‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 48 sur 118 · DE LA CHLOROSE · texte numérisé non relu

DE LA CHLOROSE

Stwmptmob. — Pilas coulean, chloro-iin<-ml«, morbns virgineus ou morbns virginum, febris alba.

Il résulte des recherches historiques de M. le docteur Iloefer, consignées dans Mllit;se(Paris, 18^0), que depuis II ippocra te jusqu'au xvi' siècle la chlorose n'avait reçu aucun nom spécial, l^s (irecs, k^ Latins, les Arabes et U^ médecins du moyen àgtf ont décrit, à l'occasion de la suppression des règles, tous les symptômes propres à la chlorose, à l'exception du bruit carotidien. C'est de 1520 à 1530 que J. Lange donna le premier à la maladie le nom de morbns virgineus. Elle figura dé» lors connue une maladie distincte, et vers l'an 1600 elle reçut de Varandé le MMn de dfiioruse^ qu'elle |K)rte encore aujourd'hui.

La chlorose et l'anémie im sont pas deux maladies distinctes. — C'est à tort que la plupart des médecins considèrent encore la chlorose comme une alTection distincte de l'anémie ; quant à nous, nous ne saurioiLs voir entre elles aucune différence capitale. D'après tous les auteurs, en effet, on observe dans la chlorosi; la flaccidité des chairs, la pâleur vcrdàtrc ou jannàtn» de la peau, qu'on a aussi rom- |»aré<- à la couleur de la cire blanche qui a vieilli. Il y a de rcsBouintînient, des palpitations, un bruit de souffle à la région du ca»ur. un bruit de souffle simple ou musical, un ronflement ou un bruit de diable dans les artères principales : le pouls e%l tantôt petit, tantôt il est ample el dur, connue dans l'hydréinie ; il y a des Upotliyuiies et des synco|)es. L'appétit est diminué ou per>erti, dépravé ; il y a une ionstil)ation habituelle, de la dys|)epsie, des aigreurs, des doidems de nature névralgique à la létc, aux tempes, h la i)oitiine; l'eslomac est surtout le siège de tiraillements et de crampes. iU» douleurs sont remartpiables |)ar leur mobilité et jMir leur siège inconstant Le» mstades soin uisies, abattues, llouclui\uiU'», ttV fe\\-

200 MALADIES PAR UI^tVICE DE PROPORTION DU SAMi.

lent toute espèce de mouvement. Quelques-mies ont cti'' altcinles parfois d'une véritable manie. Enfin, le sang présente dans sa constitution tous les chaugcmeuts que nous avons précédemment trouvés dans l'anémie.

Personne ne saurait méconnaître dans ce taUoau les caractiTes de Tanémiey tels que nous les avons tracés tantôt : seulement, ayant fait de la chlorose une maladie spéciale à la femme, et aiïectant surtout les jeunes filles à peine nuUles, on a noté, comme étant à peu près constants, divers troubles utérins, tels que, aménorrhée, dysménorrhée, écoulements leucorrhéiques. Cependant il n'est pas rare, dans les cas dont nous parlons, de trouver la menstruation parfaitement régulière, le sang perdu est seulement un peu plus pale ; enfm parfois, ainsi que nous l'avons déjà noté dans l'anémie, il existe de temps en temps des pertes utérines qui ont toujours pour effet d'augmenter l'état anémique. Ces troubles de la menstruation et ces écoulements blancs excitent ou augmentent les accidents nerveux que l'appauvrissement du sang déterminait déjà, et qui doivent être ici d'autant plus marqués ()ue le sexe et la constitution y prédisposent davantage. Comme on le voit, il n'y a là rien qui soit caractéristique d'une affection distincte. Knfm, comme dernières preuves de l'identité des deux maladies, nous dirons que la chlorose marche, qu'elle se développe sous l'influence des mêmes conditions, et qu'elle exige le même traitement que l'anémie. Les préparations ferrugineuses sont, en effet, un spécifique pour celle-ci, comme elles le soi|^ |K)ur la première.

En résumé, il est incontestable pour nous que la chlorose n*est qu'une simple variété de Tanémie. Elle est donc essentiellement constituée, comme cette dernière, par un appauvrissement du sang, par la diminution de son élément globulaire. Ceux qui en ont fait une affection distincte, sans pouvoir pourtant établir son diagnostic différentiel d'avec l'anémie, ont cherché à prouver que la chlorose était un état morbide consécutif à des troubles de la menstruation ; mais des faits mieux observés ont démontré d'abord que ces accidents n'étaient pas constants, et que l'aménorrhée, la dysménorrhée, comme les écoulements blancs, loin d*étre la cause des pâles couleurs, en étaient au contraire la conséquence. On conçoit, en effet, que si le sang est ap|>auvri et en quantité insuffisante, il cesse de se porter vers les organes génitaux aux époques acrx)utumées. La manifestation de la chlorose, consécutivement à un travail de la menstruation, comme le serait, par exemple, la suppression brusque des règles, ne prouverait rien contre Topinion que je soutiens; car on peut voir la chlorose ou l'anémie survenir indifféremment après toute espèce d*état morbide. Nous ne croyons pas devoir discuter les autres hypothèses plus ou moins bizarres faites pour expliquer la nature de la clilorose, que les uns font dépendre d'une asthénie des organes génitaux (Roche), de celle du grand sympathique (Copland), ou des organes digestifs (Hoffmann) ; car aucune de ces théories ne s'appuie sur des données positives. Dans la chlorose, nous voyons tous les organes souffrir, toutes les fonctions languir ou être perverties, parce que le sang est moins abondant, et que ses princiqes stimulants ont diminué de pix)- |)ortion. C'est là la seule lésion matérielle qu'il nous soit permis de constater (1). Quant à la cause intime qui empêche la sanguification, elle nous échappe presque toujours ; car elle est ordinairement tout organique.

Les hypothèses précédentes, quoique sans fondement, ont pourtant exercé et

(i) M. Beau, au contraire, regarde la chlorose et runémie comme des polyaimiei^ c'est-àdire des maladies avecsuraboudunce de la masse sanguine. Je doute qnc^ malgré tout son talent, M Beau panrieone jamêh â dérnontrer la réalité de cette proposition.

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