‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 45 sur 118 · DES CONGESTIONS DE LA RATE · texte numérisé non relu

DES CONGESTIONS DE LA RATE

La nie, par son orgaaisation, ctst mi viscère émioemmeat disposé auxTonge»tinas. D'aprts l'opinlDii gËiiéralemcnt reçue sur les foncUoDS de cet orgaiie, qui fHabétre, en effet, un diverticulum pour le sang, il est \ fu^anier que des coup ■iiiiw doivait s'y former frËqueroment ; mais s'il en est ainsi, elles n'excitent «cm iraoble dans l'économie. Les congestions véritablement morbides, celles que ordinairement, ne sont point primitÏTeB; mais elles surviennent te coors île plusieurs miiladie.4 ; c'est aiasî que nous les avons vues i BD très haut degré dans les Titvres typhoïde, intermittente et rémiltentc, et SénéraleineDt dans toutes les maladies graves daDs lesquelles le sang, ayant perda aite portion de sa fibrioG, tend à sUgni;r dans quelques-uns de nos organes et surinai dans la r^le. Mais nous n'avons pas à nous occuper ici de ces byperémies qui des éléments des maladies dans lesquelles on les rencontre, et qni, doivent Otrc décrites qu'à propos de celles-ci.

DBS CONGESTIONS irrËBINI-lS.

L'mirw paraît être, de tous les viscères abdominaux de la femme, celui qui se e le plus fréquemment. Ces congestions, qui sont le plus souvent actives, Eriafat par une sensation de chaleur dans le bassin : il semble à ces I que le vagin et la \ulvc soient tuméfiés; elles ressentent des iicsanteurs lOt» le siffle, des tlraiUemenls aux aines, de la chaleur on une véritable douleur à rhypogMlfe et dans la r^pon sacrée ; quelques-unes éprouvent des coliques utérines WÊKi fortes, et semblables \ celles qui accompagnent si souvent la dysménorrhée (leir cette maladie dans le tome II). Ces symptOmes, quoique continus, s'exatpfereai de temps en temps. Si l'on touche les femmes, l'utérus semble plus gros, plus kwrd : le cd et le vagin sont plus chauds que de comume ; souvent il existe un it muquenx on sanguinolent ; l'urine est ordinairement excrétée plus fréit et en faisant éprouTer un sentiment de cuisson. Ces signes de congesit se disiiper après nn ou plusieurs jours, et dans un grand nombre de ■ sont remplacés par l'apparition des règles ou par une véritable métrorrliagie, I, en cas de grossesse, serait presque nécessaii-cment l'avant-cuureur prorhain d'ni avorlemcnL

Le* congestions utérines ne se remarquent guère que chez lés femmes réglées ou chez les Jeunes filles chez lesquelles la révolution menstruelle se prépare. 11 y a, en effet, un aseez grand nombre de femmes non réglées qui éprouvent périodiqnenimt chaque mois les signes d'une congestion utérine qui se diiisipe spontanément sans être suivie par aucun écoulement sanguin. Chez la femme menstruée, la cof^estion utérine succède souvent ï une suppression brusque des régies ou k HOC excibtion insolite des organes génitaux, etc. La congestion ulérine est un acciiWnl (paiement très commun dans les trois ou quatre premiers mois de la grossesse ; elle est là cause la plus ordinaire des avnrtemeots qui ont lieu si fréquem- Dtenl k cette période do la gestation; elle se développe quelquefois ï l'occasion

190 MALADIES PAR U^ VICt Dl- PUOPOin ION 1)1 SWC.

d*une émotion morale, (Fune sea)iissc, crnnc cluiic, dr i api^roilionicnls sexuels immodérés; le plus souvent elle a lieu spontanéineiit sans i anse appréciable, et à. ^ uue époque correspondant aux périodes mensliiielles et par une sorte d'habitudflVj physiologique. Les feunnes sanguines, pl('thui:i({iios, celles ({ui d'ordinaire soiil^-' abondamment réglées, sont les plus sujettes Irvv grave accident.

