‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 44 sur 118 · DES CONGESTIONS DBS ORGANES ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

DES CONGESTIONS DBS ORGANES ABDOMINAUX

Tous les organes contenus dans l'abdomen peuvent se congestionner d'une manière active ou passive ; c'esi ce que les ouvertures cadavériques démontrent. Toutefois il serait impossible, dans l'état actuel de la science, d'indiquer des caractères diagnostiques précis à l'aide desquels on pourrait reconnaître une congestion du pancréas, de la vessie, de l'estomac et des intestins, le rectum excepté: mais comme la congestion de ce dernier organe, se lie intimement à l'histoire des hémorrholdes, nous en parlerons en traitant de celles-ci. Il est également presque impossible de reconnaître pendant la vie rhy|>érémie des reins. Si dans cello-ri l'urine est parfois albumineiise et contient des globules sanguins, de pareils phénomènes peuvent aussi se rencontrer dans plusieurs autres états morbides des reins. Cependant lorsque leur début est brusque et qu'ils n'ont qu'une durée très

DE Lk CONGESTION DU FOIK. It7

il i^Bi naturel de les attribuer pkùfit ï une dinple pongMioii qu'à tout

OE LA (^r.ESTION OU FOIE.

14 amteftion da foie a élô jusque dau!» ces derniers temps une affecUoa qui a fisé ratteiitiDn des pathologistes français. M. Andral a été presque le seul qui fTm ml oecopi. Il a eu effet publié dans le tome jr de sa Clinique quelques laMPqwt dont le temps n*a fait que confirmer la justesse. Plus récemment, & Ha«|MBl, dm mm Traité des ruaiudieê de rAigérie, et M. Fleury, dans son lifre sv rhydnubérapîe. ont démontré la fréquence de cette affection et en ont éclairé b iyQpUHMttilogie et la thérapeutique. ^

Amoiomi$jmikûlogique. — Le foie congestionné est plus volumineux et (dus lauid ; acm tissu est entièrement rouge ou faiblement mélangé de Jaune, ou bien il fit viabcé. Quand on rincise on en voit suinter une quantité considérable de tm^ L*bypérémie peut être générale ou partielle; dans tous les cas die atteint flirtout les granulations rouges. Kieruau a dit encore qu'on devait admettre deui autres eipëa» de congestion, suivant que le sang stagnait dans les papillaireB dea «tioeii liépfftiques ou dans eeui de la veine porte ; mais une pareille distinction est diflSdle \ établir, et elle n'a d'ailleurs aucune importance sous le rapport pratique. ÉtMogie. *— La congestion sanguine du foie est, dans la plupart des cas, tout k fcic pMrive. Elle dépepd alora tantôt d'une gène dans la circulation cardiaque, wmn QO ia voit dans la plupart des maladies organiques du cœur, surtout dans is €99 de rétrécissMuent des orifices et des cavités, ou Ûen dans les dilatations avec miM iwnmrinr des parois ; tantôt la congestion passive survient comme effet de riBl0iicatioo pahriérape.

M. Andral a dapuia longtemps appelé l'attention sur les hypérémies actives du

ioîe, cfui tantôt seraient primitives et tantôt surviendraient dans le cours de cer-

trôaa maladios, surtout dans les phlcgmasies des voiei dig^tives. C'est là un point

im pratique que je n'ai pas constaté aussi souvent que mon illustre collègue ; mais

ai rhy pérémie active du Ibie nous semble assez rare dans ce climat, il n'en est pas

de même dans les pays chauds, dans l'Afrique française, par exemple, ainsi que

H. Haapel l'a démontré. Cet autour a fait voir combien la congestion, soit aiguë,

Mit passive, était commune dans le nord de l'Afrique. La premièrt ae dévelof^-

rail pféféraUement chez les individus jeunes, robustes, non acclimatés, exposés à

me chaleqraècbe et aride dans des pays marécageux. La seconde forme, i)lus

CDonnune cbex les constitutions aOÛblies, se retrouverait spécialement sur les

iadividas vivant dana un air humide et ayant longtemps souffert des fièvres inter-*

mittentes et de la dysenterie.

