SÉCRÉTIONS SÉREUSES DES MEMBRANES MUQUEUSES
Les membranes muqueuses sont très rarement le siège de flux aqueux ou séreux ; les seules sécrétions de ce genre qu'on observe quelquefois n'ont guère lieu que dans le tube digestif et dans les organes génitaux de la femme. On a bien décrit des flux pareils pouvant se faire par les fosses nasales, ainsi que Morgagni en cite quelques exemples ; mais cette affection, que quelques auteurs ont proposé de nommer rhinorrhée, n'est pas encore sqflisamment connue. Dans l'étude de» flux séreux Intestinaux nous croyons devoir admettre deux variétés, qui sont : le choléra asiatique et VhydfHhentérorrhée.
Du eholéra aswtîqufl.
Le choléra épidémique ou asiatique offre pour symptômes principaux dans sa forme grave : des vomissements et des selles de matières aqueuses blanchâtres,
(i) M. Boinet conseille d'injecter duns le péritoine et d*y laisser pendant quelque!^ minutes le liquide suivant :
Eau SpO grammes.
Teinture alcoolique d'iode. • . 30 — lodure de potassium & —
semblables à Tcau de riz, la suppression de la sécrétion urinaire, la fréquence, la petitesse, puis l'absence du pouls, le refroidissement presque glacial du corps, une couleur violacée des léguAents, qui sont flasques et ridés, un amaigrissement rapide, des crampes très douloureuses dans les ipembrcs, une aphonie plus ou moins complète et un sentiment d'oppression parfois extrême.
Histmnque. — Je ne discuterai pas si le choléra asiatique est une affection nouvelle ou si c*est d'elle qu'il est parlé dans plusieurs passages des livres sanscrits. Quoi qu'il en soit, c'est une maladie connue depuis longtemps dans les Indes orientales, où elle est endémique. Plusieurs fois on l'a vue, franchissant ses limites naturelles, aller exercer ses ravages au loin. Mais le fait le plus extraordinaire est celui de cette épidémie meurtrière qui, commençant à Jessore, près les bouches ^u Gange en 1817, a successivement envahi l'Asie, l'Afrique, l'Europe et l'Amérique, est venue sévir dans notre pays, qu'elle a parcofini de 1832 à 1836, franchissant en quinze années plus de trois millions de lieues carrées. Disparu de France presque entièrement pendant treize ans, ce fléau nous a visités de nouveau en 18/i9, et a fait au moins autant de victimes que lors de sa première apparition en 1832 ; enfm de novembre i853 à mai 185^ nous avons eu à traverser pour la troisième fois une épidémie qui a été bénigne, si surtout on la compare aux deux qui l'ont précédée. Ces épidémies ont donné lieu à une foule de recherches et de travaux. Nous mentionnerons surtout l'excellent traité de MiM. Gérardin et Gaimard, les monographies de MM. Bouillaad, Geudrin, Briquet et Mignot ; les recherches de Magendie et de M. Rayer, ainsi que l'article remarquable publié dans le Dictionnaire de médecine^ par Dalmas, praticien habile et observateur excellent dont nous regrettons la fin prématurée. Enfin, pour terminer, citons les rapports de M. Moreau de Jounès et de la commission médicale du département de la Seine, ainsi que celui des professeurs Dubreail et Rech.
Anatomie pathologique, — Les lésions qu'on trouve à l'ouverture des cadavres difRTent suivant que les malades ont succombé dans la seconde période dite de cyanose, ou bien dans la troisième dite de réaction. Dans le premier cas, les cadavres perdent lentement leur chaleur, la teinte cyanosée de la face et des membres est conservée; l'œil est flétri ; tout le corps est amaigri; les muscles sont peu consistants et plus ou moins violacés : cette coloration se retrouve dans la plupart des os spongieux, et jusqu'à la racine et à moitié de la couronne des dents. La masse intestinale, rarement distendue par des gaz, offre souvent extérieurement une coloration violacée, surtout pour les anses qui plongent dans l'excavation pelvienne. Le tube digestif ouvert, on le trouve pâle, décoloré par places ; mais dans la plus grande partie de son étendue, il offre diverses nuances de coloration, telles que i-ouge, lie de vin, noirâtre ou violacé ; ses tuniques semblent épaissies. Les vaiss(*aux de la partie correspondante du mésentère sont gorgés de sang. Ces diverses colorations ne peuvent être rapportées à un travail inflammatoire, mais elles tiennent à une stase sanguine. Si, eu efl'et, à l'exemple de Magendie, ou injecte de l'eau dans les artères niésentériques, on entraîne tout le sang qui engorge les parois intestinales , et l'on rend à celles-ci la couleur d'un blanc grisâtre qui leur est naturelle. La membrane muqueuse a généralement sa consistance nonnale ; mais elle présente le ])lus souvent dans toute l'étendue des voies digestives, depuis l'œsophage jusqu'au rectum, s|>écialement à la fin de l'iléon, dans le caecum et le côlon, une éruption de petits corps durs et opaques, résistant à la pression, du volume d'une tête d'épingle ou d'un grain de chènevis ou de mil, et qui ne sont autre chose que des follicules tuméfiés ; cette lésion n'offre rien de caractéristique,
elle u'est point si)éciale au choléra. On la retrouve, en eiïet, dans une foole d'états morbides, toutes les fois que l'exhalation intestinale est augmeulée; et comme, ea outre, elle n'est pas constante, on ne saurait enfairelcftaractèreanatouiiquedcla maladie.