La métrile est la seule aiïeclion qui ()uisse siinu!er la con<;estion utérine. Mais, dans la première, la pression à l'hypogaslre ainsi <|ue le toucher par le rectum et par le vagin réveillent des (louleui's plus vives; s«)n>ent il (»xiste de la fièvre, des phénomènes sympathiques |)lus nombreux ; enfin la marche est généralenKMit plus longue que dans une simple cung(*stion.

La congestion utérine qui pei*siste longtenijis et qui se renou\elle fréquennnent, peut finir par amener des changements dans la texture de l'organe. Il est, en efTet, des indurations simples, des mlumcscenCes, des ulcérations de l'utérus et, par suite, des prolapsus, des déplacements divers, qui sont consécutifs à des fluxions souvent répétées. Mais je n'ai point h m'occuper ici de ces accidents dont je parlerai plus • tard à roccasion des diverses espèces de métrito. Ce sont là, en elTet, des maladies qu'on ne saurait confondre avec l'hypérémie.

Traitement. — Lorsque la congeslion utérine est survenue après la suppiession des règles, ou bien lorscpi'elle constitue, pour ainsi dire, un prodrome de répo(|ue menstruelle, il y a indication a ))ro>o(iuer l'écoulement sanguin qui doit être la crise naturelle de l'état congestif. C'est dans ce but que l'on conseillera l'emploi de pédiluves sinapisés, de fumigations de \apeurs aqueuses \ers la vulve, de lavements chauds d'armoise, de cataplasmes chauds qu'on placera sur les parties sexuelles; enfin, si ces moyens sont insuffisants, on appliquera des sangsues en petit nombre à la vulve.

Lorscfue les congestions utérines, au lieu d*être, pour ainsi dire, le prodrome des règles, constituent, au contraire, un véritable état morbide survenant hors la période* menstruelle, spécialement dans l*élat de grossesse, on devrti leur op|)Oser un traitement différent de celui que j*ai précédemment conseillé. L'Indication ne consiste plus ici à favoriser une hémorrhagie, mais h la prévenir. SI la fennne est forte et pléthorique, une saignée générale pourra être utile ; on entretiendra la liberté du ventre, on fera prendre des bains frais ou lièdcs; les malades é> lieront de s'ass<K)ir ou de se coucher sur la laine ou la plume. Si ces moyens sont insullisants, on appliquera des ventouses scarifiées sur la région sacrée et tout autour du bassin ; c^ mode d'évacuation sanguine m'^ paru plus efllcace que les sangsues ({u'on met en pareil cas à l'anus et aux aines. Lc>s auteursont regardé ces deniiers moyens comme dangereux; toutefoy leurs craintes ne sont pas fondées, pourvu qu*onjnette un . assez grand nombre de sangsues, afin d'opérer un dégorgement rapide. On a par> fois opposé aux congeslions-utérines des médicaments excitants, et particulièrement l'acétate d'ammoniaque à la dose de i à 16 grammes. On a contesté, 11 est vrai, dans ce casi que le. médicament agît à la manière des excitants difFusibles; mais on a cru lui reconnaître plutôt des propriétés sédatives toutes spéciales sur rntérus. (y est là un mode d'action qui ne me semble pas enœrc établi. Quoiqu'il en soit, si l'esprit de Mindérérus peut être utile dans la congestion utérine, il est t)rol)al)Ie que ce médicament agit par une sorte de révulsion, excitée par la diaphorèse qu'il provoque. Dans les cas rebelles, lorsque la congestion a amené après elle (pielques lésions de texture, cm devra recourir à ((m'Upies ré\ulsife rubéfiants et \ésicants. (j'est dans ces cas qu'on a employé i)arfois a\ec succès des douches froid(*s si/r les régions JoiiibaJre et sacrée, des douches ascendantes dans le \ agin et le

