‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 111 sur 118 · EXHALATIONS SÉREUSES DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME · texte numérisé non relu

EXHALATIONS SÉREUSES DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

Les organes génitaux de la femme sont parfois le siège d'une exhalation séreuse qui peut s'effectuer pendant l'état de vacuité de l'utérus ou pendant la grossesse ; dans l'un et l'autre cas, on voit tantôt le fluide séreux être évacué au dehora, tantôt être retenu dans la cavité utérine. Les exemples de flux aqueux par les oiganes sexuels de la femme sont excessivement rares. Femel, Baudelocque et plusieun autres auteurs ont c'\lfe n6aiuxM^\u&de& (iàits prouvant que les iemmesont pu, pendant fWusîeurs années consiHiuViNes, v«u^t^> ^w& d\vs^^ ^M3S(i^\s«Ke^x^<^^ <i^ekpies

DE l'hydbomètrb. 175

litres d*un fluide aqueux, sang qn*il eu résultât aucun dérangement grave de la sant^' : c'est tout au plus^ les ^)alad^s acrnsaiont alors un léger malaisée! im sentiment de chaleur ou de cuisson \ers les parties sexuelles, sans changement notable dans la forme et le volume de l'utérus. Ceci exclut l'idée qu'avait Désormeaux, que les liquides étaient accumulés et retenus quelque temps dans l'utérus avant d'être excrétés, comme cela^rrive dans la maladie que nous décrirons bientôt sous le nom d!hyd)'omètr€,

li faut rapprocher de la maladie précédente le flux aqueux qu'on observe chez quelques femmes grosses, surtout dans les derniers temps de la gestation : c*est ce que les accoucheurs désignent sous les noms à'hydroiTliee ou de fausses eaux. Le liquide s'échappe goutte à goutte ou par flots, sans souffrance pour les malades, et indé{)endamment de toute contraction utérine. L'écoiriement se fait souvent pendant le repos de la nuit : cependant, règle générale, les mouvements du corps et les émotions le provoquent ou l'excitent. Le plus souvent ce flux n'exerce aucune influence fâcheuse sur la grossesse. Les auteurs ont fait beaucoup de suppositions pour expliquer l'origine des fausser eaux : les uns ont cru qu'elles pnnenaient d'une hydatide rompue ou de Tallantoîde ; les autres les font venir de l'amnios, soit que les membranes se soient déchirées, soit que le liquide ait fdtré à travers elles. Cepeudaot NasgHô a émis une opinion qui nous parait devoir être adoptée : cet illustre accoucheur pen^ que le liquide est exhalé par la face interne de l'utérus, et qu'il s'accumule pendant quelque temps cnti*e elle et les membranes décollées; puis la quantité de l'épanchement augmentant, les membranes sont décollées jusqu'au col utérin, ii travers lei|uelle liquide s'écoule. l/)rsque cet accident a lieu, on devra conseiller le repos dans la position horizontale.

Le plus fréquemment, le liquide sén.>ux exhalé dans l'utérus, surtout pendant l'état de vacuité, est retenu pendant un teni|>s plus ou moins long dans l'intérieur de l'organe, avant d'être évacué au dehors; l'utérus augmente alors de volume et se distend. C'est k cette accumulatiou de sérosité qu'on a donn^ les noms d'hydromptre, à! hydrométrit^ A'ascite ou d*hydrupisie de l'utérus^ maladie excessivement rare, niée même par queU|ues-un8, mais dont l'existence néanmoins nous paraît établie par des faits incontestables. Nous ne distinguerons que deux espèces d'hydmmétrie, suivant qu(î l'accumulation de sérosité s'opère dans un utérus vide ou dans l'on^ane distendu par le pro<luit de la conception. Nous ne parlerons donc |NHnt ici de Thydromètre hydnttqne d'Astruc et de Sauvages, car c'est une maladie essentiellement distincte de celle dont il s'agit ici, puisqu'elle est constituée parla présence d'une ou de plusieurs hydatides dans la cavité de l'organe (voir dans le tome II l'histoire des hydatides). Kofin, à l'exemple de M. P. Duliois, nous n'admettons pas V hydromètre celiuleusff de J.-P. Prank, dans laquelle le liquide serait épanché dans les parois utérines, opinion que cet illustre médecin n'a appuyée que sur un fait incomplet, lequel nous |)arait être d'ailleurs un cas de kyste hydatique développé dans Tépaisseur des {)aroi8 ou dans la ca\ité môme de l'utérus.

!• Uydromelre hors de l'état de y rassisse, — Syviptâtnes et marche* —Pour que la sérosité s'accumule dans la ca\ité de l'utérus horsdf^ l'état de grossesse, il faut le concours de deux circonstana*s, savoir : l'occlusioD de l'orifice utérin et une augmentation de la sécrétion utérine. Le col de l'utérus peut cesser d'être perméable par suite d'une inflammation a(lli('*sive ou de Tengorgenient et de la dégénérescence s(]uirrheuse de ses parois, de leur compression |)ar une tumeur extérieure ; ou bi<;n enc(ïre rorifice |m»uI être bouché par uihî lucmVw«c«.^\fw vkw polype, par un caillot fibrtneur, par du mucus èpa», ten^cta, |^^K.. i^Vi^wmv^^ss^s*

776 DBS SÉCRÉTIONS MORBIDES.

qu*un resserrement spasinodique du col pouvait produire le même effet; mais riefl ne justifie cette opinion, qui d'ailleurs est U*ès peu prolyble. Quoi qa*il en soit, lorsque les conditions organiques que je viens d'indiquer existent,^! ia face interne de l'utérus devient le siège d'une exhalation séreuse ou séro- muqueuse, une sorte d'hydropisie a lieu. Jusqu'à présent, il a été impossible de découvrir quelles soot les causes qui favorisent ou déterminent cette supersécrét^n.

