; la plupart se forment à notre insu , ou du moins ne sont précédés que des accidents qui annoncent une simple congestion ou une phlegmasie circonscrite.

Durée , terminaisons. — La plupart des malades atteints d’encéphalite aiguë succombent dans le cours du premier ou du second septénaire. Cependant, chez quelques uns, l’affection suit une marche beaucoup plus lente; dans ces cas, l’intelligence se conserve pendant longtemps.

§ Ces phénomènes spasmodiques manquent rarement, mais sont souvent peu marqués, tandis que la paralysie, quoique lente dans sa marche, existe presque dès le début, et finit par prédominer. En général, dans la cérébrite chronique , telle que celle qui est anatomiquement caractérisée par un abcès enkysté, on observe à peu près les mêmes symptômes que dans l’état aigu, et ceux-ci se succèdent peu à peu dans le même ordre ; seulement leur intesité est moins considérable, leur marche est plus lente, puisqu’il n’est pas rare que la maladie ne se termine qu’au bout de quatre ou cinq mois seulement, et parfois plus tard encore. Dans ces

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Càs, la Mort survient , tantôt par suite du progrès naturel de l’affection , tantôt par l’effet des maladies consécutives. D’ailleurs, c’est surtout dans l’encéphalite chronique qu’on observe ces variations, ces irrégularités de marche que nous avons précédemment signalées pour l’état aigu. Comme M. Lallemand l’a remarqué avec raison , cette irrégularité dans les symptômes s’explique par une succession non interrompue et variable de méningites , d’encéphalites et de congestions , qui se répètent à des époques plus ou moins éloignées , et sont séparées par des améliorations si prononcées qu’on les prend souvent pour des guérisons véritables. Enfin, l’encéphalite chronique ne diffère point, par ses symptômes et par sa marche , des autres lésions organiques du cerveau.

Jusqu’à présent, nous avons parlé de l’encéphalite comme d’une maladie dont l’issue est toujours funeste; celle-ci est, en effet, la terminaison presque constante de la maladie.* Cependant , quelques faits autorisent à penser que l’encéphalite peut guérir par résolution, car des malades recouvrent l’intégrité de toutes leurs fonctions. Lorsque l’inflammation, parvenue à un élat de ramollissement fort avancé, se termine par une cicatrice dure et qui devient le siège de diverses transformations organiques , on ne peut pas dire précisément que la maladie est guérie, puisque la plupart des malades conservent delà contracture, de Ja paralysie, divers iroublesintellecluels, et que cette cicatrice huit presque toujours par produire , comme tous les corps étrangers, diverses lésions consécutives. Il n’existe encore aucun fait concluant qui prouve que des abcès cérébraux aient jamais guéri par la résorption du liquide ou bien par suite de son issue à l’extérieur. Le pus, en effet, peut cire évacué à travers une solution de continuité récente ou ancienne des os du crâne, ou bien à travers l’ethmoïde ou le rocher cariés. Cette évacuation peut être suivie d’une rémission momentanée dans les accidents de compression , mais jamais de guérison.

Diagnostic. — Nous avons vu qu’il était impossible de distinguer la méningo-encéphalile de la méningite simple. Celle-ci diffère de l’encéphalite sans complication , par la céphalalgie, qui est plus vive, par le trouble des sens, et ceux des organes digestifs, qui sont plus communs, par la vivacité du délire et l’intensité de la fièvre. La paralysie est assez rare , et les symptômes spasmodiques occupent presque toujours les deux côtés du corps , tandis que dans l’encéphalite simple la douleur de tète est médiocre, ainsi que la fièvre, qui quelquefois meme [est nulle. On observe dès le début de la roideur, de la contracture ; plus tard , de la paralysie, qui est toujours lente, progressive. Cette succession dans les accidents permettra de distinguer l’encéphalite de l’hémorrhagie cérébrale, tandis qu’il sera souvent presque impossible de la différencier d’avec le ramollissement.