DE I/ANÊMIB. 191

nMiiu.; mû cet» inoyciis exigent dans leur emploi une grande circonspection. .• LoMqae b congestion aiïccte une femme grosse, on conseille de pratiquer plupetites saignées d'une à deux palettes faites à certaines distances, plutôt que UM grande quantité de s^ig à la fois. Pour peu qu*il existe alors des ■fadominales, surtout de ces douleurs qui tiennent à des contractions ilêrinés, et qu'on reconnaît à W.nv intermittence et au sentiment de pesanteur et d*CTpobion que les femm(*s éprouvent, on devra se hâter d'administrer un petit qaart de lavement contenant vingt gouttes de laudanum de Sydcnham; trois quarts iheare ou Oiie licure après on renouvelle la dosiN puis une troisième et même HBe quatrîènie si les accidents persistent. Cette pratique est très (efficace ; elle est Mrteat préconisée par le professeur Paul Dubois, et après lui par les docteurs (iiieaox, Ghailly et Jac(|ueinier. Dans les cas où la^ongestion se renouvelle à chaque époque menstruelle, on tâchera de la prévenir en condamnant les femmes à on repos absolu sur on canapé pendant toute la durée de cette époque et peu* »dant les trois ou quatre jours qui la précèdent et la suivent; on entretiendra la liberté du ventre, on prescrira quelques manuluVes chauds; enfin, si des signes de pléthore existaient, il serait convenable d'ouvrir la veine.

DEIXIKME GENKE.

ne» MALAOlfeS PAR OËFArT DR HlkNG.

m L*ANÊMIE.

Le mot anémie n'est jamais pris dans son sens étymologie rigoureux, car il eiprimenit Tabsence complète de sang; mais 11 sert à désigner tantôt imc diminution dans la masse totale de ce liquide, ou bien seulement une diminution de ses larties solides, telles que la fibrine, le fer et les sels, tandis que la pro|)ortion dû sérmii reste la même on bien est devenue parfois plus considérable. On dit, dans ce demkr cas, qu'il y a hydre mie. Os deux états morbides {anfhnip et hydrémié) peuvent être confondus sous une dénomination commune et dans une même description; car ils déterminent les mêmes troubles fonctionnels, et ne peuvent pas toujours ^re distingués l'un de lauti-c ))cndant la vie.

Hitioriqw. — L'anémie, confondue par les anciens a \ec diverses lésions organiques sous le tcTme générique de cachexie, n'a guère été d('*crite comme maladie spéciale que vers le milieu du siècle dernier par Lieutaud, dans sa Médecine /^ro/f ^Mf , et dans des travaux publiés en Allemagne p.arAll)vrti (1), (>ar Isenflamm {'!) et en 4777 |Kir llofiiiiger (3); mais son histoire a été surtoiu tracée par nos contemporains. 11 me suffira de citer ici les travaux originaux de llallé (ft), I eux de M H. Piorry (5), Marshall Hall (6), Andral et (;avarrct (7).

iJivisiotiê. -^ On a distingué l'anémie en idio|)athi(iue et en symptomatique, sni\aiit que l'altération du sang constitue t(mte la maladie, ou suivant qii'die est t'ihï'inéine le symptôme d'une autre lésion. On a encore admis une anémie tjéné-

i] De tiHtmid. Ilalx, 4 732. — (3; Dcancmid vcrd et spuiid. Krlaiit^a;, 170â. — (3) De ui€ctU medicnmentis, 1777. - (4' Journal de Cinvisint, t. IX, îiniièc 18i3. — (."») TraUc de méiecime praiiqne^ numéros de juillet et août 4835. — (6) Elfets de$ ^ferles de sang, (Archntê de médecinej année 1833.} ^ P) B$Hti d* hématologie.

