DE LA CHLOROSE
encore aujourd'hui une grande inflnence sur la pratique de beaucoup de is. Les uns, en ciïet, emploient les emménagogucs et les applications de aax cuisses pour rappeler les règles, dont la suppression leur paraît être de la maladie. D'autres conseillent le mariage pour réveiller l'activité des lox ; quelques-uns, à roxemplc d*Hamiiton, donnent des drastiques. Mais ancnn de ces moyens ne remédie au véritable mal, et plusieurs même Tag- Sraiveat: leb MMtiartout les évacuants et les émissions sanguines, qui augmentent rappaovriflseiiient du sang ; quant au mariage, il ne put être avantageux que bcaqoe la jeune fille, devenue chlorolique par suite d'un amour contrarié, est unie à Tobjet aimé. On conviendra que, dans ce cas, la satisfaction du cœur doit influer bien plus sur le rétablissement que le rapprochement sexuel, lequel agit souvent comme débilitant plutôt que comme excitant. ^
Le fer, avons-nous dit, est, comme pour l'anémie simple, le médicament par excellence : on choisira une des préparations indiquées précédemment I^ plus ^ soment on pourra les donner indifTércmment. Chez quelques malades pourtant il en est cpii sont mieux tolérées que d'autres. La prééminence de tclleou telle préparation ferrugineuse n'est, en définitive, nullement établie par des faits cliniques. Aussi voit-on la plupart des médecins adopter une préparation à peu près à l 'exclusion des antres. Sydenham préférait la limaille de fer, et Gullen le carbonate. Osont les deux substances que j'emploie à peu près exclusivement; leur prix p«a élevé doit être un motif pour les faire adopter dans la médecine du |)auvre. Qodie que soit d'ailleurs la préparation qu'on choisisse, on devra dans tous les cas ne la donner qu'à des doses très modérées: ainsi il suflit de prescrire par jour 30 à 50 centigrammes de limaille, ou de fer réduit ou de sous -carbonate. J'évite d^îmiter la pratique de beaucoup de médecins qui donnent ces préparations à la dose de 2, de 3 on /i grammes. L'expérience m'a prouvé en effet que le fer donné fD trop grande quantité était mal toléré, et qu'il excite souvent des coliques et de la diarrhée ; d'ailleurs le fer est pris alors en pure perte, car il est rejeté avec les résidus de la digestion. Il a été, en effet, prouvé par M. le professeur Corneliani, de Paf ie, qu'il n'y a jamais que 25 à 30 centigrammes de fer absorbé, quelle que soit la quantité qu'on en donne.
On doit continuer l'usage d§ fer jusqu'à ce que tous les symptômes de la chlorose aient entièrement cessé. Mais l'économie s'habituant aisément au même remède, i importe, si l'affection reste stationnaire, de changer de préparation ferrugineuse. On pourra en effet à une préparation insoluble substituer une préparation soluble, et réciproquement. La guérison conGnnée, ou devra cesser l'emploi du fer ; mais comme la chlorose est une des affections qui récidivent le plus facilement, il faut dès les premiers indices du mal, dès que la décoloration des tissus se déclare ou que les accidents neneux se prononcent, reprendre l'usage des martiaux et les continuer pendant plusieurs semaines, de manière à assurer le plus possible une guérison définitive.
Pour les chloroses rebelles, un voyage à quelque source ferrugineuse sera «cuvent utile. On prescrit en pareil cas les eaux de Spa (Belgique), de Pyrmont i\^estphalie), et celles de Forges, de Cransacou de Passy (France), etc. Rappelions que les bains de mer ou de rivière, et que les affusions et douches froides conviennent ici comme dans l'anémie simple.
