D£ LA FIÈVRE INTERMITTENTE 81UPLX
nissent, le pouls perd de sa fréquence et devient souple. On disait généralement aotrefois que les urines, devenues rouges, peu abondantes, déposaient alors un sédiment briquelé très copieux, c^que leur surface se couvrait d*une pellicule adhérente aux parois du vase. Mais il est aujourd'hui démontré que l'urine présente phis rarement qu*on n'a dit les qualités que je viens d'exposer. D'ailleurs, le dépôt sur lequel les anciens ont tant insisté, et dont ils faisaient à tort un caractère inthùgoomonique, est formé par l'acide urique et par des urates acides; il n'oiïre rieo de spécial à la maladie, et se rencontre de uiemc dans plusieurs affections aguës, pyrétiqnes, comme le rhumatisme articulaire, la pneumonie, etc. La durée k h soeur est à peu près la môme que celle des deux stades qui précèdent
En somme, la durée totale de l'accès n'est jamais moindre d'une heure, et ne dépane goère dix-hnit Sa durée moyenne varie entre» quatre et douze heures.
Apjfrexie, — A l'accès succède un état d'apyrexie ; mais il est rare que dans ratermission la santé soit parfaite. Ainsi, la plupart des malades sont accablés ; ils Mt mons d'appétit, les forces ont diminué, la figure est pâle ; il y a de la céphalalgie, les digestions sont pénibles. Cependant il est des individus qui, dans les' jsDTft intercalaires, n'éprouvent aucun malaise, et semblent être dans l'état ]de santé le plus parfait possible. Ceci n'a guère lieu que lorsque Tintermission est longue, comme dans les fièvres tierces ou quartes ; dans les quotidiennes, au 'contraire, il est rare qne pendant l'apyrexieles malades ne soient pas'plus ou moins souffrants.
La loBgoenr de l'intermission varie suivant le type de la fièvre : le retour des aooès esl parfois invariablement fixé à la même heure ; d'autres fois il avance ou retarde de plusieurs heures. Il en est dont les accès se rapprochent tellement, que le second commence avant que le premier ait entièrement cessé ; on donne abrs à b fièrre le nom de subirUrante,
Variétés. — On a prétendu que, dans les fièvres quotidiennes, les accès STaîent lieu le matin de bonne heure, qu'ils commençaient de dix heures à midi dans les tierces, et de trois à cinq dans les quartes ; mais M. Maillot a prouvé qu'on ne pouvait établir à ce sujet aucune règle fixe. D'ailleurs, l'époque de la journée (presque tons les accès ont lieu le jour) à laquelle les accès fiévreux ont lieu, de même que le type, varie suivant les individus, suivant les saisons et les climats, et même suivant les constitutions régnantes et les épidémies. Toutefois je crois pouvoir établir d'une manière générale, d'après un relevé que j'ai fait et qui porte sur plos de cent soixante mille fièvres intermittentes observées dans divers pays, que ks fièvres quotidiennes sont plus communes que les tierces, dans la profyortion de ■eof à un, et que les fièvres quartes sont si rares, qu'on n'en compte guère que deox ou trois sur cent Nous pensons, en outre, contre l'opinion de I^I. Boudin, qall n'y a aucun rapport entre le type de la fièvre et l'intensité du dégagement de la matière miasmatique.
Dans quelques cas, les fièvres intermittentes changent une ou plusieurs fois de t)pe; ainsi, de tierces elles deviennent quotidiennes, et réciproquement, etc. Si l'on compare les accès entre eux, on voit tantôt ceux-si se dessiner d'autant mieux, et leurs trois stades être d'autant plus marqués que la fièvre se renouvelle plus voii\ent ; d'autres fois, au contraire, la fiè\re semble s'user peu à peu, à mesure qu'elle se reproduit : alors ses accès diminuent non -seulement d'intensité, mais il arrive souvent qu'un ou même deux stades manquent tout à fait. On dit alors que \k& accès sont incomplets.
