‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 108 sur 118 · DR LA PHLEGMATU ALBA · texte numérisé non relu

DR LA PHLEGMATU ALBA

derniers lein|)s, plusieurs faits prouvant qu'une circulation collatérale s'otablit : c'est ce que démontre Iti développement insolite que prennent les veines superficielles ; mais c'est là |)ourtant une circonstance rare. Les femmes dont nous parlons éprouvent de la soif, de Fanorexie, une réaction fébrile plus ou moins intense, avec des sueurs abondantes et des urines rares. Enfîn, les seins s'aiïaissent, et les lochies diminuent d'abondance ou même se suppriment tout à fait.

Marche, terruinaiWiis, — Ces accidents, après avoir persisté avec plus ou moins d'intensité pendant quelques jouis, diminuent ensuite; la fièvre tombe, les douleurs se calment et Tengoi-gement du membre se résout. Il est rare que la résolution, qui est la terminaison la plus fréquente de la maladie, se fasse sinmltanément sur toute l'étendue du membre; niais, dans la plupart des cas, la cuisse se dégorge prenii<''re , taudis que la jambe et le pied reprennent leur volume un peu plus tard. La résolution est plus ou moins rapide : quelquefois il s'écoule un ou deux mois avant qu'elle soit complète; il faut, en général, deux à trois septénaires pour qu'elle s'effectue, hàphlegmatia alba dolens, après avoir cessé dans un membre, peut envahir celui qui était resté sain , ou revenir dans celui qui a été primitivement atteint

LsL pAlegmatia alba dolem peut avoir une issue, funeste moins par elle-même que parles complications qui surviennent et qu'on a très à tort considérées généralement comme l'élém^t essentiel de la maladie. C'est ainsi que de yastes suppurations peuvent dénuder largement les muscles et la peau du membre; ou bien c*est une inflammation des symphyses pubiennes et sacro-iliaques, une péritonite; enfîn, c'est le plus souvent une phlébite.

Diagnostic. — L'cedème des femmes en couche diffère de l'onlème simple par sa rénitence, par la douleur qui le précède et l'accompagne, rénitence et douleur qui s'opposent à ce qu'on exerce une pression assez forte pour que le doigt fasse une empreinte durable ; il s'en distingue encore par le peu d'influence qu'exercent sur lui les diverses positions du membre. Il pourrait paraître inutile d'insister pour prouver en quoi la maladie diffère du phlegmon , si cette confusion n'avait été faite très souvent. Lorsqu'en effet le phlegmon atteint les couches les plus profondes du membre, il détermine de la douleur, une tuméfaction considérable sans rougeur aucune. Cependant, dans le cas dont nous parlons, la douleur est plus aiguë, la résistance plus grande, les symptômes généraux et sympathiques plus graves; enfin la suppuration ne tarde pas à se révéler et à produire les plus grands désordres.

Pronostic, — Le pronostic n'est grave qu'en raison des complications qui peuvent exister ; toutefois, nous manquons encore de renseignements précis pour pouvoir calculer le degré de mortalité et les conditions qui influent le plus sur la tenninaison funeste. L'œdème douloureux, quand il existe sans complications, se termine presque toujours d'une manière favorable, lofais si la veine principale du membre est oblitérée, il peut en résulter un œdème permanent, jusqu'à ce qu'une circulation collatérale ait suppléé la veine malade. I^ plus Muvent l'infiltration persiste à divers degrés pendant un plus ou moins grand nombre d'années, et parfois même durant toute la vie des femmes.

Htiologie. — La p/tlcgmatia alba dolens est une maladie rare ; White, HuU, Thomas, M. Veli)eau, s'accordent sur ce |X)înL Je n'en ai moi-même observé qu'un seul exemple sur plus de cinq c^nts femmes qui, en ISS;!, accouchèrent àTlIôtei- Dieu, ou qui, accouchées en ville, furent apportées peu après dans les salles au service descfuelles j'étais alors attaché. La maladie dont nous parlons n'affecte jamais que les femmes en couches; les faits qu'on dit avoir recueillis ctwa^hairosÈk^

T. I. — ?• iWT. ^"^

n'appartiennent probablement jwinl à cette affw:liou. Les caii$<^ do Tcrdèine dunloureux sont à peu près inconnues. Il paraît (pie celte afreclion s»ur\icm surtout après l'impression du froid : aussi paraît-elle être plus'iréquente dans» les pj>> froids, humides, el pendant 1 ln\er. Fendant ]ongtem|)s hphlffjfiHatin alba doien* a été regardée connne l'effet de la suppression des locbieset du lait; niais ces opinions s<Hil aujonrd'liui enti(*renicnt discréditées : rien , en effet, ne démontre qu'elles soient fondées. ^