M. Durand Fardcl croit pourtant qu’il y a une forme d’encéphalite

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anatomiquement caractérisée par l’injection et le ramollissement des circonvolutions avec adhérences des méninges qui serait caractérisée par des symptômes apoplectiques tout-'a-fait semblables à ceux d’une hémorrhagie cérébrale. Cependant les faits de M. Durand Fardel ne nous semblent pas à l’abri de toute objection; car malgré le soin avec lequel les observations ont été recueillies, il ne nous est pas démontré que pour la plupart du moins, sinon dans tous, les symptômes apoplectiques n’ajent pas été précédés de quelques autres prodromes propres à l’encéphalite et étrangers aux hémorrhagies. Certains ramollissements inflammatoires ou atoniques des parties blanches centrales du cerveau ressemblent beaucoup, par leur début , à la fièvre typhoïde. Ainsi , comme dans celte dernière, il existe de la céphalalgie, des étourdissements, des vertiges, des bourdonnements d’oreilles, de l’insomnie, du délire, quelquefois des épistaxis, de la diarrhée et toujours une fièvre assez intense. Cependant on pourra s’éclairer sur la véritable nature de l’affection en raison , dans le cas de ramollissement, de l’absence des principaux symptômes abdominaux et du raie sibilant dans la poitrine; et puis ajoutons qu’au bout de peu de jours on voit survenir de la roideur, ou de la paralysie dans une moitié ou dans les deux côtés du corps , et souvent dès le début on constate du strabisme ou de la diplopie, accidents qui doivent toujours mettre en garde et empêcher qu’on ne porte un diagnostic prématuré.

Le diagnostic de la maladie une fois établi, il est impossible de localiser l’altération dans telle ou telle partie du cerveau; il est même souvent difficile de déterminer si la maladie est bornée à un seul côté ou si les deux hémisphères sont atteints simultanément, puisqu’une encéphalite locale peut produire de la contracture ou des secousses convuU sives dans les deux côtés. Cependant il faut convenir que ce cas est rare , et que le plus ordinairement, lorsque des symptômes spasmodiques ou de paralysie se montrent simultanément dans les deuxcôtés, on trouve une lésion dans les deux hémisphères à la fois ; ou bien l’altération dont un des hémisphères est le siège est tellement considérable qu’on conçoit qu’elle a pu exercer une compression sur le côté sain. Nous avons dit aussi qu’il était impossible de préciser le degré auquel l’altération est parvenue. Cependant si les symptômes sont impuissants, il est parfois certaines circonstances dans lesquelles on les observe , qui donnent quelque précision au diagnostic. Ainsi lorsque chez un malade atteint d’une otorrhée ancienne, se liant à une altération des os, on voit en même temps que l’écoulement diminue, de la céphalalgie survenir avec du délire , de l’agitation , des convulsions, du coma et de la fièvre, on peut presque affirmer qu’un abcès se forme ou est peut-être déjà formé dans le lobe moyen. Il est impossible d’établir pendant la vie le diagnostic différentiel de l’encéphalite chronique dans

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Jes affections cérébrales à marche lente. On ne peut avoir ici que des présomptions d’après la connaissance des commémoratifs.

Pronostic. — Il est peu de maladies aiguës aussi graves que l’encéphalite; elle tue, en effet, presque tous les individus qu’elle frappe, et ceux en petit nombre qui y survivent, restent jusqu’à la fin de leurs jours, infirmes, paralytiques ou en état de démence. La variété qui débute par des mouvements convulsifs est de toutes la plus grave.

Étiologie. — On n’est pas encore suffisamment fixé sur la nature des causes prédisposantes ou efficientes qui peuvent produire l’encéphalite. On sait pourtant que cette maladie atteint plus souvent (deux ou trois fois) l’homme que la femme; maison n’est pas encore suffisamment fixé sur l’époque de la vie à laquelle la maladie prédomine , les uns ayant indiqué l’enfance, d’autres l’âge viril. On ne sait non plus rien de précis, sur le rôle que jouent les affections tristes de l’âme, les travaux de l’esprit et la température : quelques faits autorisent 5 penser que la maladie peut survenir sous une influence héréditaire. L’encéphalite reconnaît souvent comme cause déterminante , une violence extérieure sur les os du crâne , l’insolation ou les excès alcooliques. Nous avons dit aussi que l’inflammation de l’oreille interne , soit qu’elle dépende primitivement de la carie du rocher, soit que, bornée d’abord à la muqueuse, elle finisse par altérer ces os, est une cause d’encéphalite, et celle-ci se termine presque toujours par la formation d’un abcès. Le virus vénérien a été considéré par M. Lallemand comme pouvant exercer une influence directe et primitive sur le cerveau et l’enflammer. Mais cette opinion ne semble pas encore démontrée : il est au contraire incontestable pour tous, que le virus vénérien, en altérant les os du crâne, peut devenir ainsi l’occasion indirecte d’une encéphalite. Enfin celle-ci , au lieu d’être primitive, se développe fréquemment au pourtour d’un caillot ou d’une tumeur du cerveau.