Symptômes. —Lorsqu'une certaine quantité de liquide s accumule dans rutéras, celui-ci olTre un volume proportionné à l'abondance de Tépancbemeut ; Thypogastre est saillant; de la pesanteur et des tiraillements se font sentir aux aines et vers les reins. En palpant l'abdomen, on sent une tumeur plus ou moins Yoluinineuse située sur la ligne médiane; elle est entièrement mate et fluctuante; le doigt introduit dans le vaggi, et porté jusque sur le museau de tanche, imprime des mouvements à cette tumeur, et il est facile de s'assiu^r qu*elie est coostitoée par le corps même de i*utérus. Les règles sont généralement supprimées» surtout si la maladie est ancienne. Lorsque celle-ci ne se rattache à aucune lésion organique grave, les femmes peuvent conserver leur embonpoint et leurs forces ; elles n'éprouvent d'autres incommodités que celles qui résultent d'une augmentatioD dans le volume du ventre produite par une tumeur qui, en comprimant les vaisseaux du bassin, peut fmir par amener l'infdtration séreuse des membres ioiîrieurs. Après uii temps plus ou moins long, le liquide ^ut s'écouler au dehors, i tantôt peu à peu, d'autres fois brusquement II est rare qu'il soit complètement 4 séreux : le plus souvent, en elTet, il est mêlé à des mucosités et à des caillots fibrineux, ou du moins il est plus ou moins coloré par du sang. Cependant nous n'avons encore, à ce sujet, que des renseignements peu précis. Enfin, le liquide une fois évacué, l'utérus revient peu à peu à son volume normal. Une guérison radicale peut alors avoir lieu, à moins que la cause première ne persiste : dans ce cas, la maladie récidive.

Suivant M. Jobert, l'hydrométrie pourrait être bornée au col utérin. Cette partie serait alors tuméfiée, son orifice serait oblitéré, et il s'en écoulerait de temps en temps un liquide séreux plus ou moins abondant C'est là un point de pathologie encore peu connu et qui attend de nouvelles recherches.

Diagnostic. — L'hydrométrie pourrait être confondue avec la grossesse, avec les tumeurs solides de l'utérus, avec la physométrie, les kystes des ovaires, avec l'ascite et la distension de la vessie. L'ampliation de l'utérus par de la sérosité peut s'accompagner de la suppression des règles, d'un bmit de souffle abdominal à cause de la compression exercée sur les vaisseaux^ d'une augmentation dans le volume des seins, et de quelques phénomènes sympathiques qui pourraient âmuler la grossesse. Cependant on ne distingue pas, comme dans celle-ci, ni le ballottement, oi les battements du cœur du fœtus ; enfin, on détermine de la fluctuation, ce qui n'a pas lieu dans l'état de grossesse simple. Les tumeurs squirrheuses ou fibreuses étant dures, bosselées et très pesantes, ne pourront jamais être prises pour une hydromètre. Nous verrons plus tard qu'il est facile de distinguer la maladie de la physométrie et des kystes de l'ovaire. Le diagnostic diiïérentiel de l'ascite et de l'hydromètre ne présente aucune difficulté; car, dans la première, la fluctuation est superficielle, tandis qu'elle est profonde dans l'autre. On peut déplacer ia niatité de l'ascite, tandis qu'il est impossible de le faire dansl'hydropisie de l'utérus; la forme de la tumeur, sa situation près de la ligne médiane, et les résultats do toucher par le vagin el te teclwm, v<^ruvettront d'établir le siège véritable de U maladie. Enfin, c'esl çat \e& ts\^\xv^ feVivw«A% ^^ ^>^^s6^^«a:\^;^^=ciH:vdant du

DE L*HYDROMÈTRE. 777

rcathétérisme, qu'on distinguera i'hydromètre d'une tumeur formée par la vessie. Le diagnostic de raiïectiq| une fois établi, il faut rechercher par Tétude des antécédents, et surtout à l'aide du toucher et du spéculum, si l'hydromètre so lie à quelque lésion organique. Cette connaissance importe beaucoup pour le pronostic et pour la thérapeutique.

Pronoitic. — Le pmpostic est favorable si l'utérus est sain. 11 est grave si rhydromètre est symptomatique d'une lésion organique.

Traitement. — Tout le traitement consiste à évacuer directement le liquide. On conseillera d'abord les injections et les bains pour ramollir le col ; puis ou introduira dans celui-ci un morceau d'épongé sèche qui, en s'imbibant, dilatera rorifice. Il suffit aussi parfois d'une forte pression sur l'utérus ou d'une secousse violente, telle que celle que des vomissements produisenè^ pour amener l'écoulement npide du liquide épanché. On a encore conseillé d'introduire sans effort une sonde, un stylet, pour déplacer une tumeur ou vaincre un obstacle peu résistant. Enfin, dans les cas extrêmes, on a dit d'inciser ou de ponctionner le col; mais l'expérience n'a pas encore prononcé sur l'utilité de ce moyen. Quoi qu'il en soit, le liquide étant évacué, on cherchera à empêcher une nouvelle exhalation, en comprimant le ventre et en excitant d'autres sécrétions.

2* Hydnmètre pendant la grossesse. — Cette espèce d'hydromètre est consti* Inée par une augmentatiAi plus considérable que de coutume du fluide anmiotique. On ignore absolument les causes qui produisent cette supersécrétion ; toutefois, dans quelques cas, elle a paru être le r^ultatde la pléthore sanguine, et a présenté dans son développement le caractère d'une hydropisie active. Rare avant le cinquième mois, on l'a surtout observée dans les grossesses doubles. Certaines maladies du placenta peuvent la produire : c'est ainsi qne, dans un cas d'hydromètre que j'ai vu en 18!i9, une moitié du placenta était indurée et ressemblait beaucoup par son aspect extérieur, et surtout à la coupe, à la camification du poumon.