Les intestins et Testomac des cholériques contiennent en plus ou moins grande quantité un liquide d*une odeur fade, blanc, floconneux, qu'on a comparé i do petit-lait mal clarifié ou à une décoction de riz ou de gmàu. La membrane muqueuse est en outre tapissée par une matière comme crémeuse, d*un blanc grisâtre. Il est généralement admis que le liquide cholérique est identique para composition avec la sérosité du sang. SI. Becquerel, Tayant souniÎK à quclqua analyses, a trouvé qu'il était formé par une eau légèrement albumiiieuse, neatre ou un peu alcaline, contenant, outre l'albumine en dissolution, une quantité v^ riable d'albumine coagulél unie à une très petite quantité de mucus, et à une quantité relativement assez considérable de chlorure de sodium. Indépendamment de ce liquide, les intestins peuvent en outre contenir une bile jaune, verte, ou bien un liquide rougeâtre, sanguinolent. Ijbb vaisseaux lymphatiques et biliaires sont exempts d'altération ; le foie, avant un volume ordinaire, est gorgé d'un saug noir, diffluent ; il en est de même des reins, surtout dans leur couche corticale. Là rate est en général petite, dure ; tous les autres tissus parenchyoïateux sont conge»tionnés et d'une couleur violacée toute particulière. Enfin, sur les parois de la vessie, qui est vide d'urine, on voit parfois des flocons nlanchâtres isembiables à ceux que nous avons déjà rencontrés dans les voies digestives. Les poumons sont le plus souvent flasques, affaissés, à peine engoués ; d'autres fois l'engouement sanguin est considérable, et l'on a même vu des noyaux apoplectiques en plus oo moins grand nombre : on a trouvé aussi quelquefois dans les bronches les corposcules blanchâtres déjà signalés dans les intestins et dans la vessie. Le cenir est petit, flasque, friable, rempli d'un sang noir, poisseux, qu'on ajustement comparé à du raisiné mou ou à de la gelée de groseille mal cuite. MM. Michel Lévy et Tholozan ont fréquemment observé, pendant ré|Mdémie de 1869, des ecchymoses à b face externe du cœur ainsi qu*à la face interne du ventricule gauche. Tout k système veineux, surtout au voisinage du cœur, est gorgé d'un sang également noir et poisseux ; souvent ce liquide existe en petite quantité dans le cadavre ; il était, en effet, difficile, dans l'épidémie de 1832, de |K>uvoircn recueillir plus df 250 à 312 grammes. Le plus grand nombre des microgrsplies ont vu que les globules du sang cholérique ne présentaient aucune altération appréciable, mais les chimistes ont constaté une diminution dans la quantité normale de la fibrine, de l'albumine et des sels, tandis que la matière colorante était cinq (bis plus considérable. M. Andral est arrivé à des résultats un peu différents ; il a établi , en efCrt, dans une note, lue en août 1867 à l'Académie des sciences, que l'albumine se maintenait dans le sérum du sang dans sa proportion normale. M. fiecqiKi^ condut à son tour de deux analyses, que dans le choléra il y a augmentation dans b proportion des globules, que le sérum, moins abondant, plus dense, contient df l'albumine, et proportionnellement plus de matière extractive, plus de sels et surtout plus de matières grasses, dont le volume est presque triplé. La superaécrétioo intefUinaie rend compte aussi de l'état de séclieresse plus ou moins complète da&« lequel se trouvent toutes les membranes séreuses du corps, spécialement le péritoine. Leur surface, en efl'et, est communément poisseuse; quelquefois elle eirf complètement sèche, ridée, |)archeminée. Le fluide céphalo-rachidien est un peo diminué ; les vaîsseaw CiM\yca»\ ^ T^âM^LVEA «mbii ^ut ou moins gorgés de
la pulpe nerveuse est elle-même plus ou moins congestionnée. Enfin, les nerfs et leurs ganglions peuvent Otre imbibes de sang; mais ils sont toujours exempts de tonte altération de tissu. •
Lorsque les cholériques succombent dans la troisième période dite de réaction, les congestions veineuses sont moins nombreuses et moins intenses ; on retrouve plutôt alors les caractères propres aux congestions actives et à rinflannnatiou. iUnsi le cerveau est saWé, les poumons sont parfois enflammés, hépatisés ; le sang renfermé dans les vaisseaux est plus rouge, et contient d'autant plus de sérum que la mort est survenue à une époque plus éloignée du début de la réaction. Le liquide cho1éri<iue a disparu ; les membranes séreuses sont humides ; les corpuscules intestinaux sont peu ou point saillants, tandis que les follicules agminés sont •parfois un peu boursouflés , mais sans présenter aucune des lésions caractéristiques de la fièvre typhoïde; enfin, la vessie contient [flus ou moins d*urine.