Traitement . — Le traitement ne diffère en rien de celui que nous avons indiqué pour la méningite ; peut-être pourrait-on essayer ici de la méthode contre-stimulante qui échoue toujours dans les phlegmasies des membranes séreuses; quelques faits autorisent du moins à employer ce traitement dans l’encéphalite aiguë. Dans la période de collapsus , et lorsque la maladie passe à l’état chronique, il faut insister sur les révulsifs puissants tels qu’un séton ou plusieurs cautères à la nuque.

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Le mot de myélite , proposé par M. Ollivier (d’Angers), sert à désigner l’inflammation du tissu de là moelle épinière.

Anatomie pathologique. — Ce que nous avons dit des lésions caractérisant l’encéphalite, s’applique également à la myélite; seulement

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comme les altérations suivent une marche beaucoup plus rapide què pour le cerveau , il s'ensuit qu’on trouve rarement sur le cadavre la myélite seulement caractérisée par l’injection , la rougeur et l’induration du tissu; dans tous les cas, au contraire, la pulpe nerveuse est ramollie , diflluenle , et le ramollissement peut présenter les colorations rouge, jaune, verte ou blanche , que nous avons déjà rencontrées dans le cerveau. Les collections purulentes s’y observent beaucoup plus rarement que dans ce dernier, et ont toujours un très petit volume. Gomme pour le cerveau , les ramollissements rouges, jaunes, verdâtres et blancs avec infiltration purulente , devront seuls se rapporter à un travail inflammatoire. Quoi qu’il en soit , ces ramollissements s’accompagnent toujours d’une augmentation dans le volume de la moelle au niveau des parties altérées. Il est rare que la lésion occupe plus de la moitié du cordon rachidien, ordinairement même elle est limitée à une seule région ; ainsi la portion dorsale est le plus souvent atteinte; viennent ensuite les portions cervicale et lombaire. Le ramollissement commence presque toujours par la substance grise centrale , plus rarement par la périphérie , à moins que la myélite ne soit consécutive à l’arachnitis. Le ramollissement peut occuper toute l’épaisseur de la moelle ou bien être borné à une de ses moitiés latérales , ou bien enfin être inégalement marqué à la face antérieure ou postérieure. Dans le premier cas le tissu nerveux peut être réduit en une sorte de détritus purulent , de sorte qu’il y a réellement interruption complète entre les parties supérieure et inférieure de la moelle.

On a coutume de considérer surtout comme des indices d’une inflammation chronique l’induration du tissu de la moelle , ce qui donne parfois à ce cordon nerveux la consistance de l’albumine durcie ; mais jusqu’à présent il est absolument impossible de déterminer quelles sont les altérations qui peuvent anatomiquement caractériser la myélite chronique.

Symptômes et marche. — La myélite paraît débuter ordinairement sans prodromes , et par des symptômes locaux : ainsi , la plupart des malades éprouvent de l’engourdissement, des fourmillements, des crampes dans les membres inférieurs, et quelquefois aussi dans les membres thoraciques , suivant la hauteur à laquelle l’altération remonte. Les mouvements sont difficiles , embarrassés , roides , incertains; quelquefois il existe de temps en temps des secousses convulsives. Quelques malades éprouvent aussi une douleur fixe dans un point du rachis. Cette douleur peut être constante; mais le plus souvent elle n’est ressentie que par la pression ou par la percussion médiate qu’on exerce sur les apophyses épineuses correspondantes , ou bien encore lorsque les malades sont couchés sur le dos. Quelquefois, enfin, on la provoque en promenant une éponge imprégnée d’eau chaude sur toute la longueur du

