DE LA VARICELLE, OU PETITE VÉROLE VOLANTE, OU VÊROLETTE
Je réserve le mot de varicelle pour désigner une maladie fébrile caractérisée par l'éruption d'un nombre plus ou moins considérable de vésicules, dont la dessiccation s'opère du cinquième au sixième jour sans présenter de fièvre secondaire. Cependant quelques auteurs, et i\L Rayer en particulier, ont compris sous le nom de varicelle, non-seulement l'éruption dont je parle, mais encore toutes les affections varioliformes qu'on observe chez les sujets vaccinés et dont j'ai traité dans l'article précédent On a prétendu , en effet, que, quelque différentes qu'eUes fussent entre elles sous le rapport de leurs caractères extérieurs, ces diverses éruptions étaient néanmoins identiques, qu'eUes avaient la même origine, la n)ême source, qu'elles étaient, en un mot, produites par le même contagiuoL Le professeur Thomson, d'Edimbourg, qui l'un des premiers a soutenu cette doctrine erronée, a fondé son opinion : l*" sur l'existence simultanée de la variole et de la varicelle dans le cours d'une épidémie de variole; 2^ sur ce que la varicelle ne se rencontre que chez des sujets ayant eu, plus ou moins longtemps avant, une variole ou une vaccine ; 3** enfin, sur la possibilité de produire une variole avec la varicelle, et réciproquement.
Cependant on a contesté avec raison à M. Thomson l'exactitude de tous ces faits. C'est ainsi que la varicelle a régné parfois, même épidémiquement, sans être accompagnée de variole ; elle affecte, en outre, (réquenunent des si]yets qui n'ont été ni vaccinés ni varioles, et chez eux l'éruption ne diffère en rien de celle qu'on observe chez les individus qui ont la varicelle consécutivement à la variole ou à la vaccine. On a aussi nié que la varicelle pût produire la variole, et réciproquement Enfin, on a môme contesté à la varicelle vésiculeuse tout caractère contagieux. Nous croyons donc que la varicelle constitue une affection distincte de la variole conmie elle l'est de la varioloîde. Elle est étrangère au contagium variolique.
Symptômes^ marche. — L'éruption qui caractérise la varicelle est précédée pendant vingt-quatre, trente-six ou quarante-huit heures, par du malaise, de «la céphalalgie et de la fièvre ; il y a assez souvent aussi des vomissements et des douleurs épigastriques. Ces symptômes varient beaucoup d'intensité ; ils diminuent, et quelquefois même ils cessent au moment de l'éruption.
Celle-ci est caractérisée par des vésicules existant ep nombre plus ou moins
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coosîdérable, et dont la dispositiou varidbie a fait admettre deux fonnes ou vtriécésde varicelle. Dans la première forme, à laquelle les aateurs anglais ont donné
k nom de chicken-iJCXy on voit ^abord apparaître de petites taches ronges semblables à des morsures de puce, qm se transforment pour la plupart, dès le lendemain de leur apparition, en vésicules, dont les unes pointues et les autres aplaties sool remplies d*uu liquide qui reste rougeâlre pendant un ou deux jours. Au bout de ce temps, la sérosité devient opaque, lactescente ; eu même temps les vésicules K flétrissent Au cinquième jour, elles commencent à se dessécher, et vingt-quatre keores plus tard elles sont remplacées par des petites croûtes minces et brunâtres qui tombent du neuvième au dixième jour; telle est la forme la plus fréquente de h maladie.
Dans h deuxième forme de la varicelle, appelée swine-pox par les médecins aa^as, ou varicelle conoîde par Willan, on commiSnce, comme dans la forme précédente, par observer des taches lenticulaires rouges au centre desquelles apparat bientôt une vésicule conoîde plus volumineuse que celles du chicken-pox^ dont le liquide se trouble dès le deuxième jour et qui sont entourées d'une aréole inflammatoire, Stationnaires les quatrième, cinquième et sixième jours, elles com- BCSKent à se dessécher au septième, et lorsque les croûtes jaunâtres qui leur soccèdeat viennent à tomber, il n*est pas rare de trouver à leur place de petites
H faat rapporter à cette dernière forme de varicelle la variété qu'on a décrite le nom de varicelle pustuleuse globuleuse y à cause de Taspect arrondi et globdeux de l'éruption. Mais on a tort de la nonuner pustuleuse, puisque, d'après la remarque de Willan, Tétat pustuleux est consécutif ; il n*est apparent, en effet, qa*au deuxième jour de l'éruption, celle-ci étant d'abord constituée uniquement par des vésicules. Je ne dirai rien de la varicelle populeuse : cette dernière existe coDcorreinmcnt avec les varicelles dont je viens de parler, elle est caractérisée par de papules qui avortent ou qui se résolvent après quelques jours de durée.
Les vésicules de la varicelle sont le siège d'un prurit plus ou moins vif, ce qui loaient porte les malades à les déchirer. Elles sont en nombre plus ou moins considérable. Fresque toujours discrètes, on les a vues pourtant être confluentes. Dans b plupart des cas, elles conunencent à être visibles au tronc avant d'occuper la (xe. En général, on observe pendant plusieurs jours des éruptions successives, de sorte qu*on peut voir sur le même individu la maladie parvenue à des degrés différents.
Diagnostic, — On ne pourrait confondre la varicelle avec la forme la plus béni^ de la varioloîde que lorsque les vésicules ont passé à l'état pustuleux ; mais la première diffère de la variole par l'absence de la dépression ombiliquée et du disque pseudo-membraneux, ainsi que par la rapidité avec laquelle la dessiccation l'opère.
Pronostic. — Le pronostic n'offre aucune gravité.
Étiologie, — La varicelle est plus fréquente dans l'en&nce, mais elle n'est point exdusîYe à cet âge, conmie on l'a prétendu à tort Les causes qui y donnent lieu sont tout à fait inconnues. Cette affection est-elle contagieuse? Il y a dans la science des faits assez nombreux, observés notamment par Willan, Fontaneille et Eichhorn, qui semblent prouver que les différentes variétés de varicelles que nous avons reconnues peuvent être transmises par inoculation. Ce fait cependant n'est pas encore parfaitement établi pour moi, et si je n'avais égard qu'à ce que j'ai vu moimême, je contesterais tout li fait la nature contagieuse de l'affection.
Traitement. — Le traitement de la varicelle consiste dans l'usage de boissons donces prises tièdes, dans le séjour au lit, ou du moins dans rappartement au milieu d*une température convenable, et dans rabstinence des aliments solides.