Symptômes^ marche. — I^ choléra asiatique débute parfois brusciuement; presque toujours pourtant il a des prodromes, tels que malaise, faiblesse, i>erte d'appétit, soif, douleurs de ventre, borborygmes très bruyants, et diarrhée jaune ou blanchâtre, muqueuse, fétide; il y a en outre de Taccablement, de Tinsomnie, des sueurs, des défaillances, des frissons vagues, irréguliers; le pouls est calme ou bien un peu accéléré. C'est \ Tcnsemble de ces symptômes prodromiques que quelques personnes ont donné le nom de cholérine. C'est pour ainsi dire la première période de la maladie. Ces accidents, qui se combinent entre eux de mille manières différentes, persistent plus ou moins ; ils peuvent ne durer qu'un jour ou se prolonger au delài d'un septénaire ; tantôt ils se terminent presque aussitôt par la guérison, ou bien ils sont remplacés par les symptômes propres au choléra. Magendie dit que quelques malades ont succombé après avoir présenté seulement les symptômes de la cholérinc. La mort est arrivée alors par suite de l'anéantissement progressif des forces : toutefois les faits de ce genre ont été fort rares.
Lorsque le choléra est tout à fait, déclaré, la soif est vive, les boissons froides sont prisvs avec avidité ; le ventre est |)lus ou moins rétracté, il est peu sonore, il est le siège de coliques, que la pressiou augmente souvent. Bientôt le malade rend en vomissant ces matières blanches, floconneuses, d'une odeur fade, dont nous avons |)arlé précédemment; des évacuations alviues ont lieu simultanément. Les matières intestinales, d'alM)!^! jaunâtres et fétides, finissent bientôt |)arétre identiques avec celles (|ui sontrejotées parla bouche, (k» évacuations sont généralement répétées «i de courts inten ailes. Bientôt le pouls s'accélère et s'élève rapidement \ 120 ou 130 pulsations par minute; sa force diminue en proportion de sa fréquence; les battements du cœur sont faibles et accompagnés parfois d'un bruit de souflle, dû sans doute à l'obstruction des orifices par le sang coagulé ; la respiration est pénible, anxieuse, pinson moins accélérée; les malades accusent de la dyspnée, ou plutôt un sentiment d'oppression, une sorte de constriction sous-stenialc ; par la percussion et Tauscultation on ne découvre rien d'anormal dans la poitrine. La voix presque aussitôt s'affaiblit, elle est comme cassée, |)lus tard les malades deviennent aphones ; en même teinf» sunienneut des vertiges, de la céphalalgie, des bourdonnements d'oreilles; des cram|>es très douloureuses se font sentir dans les bras, dans li^s doigts, et surtout dans les mollets, qui sont fermes et durs comme du l)ois ; les forces sont alors prostrées à tel point que beaucoup de malades ne peuvent se tenir debout : leur faciès exprime l'abattement et une souffrance extrême , les traits sont tirés, la figure est notablement amaigrie ; les yeux sont caves, bordés de noir. Si ces accidents vont encore en s'aggravant, la peau An corps se
la face prend une teinte bleuâtre ; la pulpe des doigts et des orteih devient ^xh lacée, surtout au pourtour des ongles, tandis que la peau de ces parties ett riéce comme si elle avait longtemps macéré dans de l'eau tièdte. Lorqu^on pince la pen sur les autres parties du corps, elle conserve pendant longtemps le pli qu'on Idi donné, comme si les téguments avaient perdu toute leur élasticité ; non-seoloDAi la face, mais le corps entier est amaigri par suite de Tabsorptioii du flnîdc séreia qui humecte le tissu cellulaire ; toutes les sécrétions naUireUes ou aeddenteBa sont dimiuuéc*s ou taries ; la sécrétion urinairc elle-même est complétenKDt »• |)eudue. Au début ou dans les choléras moins graves, ce liquide existe seuleoeN en quantité moins considérable ; il est généralement trouble, et l'on y a 90u\m décelé la présence de Talbumine. C'est un fait qui, indiqué déjà en Allenugne, i été étudié avec soin en France pendant Tépidémie de 18^9, d'abord par M. Roitan, puis par M>I. Boucbi# et Michel Lévy : ce dernier a rencontré ralbnmiairic dans la plupart des cas, 511 fois sur 697.