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rachis, ce qui excite vis-à-vis la région affectée une sensation de chaleur brûlante, tandis que partout ailleurs le malade ne ressent que l’impression d’une chaleur ordinaire. Indépendamment de cette douleur locale qui indique à quelle hauteur la moelle est altérée , il en existe souvent d’autres qui, tantôt semblent une irradiation de la précédente, mais qui souvent aussi en sont indépendantes. Ces douleurs occupent les membres inférieurs ; elles suivent parfois le trajet des nerfs sciatiques , ou bien elles sont disséminées dans tout le membre , et retentissent surtout dans une partie , comme à la plante des pieds. Des douleurs plus fréquentes encore sont celles que beaucoup de malades accusent en travers du corps, et qui semblent siéger dans les branches des nerfs intercostaux. Cependant la paralysie ne tarde pas à survenir : presque toujours elle commence par les membres inférieurs et s’étend de bas en haut ; elle affecte presque toujours simultanément le sentiment et le mouvement , mais à des degrés parfois différents. Quelquefois la paralysie du mouvement existe sans altération de la sensibilité ; le contraire a lieu très rarement; en même temps l’urine cesse d’être excrétée, ou bien elle sort involontairement. Il en est de même des matières fécales , qui peuvent être retenues lorsqu’elles sont solides; mais pour peu qu’elles soient liquides , elles s’échappent malgré la volonté du malade , ou sans que celui-ci en ait la conscience ; il en* est de même des vents. L’étendue de la paralysie varie d’ailleurs suivant la hauteur à laquelle siège l’altération de la moelle. Ainsi, lorsque la myélite occupe les régions dorsale ou lombaire, les membres inférieurs, la vessie et le rectum sont seuls af- I fectés ; mais lorsque l’altération gagne la portion cervicale , on observe du- côté des membres thoraciques les mêmes symptômes que nous avons i notés précédemment vers les membres abdominaux, c’est-à-dire des fourmillements , des crampes , de la roideur , des convulsions , et la paralysie du sentiment et du mouvement. Bientôt aussi les muscles inspirateurs cessent d’agir ; la dilatation de la poitrine ne se fait plus que par le diaphragme; la respiration est courte, accélérée, pénible, et un grand nombre de malades succombent aux symptômes de l’asphyxie lente. Ces accidents se remarquent encore lorsque l’altération réside dans la portion crânienne de la moelle. De plus , il n’est pas rare alors qu’il existe une douleur vive à la nuque , de la rigidité dans les muscles de cette région , des troubles de l’intelligence et des sens, du trismus , une déglutition difficile, une respiration pénible, diaphragmatique, et parfois de l’hydrophobie. A ces phénomènes succède une paralysie, tantôt bornée à une moitié du corps, plus souvent générale, suivant que l’altération occupe un seul faisceau ou les deux faisceaux antérieurs de la moelle. Quand ces accidents sont tels que je les indique, ils sont assez caractéristiques d’une altération de la portion crânienne de la moelle, et quoi qu’on en ait dit, on ne les retrouve point , ni dans l’inflammation i. 28

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des parties blanches centrales, ni dans celle des deux hémisphères.

L’inflammation de la moelle peut exister sans réveiller beaucoup de sympathies; cependant il y a communément un appareil fébrile assez intense , de la soif, de l’inappétence , et assez souvent des vomissements.

Nous avons vu que, quelle que fût la hauteur à laquelle siège l’altération de la moelle , les symptômes spasmodiques ou la paralysie occupaient simultanément , mais parfois inégalement , les membres de l’un et l’autre côté. Cependant , dans quelques cas rares , et nous en avons rencontré plusieurs , ces accidents sont d’abord bornés à un membre ou bien aux deux membres du même côté, c’est-à-dire qu’il peut y avoir hémiplégie, comme si la lésion siégeait dans un des hémisphères ; mais , dans ce cas, on ne tarde pas à voir les membres opposés être eux-mêmes atteints pour peu que l’altération de la moelle fasse de nouveaux progrès. Nous signalerons également comme un fait excessivement rare la propagation de haut en bas des phénomènes spasmodiques et de la paralysie. Nous avons parlé précédemment de la paralysie comme survenant presque toujours d’une manière progressive; cependant il n’est pas rare que les malades, qui n’éprouvaient d’abord que des fourmillements dans leurs membres , soient tout-à-coup paralysés du sentiment et du mouvement dans ces parties , comme si le tissu de la moelle était brusquement détruit par un raptus hémorrhagique. Il faut admettre alors que l’altération est devenue tout d’un coup très considérable.