Traitemenf. — L'œdème douloureux réclame 1 emploi des antiphlo^isliques; la saignée générale est indiquée si le i>ouls offre de la force; les sangsues sur les menbres malades, spécialement aux aines et au jarret, calment assez bien les douleuTL l^s malades seront, en outre, plongées dans un bain tiède, dont on proloDgen k plus possible la durée; les membres seront euvelop|)és de cataplasmes émuUienU^ et oints de pimnnades et df liniments narcotiques; le baume tranquille, le laudanum, l'extrait de belladone, sont surtout utilement employés. On administrera aibsi les boissons sudoriliques, diurétiques et laxatives, aCn de favoriser le travail de résolution. M. le docteur C. Smeets dit s*ètre bien trouvé de réméliquc à liaute dose pendant la ()ériode la plus aiguë de la maladie. Enfin, lorsque la sensibilité du membre est devenue presque nulle, et que la tuméfaction seule persiste, on exercen une compression méthodique à Taide d'une bande roulée. Le gonflement résistr rarement à ce moyen.

Nature. — L(» opinions les plus diverses ont été émises sur la nature de U phlegmatia alba dolens : ainsi les uns l'ont regardée comme constituée par une phlegmasie des \aisseaux et des ganglions lymphatiques (Moore, llufeland, Strinr, Velpcau, Deneux); d'autres en font une phlébite (Davis, Lee, Boudant, filaodio. Andral), une névrite même (Albers, Dugès), une inflammation du tissu cellulaire (Duncau, StelîeA); quelques uns ont regardé l'œdème douloureux comme s>idptomatique d'une maladie des articulations pelviennes (Velpeau), ou d*uac irritation des parties contenues dans le bassin (Burns, Busch). Plus récemment, eufio. M. Velpeau a émis l'opinion, dans une des séances de rAcadémie de médecine (13 juin 18/i3), que l'œdème douloureux a\ail pour élément principal riiiflaiumation des veines. Mais toutes ces lésions, que l'on considère comme fonuant Télénit'Bt anatomique de la maladie, ne devraient-elles pas plutôt être regardées connut des complications ou des lésions [luren^nt accidentelles? C'est ce que je sub trc» porté à admettre, car l'observation prouve que, àaixx&l^L phlegmatia iiibu duletit. il n'y a d'autre lésion nécessaire constante que l'infiltration du tissu cellulaire. L'œdèine douloureux ne serait-il donc qu'une ospèce d'hydropisie essentielle, qu'une sécrétion insolite s'ofK'rant dans le tissu cellulaire sons Tinfluence de causes encore indéterminées, souvent par suite d'écarts de régime et surtout de refroidissement? Oite opinion est à peu près celliMpi 'adoptent MM. les professeurs Cloquet, Aug. Bérard etMoreau; cependant, avouons que l'idée d'un cedème actif aussi circonscrit et survenant sous l'influence des causes que j'indique est diflicile à comprendre. Si l'on réfléchit que l'oblitération des veînesqtiisunient si souvent dans le cours des afferlions chronicpies ci dans la convalescence des maladies aiguës graves, représiiitr assez exactement la plnsiononiiede l'a^dème douloureux des fenmiesen conche». ou serait porté k rattacher cotte alîcTtion à la même lésion anatomique, c'esl-k-dirc j l'organisation dt* caillots fibrineux dans les v<*in(*s du luonibre. C'est, en eiïei. u que j'ai v u dans un i^rand nondire de cas. Chez beaucoup de femmes, il est fai i!ide trouver une oblitération dc*s veines d'un gros ou d'un moyen calibre, oblilératinu qui s'opère souvenl d'uivft \\\aL\ùm \^\>)sa!^^ ^Vv>^v^m cévèle aussitôt par la liuu-

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leur et par rinlumescence du membre. iMais rien ne prouve que l'inflammation ait la moindre part dans la formalion de ces concrétions, et Tidée si généralement répandue aujourd'hui, ^ui ferait de la phlegmatia ulba dulens une piiiéhito, est une des moins fondées ; car pendant la vie on n'observe jamais les signes de résorption et d'infection (|ui surviennent dans beaucoupdes inflammations veineuses; enfin la maladie, lorsqu'elle est simple, n*est jamais mortelle : elle n'est gra\e que pir ses complicaiioiuP (Voir dans le t. II l'article OblitPration des veines, p. 288.)

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