A un degré plus avancé, on dit que l'affection est arrivée à sa seconde périodt Les membres et la face sont alors complètement cyanoses; la coloration cyaniqv peut même gagner presque toute la surface du corps; les yeux sont secs, ternes; la cornée est flétrie par suite de l'absorption d'une portioa de l'humeur aqueuse ; la peau est froide et couverte d'une sueur visqueuse, de sorte qu*en la palpant m a la sensation que donne le toucher du nez du chien ou de la peau d'an batncin. La langue est bleuâtre et froide, la soif est vive, les voimsseuients sont en géiénl plus rares que dans la période précédente; les selles, involontaires, sont soarcii .formées par un liquide rougeatre et fétide ; la voix est éteinte, l'haleine des m»lades est froide; l'air expiré contient parfois davantage d'oxygèue que cbei \e% sujets sains, ainsi que font prouvé les expériences de Davy, expériences dont M. Rayer a vérifié l'exactitude pendant l'épidémie de 1832. A cette même période, la dyspnée et l'oppression augmentent ; le pouls devient imperceptible ; il en est parfois de même des battements du cœur; la circulation semble alors interrorop»: c'est ainsi qu'on a pu cou[)er en travers une artère volumineuse sans qu'ils» écoulât du sang. Si l'on ouvre une veine, ce n'est que par des pressions réitém qu'on parvient à se procurer quelques ciullerées d'un sang noir, foncé, visqueux, se coagulant eu masse et retenant tout ou presque tout son sérum. I^ sang odre une température inférieure de /i à 5 degrés Réaumur à celui qui est fourni par d'autres malades; aussi l'abaissement de température est-il général, et il affecte les parties profondes aussi bien que les parties superficielles. Goo|>er, à Berlin, avait vu en 1832 la température descendre à 26 degrés centigrades, et M. Roger, dans l'épidémie de 18^49, a vu le thermomètre s'abaisser de 5 à 6 degrés au-dessous de la moyenne physiologique. A cette même période tous les sens sont affaiblis on |)erdus ; l'ouïe notamment est dure, la vue est trouble et la sensibilité tactile est abolie. Cependant, malgré l'absence de symptômes aussi fâcheux, les facultés intellectuelles |)ersistent intactes : il est rare qu'il y ait du délire. Dans cette forme grave et dans cette période extrême de la maladie, l'absorption elle-même languit et devient parfois nulle comme l'ont établi des expériences instituées par 3IM. Vernois et Duchaussoy. On peut donc dire sans exagération que les malades sont alon> cadavprisés. iJà mort, qui est la terminaison presque constante de cet état, arrive tantôt lentement et après agonie, tantôt a lieu tout à coup, connue si elle éuit due à une syncope. Ce qu'il y a de remarquable alors c'est que souvent la température du corps s'élève lorsque les individus sont arrivés à celte période ultime; c'est là sans doute ce qui a fait croire à quelques personnes que la température
des cholériques augmentait parfois après la mort Tels sont les accidents qui caractérisent cette seconde période du chloléra grave à laquelle on a donné les noms d'algidej de bieue^e cyanique ou d'asphyxique^ eu raison du refroidissement du corps, de la couleur violacée de la peau et des phénomènes d'asphyxie qui prédominent.
Lorsque le malade ne succombe pas à la période algide, la maladie change bientôt de physionomie: ainsi le froid disparaît peu à peu; le pouls devient perceptible, puis il reprend sa force et sou volume; la cyanose diminue, ainsi que l'amaigrissement; la face se colore, les yeux s'injectent, la voix prend de la force, la sécrétion urinaire se rétablit, et l'on y décèle parfois, mais d'une manière toute passagère, la présence de l'albumine ; enfîn le sang reprend peu à peu ses qualités normales, et il contient d'autant plus de sérum qu'on s'éloigne davantage du début de la réaction. L'ensemble de ces phénomènes caractérise la période dite de réaction du choléra,
Lorsqu'aucun accident ne vient entraver cette période, les malades ne tardent pas à entrer en convalescence; mais la réaction n'est pas toujours aussi franche : il est des malades, en effet, chez lesquels elle est incomplète^ c'est-à-dire qu'après s'être établie en partie, elle est remplacée bientôt par de nouveaux symptômes algides qui emportent presque tous les sujets. Chez d'autres, la réaction se complique d'accidents typho^es : ainsi chez les uns la fièvre s'allume ; la langue devient sèche, rude, noire; les dents s'encroûtent de fuliginosités; la soif est vive; les malades sont tourmentés par un hoquet continiiel ; la face est hébétée, frappée de stupeur; les malades tombent dans le coma ou dans un état de subdelirium ; ils ont des raideurs, des contractures, des soubresauts de tendons; enfm, au bout de cinq, six, huit ou dix jours au plus, la mort survient Quelques malades pourtant guérissent; mais leur rétablissement est lent et très difficile. Pendant la réaction, les évacuations intestinales, ainsi que les vomissements, ont cessé. Cependant il arrive parfois que ces derniers persistent; alternant alors avec le hoquet, ils tourmentent beaucoup les malades; ils s'accompagnent souvent de douleurs cardiaques, d'une grande anxiété, et ils ne finissent souvent qu'avec la vie Enfm, c'est encore pendant la réaction que surviennent la plupart des complications, telles que des congestions ou des inflammations, spécialement du côté des méninges, du côté du cerveau et des pqumons, ainsi que diverses éruptions cutanées (rougeole, scarlatine, roséole, ér\ thème, urticaire). On a obsené parfois des parotides; M. Michel Lévy a fréquemment aussi rencontré l'ictère pendant l'épidémie de i8&9, et dans tous les cas la maladie eut une heureuse issue.