Dans l'hydromètre, le ventre acquiert rapidement un volume considérable, et souvent, au cinquième ou sixième mois de la grossesse, l'utérus est plus distendu qu'il ne l'est communément à la fin du neuvième ; il remplit toute la cavité du ventre et refoule le diaphragme. Cette distension amène souvent un état de malaise et produit même des douleurs plus ou moins vives. Les parois utérines doivent alors être réduites souvent à une ténuité excessive, à en juger par la facilité avec laquelle on perçoit la fluctuation. Je l'ai vue une fols aussi superficielle et aussi manifeste que si le liquide avait été épanché dans le péritoine; mais, en pareil cas, la forme du ventre, qui dessine exactement la tumeur utérine, le refoulement des intestins en arrière et latéralement, l'impossibilité de déplacer le liquide, et par conséquent la matité, empêcheront, indépendamment des lumières que fournira le toucher vaginal, de prendre pour une ascite l'hydrométrie survenue dans le cours de la gestation.

La distension extrême que l'utérus subit a souvent pour effet de provoquer l'avortement ; d'autres fois la grossesse arrive à terme, mais le foetus naît faible et cliétif ; enfin beaucoup d'enfants meurent dans l'utérus à une époque plus ou moins avancée de la gestation, et sont expulsés plus ou moins longtemps après. L'hydropisie de l'amnios a surtout des effets fâcheux pour le fœtus. On conçoit qu'elle expose la femme aux ruptures utérines, et après l'accouchement aux hémorrhagies passives par inertie ; cependant rien n'est encore démontré à cet égard.

L'art est k peu près impuissant contre cette maladie ; une fois déclarée, rien ne peut guère ei» entraver la marche, lorsque, la distension de l'u!l^t>ai!^^v«s&^}QRflà^-

778 DES fttCRfinoNS morbides.

déraMe, les femmes éproiiveot une grande anxiété, lorsque les digeslMms et ITièmatose sont troublées ou emiK^chées par la compressin^ et le refoulement \ers la poitrine de Testoroac et du diaphragme, il devient urgent d'évacaer les eaui de i'amnios. Pour cela, on ponctionnera la poche amniotique par le vagin et ï traven le col, ce qui est, sans contredit, préférable à la ponction foite entre l'ombilic et le pubis, conseillée par Camper et par Scarpa. ^

DEUXIEME GENRE DE SÉCRÉTIOxNS MORBIDES.

OCUT SÉCBÉTIONS RIUQlJEUfiEl».

Le fluide sécrété par les membranes muqueuses peut être exhalé en plus grande abondance ; c'est à cet accroissement de la sécrétion muqueuse que les anciens ont donné le nom de cataîTke.

Ce mot catarrhe n'a exprimé, pendant plusieurs siècds, qu'une idée bypotfa^ tique et vraiment absurde. Les médecins grecs et leurs successeurs supposaient, ^ en effet, qu'une matière morbide exhalée dans la tête se dirigeait ensuite vers ne muqueuse : cependant, depuis F. Hoffmann, les flux muqueux ont été étudiés et interprétés d'une ^lani^re plus rationnelle. Ainsi ce médecin regardait ces sécrétions morbides comme se rattachant à une lésion spéciale de la muqueuse, oo comme étant Teflfet, la conséquence d'une altération des fluides; enfin la généralité des pathologistes nuKlemes les ont décrites comme étant une affection primitive de l'organe sécréteur lui-même. Nais on a cessé d'être d'accord lorsqu'il s'est agi de déterminer la nature de la maladie. Pour les uns, le mot catarrhe ne signifie autre chose'qu'unc inflammation aiguiS ou chronique d'une membrane muqueuse, tandis que d'autres l'ont réservé pour désigner un flux muqueux survenant indépendamment de tout travail inflammatoire appréciable : c'est le sens que nous lui attachons. Dans l'état actuel de la science, le mot catarrhe doit donc donner l'idée d'une augmentation accidentelle dans la sécrétion des follicules muqueux, sans que ceux-ci soient actuellement le siège d'un travail inflammatoire.

I^es anciens pyrétologistes avaient invoqué cette altération de la sécrétion muqueuse comme constituant le caractère essentiel de certains états fébriles distincts : telles étaient les fièvres catarrhale, muqueuse, piluiteuse. Dans la première, ea supposait une affection bornée 4 la membrane pituitaire et aux bronches, undis que, dans les autres, l'altération aurait en outre occupé la muqueuse des organes digestifs. Cependant, si l'on consulte les principales relations d'épidémies qui nous ont été transmises, on voit que, sous les noms de fièvres catarrhale, muqueuse et pituiteuse, les médecins avaient bien moins décrit une maladie si>éciale que des affections diverses régnant sous une même constitution épidémique. D'ailleun, li dans la fièvre catarrhale simple il existait une altération manifestement inflammatoire do plusieurs muqueuses, spécialement de celles des yeux, du nez, de la gorge et des voies aériennes, Taffection de ces tissus était bien moins évidente, ei le plus sorivcnt même elle était cou\n\a\Ae CL^v\%\«^Vvtî\\^dvie& muqueuses ou pituiteuses, ou bien, si elle cxislatl, e\\c rffeUÀVtçA'wife^\^^wç^^^«\«^fe«^

ras SÊGBÉTIONS MUQÙEnSES. 770

^ fa» formes graves de ces prétendues fièvres catarrhales appartiennent manifeste- ' ment à notre affection ty||[io!de. Knfin, il est bien certain, comme l'a dit avec * raison M. Littré, que, dans un grand nombre de cas, une maladie a été dite : catarrfaale, non en raison des symptômes qu*on observait du côté des membranes moqueuses, mais d'après la considération d*une cause hypothétique, dite catarriiale, dont on admetta^patuitement Texistence.

Les catarrhes, surtout quand iis sont chroniques, sont le plus souvent primitifs ; mais quelquefois ik succèdent manifestement à une inflammation aiguë qui s*est éteinte et a laissé après elle, dans la muqueuse* une exagération de la sécrétion aalnrelle du tissu, une sorte d'habitude morbide.