Symp^fte$, tmrche, durée, termifudion. — Le foie congestionné, avons-nous dit, augmente de volume ; c'est ce que prouvent la percussion et la palpation. La première fait voir que la matité de l'organe s'étend perpendiculairement dans une plus grande étendue ; par la palpation on constate, en outre, que le foie déborde plus ou moins le rebortl costal On reconnaît la présence de l'organe dans ces pointa par la sensation qu'on a d'un rtéord tranchant, miguleux et oblique. Les maiadea accuaent, dans quelques cas, de la douleur et plus souvent encore de la pewilenr à Thypodiondre. M. Eupel note, comme accompagnant la congestion du Me« née teinte Ictérique hemée à la sclérotique ou s'étendant à tout le corps. Pour M. Fleury, c'est une coloration jaunâtre assex analogue à celle qu'oo voit

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18« MALADIES PAH UN VICK UE l'HUCOUTtUN l)L

dans la cirrhost;, et qui «it surtout (videiitn an\ pnmuictii-N vi au |Kiiii'iu[ii*t ■IioiicIk. Les malades dont nous prloiu conscrveot parluis leur appètU ; mais part ont de l'anorenie et des digestions difficiles ; d'autres ont un appi^t augi ou capricioui:. Dans Iouh les cas, les (ligcstiuriiuHiiit plus uti jiiuins |)ânibles. sans exception inaigrisseiil, et parrois le dépérisse ment est tel qu'on pourrait ment croire â une lésion organique du Toie ou de l'esioniac. ],es individus dont.' parie sont complt^leineat apyréliqnes; on a prétendu jiourlant que l'Iiypéréi hépatique pouvait exciter un mouvement fébrile durant plusieurs .semaines, imposante autorité, M. Andral, a émis cciie opinion ; cependant Je ne saura égard me défendre d'un sentimeul dp doute : il me paraît dilîicile, en elTet, pas croire dans ce cas piuiOt â une plilegmasie qu'il une conj^tion simple.

L'hypérémie du foie aun^^durée Ii'l's irréguliére. .iiguë. primitive, elle jx'ul se dissiper en quelques heures ; souvent une large saignée suffit pour amener une diminution considi^rable dans le volucue de roi^anc, ainsi (pi'on peut s'en convaincre par la palpation et la percussion. Celle diminution rapide peut aussi avoir lieu spontanément à la suite d'un flux liémorrhoidal. Dans les maladies du cœur, ie foie peut encore revenir h son état presque normal. lorsque, par le repos et par l'emploi des agents dont la thérapeutique disjKise contre elles, un est panenu i diminuer la génc de la circulation. Ces variations de volume sont d'autant moins nurtjuées que la maladie est plus ancienne.

L'hypérémie hépatique est une aiïeclion qui récidive facilement et peut, dit-on, entraîner à sa suite des lésions plus ou moins graves du côté dn foie ; nous citerons les abcès, l'hypertrophie, la cirrhose, et, chose plus douteuse, quelques produits accidentels ; enfin, une hémorrhagie dans la substance du foie peut être la suite de l'hypi'TËntîe, Celte circoustanc<^ puurlaal est rate; elle ne pri^scnlcd); la ^raïilé que lorsque les noyaux ou les foyers sont volumineux ou nombreux . et surtout Jonque le foyer, arrivant jusqu'à la surface, le foie se trouve déchiré, et qu'une hémorrhagie s'opère dans le péritoine.

Dingnoslic. — Il serait impossible de diagnostiquer une simple congestion du foie, de la distinguer, par exemple, d'une hypertrophie, si l'on ne pouvait se couvaiucre que l'ai^mentation du volume du foie a été brusque ou du moins 1res npide. La saignée générale, qui amène parfois une diminution de l'organe par anite de la déplétion qu'elle produit dans le système circulatoire, sera aiis.^i une drcunstancc (|ui démontrera d'ime manière certaine que l'augmentation de vulutne du foie dépend d'une hypérémie, et nullement d'une lésion de nutrition. Dans la forme chronique, et surtout lorsqu'il y a dépérissement, il faut (bii gestion puisse h la rigueur ex|Jiquer ces phénomérus) redouter quelque U plus profonde, et surtout des abcès qui se furmeiit souvent d'une manière obsci c'est c^ qu'on remarque surtout dans les pays chauds.

Pronostic. — Les congestions hépatiques, quoique entraînant après elles beaucoup de malaise et un grand nombre de troubles fouctionnels, oiïrenl cependant très rarement du danger, du moins dans ce climat ; il n'en est pas de même dans des latiiudeïi plus chaudes.

Traitement. — Les saignées générales et les applications de sangsues h l'ani sont deux moyens eflicaces pour dégorger le foie. Les révulsifs sur la peau et 11 piii^atifs surtout, en excitant la sécrétion biliaire, peuvent agir de la même niére ; mais leur action est moins certaine, et peut-être même si on les emjiU trop fréquemment, ou si l'on prenait les plus énergiques, produirail-un un contraire \, celui qu'on se propose.

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