‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interneChapitre 93 sur 140 · DES PHLEGMONS ET DES ABCÈS DES MÉDIASTINS · texte numérisé non relu

DES PHLEGMONS ET DES ABCÈS DES MÉDIASTINS

j de l’ombilic. La rupture de l’abcès, dans la plèvre, est peut-être la ter- 1 minaison la plus rare ; cependant elle a été quelquefois observée, comme on le voit par la neuvième observation du mémoire de Lamartinière. Quoi qu’il en soit , lorsque ces abcès tardent à s’ouvrir, ils finissent par amener de graves désordres et de vastes décollements; c’est ce qui fait qu’après leur ouverture à l’extérieur le pus stagne presque toujours dans ! quelque point du foyer; de là des accidents de résorption et des caries consécutives. Enfin , Lamartinière a vu dans un cas l’artère mammaire interne dénudée et ulcérée donner lieu à une hémorrhagie grave.

Diagnostic. — Les phlegmons et les abcès du médiastin sont, en général, difficiles à reconnaître. Cependant une douleur habituelle derrière | le sternum , plus ou moins vive, avec matité , déviation du cœur s’accompagnant de fièvre, et plus tard des symptômes généraux annonçant une collection purulente ne pourraient guère se raporter à une autre affection qu’à une phlegmasie du médiastin ; car l’auscultation et la percussion indiquent que la plèvre et les poumons sont intacts. On ne croira pas non plus à l’existence d’une péricardite , car dans celle-ci la matité existe sur le bord gauche du sternum , où on constate en outre une voussure plus ou moins considérable; enfin, les battements du cœur sont obscurs, profonds, tandis que, dans l’inflammation des médiastins, la matité est uniquement bornée au sternum ; il n’y a pas de voussure, et les battements du cœur sont distinctement perçus; ils sont superficiels, et plus ou moins déplacés.

Pronostic. — Il est inutile d’insister pour prouver combien les phlegmasies des médiastins sont graves; dans la plupart des cas, en effet, la maladie se termine d’une manière funeste.

Etiologie. — Le phlegmon et les abcès des médiastins ne sont presque jamais spontanés ; mais, dans la majorité des cas, ils sont l’effet d’une violence extérieure, telle que contusion, plaie, fracture du sternum; plus souvent encore ils sont symptomatiques d’une lésion organique de l’os, telle qu’une carie ou une nécrose; enfin, souvent aussi l’abcès est formé par du pus qui , sécrété sur les parties latérales du cou , fuse ensuite entre les plans aponévrotiques jusque dans la poitrine.

Le traitement doit être antiphlogistique, et dès que la suppuration est formée , on devra tâcher de l’évacuer le plus tôt possible. Si un abcès se forme sur le sternum ou à son voisinage, on l’incisera et on favorisera par la position et les injections l’écoulement du pus; enfin, si celui-ci stagne ou lorsqu’il tarde trop d’arriver à l’extérieur, tous les praticiens sont d’accord de mettre le foyer à nu par la trépanation de l’os.

DES INFLAMMATIONS

DES PHLEGMONS ABDOMINAUX.

Toutes les parties du tissu cellulaire abdominal peuvent s’enflammer; mais nulle part dans le ventre les phlegmons et les abcès ne sont aussi fréquents que dans l’excavation pelvienne , dans les fosses iliaques et autour du siège , parties où le tissu cellulaire existe en plus grande abondance que partout ailleurs. Nous allons donc décrire séparément l’inflammation phlegmoneuse dans chacune de ces régions.

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