Le catarrhe est caractérisé par l'écxHilement plus ou moins abondant d*un liquide incolore, filant, visqueux ou bien floconqeux, qui, à iiesuré que la maladie est plus ancienne, devient plus épais, jaunâtre, verdâtre, puis opaque, et prend enfin un aspect purulent dans certaines circonstances, lorsque, par exemple, une altération grave de structure est survenue dans le tissu, ou lorsque celui-ci est frappé d'inflammation. Le fluide sécrété exhale une odeur fade, rarement fétide ; il est le plus souvent alcalin, parfois il est acide. Vu au microscope, il est tantôt homogène, tantôt il se compose de globules tout à fait semblables à ceux du pus ; de \i la difliculte et même l'impossibilité de différencier ces deux espèces de liquides. Les flux niuqueux s'accompagneni'ide troubles variables, suivant la muqueuse affectée, sui- , vant l'abondance de l'écoulement, suivant son ancienneté et sa durée. La sécrétion muqueuse ne détermine souvent aucune douleur ; d'autres fois l'organe exhalant est le siège d'un peu de chaleur et de prurit ; mais on n'observe presque jamais de symptômes de réaction, ou du moins, quand il en existe, ils sont très faibles et tout 4 fait éphémères. lA>rsque l'écoulement est ancien et considérable, on voit ces individus pâlir et tomber dans un état de kngueur ; les chairs sont flasques, la peau se décolore, les digestions se troublent, la fièvre hectiqne s'allume quelquefois ; enfin, les malades |)euveut succomber dans un état d'épuisement.

Les flux muqueux ont une marche très irrégulière i ils sont sujets à des exacerbâtions que rien souvent u'explique, et dont on trouve la raison parfois dans un refroidissement du corps ou dans un abaissement de la température, surtout si elle est en môme temps humide : aussi les catarrhes s'aggravent-ils pendant l'automne et l'hiver, tandis que les saisons et les climats ctiauds les diminuent généralement, ou quelquefois même les font cesser tout à fait

Les flux muqueux ont uue durée variable : ils persistent rarement moins d'un septénaire; ils sont sujets à récidiver, et fmissent par passer à l'état chronique; leur durée est alors indéterminée. Beaucoup d'entre eux sont compatibles avec un état de santé parfaite; ils finissent par devenir constitutionnels, et forment alors une sorte d'émonctoire qu'il faut surveiller, et dont la suppression trop brusque pourrait parfois entraîner de graves accidents.

L'absence do douleur vive et de fièvre, le début souveot brusque de la sécrétion muqueuse, ou du moins les variations presque instantanées qu'elle présente, sont tout autant de caractères qui distinguent les flux muqueux des inflammations des membranes muqueuses. Ajoutons â cela que lorsque la sécrétion n'est pas excès* sive, les catarrhes sont généralement compatibles avec la santé; et ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que plusieurs troublent à peine, un môme ne troublent pas les fonctions de l'organe qui en est le siège; nous avons vu qu'il n'en était pas de même de l'inflammation. L'affection catarrhale n'est pas pourtant toujours aussi simple : quelquefois, en effet, elle est symptomatique, ou da tcayga ^(a ^nR:i»^9^

780 DES SÉCRÉTIONS MORniDES.

avec quelque grave altération de texture. On soupçonne une pareille complicatioii lorsque ramaigrissement n*est en rapport ni avec Tanc^neté ni avec rabondaBce de Técoulement ; lorsqull existe des douleurs vives, ou bien encore lorsque le mucus sort mélangé à du sang noirâtre; lorsqu'il est opaque, ou qu'on ap^^t • sa surface des stries étroites, irrégulières ou opaques, qui paraissent produites pir de la matière purulente. La distinction du pus et du mucus n'est pourtant pu chose toujours facile. Si le mucus est filant, tran^arent, non miscible 4 Veau, on ne pourra certainement pas le confondre avec un pus blanc, opaque, formant émulsion avec Teau et se précipitant par le repos; mais les cas embarrassants sont ceux où la membrane muqueuse exhale uu fluide qui a la consistance du mucus et la couleur du pus. Pour résoudre ce problème, on a {>roposé Tinspection microscopique ct^me foule d'expériences chimiques ; mais nous avons vo que si quelques mucus^ comme celui de Tutérus, sont homogènes et dépoums de globules, tous les autres contiennent des globules identiques avec ceux di pus, ils sont seulement un peu moins nombreux. Les expériences chimiques n*ont fourni non plus, jusqu'à présent, que des données très incertaines. D'ailleurs, comme le dit avec beaucoup de raison M. le professeur Bérard, ces recbercbo n'offrent aucune utilité; car on peut, à la simple inspection, dire si le mucus est mélangé ou non k du pus. Si, en effet, une muqueuse fournit un liquide ajant encore une certaine viscosité ; si, sans être diffluent^mme le pus, M dône j néanmoins à l'eau à laquelle on le mêle une couleur d'un Uanc jaunâtre ; sî Toi J y reconnaît un plus grand nombre de globules qu'il n'y en a nomâalement dans le mucus, il faut en conclure que le fluide qu'on examine est un mélange de pus et de mucus. A ce sujet, rappelons encore id ce que nous avons dit ailleors, que la présence du pus n'indique pas nécessairement ni même ordinairement, comme on Ta cm pendant longtemps, que la membrane muqueuse est le siège d'une solution de continuité ; il faut seulement en conclure que le tissu est très probablement enflammé.

Le pronostic des affections catarrhales est plus ou moins grave suivant Tinteosite, la durée, l'abondance de la sécrétion muqueuse, suivant son siège et ses complications.

Les affections catarrhales atteignent surtout les individus d'une constitntioa molle, lymphatique, les femmes et les enfants, les sujets affaiblis par les maladies, par les excès, par un régime débilitant. L'âge a une grande influence sur le siège de la maladie : ainsi, dans l'enfance, on observe surtout les catarrhes du nez, des yeux et des intestins ; chez l'adulte, on voit le catarrhe de l'estomac ; le vieilUrd est surtout sujet au catarrhe de la vessie et des bronches ; euûn, chez la femme, il n'est aucune membrane muqueuse qui soit aussi souvent affectée de catarrhe que celle du vagin et de l'utérus.