192 MALADIES PAU UN VICt Dli PHOPOnilON DU SANc;.

raie Ci une anémie locale. On voit un exemple de celte derniore dans la décoloration, l*état de flaccidité et de langueur que présentent les membres qui ont été longtemps enveloppés d*appareils. 1

Anatomie pathologique, — On trouve moms de sang qu'il ne convient dans kh^ cadavre des sujets anémiques, ou s'il existe ^quantité encore assez considéraUé. v .' il est très séreux, d*un rose clair et d'une densité moindre. (Mais le caractère fondamental de l'anémie est, diaprés iMM. Andral et Gavarret, dans la diminution des globules, qui, de 127, moyenne normale, peuvent descendre à 60, 50, 27, et même 21. Cette altération est constante; tandis que la fibrine, Talbumine et les autres principes solides du sang, qu'on a crus être pendant longtemps en proportion moindre, paraissent n'avoir subi aucune variation pathologique, d'après les récents travaux des auteurs une je viens de citer. Observons cependant que cela n'a lieu que dans les cas où l'anémie s'est développée lentement Lorsqu'au contraire celle-ci est rapidement produite par des hémorrhagies ou par des saignées innnodérées, il ei>t conmmn de constater a>e(' la diminution des globules une* • diminution également considérable dans la quantité de fibrine. Le sérum augmente alors dans la même proportion que les globules dimiiment ; il peut, en effet, de 790, moyenne normale, atteindre le cliilTre de 915. Il est plus aqueux que dr coutume, et contient moins de sels solubles. îM. Marshall Hall a vu quelquefois surnager à sa surface ime substance semblable à de la crème, substance (pie Prout a reccmnue être de la matière grasse ; ce serait, d'après >L Hall, la graisse même des sujets que ral)sor|)tion aurait transportée dans le torrent circulatoire. Le sang relire du vivant de 1 individu se concrète ordinairement en un caillot dense, fortement re\ en u sur lui-même, nageant dans une grande quantité de sérum incolore, et recouvert souvent d'une couenne aussi épaisse que s'il existait une pleurésie ou un rhumatisme. La présence de la couenne sur le sang des sujets anémi<iues, sans qu'il existe pourtant d'inflammation nulle part, est une circonstance remarquable, que Borsieri avait signalée, mais sar laquelle i^L Andral a plus pariiculièremenl insisté. I^ formation de la couenne, en apparence si insolite, s'explique naturellement par la constitution môme des éléments du sang. Nous avons vu, en efl'et, que dans l'anémie il y a diminution des globules, tandis que la fibrine^ reste dans sa proportion nonnale, c'est-à-dire qu'il y a excès de (ibrine par ra|)|H)rt aux globules; or, toutes les fois, comme le dît M. Andral, que cet excès a lien, qu'il soit relatif ou absolu, et que la coagulation delà fdmne n'(»t |)as trop rapide, on \erra ce principe s'accunmler seul à la surface du caillot, et la couenne apparaître. Voilà i)ourquoi le sang des anémiques peut être couenneux, tandis que celui des sujets pléthoriques ne l'est pas ; voilà pourquoi aussi, chez les premiers, le caillot est plus ferme et plus dense que chez les seconds.

Lorsque l'anémie dure depuis longtemps, le cœur et les vaisseaux sont revenus sur eux-mêmes. l\l. Beau prétend, par contre, que les cavités du cœur sont agrandies et les i>arois de l'organe plus ou moins épaissies. Mais ce fait ne me semble point exact. Chex les individus dont nous parlons on trouve tous les tissus décolorés, exsangues ; les poumons, légers et crépitants, ne sont pas ou prescpie |kis engoués à leur partie postérieure, ainsi que la chose a communément lien, et cela en raison de la vacuité des vaisseaux. Kniin, de la sérosité infdtre souvent le tissu cellulaire des membres ou est éi)anchée dans les principales cavités sér('us(\s; mais ces infiltrations et ces épanchements sont très peu considérables, à moins pointant que le sang n'ait |)erdu sou albumine, ce qtii constituerait alors mu* conij^liration gravo. (Voir llmtoirv i\vh wnlof/tp de HriqlU et Vnrildo. f/yftrnpist'ps.)