Les symptômes précédents ne se succèdent pourtant pas toujours dans l'ordre que je viens d'indiquer : ainsi nous avons vu assez souvent, en 1832 comme en 1 8^9, la maladie débuter brusquement par les symptômes les plus graves qui caractérisent l'état algide : on disait alors que le choléra élsAt foudroyant; chez d'autres, la maladie présentait ses symptômes ordinaires, à l'exception pourtant des vomissements et des selles qtd manquaient, quoique du fluide cholérique eût été exhalé en abondance dans les intestins, comme l'inspection cadavérique le démontrait
Durée, — Le choléra a donc une marche plus ou moins rapide ; il peut parfois tuer en quelques heures, mais sa durée moyenne est d'environ soixante heures; assez souvent la vie se prolonge pendant un septénaire, mais il est rare que les malades luttent plus de douze jours. Toutes choses égales d'ailleurs, on a trouvé que la durée de la maladie était en raison directe dos forces des malades.
La convalescence est plus ou moins rapide ; en général, elle est lente et<s,\5j^
T. I. — ?• iDIT. u^
770 DES SÉCRÉTIUNS MORBIDES.
beaucoup de soins, car des rechutes ont quelquefois lieu ; d^autres malades cnnservenl pendant un teini)s plus ou moins long de la dyspepsie, divers troobksdfs organes digeslifs, pennanenis chez les uns, ne se nianii^tant cliez d'autres qu'à des intervalles pins ou moins rapprochés.
Le choléra peut guérir ou suspendre pendant un temps phis ou tnoias long ks maladies aiguës ou chroniques dans le œurs des(iueiles il se déclare. C'est ainsi qu'on a vu des hydropisies, des phlegmasies, des affection rebelles de la peao disparaître, des lièvres éruptives même se sus|)endre, rester staltoonaires « le reprendre leur marche que lorsque TafTection cholérique avait complètement cédt
Diagnostic. — En ayant égard à la nature des vomissements et des settes, a refroidissement de la langue et de toute la surface du corps, à i'anéaiilîaseiDeiit di pouls, à la coloration bleuâtre ou cyanique, aux crampes, à la suppression de Turine, àraphonie, il est impossible que Ton confonde le choléra épidémiqae avec aucune autre aiïeclion connue. I/emi)oisonnement par les substances caustiqno, et surtout rem|)oisonnement par Tarseuic, est la seule nmladie qui pourrait simaler le choléra asiatique. Lorsque, en effet, la quantité d'acide arsénieux ingérée est considérable, on |)eut observer le refroidissement du corps, Télat cyanique de ia face et des extrémités, Faltération de la voix, la dyspnée, la rareté et la snppressna de la sécrétion uriuaire ; mais les évacuations ahines, qui sont noires et sangninolentes, et les vomissements de matières acres, bilieuses ^t paiement saDgniiMH lentes, mettront sur la voie pour reconnaître la cause des accidents, indépendamment des lumières qui seront fournies par les counnémoratifs. D'ailleurs, eu M état de choses, s'il y a incertitude, Taualyse chimi<[uc des déjections et des nutim vomies dissipera bientôt tous les doutes. (Voir plus bas Ciioléra européen.)
Pronostic, — Le choléra asiatique est une nmladie très grave, et qui a eurvé de grands ravages partout où elle a sévi, puisqu'elle a coomiunément fait périr la moitié de ceux qu'elle a atteints. IDlle a paru plus fâcheuse aux deux extrêmes de la vie, et a été plus meurtrière chez rhonnne que chez la femme. Les accidents oot toujours été plus graves au début de Tépidémie que vers son déclin. Lorsque le malades deviennent froids, cyanoses et sans pouls, le péril est grand. Une réactioa qui n'est pas très intense, qui est complète et qui se soutient, doit faire espérer une heureuse terminaison.
h^tio/of/ic, — Le choléra dont nous parlons est endémique dans Tlnde ; œ n'est qu'accidentellement qu'on le voit en Europe. Ge|)endant, depuis l'épidémie d^ 1832, il n'est pas d'année où nous n'en ayons rencontré plusieurs cas, généralement bénins, c(; qui nous porterait à peuser que le choléra asiatique est désonnûs une affection dérmiti\emenl im|)ortée dans notre continent.
Pour explicpier la marche et les progrès de cette maladie, on a invoc|tié tout» les causes occultes par lesquelles on a prétendu expliquer de tout temps l'ai^parition des maladies épidémifjues : il est inutile de les énumérer. Quelques personnes ont cherché de tout temps à se rendre compte de la marche et de la propagatioo de la maladie, en invoquant un agent contagieux. Cette opinion n'avait guèrt trouvé (le défenseurs en France [lendant la premii re épidémie ; mais après colk qui nous a aUli^és en 1869, on a produit un u;rand nombre de faits tous favorables à la doctrine de la contagion, et (jui ont été recueillis pour la plupart |>ar les médecins (les départements. (]e))(-ndant, a\ant de les ado)>ter, il est nécessaire de le> soumettre à une en(iuéte sévère, afin de bien en délenuiner la valeur.