Il est rare que, même au début, les catarrhes s'accompagnent d'une réactioB fébrile suffisante pour nécessiter l'emploi des antiphlogistiques. Dans ces cas une médication simplement émoUiente suffit; cependant, pour peu que rècoolement se prolonge, il faut recourir aux ferrugineux, aux amers, aux aromatiques, vol balsamiques, aux résineux, donnés à l'intérieur, en lotions, en injections ou en fumigations ; enfm, quand l'état des parties le permet, on doit modifier les surfaces par la cautérisation.

Nous ne comptons point, surtout après les généralités qui précèdent, pour* suivre l'étude des Aux Tnuc\\i^\ix d^tis toutes les membranes qui peuvent les fournir ; ainsi nous neàirous t\«i dft\^rK\iw)TTK('.e,^\ tSSLx^X^^^w^^K^iv^^çssem-

DE LA BRONCHORRHÊE. 781

blauce avec le coryza chronique, sauf qu*avec la sécrétioù abondante de mucosités il n*existe aucun signe d'inflammation vers la muqueuse de Schneider. Nous omettrons aussi à dessein ae i>arlcr de la blennorrhée ou flux uréthral, car nous en traiterons plus tard à l'occasion de la blennorrhagie. Les seuls flux muqueux dont nous croyons devoir nous occuper ici, parce qu'ils sont les plus importants, sont : la bnmchorrhéey la gastrotrhêe, la diarrhée muqueuse ^ la leucorrhée et le catarrhe vésicaL *

0£ LA BROxNCHORBHÉË.

STrfONTms. — Catarrhe piluiteax, phlegmorrhagie pulmonaire, flox bronchique.

La bronchorrhée est une maladie caractérisée par Teiy^ctoration d'une quantité considérable de mucus incolore, filant, transparent, mêlé à des bulles d'air et semblable à du blanc d'œuf délayé dans de l'eau ; cette sécrétion se fait indépendamment de tout travail inflammatoire.

Historique. — Nous devons à Laênnec les premières notions que nous ayons eues sur la bronchorrhée. Ce médecin éminent a décrit cette affection sous les noms de catarrhe pituiteux et de phlegmorrhagie pulmonaire. Bientôt après, M. Âlard, dans son ouvrage sur la nature et le siège des maladies, et M. Andral, dans sa Clinique, publièrent quelques observations dignes d'être consultées ; mais '\ c'est à M. Roche que revient Thonneur d'avoir tracé, dans le Dictionnaire de ^ médecine et de chirurgie pratiques, une histoire assez complète de la maladie, qu'il a, avec raison, séparée de la bronchite. Â ces divers travaux il est juste de joindre celui que Copland a publié en Angleterre.

Divisions, — La bronchorrhée existe à l'état aigu ou à l'état chronique ; cette division est la seule qu'on puisse raisonnablement admettre dans l'étude de cette affection ; elle est d'ailleurs adoptée par MM. Roche, Andral et G. Copland.

Anatomie pathologique. — On a très rarement l'occasion d'examiner quel est l'état des bronches dans la maladie dont je traite. Laênnec a prétendu que les caractères anatomiques de cette affection consistaient dans un gonflement médiocre de la muqueuse pulmonaire, qui lui a semblé un peu ramollie, et ne lui a présenté qu'une légère rougeur disséminée çà et là. Sons ce rapport, ajoute Laênnec, l'affection dont il s'agit semble être sur la limite qui sépare les congestions séreuses des congestions sanguines, et appartenir plutôt aux premières qu'aux dernières. Les renseignements que donne ici Laênnec sont, comme on le voit, peu précis. M. Andral, ayant eu occasion d'ouvrir plusieurs individus emportés dans le cours d'une bronchorrhée, a trouvé la membrane muqueuse pUc dans toute son étendue; c'est ce que j'ai obsené moi-même une fois; la muqueuse bronchique, entière* ment pâle, avait aussi son épaisseur et sa consistance normales. Ces faits nous autorisent donc à considérer la bronchorrhée comme une affection essentiellement distincte de la bronchite aiguë et delà bronchite chronique ; cette opinion sera en outre bientôt confirmée par les symptômes aussi bien que la marche de la maladie.

Symptômes. — Les symptômes et la marche de la bronéborréc, ainsi que les agents thérapeutiques à lui opposer, diffèrent suivant que la maladie est aiguë ou suivant qu'elle est chronique.

1" Symptômes et marche de la bronchorrhée aiguë. — La bronchorrhée aigufi débute en général d'une manière presque soudaine; les malades accusent bftA»\-coup de dyspnée, une grande oppression, unsenâmenl^l'v^^cMla^^vels\^V^'^^^'^

celle-ci est agitée par les secousses d'iuie toux sèche, pénible, preique coofuisive ; la souorité est parfaite, mais rauscultatioo fait décoiif rir presque ptrlvnt des râles sibilants et ronflants, mêlés parfois à des ifles hoaûdes, nmqwm « sous-crépitants. Ces troubles du côté de la respiratioii ne taident pas à prodoiR une congestion de la face avec teinte violacée et tuméfaction énorme des veines di cou; alors les traits sont altérés, les extrémités sont froides, le popis esl petit, insensible, irrégulier ; une sueur froide couvre le corp^ il y a des vertiges, de Taccablement, des lipothymies, et souvent, au moment* où la mort semble imminente, on voit les malades rejeter avec plus ou moins d*eflbrts une quantité considérable de crachats blancs, transparents, ûlanls , mêlés k des bulles d*air et semblables à une solution concentrée d*albumine. Ces crachats sont rejetés apris quelques secousses de toux, quelquefois presque spontanément et en si grande abondance, que les malacSs semblent vomir. Cette excrétion pent oontinuer padant plusieurs heures , rarement pendant un jour ; elle cesse peu à peu après qnt les individus ont rejeté 1, 2, 3 ou ^ kilopnmmes d'un floÛe albnmnmii ; m milieu de troubles aussi graves, les malades restent absolument sans fièvre. L'excrétion terminée, il arrive parfois que les indivîdns reprennent aossîtôc tonlei ks apparences de la santé ; cependant il est plus commun qnlb consenrent encan pendant un ou plusieurs jours un peu d'oppression et de ton, ^méqatBM rtks secs disséminés dans la poitrine, de l'ardenr à la gorge, m^pen de perte d'iypélitst i une grande fatigue. 1

La santé est dès lors parfaite ; cependant la maladie est sujette à retoor. La ' mêmes accidents se reproduisent donc an bout d'un temps plus oa moins los^ 11 est fort rare que Taccès revienne après quelques jours seulement, mai» le pbs ordinairement il s'écoule plusieurs mois, une on plusieurs années entre chiôiae des attaques. On conçoit que si la maladie se reproduisait li de courts intervalle et s'accompagnait chaque fois d'une sécrétion muqueuse très considérable, les ai« lades éprouveraient de l'amaigrissement et les principaux symptèaaes de la iène hectique. Mais les cas de ce genre sont infiniment rares.