Divers accidents peuvent forcer cependant à apporter certaines modifications dans le traitement : ainsi, lorsque l'irritabilité de l'estomac est telle que les préparations de fer ne peuvent être sapportées, ou bien encore lorsqa'dlea caii«eax \îl
2U2 MALADIES PAR UM VICK DE PH()PORTiO.\ 1)1 SAN(;.
diarrhée, il faut les associer à un extrait amer, cmnnic celui de gentiane, ou à une- ' poudre aromatique, telJe que celle de canclle, dans la proportion d'un tiers ou djot-t. moitié. Ëofm si les troubles digestifs sont trop considérables, on pourra èmotffygfi^ de suspendre momentanément le fer et de combattre les accidents nervéns pai'^'^ l'usage de l'opium, du sous-nitrate de bismu'i, du coloinbo, du diascordiam ou de la thériaque. Lorsque les accidents sont calmés, on reprend Tusage des ferrugineux, eu commençant par de très petites doses. ^
Les troubles de Testoniac méritent d*ailleurs toujours une attention si)éciale, car ils produisent et éternisent la cblorose. Y a-t-il simple langueur des digestions? Les amers, les toniques, les lioissous gazeuses, les eaux alcalines seront avanta* geusement prescrites. Suppose-t-on une altération dans la sécrétion du suc gastrique on aura recours à la ))epsin^ en un mot on suivra les règles que nous tracerons plus tard dans le tome 11% en traitant de la dyspepsie.
Beaucoup des malades dont nous parlons sont constipées : on y remédiera par des lavements légèrement laxatifs, ou bien on donnera des pilules ferro aloéti- ^ ques, contenant, pour 60 centigrammes de préparation ferrugineuse, .î ou 10 centigrammes d'aloè». (]es pilules seront prises au moment du repas. L* usage dv Taloès serait contre-indiqué si la cblorose s'accompagnait de métrorrbagie. en raison de l'état fluxionnaire que celte sul)stance produit vers les vaisseaux de l'excavation pelvienne. Si la contre-indicatiou dont je parle existait, on j)ourrait remplacer l'aloès par la rbubarbe ou par la magnésie, que les malades prendraient le soir en se coucliant. Cette dernière substance convient aussi beaucoup lorsqu'il y a pyrosis; car celui-ci est quelquefois cause |que le fer est mal supporté.
La chlorose, avons-nous dit, peut se compliquer de ménorrhagie. Cet accident, sur lequel M. Trousseau a le premier appelé l'attention d'une manière spéciale, ne peut fournir qu'une indication secondaire ; l'indication principale, première, est donnée par l'état chlorotique. Si la ménorrhagie ne survenait qu'à l'époque des règles, il faudrait profiter de l'intervalle des deux époques |)our prescrire les ferrugineux ; car le seul moyen de prévenir une nouvelle liémorrhagie, c'est de rendre le sang plus riche en globules. Cependant, si l'écoulement sanguin était trop considérable, il faudrait cliercher à le modérer ^r les moyens que nous ferons connaître plus tard (voir Ménorrltogie),
iM. Trousseau croit [Gazette mpdicaiCy 18^i3) l'usage du fer contre-indiqué dans la chlorose compliquée de tubercules pulmonaires ; mais les faits rapportés par ce savant professeur sont peu nombreux et nullement concluants ; ils sont d'ailleurs en opposition avec ce que j'ai vu et ce qu*ont constaté beaucoup d'autres médecins, parmi lesquels je citerai surtout !VJ. Louis. En effet, je n'ai jamais vu le fer nuire en pareil cas : il a, au contraire, été souvent utile; quelquefois il n'a produit aucun effet sensible ni en bien ni en mal.
Le fer, dans l'anémie et la chlorose, . n'agit pas instantanément; ce n'est en effet qu'après nne ou deux semaînes de son usage que les malades en éprouvent les premiers effets. M. Comeliaiii dit que ce n'c^t qu'après un mois de l'emploi du fer qu'on voit le sérum diminuer et le nombre des globules augmenter ; le sang n'a acquis SCS propriétés normales qu'après deux mois de traitement. I^ pi*ofess(*ur de Pavie a prouvé expérimentalement que l'augmentation des globules tenait à l'usage du ter, et nullement «i l'alimentation animalisée à laquelle on soumettait en même temps les malades. Il a démontré également que le fer était transformé peadàtu ia digestkm eo lactaie, et cela d'autant plus acUveinent que l'estomac des
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iques lui a |)aru contenir une proportion d*acide lactique plus grande que çouiiuuu des individus {Annal, univ. de mtftf., 18/^3).