Symptômes. — I^^s ^>ujcts anémiques ont les chairs flasques; leur peau est pâle, . hhbrde, ou plutôt elle a la couleur jaunâtre de la cire blanche qui a vieilli. La anjonctive, la muqueuse de la bouche et celle des parties génitales, sont égaleitdfeolorées; on n*y reconnaît aucune ramification capillaire; les veines soussoiil affaissées, presque vidis; souvent on ne les distingue plus, ou bien fear trajet se dessine à peine par une nuance violette extrêmement pâle. Les individus dont nous parlons sont oppressés dès qu'ils marchent ; ils éprouvent des pilpitatloos et tombent souvent en syncope. La |)ercussion indique que le cœur a son volume nonnal, ou qu'il est plus })etit. £n auscultant ses bruits, on les trouve quelquefois clairs et éclatants ; Timpulsion de Torgane est vive parfois, mais le plus BUient elle est faible, et s'accompagne fréquemment d'un bruit de souille qui eiiste toujours aupremier temps. Le [Kmh est assez variable, tantôt petit et faible, parfois ondulant, large et plus ou moins vibrant. Dans ce dernier cas, les malades sentent parfois distinctement et d'une manière incommode dans la tête les puisa- • tifMis artérielles. Le pouls d'ailleurs est presque toujours réguher, sa fréquence est Donnale, mais parfois elle est plus ou moins augmentée. C'est ce qu'on remarque surtout dans les anémies qui surviennent promplement ; telles sont celles qui succt-deni aux pertes de sang.

L*auscuitation médiate des principaux vaisseaux donne des résultats plus importants et plus curieux encore ; l'oreille perçoit, en effet, plusieurs es|>èces de bruits. Souvent c'est un bruit de souille doux, unique, intermittent, comme la diastole aiténelle à laquelle il correspond ; on |)eut l'entendre dans la plu|)art des artères volainineuses, mais il existe surtout dans les crurales, et plus encore dans les (, spécialement dans la droite. Il est, en général, permanent, mais il peut de temps en temps pour se reproduire à l'occasion de toutes les causes qui eidtent la circulation. Outre ce bruit, qui se passe manifestement dans les vaisleaux artériels, on perçoit encore dans l'anémie quelques autres bruits dont le aége serait, dit-on, différent. Ainsi, en appliquant le stéthoscope dans le triangle sus-€la\iculaire, et en ayant soin que le cou du malade soit tendu et tenu droit, le uienton élevé et la face tournée du côté opposé, on entend souvent un bruit de soofile continu que Laënnec a comparé avec bonheur au murmure de la mer, ou à celui qu'on perçoit lorscpi'on approche de l'oreille un gros coquillage univalve. D'un timbre variable, tantôt sourd, souvent sonore, il devient parfois aigu, et se tnmsforme même en un bruit musical, ou en une espèce de chant monotone roulant sur deux ou trois notes plus ou moins soutenues (fiarth et Roger) ; c'est le phénomène connu depuis laënnec sous le nom impropre de c/iant des artères \m ehnni module. Il a plus ou moins d'intensité, il se suspend et se reproduit d'un instant k l'autre. Le bruit dont nous parlons est une simple modification du murmure continu.

Le murmure continu est rarement seul ; le plus souvent, en effet, il coexiste a\ec le souille intermittent dont nous avons parlé en premier lieu. On entend alors un bruit de souflle continu plus faible, un peu sourd, qui est renforce de t('m|)s en temps par un autre bruit plus fort, isochrone à la diastole artérielle. 4/eNt la réunion decesdrux bruits qui constitue le phénomène connu en auscultation sous les noms de souffle continu d double courant , ou bruit de diable, prce que, dans son degré le plus élevé, il rappelle, |)ar le ronflement qui le caractérise, le bruit particulier que fait entendre, lors([u'iI est en mouvement, le jouet d'enfant que l'on appelle diable, ilctie comparaison, qui appartient à M.Bouillaud, fM de la plus gi-ande exactitude. Ce bruit, d'ailleurs, offre une foule âft uuansM^^

W\ MALADIES PAR lïN YïCI-: DK PROPORTION DU SANC;.

il peut subir toutes les modifiralions du inurmiirp .sim))l(>; oonnno celui-ci, il est plus fréquent à dmitc qu*à gauche; enfui, si chez les sujets qui offrent Q^^^f* bruits morbides on applique un ou plusieurs doigls sur le trajel des vaisseaux du cou, „ surtout en dehors de rattache inférieure du sierno-mastcmlien, on perçoit uu fré-^ missement vibratoire sur lequel M. Monnei et ^ insisté avec raison.