On peut établir que la bronchorrhée aiguë n'a que deux modes de terminais«*« 1» la guérison, qui arrive rapidement, presque sans convalescence ; c'est là le es le plus ordinaire ; 2° la mort , qui sur\ ient par asphyxie, dans quelqiMS circosstances exccptionueUes, lorsque l'exhalatioiLest devenue tellement abondante dan les bronches, que tout l'arbre aérien en est obstrué.

2' St/mptôtnes et marche de la bronchorrhée chronique, — La bronchorrhée chronique, plus fréquente que la forme aiguë , est presque toujours consécutiie au catarrhe pulmonaire cbronique. Les caractères anatomiques de rinflammatioa ont cessé pourtant, mais la sécrétion catarrhale persiste par suite d*unc espèce d*habitudc morbide des tissus. Il existe de la toux, une dyspnée plus ou uhmms forte, et des râles humides et secs dans la poitrine ; enfin un état permanent de malaiiei C'est ordinairement dans ces conditions que Ton voit s'établir, surtout pendant U nuit ou quelques heures après le repas, un flux bronchique muco-albumineux s*accompagnant d'oppression, de dyspnée, de toux ; mais il est rare d'observer cet ensemble de symptômes si graves qu'on remarque commmiément dans la brou* chorrhée aiguë. Dans celte forme de la maladie, les accès sont plus rapprochés; ils ont parfois lieu une ou deux fois toutes les vingt-quatre heures; c'est ainsi qu'os voit des malades qui rejettent chaque jour 1 ou 2 kilogrammes d'un fluide mucoalbumineux. Nonobstant cette sécrétion exagérée, la santé générale peut se maiateuir : cependant ces peixes CAuânw^Vi^ Kwko&^qx^ ^>\ V^a^jl d'un certain temps, |nr

DE LA BROSfCHORRHÊE. 78

altérer la constitation. Ainsi les malades jaunissent, pâlissent on prennent an teint blafard ; leurs forces diminuent, la dyspnée devient habituelle ; ils maigrissent, l'appétit se perd, les dlgestiodl s*allèrent, une sorte de fièvre hectique 8*allume, et ils succombent après être |>arvénus au dernier degré de marasme. D'autres meurent suflk)qués par la grande quantité de fluide eihalé ; enfin, qudques-uns sont emportés par une maladie intercurrente, comme la pneumonie ou une affection organique du cœur. La duiflfe de la brouchorrliée chronique est longue et toujours indéterminée.

Diagnostic, — La broncliorrhée aigué ou chronique diffère de la bronchite :

i"" par son invasion brusque, 2* par la nature albûnioeuse de i'expectorationt 3* par la quantité considérable du fluide évacué en peu de temps, ^i" par la cessalion rapide des accidents. La brouchorrhée a quelques points de ressemblance avec l'asthme humide, avec lequel elle est très souvent confondue ; mais nous verrons plus tard que les accès qui caractérisent l'asthme ne ressemblent pas à ceux de la bronchorrhée ; d'ailleurs la sécrétion bronchique diffère dans les deux maladies Il est fort rare, par exemple, que celle qui forme la crise de certains accès d'asthme soit aussi abondante et aussi albumineuse que celle de la bronchorrhée. Enfin, les phénomènes fournis par l'auscultation , la nature des symptômes généraux et la marche de ta maladie, ne permettront pas de confondre la bronchorrhée chronique ni avec I5 phthiiie, ni avec la dilatation des bronches. (Voir ces affections.)

Pranoidc. — Le pronostic de la bronchorrhée aiguë n'est grave que dans les cas où ta sécrétion éunt très abondante , les matières sont difficilement expulsées, ce qui peut occasionner la mort par asphyxie. La bronchorrhée chronique est, au con* traire, d'un pronostic toujours ficheux, car il est fort rare qu'on puisse la guérir couiplétement ; le plus souvent on ne fait que la pallier.

Ltiologie. — La bronchorrhée n'affecte guèro que les adultes et surtout les vieillards, les individus gros, replets» doués d'un tempérament lymphatique ; ceux qui mènent uue vie sédentaire et les vieux goutteux y sont plus prédisposés. L'im pression du froid, de l'humidité, une digestion pénible, les émotions morales, sont les causes déterminantes les plus communes de la broncliorrhée; celle-ci survient ordinairement après les récidives fréquentes de catarrhe pulmonaire.

Traitement, — La bronchorrhée aiguë débute souvent par des accidents tellement graves, qu'il devient urgent d'employer un remède actif pour prévenir une asphyxie imminente. On a conseillé dans ce cas de faire une saignée du bras ; mais ce moyen est rarement applicable, en raison de la faiblesse primitive du siyet ou de l'étal actuel du pouls et dc's forces ; on n'y aura recours que chez les individus jeunes, forts, chez Icsciueis l'artère du bras présentera encore une certaine résistance. Dans tous les cas, la saignée sera modérée, exploratrice; on pourra la répéter si l'on obtient des effets utiles.

