‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 21 sur 118 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SIR LA NATURE DES FIÈVRES ÊRUPTIVES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SIR LA NATURE DES FIÈVRES ÊRUPTIVES

Pinel avait méconnu la véritable nature des fièvres éruptives lorsque, dans sa nosographie, il classait ces maladies parmi les phlegmasies cutanées. Il est pourtant très facile de prouver ((ue l'inflammation de la peau ne constitue qu'un caractère accidentel , purement secondaire, et qu'il est impossible d'en faire le pomt de départ de la fièvre et de tous les accidents qu'on observe. Gonmient, en effet, rapporter à une maladie de la peau, qui n'existe point encore, ces troubles généraux souvent assez graves, persistant pendant piu«eurs jours, et qui offrent des caractères si distincts suivant l'éruption qui doit avoir lieu ? Comment même expliquer la pyrexie par la maladie cutanée une fois développée, lorsque nous voyons le mouvement fébrile diminuer et même quelquefois s'éteindre tout à fait, du moins momentanément, après que l'éruption s'est effectuée? C'est ce qu'on remarque notamment dans presque tous les cas de variole. Ajoutons aussi que si les symptômes qu'on obsene, que si la gravité de la maladie dépendaient de la lésion des téguments, nul doute qu'il ne dût exister un rapport exact entre l'intensité des symptômes et l'étendue des altérations. Or c'est ce qui n'a pas lieu, à beaucoup près, dans tous les cas. Il n'est pas très rare, en effet, surtout en temps d'épidémie, de voir des varioles discrètes se terminer d'une manière funeste ; plus souvent encore on rencx)ntre des rougeoles, et surtout des scarlatines mortelles, quoique l'éruption soit bornée à une partie très circonscrite des téguments et quoiqu'elle n'ait qu'une durée très éphémère. Enfin, si, comme on le dit, il y a des cas bien constatés de rougeole et de scarlatine sans éruption aucune, cas souvent assez graves pour se terminer par la mort, cette circonstance indiquerait nettement que l'affection cutanée ne constitue dans ces maladies qu'un sjmptôme, nécessaire sans doute pour diagnostiquer sûrement la maladie, mais néanmoins tout à fait secondaire. Ajoutons en terminant que l'éruption (et nous entendons parler surtout ici de celle de la variole), quand elle est très intense, peut déterminer à son tour des accidents de réaction comme en produisent toutes les inflammations qui ont une grande étendue.

Ces phlegmasies cutanées, qui sont la conséquence d'une cause générale, probab)emeni d'une infection du sang, diffèrent des phlegmasies franches et primitives

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