DE QUELQUES AUTBES ESPÈCES D'APOPLEXIES
Je viens de décrire avec quelques détails les trois espèces d'apoplexies qui s^nt les plus communes et qui ont des symptômes spéciaux. 11 me reste maintenant à faire connaître quelques autres hémorrhagies interstitielles qui, quoique moin* importantes sous le rapport symptomatique, méritent pourtant d'être connues, car plusieurs d'entre elles peuvent être la cause de graves accidents.
AjMiplexivs des viscères abdominaux, — Je ne dirai rien de l'apoplexie de Ij
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rate et du foie, altération qui parait avoir été quelquefois obscr\éc clicz des individus (fui ont succombé «i des accès de fièvres pernicieuses ou au purpura.
Le docteur kiwisch dit aussi avoir rencontré fréqueifuncnl Tapoplexie du foie chez les nouveau nés; dans deux cas même on a pu la regarder cxinime étant la cause de la mort. Cependant, jusqu^à ce jour, on ne connaît nullemeut la marché que ces épancliements suivent, et leur diagnostic est al)solumeut iinpos&îbleL Ceci s'applique également aux collections sanguines que, dansi|ielques cas rares, on a vues se former spontanément dans le {mncréas, dans les reins, dans Ips capsules surrénales, dans les ovaires et jusque dans l'utérus, organe qui, d'après M. Cruveilliier, serait fréquemment le siège de collections sanguines chez les femmes âgées. Mais celte opinion, qui contrarie toutes nos idées théoriques, n'avant éi^ appuyée d'aucun relevé numérique, et M. Ouveilhier paraissant ne Tavoir émisr que d*après ses souvenii^il iiui)orte d'attendre de nouvelles recherches.
A})opl€xie du placenta. — Le placenta est un des organes dans lesquels los apoplexies se forment avec le plus de facilité. Cette altération a été bien étudiée dans ces deniières années par M. Cruveilhier, ainsi que par MM. Gendrin et .lacqiiemier. Le nombre des foyers sanguins qu'on trouve dans le placenta peut êirr considérable; il est rare qu'il n*y en ait qu'un ou deux. Leur volume varie depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'un œuf de pigeon ; on en a même vu de plus considérables (AVrisberg). En général arrondis, ils sont d'autant plus rapprocliés de la face utérine qu'on s'éloigne davantage du ftoroent de la conception. Le sang extravasé i)asse sucœssivemenl du noir au brun, au rougcàtre, au jauue: enfin il finit pas se décolorer. Kn général, il altère et atrophie la portion correspondante du placenta ; si les épancliements sont multiples, cet organe tout entier peut être atrophié. Enfin, d'autres fois le caillot subit diverses transfonnatioi» et prend des aspects diiïérents. D'après M. Jacquemier, on devrait rapporter an sang maternel épanché dans le placenta et diversement transformé tooto lo tumeurs d'aspect cartilagineux, tuberculeux, eiicophaloïde, et jii8qu*aux concilions osseuses et crétacées qui s'y forment. Cette opinion est peut-être trop cxdusiip; néanmoins c41e est exacte dans un grand nombre des cas. Le diagnostic des apoplexies placentaires est impossible. 11 est inutile de faire remarquer que c'est là une altération grave qui devient la cause d'un grand nombre d'avoricments ; d'antres fois le fœtus ariive à terme, mais il naît faible, chétif, amaigri, à cause de l'atrophie partielle que le placenta a subie. Nous renvoyons, |)our plus amples détails, à l'excellent traité du docteur Jacquemier, tome I, |)age 608.
Apoplexies muscidnires, — Des épancliements sanguins quelquefois considérables peuvent se former s{)onlanément dans la plupart des muscles de la vie de relation. Aiusi M. Cruveilhier a vu la gaine des deux muscles droits de rabdomeo être distendue par des caillots sanguins qui avaient lacéré, détruit les fibres nnuculaires, altération qui s'était accompagnée pendant la vie de douleurs si vivrs. qu'elles avaient fait supposer l'existence d'une péritonite. (iCs apoplexies musculaire^ se remarquent spécialement dans le scorbut et dans les résorptions purulento.
AfHjpledies du cœur. — A coté de ces apoplexies, il faut placer les é|)anclH'nu'nis sanguins que M. Cruveilhier a rencontrés plusieurs fois dans le cœur. Il ne lt> i vus se former que dans l'épaisseur du ventricule gauche hypertrophié ; il regarde cette lésion, qui d'ailleurs est fort rare, comme pouvant être suivie d'une rupture du cœur ou comme i)ouvant être l'origine d'un anévrysme faux coiisécuti£ Mais les faits n'ont pas justifié jusqu'à présent cette supposition. Le diagnostic de cette lésion est impossible.
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