‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 46 sur 118 · MALADIES PAR UN VICE DE PROPOUTION DU SAN · texte numérisé non relu

MALADIES PAR UN VICE DE PROPOUTION DU SAN

excessives dans les membres ou les lombes (épidémie de Scheumitz de 1777).

L'anémie suit une marche plus ou moius rapide, suivant la cause qui Ta développée. Lorsqu'elle est produite par une hémorrhagie abondante qui désemplit soudainement le système sanguin, son début est nécessairement brusque, et elle j arrive aussitôt à son summum d'intensité. Si#au contraire, elle est l'^et d'une ou plusieurs causes qui agissent lentement, elle a le développement et la marche d'une maladie chronique. Dans le premier cas, sa durée peut être excessivement courte ; dans le second, elle peut se prolonger pendant des mois, et même durant des années entières. La convalescence des malades est toujours longue. L'anémie est très sujette à récidiver ; elle est parfois vraiment constitutionnelle, elle s'amende «) peine, et reparait à la moindre cause, parfois spontanément. Ou dit que, lorsqu'elle se prolonge, elle favorise le développement des scrofules et des tubercules ; mais on ne sait encore rienUe précis à cet égard.

L'anémie peut se terminer par la mort : quelques malades meurent de syncope; d'autres sont emportés au milieu de mouvements convulsifs, accident très fré- ^ quent chez les sujets exsangues; quelques-uns s'éteignent paisiblement; enfni, il y en a qui meurent d'une maladie intercurrente peu grave, et à laquelle ils eussent certainement résisté s'ils avaient eu plus de sang. L'anémie est, en effet, une complication souvent fâcheuse des malagies aiguës : elle en compromet l'issue, elle ne permet pas d'employer un traitement énergique ; elle éternise la convalescence et rend les rechutes plus faciles et plus dangereuses.

Diagnostic, — L'anémie offre des caractères tellement tranchés, qu'il est impossible de la confondre avec aucune autre affection. Nous n'avons point à nous occuper ici de son diagnostic différentiel d'avec la chlorose ; car nous prouverons bientôt que celle-ci ne diffère point de l'anémie, et qu'elle n'en constitue, tout au plus, qu'une variété. L'anémie et l'hydrémie déterminent la même pâleur des tissus et les mêmes troubles fonctionnels : cependant on a prétendu qu'on pourrait distinguer ces deux états l'un de l'autre par le poids, qui serait mou, faible dstns l'anémie, résistant et quelquefois dur dans l'hydrémie. Dans celle-ci, les veines sont en outre saillantes, tandis que, dans la première, elles sont affaissées et ont presque disparu. Toutefois ces caractères distinctifs appartiennent plutôt à deux degrés ou à deux variétés d'une même maladie qu'à deux affections distinctes. D'ailleurs, qu'il y ait anémie ou hydrémie, les troubles fonctionnels et le traitement ne varient pas; mais le pronostic peut-être devrait offrir plus de gravité dans la première que dans la seconde.

Los accidents cardiaques que présentent si constamment les sujets anémiques pourraient en imposer et faire croire à une lésion organique du cœur. Cette méprise est souvent commise ; il importe d'autant plus de l'éviter que le pronostic et le traitement sont très différents dans les deux cas. L'état de décoloration et la couleur jaune-dre de la petu, le petit volume du cœur, mesuré par U percussion, les bruits artéricf^fei troiAies digestifs et les accidents nerveux si variés et si nombreux qu*oi vlttire, permettront toujours d'établir qu'il y a anémie. Celle-ci cependant peut coesister avec une lésion organique du cœur. Ce cas se rencontre même assez souvent dans la pratique. On redoutera cette grave complication, si la mafité est très étendue, s'il existe un bruit de souffle aux deux temps ou au second seulement Cependant il est quelquefois prudent de suspendre le diagnostic jusqu'à ce que, par un traitement rationnel, on ait fait disparaître les symptômes qui appartiennent à l'anémie.

