‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 103 sur 118 · CINQUIÈME CLASSE DE »IALAD1ES · texte numérisé non relu

CINQUIÈME CLASSE DE »IALAD1ES

BES SiÊCRÉTIOnrS MORBIBE».

Sous le titre de sécrétions morbides, Û'^percrinies ou d^hyperdiaerisfis, W comprend un grand non^re d'affections éaractérisées par l'aagmentation dm fluide naturel, ou bien par la sécrétion accidentelle d*nn fluide inaccoutumé, sans qu'on puisse constater ordinairement aucune lésion appréciable dans le tissu, le produit ainsi sécrété s'écoule au dehors, ou bien il est retenu dans les parties mêmes où il a été exhalé : dans le premier cas, il y a flux; dans le second, on die qu'il y a collection on épanchement. On peut d'ailleurs, dans le même organe, voir alternativement les liquides exhalés s'écouler au dehors ou être retenus : c'est ce qa'oo observe particulièrement pour l'utérus.

C'est avec raison que les anciens nosographes ont adn# sons le nom de flux et de collection une grande classe de maladies que quelques modernes avaient vainement essayé de faire disparaître, en voulant toujours rattacher la sécrétion morbide \ une altération matérielle de l'organe exhalant. Mais les recherches d'anatomie pathologique ont démontré combien ces prétentions étaient peu fondées, puisqu'elles ont prouvé que des flux et des collections liquides considérables pouvaient exister pendant longtemps sans aucune lésion appréciable dans les parties, ou bien que les lésions qu'on découvrait quelquefois n'étaient nullement eu rapport avec la gravité des accidents, et ne sauraient par conséquent les expliquer. Dans ces cas, il est impossible de caractériser anatomiqucment la maladie. Prétendre que celle-ci consiste dans une irritation sécrctoire^ ce n'est point résoudre le proMèoe, mais c'est dissimuler notre ignorance par un mot vague qui ne démontre rien. Aussi, dans l'impuissance où nous sommes de pénétrer la nature de la maladie, nous ne pouvons mieux faire que de la caractériser par le phénomène prédominant, c est-àdire par l'exhalation et rcxcrétion du liquide. Ce s^'mptôme, d'ailleurs, peut, abstraction faite de la c^use le plus souvent inconnue qui le produit, expliquer la plupart des accidents que l'on obsen'e, et il devient en outre la source des principales indir^itions à remplir.

Il est peu de parties du corps qui soient à l'abri des affections dont je parie: cependant il en est qui y sont plus exposées que d'autres. Ainsi les organes glanduleux, les membranes muqueuses et la peau sont surtout sujets aux flux, Undis que les membranes séreuses, les tissus cellulaire et adipeux, et le parenchyme des viscères, sont le siège ordinaire des collections. La nature du Uquide exhala varie aussi : c'est tantôt du sang, ou de la sérosité, ou des gaz, ou bien c'est un fluide qui, fourni normalement par un organe sécréteur, est tout à coup exhalé en plus grande quantité; teb sont les flux muqueux, biliaire, nrinaire, spermatique, etc.

Les sécrétions morbides ont souvent lieu sans prodromes; d'autres fois elles sont annoncées par des s^*fn\)^me& ^t^c\it^\kc% l^ variables, et qui sont tantôt généraux et tantôt bornés ^ Yot^u^i me\\^^. \a vi\\v\x^\»R \f^\wix^ ^^^^\VîGM)ire

des jlux consiste daus l'excrétion d'un liquide. L*éconlemcnt peut être continu, ou avoir lieu h certains intervalles ; il se fait sans douleurs, ou avec des souiïrances parfois atroces: cepcndain, dans la plupart des cas, on n'obsene que des troubles fort légers. Lorsque, au contraire, le liquide exhalé est contenu dans Forgane, il en résulte des accidents plus ou moins graves, dépendant surtout de la compression que le fluide exerce, compression qui est d'autant plus fâcheuse que les parties se prêtent moins à la diiMnsion. Les symptômes généraux sont nuls, légers ou graves, suivant la nature du flux et sa marche plus ou moins rapide. £n général, lorsque la sécrétion morbide s'établit brusquement, les symptômes généraux sont graves : tds sont, pour les flux, le choléra et la diarrhée séreuse; pour les collections, les ^éiKinchemenUs dans le crâne et dans la poitrine. Enfin, lorsque les flux se prdon- ^ut, ils altèrent la constitution et finissent par produire le dépérissement Lorsqu'une sécrétion morbide existe ainsi d'une manièiC continue, la plupart des séréiions naturelles diminuent, et peuvent même se supprimer en grande partie; enfin la fièvre hectique survenant, les malades succombent dans le marasme.

