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INFLAMMATIONS DU TISSU CELLULAIRE

DU PHLEGMON DES CAVITES SPLANCHNIQUES.

* Le tissu cellulaire des cavités splanchniques est susceptible de s’enflammer comme celui des autres parties du corps. En parlant ici de phlegmons splanchniques , je n’entends désigner par là que ceux qui se développent dans la poitrine et l’abdomen ; car il est inutile de dire qu’il n’en existe pas dans le crâne , puisqu’on ne rencontre dans cette cavité qu’une très petite quantité de tissu cellulaire lamineux, et par conséquent peu susceptible d’inflammation. Il n’en est plus de même dans la poitrine , où , notamment dans les deux espaces triangulaires qu’on nomme médiastins, existe en abondance du tissu cellulaire qui peut s’enflammer d’emblée ou consécutivement à l’altération d’un autre organe. Mais c’est surtout dans la cavité abdominale , et notamment dans sa moitié inférieure , qu’on observe l’inflammation du tissu cellulaire. C’est ce qui s’explique par le grand nombre d’organes qui y sont contenus , par les altérations diverses dont ils sont le siège , et les changements rapides et variables que l’état physiologique amène dans leur volume et leur situation. Ajoutons enfin que le tissu cellulaire abdominal, protégé seulement par des parois molles , est plus susceptible de recevoir l’impression des causes extérieures que celui du thorax, que protègent des parois solides et élastiques.

DES INFLAMMATIONS

DES PHLEGMONS ET DES ABCES DES MEDIASTINS.

Le tissu cellulaire des médiastins, surtout celui du médiastin anlé- j rieur, s’enflamme quelquefois. Cependant cette affection est fort rare : aussi ne possédons -nous encore sur elle que des renseignements tellement incomplets , qu’il n’est peut-être pas encore possible d’en tracer l’histoire. Voici pourtant ce qu’on sait de plus positif à ce sujet.

Symptômes , marche , terminaisons. — Lorsque l’inflammation est primitive, ou lorsqu’elle succède à une violence extérieure, les malades accusent derrière le sternum une douleur profonde et vive, s’accompagnant de fièvre, de gêne dans la respiration, d’une anxiété qui est en rapport avec l’étendue de la phlegmasie et le degré de compression que la tumeur inflammatoire exerce sur le cœur , les vaisseaux et la trachée. La mort peut arriver dès cette période, au milieu des palpitations, des syncopes et des angoisses les plus grandes. Presque toujours le phlegmon se termine par suppuration ; dans ce cas, peu après que les accidents ont été portés à leur summum d’intensité, on observe cette série de symptômes généraux annonçant la présence du pus. Souvent alors les phénomènes de compression augmentent; le cœur est dévié à gauche, sans voussure à la région précordiale; les battements cessent d’être perçus sur le sternum, qui rend à la percussion un son complètement mat. Lorsque la suppuration du médiastin est consécutive à une carie ou à une nécrose du sternum , on n’observe point les symptômes aigus inflammatoires que nous avons précédemment notés. Les malades accusent seulement une oppression toujours croissante , une gêne et une douleur obtuse derrière le sternum. Ces derniers symptômes sont également ceux qui paraissent se remarquer le pins communément lorsque le pus , au lieu de s’être formé dans le médiastin, 1 y arrive de points plus ou moins éloignés , comme lorsqu’un abcès du cou fuse derrière le sternum. Cependant, dans ces cas, les phénomènes ne sont pas toujours exactement les mêmes; car tantôt on n’observe que des accidents de compression; d’autres fois, l’arrivée du pus au milieu d’un tissu cellulaire sain enflamme celui-ci à son tour , et on voit alors survenir tous les troubles que nous avons décrits précédemment en parlant des phlegmons primitifs.

Le pus , accumulé dans les médiastins , et surtout dans le médiastin antérieur, tend toujours à se porter au-dehors; le plus souvent il se fraie une issue à travers le sternum , surtout lorsque cet os est carié ou qu’il s’est fracturé. Dans le cas contraire, il s’échappe par un espace intercostal et par un point voisin dujbord latéral du sternum. Quelquefois encore le pus, fusant à l’une ou d’autre des extrémités du médiastin, Aient former tumeur au-dessus de la fourchette sternale ou au voisinage

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