Durée , terminaison. — La myélite a une durée plus ou moins longue : elle peut entraîner la mort au bout de peu de jours lorsque la maladie occupe primitivement la région ceryicale ; mais si l’altération commence par les régions dorsale ou lombaire, il peut s’écouler plusieurs semaines avant que la terminaison fatale ait lieu. Celle-ci est produite tantôt par les progrès de l’altération qui gêne la respiration et empêche l’hématose, ou bien par suite de la gangrène qui , comme dans la plupart des maladies de la moelle, envahit rapidement les parties destinées à supporter le poids du corps, telles que le sacrum, le coude, le trochanter et les talons. Dans ces cas la paralysie devient complète , la peau des membres et du tronc peut être déchirée et brûlée sans que les malades en aient la conscience, enfin les parties s’infiltrent et perdent leur chaleur. Très rarement (car jusqu’à présent nous n’en avons rencontré que deux exemples) la myélite se termine par le retour complet à la santé. Alors la sensibilité se -ranime, le mouvement revient peu à peu, les évacuations involontaires cessent , et au bout d’un temps, qui est rarement moindre de six semaines, ou deux mois, les malades ont recouvré la plénitude de leurs facultés ; mais ce cas est excessivement rare. On peut en outre établir que presque tous les malades qui ne succombent point aux accidents aigus restent ensuite infirmes, paraplégiques, sujets à des rétentions ou à des incontinences d’urine et de matières fécales. Quelques malades

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pourtant peuvent encore se soutenir et marcher avec l’aide d’un bâton ou de béquilles; chez d’autres la station est impossible sur les pieds * tandis qu’il leur est possible de marcher sur leurs genoux ; enfin un grand nombre ne peuvent plus exécuter aucune espèce de mouvements, par suite de l’état de contracture ou de résolution de leurs membres. Les muscles alors s’atrophient, et parfois quelques uns d’entre eux , ceux des mollets surtout, subissent la dégénérescence graisseuse. Enfin , lorsque ces individus succombent au bout de plusieurs années, on trouve, pour expliquer ces accidents, une atrophie partielle de la moelle, ou bien une induration de son tissu , et quelquefois un ramollissement blanc ne différant pas de celui qu’on rencontre dans un grand nombre d’états aigus.

Diagnostic. — L’existence d’une douleur fixe et plus ou moins vive, spontanée ou provoquée par la pression et la percussion sur un point du rachis, des symptômes spasmodiques ou des paralysies se développant simultanément ou successivement dans les deux membres opposés et coïncidant avec l’intégrité des facultés intellectuelles, devront caractériser une maladie de la moelle. Le siège de la douleur et de la paralysie fera connaître l’étendue de l’altération. La persistance seule de la motilité ou de la sensibilité porteront à croire que l’altération affecte exclusivement ou spécialement les faisceaux postérieurs ou antérieurs. L’hémiplégie prouvera que la moitié de la moelle seule est malade. Il est inutile de dire que la paralysie occupe toujours le côté correspondant à l’altération. On pourra encore distinguer la myélite de l’arachnitis spinale, en ce que dans cette dernière on observe une douleur locale plus vive, et qui manque plus rarement, une roideur convulsive des muscles vertébraux, et une exagération de la sensibilité de la peau, accidents qu’on ne voit pas dans la myélite. Enfin les symptômes spasmodiques i (roideur, contractures, convulsions) sont plus marqués dans l’arachnitis, tandis que la paralysie prédomine dans la myélite. Là se borne tout I le diagnostic; car je ne pense pas qu’il soit encore possible de préciser la nature de l’altération , c’est-à-dire de déterminer d’une manière cer- I taine si on a à traiter une myélite ou seulement un de ces ramollissements à marche aiguë dont nous parlerons ailleurs , et qui semblent se produire sans le concours manifeste d’aucun travail inflammatoire.

Pronostic. — La myélite, comme on a pu s’en convaincre précédemment , est une maladie excessivement fâcheuse ; sa gravité est d’autant plus grande que l’altération siège davantage vers les parties supérieures. La manifestation de la gangrène est un accident des plus fâcheux ; enfin la paralysie des muscles respiratoires indique une mort prochaine.