Dans les conditions que je suppose ici, il est généralement préférable d*admiuistrcr un vomitif, surtout WiK'cacuanha, pris à doses fractionnées (25 ou 30 cen tigramaies tous les quarts d'heure}, de manière à exciter des nausées continuelles, et par suite quelques secousses vers la poitrine et une compression des poumons» ce qui favorise Texpulsiou des matières sécrétées dans les brondies. Cependant, lorsque les accidents sont pressants, il faut donner d'emblée 1 gramme d'ipécacuanha, ou mieux encore 15 centigrammes d'émétique, pour produire prompteiiR*nt des évacuations |)ar haut et par bas et un effet révulsiL C'est aussi pour obtenir un effet émétique que Copland conseille d'administrer 1 ^gicauvoMtV^ ^m^^cn^vusia

de sulfate de liiic, et que d'autres ont préconisé remploi de la radiie de TÎoiette en décoction (^ à 12 grammes dans 1000 grammes d'eau) ; mais ces mmo» n'ont pas d'avantage sur i'émétiqnc, et leur eiïet est plus^u moins incertain. Qodk ' que soit la gravité des accidents, il faut chercher à opérer des révnlsioiis, et sortoutà exciter diverses sécrétions : c'est dans ce double but qu*on emploie les pvgatifs et les diurétiques; on y joint des sinapismes sur les extrémités etdesTentoa» sèches sur la peau du thorax ; enfm, dans les cas plus gjAves, il ne faudrait fn hésiter à appliquer un ou plusieurs larges vésicatoires. i

La plupart des moyens que je viens d'énumérer conTiennent encore das h bronchorrhée chronique, pour parer aux accidents aigus qui surviennent an mment où le flux s'établit ; mais dans l'intervalle des accès, il faut chercher ï prévenir ceux-ci par une bonne hygiène, ou en modifiant l'état orgauiqoe (k ii muqueuse bronchique. Amsi les malades éviteront toutes les causes de refroidssement; ils mangeront modérément, surtout le soir, mais leur nourriture sn substantielle, tonique; ils se couvriront de flanelle de la tète aux pieds ; ik wèatront une vie active ; on leur conseillera un purgatif de temps eu temps, ou bis on établira un exutoire permanent à l'un des bras.

Pour modifier l'état sécrétoire de la muqueuse bronchique, on aura recoorsan eaux minérales sulfureuses en boissons et en bains ; on conseillera Tusage à YiÉirieur de l'eau de goudron, des baumes de copahu etiie Tolu, et de toutes IsJ substances balsamiques et résineuses. Les malades peuvent même essayer d'iospÎRil certaines vapeurs, comme celles du goudron, du benjoin, ou des baies de gaùèvrel Enfin, lorsque les malades sont bouflis, pâles, étiolés, affaiblis» on admlnistrenlB | ferrugineux et les toniques puissants, comme le quinquina.

Nature, — D'après les détails qui précèdent, il est évident que la bronchonlitf doit appartenir à la classe des flux ; l'exagération de sécrétion constitue ici le snl élément pathologique, le seul qui puisse caractériser et qui puisse servir à classer b maladie. Invoquer un état d'irritation, c'est faire une hypothèse toute gratuite. 1 est désormais prouvé que la bronchorrhée n'est pas une variété de la bronchite. I ne faudrait pas trouver la preuve du contraire dans l'existence des râles secs, qK nous avons signalés comme constants , car ils s'expliquent par l'état de coogestia momentanée que la muqueuse éprouve peut-être peu avant la sécrétion. Je& peut-être, car cette congestion préalable n'est pas démontrée ; elle n*est pas m» plus nécessaire. Il est possible d'ailleurs que les râles soient le résultat du rétréds sèment des bronches produits par l'exhalation d'un mucus tenace : c'est mène peut-être là l'explication la plus vraie du phénomène.

DE LA GASTRORRHÉE. ^ '

L*exhalation abondante d'un fluide muqueux à la surface delà membrane iotenR de l'estomac et son expulsion par le vomissement caractérisent l'affection coooie sous le nom de gastrorrhée, -• '

Cette maladie, encore peu étudiée, peut être idiopathique ou bien être symfK^ matiqve. Dans la première variété, il n'existe aucune lésion matérielle saisissabk dans la texture delà membraqe muqueuse de l'estomac, qui explique l'exhalatioi ou sécrétion morbide dont elle est le siège.

Symptômes, marche. ^- Dans la gastrorrhée, on voit des individus, en app»* rence bien portants sous tous les rapports, rejeter de temps en temps, et après des efforts de vomissement, un liquide tout à fait aqueux, mais plus souvent vis^

DE LA r.ASTRORRIlÉE. 785

qnoiix, niant, transparent, seinblahlo à du blanc (Fœuf, insipide, rarement acide ou salé. Sa quantité varie ; elle peut n'être que de 50 à 60 grammes, ou bien s'élever jusqu'à 600 ou ifii) grammes. Cette excrétion morbide se fait le plus souvent le matin à jeun ; plus rarement elle a lieu au milieu du jour, ou bien une ou plusieui*s heures après les repas, et dans ce dernier cas les aliments sont presque toujours retenus dans l'estomac, tandis que le lluide muqueux seul est expulsé. Chez la plupart des malides, la gastrorrhée ne produit presque aucun trouble, môme du coté des organes digestifs. Si quelquefois les vomissements sont précédés de malaise et de douleurs épigastriques , si chez d'autres rapi)étit est perdu , et si, pendant les jours qui précèdent et qui suivent, les digestions sont pénibles, on peut dire que ce ne sont là que des faits exceptionnels, et que, chez la grande majorité des individus atteints de gastrorrhée, les vomissements ne produisent que peu de malaise, et n'empêchent ni l'appétit ni l'intégrité des^ligestions. £n un mot, ces personnes, après avoir vomi, reprennent toutes les apparences de la santé.

Les vomissements se répètent à des intervalles variables. Il se passe souvent plusieurs mois entre chaque accès ; chez d'autres, ceux-ci se reproduisent une ou plusieurs fols par semaine ; enfin, chez beaucoup, ils ont lieu à des époques encon' plus rapprochées, chaque matin, par exemple, peu après le réveil.