Lors(|u'il s'agit, en eiïet, d'une maladie ('pidéini<|ue qui, connue le choléra, franchit tout d'un coup les phis grandes distances, il faut apjmrler beaucoup de ré-
ou CAOLÉR/k ASIATIQUE. 771
serve, ne pat se bâter sartont de conclure, car on s'exposerait souvent à attribuer à la contagion des effets qui tiennent à la marche irrégulière et capricieuse de la maladie. D'autre part, 1» cas de contagion recueillis dans les foyers épidéniiqucs ont toujours quelque chose de suspect, en raison de Timpossibilité où Ton est de faire la part qui revient à la contagion, si elle existe, et à la constitution épidémique dont l'influence est incontestable ; voilà pourquoi les faits de contagion si laborieusement recoeillis par Hm. Briquct^et Mignol, dans leur excellent livre, et relatifs surtout à des malades de Thôpital de la Charité, qui auraient été frappés après Tarrivée dans les salles de cholériques venus du dehors, n*ont et ne peuvent avoir aocone valeur. Les seuls faits capables de résoudre le diflBcile problème do la contagion du choléra sont ceux où la maladie aurait été transportée d*un foyer épidémique dans un Heu éloigné où raiïectlon était inconnue, et s'y serait transmise des nouveaux arrivanu tombés aussitôt malades à ceux qui leur ont donné des soins. Or, des faits semblables ont été produits. Un des plus remarquables que je connaisse est celui qui a été rapporté par le docteur Brochard, de \ogent-le-Rotrou (I). Le département d'Ëure-et-Loir était dans un état sanitaire satisfaisant, aucun cas de choléra ne s'y était encore montré, lorsque plusieurs nourrices, parties de Paris atteintes déjà des prodromes du choléra, arrivèrent dans l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou ; l'une d'elles va mourir dans son village, ainsi que son nourrisson, et sa sœur, quijrient d'un hameau voisin pour lui donner ses soins, est frappée à son tour et meurt en quelques jours. Une autre nourrice succombe avec son enfant à Nogent-le-Rotrou, et trois des femmes qui l'assistent sont frappées, deux le sont mortellement; dès ce moment le fléau envahit la ville et y produit de grands ravages. Ces faits sont graves; il est dilGcile de croire qu'il n'y ait eu là qu'une coïncidence, et même en supposant une influence épidémique encore occulte, il ne serait pas moins extraordinaire de voir la maladie frapper exclusivement d'abord les personnes qui ont été en rapport avec les premiers malades. Si des faits pareils étaient produits avec les mêmes caractères d'authenticité, il serait difficile de contester au choléra tout caractère contagieux. Cependant jusqu'à ce jour la question de contagion du choléra est incertaine pour la plupart des médecins; à Paris notamment, les fait» font été à peu près négatifs. Les raisons qui militent contre la doctrine de la contagion ont été très habilement exposées par M. le docteur Jolly, dans un remarquable travail que ce savant médecin a inséré dans l' Union médicale de 1853. Un des faits les plus probants que Ion |)eut invoquer contre l'idée de contagiim, c'est que les personnes qui, comme les médecins, les élèves, les religieuses, les anmùniers, les infirmiers, qui ont le plus vécu en contact avec les cholériques et dans l'atmosphère des salles d'hôpital, ont fourid moins de victimes que des individus placés hors du foyer de la maladie. La (juesiion de contagion du dioléra est des plus délicates. Il importe donc d'étudier les documents qui se produiront avec une complète indépendance et une grande sévérité. Disons, en terminant, que si le choléra est contagieux, il ne parait l'être du moins qu'eiceptionuellement ; la transmission exigerait pour s'eiïectuer des rapports un peu continus avec les malades, tels qu'ils existent, par exemple, pour les personnt^ qui leur donnent des soins.
Il («t inutile de discuter plus longtemps la cause première du choléra ; nous dirons pourtant qu'en considérant que la maladie a sévi dans les pays les plus divers, au milieu des conditions hygiéniques les plus opiiosées, il est rationnel
(i) Du. mode de piupayaliuii du choléra. Vùt'is, 1851.
772 l>tS SÉCRÉTIONS MORBIDES.
(le supposer rexisleiice d'une cause spéciOquc probableineut répandue dans l'uinosplïère ; mais nous ne pouvons avoir à ce sujet aucune démonstnlkM. Qwii qu'il en soit, on a. vu l'influence épidémique s'exercer, uoij^seulement sur llmiiiDe, mais encore sur plusieurs classes d'animaux, spécialement sur les betes à corae, les volailles et même les poissons. En général, le choléra n'a pas envahi brusquement un pays: mais il a été le plus souvent précédé de divers états morfaida régnant épidémiquement, tels que fièvres intermittentes, dyftntéries, diarrhées oi embarras gastriques.