Dans la plupart des cas, la fièvre intcîrmit tente s(» présente telle que je l'ai di'-rrite précédemiD^/?/: Pinel œmmeltah donc une erreur lorsqu'il prêlenidiVlq^'A
138 DES FIÈVRKS.
D*y avait pas de lièvre intermittente simple, c/cst-k-dirc qui n'eût été à son début ni inilammaloire, ni muqueuse, ni bilieuse, ni adynainique, ni alaxique. Ce sont là, en effet, tout autant de complications ((u'oa ne renconlre que dans des cas exceptionnels, et qui impriment à la maladies une physionomie particulière. Ainsi, lorsque la fièvre intermittente se complique 'd'un état iaîlaiumatoire, le frisson est généralement court, mais il est très intense; le deuxième stade est au contraire plus long, la chaleur est plus brûlante, il y a d(;s signes de congestion vers la tête ou la poitrine; le quinquina n'a ([u'iui eiïet nul ou incertain, si l'un n'a pas préalablement le soin de désemjilir les vaisseaux par la sai;;née. La fièvre intermittente, avec complication inflammatoire, a ^énéraieiueut le t>|)e quotidien ou doublequotidien ; elle a de la teiidaure à |)asser auv t>pos subcontinu ou rémittent: enfui lc*s signes de pléthor% persistent pendant rap\rexie. dette complication se remarque surtout chez les sujets jeunes et \ig()ureux.
Si la fièvre intermitt(>nte s'accompagne de nausées, d'amertume de la bouche, d*une suffusion jaunâtre de la peau de la face ; si, en un mot, clic se complique d'un état bilieux, on voit celui-ci s'aggraver généralement pendant l'accès et persister pendant l'apyrexie, qui souvent aloi s est incomplète ou s'accompagne du moins d'un grand malaise ; le quinquina enfui n'a d'efficacité qu'après qu'on a détruit la complication gastrique. La l'orme bilieuse se rencontre fréquemment dans les lièvres intermittentes (|ni régnent dans la Bresse pendant Tété et Tautoimie (\epple). L'état muqueux peut aussi compliquer la fièvre intermittente ; c'est ce qu'on observe surtout chez les sujets débiles et qui vivent dans les lieux bas et humides. Ces individus ont la langue blanche, la bouche pâteuse, le ventre paresseux, l'appétit nul. les forces prostrées. Quant aux formes adynamique et ataxique, on doit les considérer comme une variété des fièvres pernicieuses ; j'en parlerai plus tard.
Durée, — Les fièvres intermittentes ont une durée longue. On a remarqué qu'elles se prolongeaient d'autant plus que leurs accès étaient plus éloignés. Ainsi les fièvres quotidiennes sont moins rebeiies C{ue les tierces, celles-ci le sont moins que les quartes. Les fièvres du printemps sont aussi moins opiniâtres que celles d'automne. Quelques fièvres cèdent s|K)ntanément après quatre ou cinq accès; d'autres, après trente ou quarante. Il- n'est pas rare d'en voir dont les accès se renouvellent saiLs interruption [lendant plusieurs mois et même {KMidant plusieurs années. Dans ces cas, on observe plusieurs accidents consécutifs qui sont : la couleur jaunâtre de la peau, V engorgement de la rate, et les ht/dropiêies.
Accidents consécutifs, — 1' (liiez beaucoup d'individus, il suffit de trois ou quatre accès de fièvre intermittente pour que la peau du corps prenne une teinte jaune toute particulière, caractéristique, et qu'il est im|)ossible de décnre. Cette couleur, qui n'a aucun rapport ni avec ceU(^ de l'ictère ni avec la teinte jaunepaille de la cachexie cancéreuse,'est surtout marquée au visage ; elle se lie toujours à un appauvrissement du sang, qui est alors séreux, moins abondant, et contient beaucoup moins de globules, moins de matière colorante, et à la fin aussi moins de fibrine. Les individus éprouvent la plupart des accidents que nous décrirons plus tard à l'article Anémie, Avant la découverte du quinquina, beaucoup de ces malades succombaient à œt étal de cachexie.
2°^ L'engorgement de la rate est un des (effets h^s plus ordinaires de la fièvre ; mais il n'est pas exact de dire que l'organe spléniqu(> augmente de volumes dans tous les cas de fièvre intermittente, car on trouve à ci\ sujet quelques exceptions. X'fi%o/;^^inem de la rate parait plus constant dans les lièvres tierces et quartes