Quoique )'anénr)ie soit l'opposé de la pléthore, il arrive quelquefois pom*tant que

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ces deux états sont confondus. Il n^'st pas rare, en ciïet, de voir des sujets qui déjà à un liaut degré la diminution des globules et la plupart des acci- Feux de Fanénne, et qui cependant, loin d*étre pâles et d*avoir le teint dft cîre« ont, au contraire, les joues colorées, injectées, et un aspect extéqpii pourrait plutôt les faire croire pléthoriques; c*est cet état que quelques ignoBt sous les noms de chlorosis ou anémia fortiorum. Cependant le fond dd teint et les muqueuses, surtout la muqueuse buccale, sans être précisément décolorés, sont alors un peu moins rouges que de coutume ; mais si Ton considère surtout la nature des accidents que ces individus éprouvent, acx^idents cpn ne ressemblent nullement à ceux de la pléthore, mais bien à ceux de Tanémie ; si l'on considère en outre qtie la saignée, qui les diminue il est vrai quelquefois, les aggrave cependant le plus souvent, on iBf! tarde pas à être éclairé sur û véritable nature de la maladie. (]ette erreur pouilant est assez généralement commise tous les jours, surtout chez les femmes grosses. On sait qu*à une certaine époque de la gestation beaucoup de femmes éprouvent des palpitations, des êtouffements, des vertiges, des iMuiïéos de chaleur, des rougeurs subites à la face, des tintements d*oreilles, de la somnolence, des douleurs diverses; ces accidents, coïncidant souvent avec la plénitude et la dureté du pouls, sont généralement rapportés exclusivement à la pléthore; ce))endant, dans un grand nombre de cas, \\s se lient plutôt ou à un état franchement anémique, ou plus souvent encc»^ à iliydrémie. Or, comme daus ce dernier cas la quantité du sang est plutôt augmentée que diminuée, la saignée soulage pour quelques instants; mais les troubles ne tardent pas à reparaître avec plus d'intensité, et on ne les fait cesser d'une mauil^re déGnitive qu'en administrant les ferrugineux. On reconnaîtra la véritable nature des accidents si l'on considère que les téguments, au lieu d'être animés comme ils V sont dans la pléthore, sont au contraire plus ou moins décolorés, et (pi'il existe, re qu*on ne voit point dans cette dernière, des bruits cardiaques et artériels, ainsi que des douleurs névralgiques et divers troubles du côté de l'estomac. M. (^azeaux a inen mérité de la pratique en appelant, dans son Traité d'accouchements, l'attentkm des médecins sur ces faits.

Enfin, le point le plus obscur du diagnostic consiste à rechercher si l'anémie est idiopathique ou si elle est symptomatique de quel({ue altération viscérale. On y parviendra par l'étude de toutes les fonctions, par l'exploration de tous les organes, et en ayant éganl au mode de succession et à la marche des symptômes.

Pronostic. — Si l'anémie n'est pas produite et entretenue par une maladie incurable, son pronostic n'oiïrira généralement rien de grave ; il faut excepter pourtant les cas où la faiblesse est excessive et où les syncopes sont fréquentes. Causes, — L'anémie affecte surtout les jeunes sujets, les femmes et les filles plus fréquemment que les hommes ; les individus lympathiques y sont plutôt prédisposés que ceux appartenant aux autres tempéraments. La maladie est souvent l'effet de causes débilitantes, telles que les peines morales, une alimentation gros* st-n*, insuffisante, un séjour prolongé dans des lieux bas, humides, non aérés et privés de lumière. Ce sont ces conditions réunies qui expliquent le développement de la maladie sur un grand nombre d'individus à la fois ; c'est ce qu'on a vu au commencement de ce siècle chez les mineurs d'Anzin, et, dans le siècle dernier, chez ceux de Schemnitz en Hongrie. Les hémorrhagies traumatiques ou spontanées sont les causes les plus directes de l'anémie. Celle-ci est surtout la suite des hémorrhagies intestinales, des gastrorrhagies et des metrorrhagi.es. L'ab\iâ âfi& «a\gnées, âaush traitement des maladies, et une diète prolongée ont souNeuX ^TfiàMLvX

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