Les maladies dont je parle ont une marche, tantôt continue, tantôt plus ou moins intermittente et parfois exactement périodique. Après une durée variable, elles se terminent par la santé, par la mort, ou par d'autres affections. La maladie, sans changer de nature, peut affecter un autre siège ; ainsi un flni sanguin des vaisseaux hémorrhoîdaux peut être remplacé par un flux de même nature de la pituitaire ou de toute autre muqueuse; d'autres fois, un flux sanguin est remplacé par un flux séreux ou muqueux, et réciproquement. Quoi qu'il en soit, les maladies dont je parle récidivent très souvent, et Ton peut même établir que les reclrates, comme les récidives, sont peut-être plus communes dans eette classe d'affections que dans aucune autre.

Après avoir constaté l'existence, soit d'un flux, soit d'un épanchement, il faut déterminer d'après les commémoratifs, d'après l'état actuel du malade et la marche de l'aflcction, si la sécrétion morbide est un phénomène primitif, essentiel, ou s'il est symptomatique d'une lésion matérielle locale, ou de l'état constitutionnel du sujet

La gravité du pronostic est proportionnée à l'importance, \ b quantité du liquide excrété, h la promptitude avec laquelle il s'écoule, et, dans les cas d'épanchement, à l'importance des organes comprimés; enfin, à la nature de la cause, suivant que celle-ci est susceptible ou non d'être éloignée.

Les causes des sécrétions morbides sont le plus souvent obscures. Toutefois nous verrons plus tard que l'âge, le sexe, le régime, les conditions atmosphériques, certaines maladies antérieures, l'hérédité, certaines professions, etc., constituent tout autant de prédispositions pour quelques-unes de ces affections eu particulier. Quant à la cause prochaine, il est ordinairement impossible de la préciser. Quelquefois la maladie est consécutive à un trouble de l'innervation ou à une modification survenue dans la circulation capillaire Enfin, dans quelques cas, il semble que la maladie résulte d'une augmentation dans l'action des solides {flux Qctifs)^ tandis que d'autres fois il parait, au contraire, que ceux-ci sont frappés d'atonie, ou que les liquides, ayant moins de densité, sont moins facilement retenus par les vaisseaux (flux passifs).

Le traitement des nombreuses affections qui appartiennent à cette classe varie beaucoup. Ainsi il y a des moyens directs : tels sont l'évacuation artificielle pour les collections ; le tamponnement , la compression pour les flux ; la médication topique pour les deux. Les u)oyens indirects les plus puissants dans le& (biviRSÂSa^

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sont les médicatious antiphlogistiquc et sédative; dans les flux passifs, ce sont les toniques et les astringents. Dans les doux cas, ou cinploî^ aussi très souvent une médication pertnr]>atrice : ainsi on produit des révulsions sur diviTses parties do corps, et Ton excite les principales sécrétions naturelles. Enfin, la marche nuitinue ou intermittente et la nature essentielle ou symptomatiqrie de la maladie seront encore la source de quelques indications sur lesquelles il est inutile d'insister ici.

Comme M. Chomel le faisait autrefois dans ses cours de pathologie, nous diTÎserons les sécrétions morhidcs d*aprés la nature du fluide exhalé ; nous allons donc étudier séparément : 1" les sécrétions séreuses; T les sécrétions muqueuses; 3' les sécrétions de liquides propres à quelques oi^anes, comme, Turine, le sperme, lei lait, la graisse, etc. ; W en^, les pneumatoses ou la sécrétion des fluides éiastiquer Dans la première édition, nous y avions joint les hémorrfaagîes ; mais il n*y a que celles qui se font par exhalation qui pourraient entrer dans cette classe. Pour ue pas scinder ce sujet, il nous a semblé plus couTenable de faire des hémorrhagies une classe à paît que nous avons étudiée déjà, et qui forme une transition naturelle aux maladies dont nous allons commencer la description.

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