Jusque dans ces dernières années, on avait placé dans les artèi^es ie siège du bruit de souflle continu ; mais, en 1837, le docteur >Vard {Gaz. ntéd. de Londres)^ et, deux ans tprès, Hope, dans son ouvrage, établirent que le phénomène se passait uniquement dans les veines jugulaires inlerne et exteitie. !^l. Aran, dans mi bon travail publié en 18/i3 dans les Arc/iivfs, a défendu cette théorie d'une manière remarquable et prcs<|ue convaincante. Ainsi, il a établi que, lorsque le bruit était superficiel et paraissa^ se passer dans la jugulaire externe, il suffisait do presser légèrement la veine avec le doi<^l au-dessus du stéthoscope pour faire cesser le murmure à l'instant, et qu'on le faisait ainsi paraître et disparaît n; à volonté en relevant ou en abaissant le doigt. Tl ajoute que, si le bruit plus profond ^ se passe dans la jugulaire interne, il suffit de placer légèn^ment l'index sous le boni antérieur du sterno-mastoïdien, au-dessus de la partie moyenne du cou, sur le trajet de la veine jugulaire interne, située là assez sui)erfjciellenient, pour faire cesser à l'instant le murnmre continu. Si, dans ce cas, il y a un souflle à double courant, la pression faite comme je l'indique supprime le souffle qu'on dit appartenir aux veines, c'est-à-dire le souffle continu, tandis que le souffle intermittent qui se passe sans nul doute dans l'artèi-e persiste seul. M. Beau a, plus récemment, contesté ces résultats, et soutenu avec talent (Àrc/tioes, i8?i5) l'anrienne théorie, qui veut que tous les bruits dont nous parlons soient essentiellement artériels. Nous nous rangeons aussi à cet avis ; car, ayant, dans ces dernières années, étudié cette question chez un grand nombre de malades, nous nous sommes convaincu que toute interruption de la circulation dans la jugulaire par là compression, non-seulement ne faisait pas disparaître le souffle continu, mais que souvent elle le rendait plus bruyant: dans presque tous les cas, cependant, le bniit morbide n'était point modifié. La raison qu'on donne, que la continuité de la circulation des veines peut seule expliquer un bruit continu, n*est pas valable, puisque la circulation est non moins continue dans les artères que dans les veines; d'ailleurs la lenteur de la circulation dans les veines, comparée à la rapidité du courant sanguin dans les artères, révèle et indique à priori, indépendamment de toute expérimentation, quel doit être le siège des bruits morbides dont nous parlons.

Il est impossible, dans Tétat actuel de la science, de donner une théorie satisfaisante des bruits que nous venons de décrire. Il est bien certain qu'ils ne se lient à aucun des états anatomiques du système vasculairc qu'on avait supposés. On sait, en effet, que les uns, avec M. Vemois, ont pensé que, dans l'anémie, les vaisseaux revenant sur eai-mêmes, il se formait à leur face interne des plis qui constituaient tout autant d'ohalicles pour le sang ; d'autres ont prétendu, avec tout aussi \)eu de fondement, que la diminution du calibre des vaisseaux tenait à une inflltration séreuse du tissu ceflulaire situé entre les detix tuniques internes, surtout au niveau des éperons; enfin, le rétrécissement est attribué i)ar quelques-uns à un spasme du tissu artériel. Ce sont là autant d'idées hypothétiques. D'autres médecins ont prétendu trouver l'explication des bruits dont nous parlons dans une altération du sang; ainsi, pour M. Beau, l'anémie ou la chlorose étant une pléthore aqueuscN les bruits résulteraient du frottement déterminé ])ar l'excès du liquide ; mais cette gesîmttÊtkm àe l'anémie à la pléthore nous semble insoutenable en clinique, et

. J)E f/AISÉMIK. 19"!