Enfin, pendant le règne des deux dernières épidémies, on a noté que certaiBa causes prédisposaient davantage h la maladie, et que d'autres pouvaient enpcof»querle développement. Parmi les premières, on a surtout cité rencombremeotcl le non-renouvellement de l'air (Piorry), l'habitation des lieux humides, Tâgeadotte* le sexe féminin, la misère , les privations, les excès, les travaux rudes, les peino morales. Les causes occasionnelles qui ont paru agir le plus souvent sont les refmidissements, les excès, les indigestions, etc.
Traitement. — On a précx)nisé contre le choléra presque tous les agents doU la thérapeutique dis|X)se. Tout le monde avait voulu d'abord trouver un spécifîqiie: cependant l'expérience a prouvé qu'on ne pouvait opposer au choléra une méthode uniforme de traitement, et que celle-ci devait varier suivant une foule de circooslances, et surtout d'après l'état symptouiatique. €
Dans les prodromes, lorsqu'il existe cet ensemble de symptômes auxquels aoi donné le nom de cholérine, il faut prescrire le repos au lit et la diète, l'usage de lavements mucilagineux, de boissons gommées ou légèrement aromatiques, mis surtout l'emploi de l'opium, que l'on administre par la bouche ou en lavemest, depuis 5 centigrammes jusqu'à 30 ou k^. Les pédiluves ou les cataplasmes siupisés sont utiles pour diminuer la céphalalgie. Enfm , lorsque le pouls offre de b résistance, la peau une chaleur fébrile, lorsque le ventre est le siège de coliques» on doit retirer une petite quantité de sang par la saignée du bras, et mieux encore par l'application d'un certain nombre de sangsues. Si, au contraire, il y a beaucoup d'aiïaissemcnt, si le pouls est faible, il faut insister davantage sur les boissons m peu aromatiques, donner aussi quelques antispasmodiques, spécialement le sirop d'éther. Les moyens précédents conviennent aussi en général dans la seconde période de la maladie, pendant laquelle quelques personnes ont préconisé l'ipécacuanha et les purgatifs salins, comme agents perturbateurs. Le vomitif nous avait donné d'assez bons résuhats dans l'épidémie de 1832 ; mais en i8/i9, nous ne loi avons reconnu aucun avantage : il en est de même des purgatifs salins, à la suite desquels on voit parfois le choléra se confirmer.
Dans cette même période , lorsque les évacuations sont abondantes et les acci-
dents nerveux prédominants, lorsque enfin le pouls devient presque imperceptible
et que le sang stagne à la périphérie du corps, ainsi que dans les parenchymes, il
faut se buter de donner des boissons stimulantes, telles que les infusions chaudes de
camomille, d'aniica, de café , de menthe, de thé, les vins les plus alcooliques, et
même l'eau-de-vie et le rhum, ainsi que l'acétate et le carbonate d'ammoniaque
h haute dose ; on excite la circulation et la calorification par les frictions sèches et
irritantes, et mieux encore par l'application permanente de sinapismes, et d'une
chaleur artificielle à l'aide de boules, de briques chaudes ou de sachets de sable.
Les émissions sanguines sont alors presque toujours nuisibles. D'ailleurs, le plus
souvent il serait impossible de retirer du sang en raison de la coagulation de ce
liquide dans les vaisseaux.
DB l'hydro-entêrorrhëe. 773
Les moyens précédemment énumérés nous ont beaucoup mieux réussi à produire la réaction qu'unc^oule de médicaments qui ont été tour 5 tour préconises pendant les dernières épidémies : tels sont notammcut le stachys'anatolica, le haschisch, le chloroforme, le sel marin , les mercuriaux et la strychnine préconisée par M. Abeille. Quelques personnes ont pensé aussi à modifier la surface intestinale , et par conséquent à {^r la sécrétiofi morbide dont elle était le siège, à l'aide du nitrate d'argent en lavements, à la dose de 25 ccntigraumies, et en potion à la dose de 5 centigrammes. xM. Barth à Paris, et en Allemagne M. Im. Lévy, paraissent en avoir obtenu quelque avantage : c'est donc un moyen qui mérite d'être expérimenté encore.
L'énergie des divers moyens employés devra diminuer au fur et à mesure que la réaction suniendra. Lorsque celle-ci est complète etaiodérée, on doit se borner à prescrire au malade des boissons douces, acidulées, tempérantes; si la réaction est incomplète, si un peu de cyanose persiste, on insistera sur le traitement stimulant et tonique; lorsque, au contraire, la réaction est trop vive, il faut la modérer par l'emploi des antiphlogistiques, par la saignée générale ou locale : mais il faut n'employer ces moyens qu'avec la plus grande prudence et avec beaucoup de réserve. Le régime antiphlogistique, combiné avecjes révulsifs et les vésicants, confient encore dans la première période de la réaction typhoïde ; mais lorsque les symptômes adynamiqu^ prédominent, il faut revenir de nouveau à l'emploi des toniques, et surtout du quinquina.