Durée, terminaisons. — La gastrorrhée peut guérir ; mais elle a, en général, une durée fort longue, et elle finit souvent par devenir constitutionnelle. On conçoit que la reproduction de Ta sécrétion puisse amener à la longue l'hypertroptiie des glandes mucipares, et peut-être même celle de toute la membrane muqueuse, puisque l'hypertrophie de quelques organes est souvent la conséquence d'un surcroit d'activité dans leurs fonctions. 31ais il n'est nullement démontré que la gastrorrhée puisse être, comme on l'a dit, une cause active de cancer ; si quelquefois on a vu cette dégénérescence survenir chez ceux qui présentaient depuis longtemps un flux muqueux de l'estomac, il n'y a eu ici que simple coïncidence ; et, dans les cas où l'on peut établir un rapport entre les deux maladies, on trouve que la gastrorrhée a été plutôt effet que cause du cancer.

Diagnostic, — Nous avons dit précédemment qu'il existait une gastrorrhée symptomatique ; or, il n'y a aucune lésion qui la détermine aussi souvent que la dégénérescence squirrheuse ou cancéreuse des parois de l'estomac; la gastrorrhée est parfois alors le premier symptôme de cette redoutable aflection. On soupçonnera que le flux muqueux tient à cette cause lorsqu'on voit les digestions être habituellement difliciles, ou lorsqu'il y a une anorexie continuelle, on bien encore lorsque le malade maigrit ou dépérit tous les jours, lorsque son teint devient jaunâtre, accidents qu'on ne remarque pas dans la gastrorrhée idiopathique. Dans cette dernière, pourtant, on pourrait observer le dépérissement des malades, si le flux stomacal était habituellement abondant ; mais ce cas est excx^ssivement rare ; d'ailleurs on trouverait dans les autres symptômes et dans la marche de la maladie assez de {liiïérences |K)ur pouvoir établir, sinon sûrement, du moins d'une manière assez probable, le diagnoatic différentiel.

Pronostic. — La gastrorrhée ne compromet pas la vie, mais c'est une affection incommode et le plus souvent très rebelle,

Étiologie. — Les causes qui donnent lieu à la gastrorrhée sont encore maldéterminées ; toutefois il paraît que cette maladie affecte plus souvent les hommes que les femmes, les individus replets, ceux qui mangent des aliments épicés, des viandes fumées, salées, des fruits acides, et ceux surtout qui abusent des liqueurs alcooliques. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de voir des hommes qui, le lendemain

T. I. — ?• *DIT« Xk^

OU de peau ; les pieds seront tenus constanmient à l*abri par des chaossores c6q- Ycnables. Ainsi il a suffi plusieurs fois, pour obtenir une gucrison très rapide, ée faire porter des sabots ou des chaussures de caoutcnouc à des individus qui, ayant habituellement les pieds dans l'humidité, éprouvaient one diarrhée interminable qui avait résisté à toutes les médications. D^ailleurs, quelle que soit b cause de la diarrhée, les fonctions de la peau devront touiours être ekdtéftMMseulcmeut par des vôtements convenables, mais 'encore par des frictioiBilljchi ou aromatiques, et par remploi de bains stimulants, et surtout par des baiosnifureux.

DE LA LEUCORRHÉE.

STNONYitiE. — Flncors oa fleura planches, fluor aut projlavium tnnUêrls% tnenstrua aui MunonUfiâ alba; catarrhe utérin.

Les mots leiicorrhée ou flueurs blanches ne désignent pas, comme leur seu étymologique pourrait le faire croire, tous les écoulements non sanguins qui se font par la vulve ; mais on ne doit comprendre sous ces deux dénominations ipr les écoulements blancs, chroniques, auxquek sont sujettes certaines femm» «pi ne présentent d'ailleurs aucune autre alTection de Tappareil génitaL JU. Mat d'Espine, qui, en 1836, a publié dans les Archives dcsifecherches inté sur les sujets dont je traite, pense en outre que la leucorrhée n*existe réelle qu'autant que Técoulement est assez abondant pour incommoder les femmei J'adopte complètement cette opinion.

Caracthes anatomiques. — Nous n'avons pas de renseignements positifc se l'état anatomique des organes génitaux chez les femmes qui succombent avecè la leucorrhée. On dit que la membrane muqueuse du vagin et de Tuténis est quelquefois livide ou violacée ; mais le plus souvent elle est plutôt pâle, et ne présoir d'ailleurs aucune altération d'épaisseur ou de consistance. L'écoulement Icncorrhéique est fourni le plus souvent par le vagin et par le col, un peu moins souTCi par la face interne du corps de l'utérus; enfin, dans des cas extrêmement rares,! l'est, dit-on, par les trompes de Fallope.

Symptômes, — Les symptômes de la leucorrhée se divisent en locaux et «i généraux,

l*" Symptômes locaux. — Il se produit par les parties extérieures de la géoén*! tion un écoulement muqueux, blanc jaune ou verdâtre, inodore ou d*une odcff fade. Il est parfois aqueux ; mais dans près de la moitié des cas il est albnutiDesl et transparent; d'autres fois sa transparence est moins complète, et il est {dos moins strié de gris, de bien ou de jaune ; enfin, il peut être tout à fait opaque, ci^l meux ou caséeux. Il est difficile de connaître au juste la cause de ces variatioittè{ couleur. Quelques faits fout supposer que les colorations bleuâtre et jaunâtre rattachent à quelque complication inflammatoire; mais nous n'avons encore, Jis sujet, aucune donnée positive. L'abondance de l'écoulement varie beaucoup : il des femmes qui sont à peine mouillées ; chez d'autres, au contraire, il y a un sa' tcment continuel très incommode : aussi les malades sont-elles obligées de 8C gani! comme quand elles ont leurs règles. On a vu des femmes perdre dans une seé journée plusieurs livres de liquide. D'ailleurs l'aspect, les qualités physiques el quantité de l'écoulement leucorrhéi({ue varient beaucoup, chez la même femMl d'un instant à l'autre : ainsi une température humide et froide, l'usage de c aliments, les passicviia tmt.e«j^ l'approche des règles, etc. , augmentent en

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