d'ailleurs rien Av semblable n'a lieu dans la pléthore véritable telle que ncmi riToiK décrite plus haut. Pour M. de la Harpe, au contraire {Archives de 183H), le frattcment du sang contre les parois artérielles serait étranger à la formation

hniils .morbides, mais ceux-ci résulteraient plutôt d'oscillations sonores pro^ les molécules sanguines (Ikns les cas où le fluide circulatoire a moins de dÉMlM, «I lonqa'ilest animé d'un mouvement plus rapide. Quoi qu'il en soit, n Tm ignore le mécanisme de leur ))roduction, on sait, à n'en pas douter, que le§ jkénamënes dont nous parlons sont l'expression d'une altération du fluide sanprin, consistant dans la diminution des globules. M. Andral a trouvé, par aemple, que les bruits ne manquaient jamais dans les cas où l'élément globulaire fiait tombé au-dessous de 80, tandis qu'au-dessus de ce chiiïre le bruit de souffle peut bien se produire, mais il cesse alors d'être constant.

ïjes sujets anémiques présentent presque constamment des troubles variés du oôté des fonctions digestives ; ainsi ils ont de lanorexic, des appétits bizarres, des douleurs gastralgiques ; leurs digestions sont |)énibles ; il y a ordinairement de la constipation ; les urines, ainsi que M. Becquerel l'a constaté, sont pâles et ont peu de densité, par suite de la diminution des matières solides tenues en dissolution dans ce liquide. 1^ plupart accusent de In céphalalgie, et de temps en temps diverses douleurs névralgiques, qui siègent ordinairement aux tempes et li la face ! névralgie faciale), à l'estomac (gastralgie), ou dans les parois ihoraciques (névralgie intercostale), quelquefois dans les membres, comme Hoffinger l'observa rho^les mineurs de Scbemnitz. Les anémiques éprouvent souvent des vertiges, des boordonnements d'oreilles ; ils sont tristes, paresseux, nonchalants, incapables d*aacon travail intellectuel; quelques-uns deviennent amaurotiques ; d'iiutres ont des visions bizarres, des hallucinations et du délire ; quel(jues-uns enfin sont pris de paralysie plus ou moins étendue. On a surtout obsené, dans ces cas, une para^ plégie, qui n'offrait évidemment rien d'organique, puisqu'on l'a vue se dissiper en même temps que les autres symptômes de l'anémie. Ajoutons pourtant que c'est la on accident assez rare.

Lorsque l'anémie est portée ini peu loin, les malades ne peuvent supporter aocmi exercice ; leurs yeux sont languissants, cernés ; la face est bouffie, et \eê pieds s'oedématient ; enfin, à une période avancée, de l'anasarque survient, et de la sérosité s'épanche même dans les principales cavités séreuses. Mais c'est là uil accident fort rare, l'anémie seule ne saurait y donner lieu; il n'arrive, en effet, que lorsque le sang a perdu avec une partie de ses globules tine pmportion plus oa moins notable de son albumine. Malgré cet appauvrissement du sang, le corps des anémiques conscnesa température normale (Andral), mais les malades sont beaucoup plus sensibles au froid. DansTon et Tautrc sexe, les organes génitaux participent ordinairement h l'atonie de tout le système. Chez la femme, les ri%U*9 sont peu abondantes, difficiles, douloureuses, ou même complètement sus|)endue}4< et remplacées presque toujours par de la leucorrhée ; chez d'autres, au contraire, réroulement menstruel est plus abondant que de coutume ; chaque époque esf m^me marquée par une véritable niélrorrhagie ou jMir une h«'morrhagie siipplémentaire, comme une épistaxis. Ces éconlemenls, qui aggravent toujours l'étal des malades, ont le caractère passif.

.Marche^ durée^ (n^nmaisons, — La pAlenr, la langueur et les troubles cardiaques sont généralement les premiers symptômes de Tanémie : cependant on a vu quelquefois la maladie être maniuée à son début par des troubles intestinaux, comme colîqnes vives ou diarrhée (épidémie d'Anzin), ou par Ae» toiàfinLi^

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