Étiologie. — La myélite paraît plus commune dans la jeunesse et l’âge adulte; elle est le plus souvent spontanée; mais elle succède assez 'fréquemment à des violences extérieures sur le rachis, à des fatigues

DES INFLAMMATIONS

excessives, telles que celles de la marche, surtout lorsque les individus portent de lourds fardeaux sur leurs épaules. Enfin l’altération des vertèbres , la compression de la moelle par une production morbide , ou simplement par la déviation du rachis , peut finir par provoquer une inflammation aiguë de la pulpe nerveuse.

Traitement. — Les moyens de traitement sont exactement les mêmes que pour la méningite rachidienne dans la période aiguë. Mais les révulsifs devront être ici beaucoup plus énergiques : c’est ainsi que , dès qu’on aura suffisamment combattu l’inflammation par les saignées générales et locales, on appliquera un ou plusieurs cautères ou moxas sur les côtés des apophyses épineuses correspondant à l’altération. Ces moyens, auxquels on peut joindre, d’après le conseil de M. Ollivier, l’usage de douches salines ou sulfureuses sur le rachis , sont à peu près les seuls qui aient quelque efficacité dans les paraplégies chroniques , maladies contre lesquelles nous avons vu toujours échouer l’électropuncture et la strychnine , moyens d’ailleurs qui ne devront être essayés qu’avec prudence , et lorsque tout état aigu a cessé depuis longtemps.

Dans la myélite, comme dans la plupart des maladies de la moelle, il faut prendre les plus grandes précautions pour éviter les escarres, qui ont beaucoup de tendance à se produire. Les malades seront donc tenus proprement; on les changera souvent de position; on évitera tout ce qui pourrait irriter et contondre la peau : c’est dans ces cas que les lits mécaniques ont une grande utilité.

DE LA NÉVRITE OU NEURITIS.

C’est à tort que quelques auteurs, comme Boerhaave, ont autrefois contesté que les nerfs pussent jamais s’enflammer. D’autres soutenaient que dans la névrite , l’inflammation respectait la pulpe nerveuse , tandis que le névrilème seul était phlogosé : aussi désignaient-ils plutôt la maladie sous les noms de névriliteoude névrilémile. Mais les recherches cadavériques ont prouvé aujourd’hui que le névrilème, comme la subslance nerveuse , peut être isolément ou simultanément atteint par l’inflammation. Celle - ci est caractérisée dans le premier par la rougeur , l’épaississement gt la friabilité du tissu; dans la seconde , par l’injection , le ramollissement et l’infiltration purulente de la substance nerveuse , qui est parfois transformée en une pulpe grisâtre; le volume du nerf est augmenté. Nous 11e savons rien sur les caractères de la névrite chronique. Quoi qu’il en soit, la névrite est une maladie excessivement rare, surtout comme affection idiopathique; elle succède presque toujours à quelque cause traumatique comme une plaie ou une cutusion. *

Symptômes. — La névrite est caractérisée par une douleur vive, dilacérante ou conlusive, siégeant sur le trajet connu d’un nerf; elle est

DU CORYZA

continue et augmente par la pression. Si le nerf est superficiellement placé, on sent à travers la peau un cordon dur, noueux, douloureux, formé par l’organe malade , et dont les fonctions se trouvent plus ou moins perverties. C’est ainsi que les parties qui recouvrent les ramifications du nerf sont le siège d’un engourdissement pénible, et quelquefois d’une paralysie qui porte à la fois sur le sentiment et le mouvement, ou sur l’une de ces facultés seulement, suivant la nature du nerf malade. Cette paralysie peut même devenir permanente si l’inflammation, arrivant jusqu’à suppuration ou même gangrène, avait pour effet de détruire le nerf, ou bien encore si celui-ci était frappé d’atrophie. L’ulcération n’est jamais une terminaison de la névrite. Cette lésion , dans les cas rares où on l’a observée, a toujours été consécutive à la destruction des tissus ambiants. Cependant les faits de névrite jusqu’à présent connus sont assez rares pour qu’on ne puisse encore déterminer quels sont la marche , le mode de terminaison le plus fréquent de la maladie et partant le pronostic à établir.

Le traitement est essentiellement antiphlogistique; on insistera surtout sur les émissions sanguines locales, les cataplasmes, les bains, les onctions mercurielles et les révulsifs internes. Enfin si, lorsque la période inflammatoire ayant cessé, les malades éprouvent de l’engourdissement, un commencement de paralysie, on promènera un ou plusieurs vésicatoires, ou même on appliquera plusieurs cautères ou moxas sur le trajet du nerf.

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