Il est un symptôme toujours très pénible pour les malades, ce sont les crampes ; on les modère souvent par des frictions sèches, par des applications narcotiques, par les plaques aimantées , et surtout par le chloroforme mis sur les muscles endoloris.
Il n'existe aucun moyen prophylactique contre le choléra ; les lazarets et les quarantaines ont été aussi inutiles que les fumigations de chlore, et que l'emploi du camphre, des aromatiques, des désinfectants, etc.
Nature, — Il est inutile de discuter ici la valeur de toutes les opinions qu'on a émises sur la nature du choléra asiatique. On l'a considéré comme une irritation on une inflammation gastro-intestinale, assertion que l'ouverture des cadavres ne confirme pas. D'autres y ont vu une asphyxie, une fièvre algide, une altération de l'innervation générale ou du grand sympathique, enfin un empoisonnement. Cette dernière opinion est la plus soutenable, si l'on a égard à la cause probable de la maladie, aux symptômes qui la caractérisent et qui établissent entre elles et certains empoisonnements une similitude parfaite. Quoi qu'il en soit, ce sont là tout autant d'hypothèses, et dans l'impossibilité où nous sommes de pénétrer la nature intime de la maladie, nous devons, pour la classer convenablement dans le cadre nosologique, avoir surtout égard au symptôme prédominant, c'est-à-dire à l'exhalation intestinale : voilà pourquoi nous avons encore rangé le choléra asiatique dans la classe des sécrétions morbides.
Ha rhydro-aotérorrhéa.
L^n flux de liquide transparent, complètement aqueux et sans mélange de bile ou de mucosités, peut s'effectuer par l'anus. Morgagni, voyageant en poste pour aller visiter un cardinal malade, éprouva des déjections formées par un liquide presque limpide. Des faits semblables ont été rapportés par Marc. Donatus, Car. Piso, Poterius, etc. Un de mes anciens maîtres, Caillard, médecin de l'Hôtel-DleadA Ç«f
nu DES SÊCRÊTlOTtS MORBIDES;
éprouva un jour, à la «lile d'une commotion violcnle occasionnée pir vue cfcite, Taccident que Morgagni avait observé sur'lui-même, iH l'on saîl qoe le graaë Haller perdait souvent, sous Timpression des premiers froids, dooxe oems grammes d'un fluide aqueux.
La maladie a presque toujours une durée courte; cependant Cailkrd éproiiva l'évacuation séreuse dont je parie k diverses reprises et m^daat plusieurs noig consécutifs.
La quantité du liquide évacué a été plus ou moins considérable : Morgagni m rejeta 8 kibgrammesen douze heures, et chez le malade de Poterins, la qnandlé, dit-on, s'éleva à 20 kilogrammes dans l'espace seulement de vingt-qoatre kflmm
Cette excrétion ne s'accompagne presque d'aucwne douleur de ventre; parfois même, comme je l'ai vu chéi le médecin de i'Hôtel-Dîea, il n'y a eo aocone espèce de souffrance ; mais les malades ont été très affaiblis : ainsi Morgagni rapporte 4pi*l devint aussi maigre qu'il l'eût été après une longne et grande maladie; €km tous cette faiblesse persista pendant un temps asseï long.
11 est impossible de déterminer quel est l'organe qol a sécrété le liquide. Quelques personnes ont cru que c'éuit le pancrén; mais rien jnsqo'à présent ne peut justifier r^te opinion, et il n'est aucune raisen plausible qoi poiase frire attribuer le flux séreux plutôt au pancréas qu'à l'appareil fotKculakn dm canal intestinal.
On peut rapprocher des cas précédents certains flux séreux des organes digesli£i, qui ont jugé plusieurs hydropisies. Ainsi l'on a vu des wdividns être débarrassés d'anasarque après avoir éprouvé des vomissements abondants et des déjectioas d'une sérosité claire, citrine, onctueuse ; évidemment il y a en ici one métastase, et tout porte à penser que le fluide résorbé a été exhalé par la muqueuse gastrointestinale. Les auteurs parlent encore de quelqnes autres flux sérmx liur la nature desquels nous ne ))ossédons aucun renseignement précis, et dont Texisience est toui au moins problématique. Telles sont, par exemple, ces diarrhées que Toa a dit être produites par l'urine, le lait, ou par une matière graisseuse.
On n'est pas encore fixé sur le mode de traitement qu'il convient d'adopter contre les flux séreux des organes digestifs. H en est qu'il Init respecter : tels sont ceux qui jugent une maladie grave, comme une hydropisie. Quant au flux séreux dont Morgagni fut lui-même affecté, nous croyons que lorsqu'il a lieu exclusivement par l'anus, l'ipécacuanha peut le diminuer ou le suspendre ; dans le cas contraire, un purgatif pourrait avoir le même effet. Quand les flux se sont effectués 4 la fois par haut et par bas, les évacuants sont nuisibles : il parait que, dans ce cas, on a retiré de bons effets des cordiaux et des calmants à l'intérieur, ea même temps que des révulsifs étaient promenés 4 la sur&ce du corps.