DE I/INFLAMMATION E2V GÉNÉRAL
elle existe (l'une inaiiicre pennanente, elle offre les phénomènes et la
q|M nous avons tracés précédeniment en parlant de la fièvre hectique.
LlDflamnmhvi chronique trouble constamment les fonctions de Forganc qu*elle
afleole;JM|i8 ces troubles n*ont, <^ général, rien de pathognomonique, car 4c's
diflTérentes |)euvent les faire naître. Il en est de même de la douleur, qn peut manquer ou être intolérable sans néanmoins pouvoir fournir par ellemime aucune indication bien précise [)our le diagnostic. Enfin, la marche des acddeots n'offre non plus rien dv. caractéristique, et ne peut donner que des pré- SNnptîons.- Les tissus chroniquement enflammés ont |KTdn, pour la plupart, leur conieiir normale ; ils sont ordinairement noirâtres, bleuâtres, gris ardoisé. Mais, de même que la rougeur de Fétat aigu, ces diverses colorations ne sauraient jamais caraclériser une pliiegmasie existante ; elles m; peuviat signifier rien autre, si ce a est que la partie a été, à une époque plus ou moins éloignée, le siège d*une forte bpérémîe, et probablement d'une inflammation aiguè ; car la couleur bleue ou noire est une transformation de la couleur rouge, et résulte, comme Ta prouvé Hunter, du changement que le sang subit toutes les fois que ce liquide cesse de se mouvoir. Les tissns chroniquement enflammés ont tous éprouvé quelque changenient inijwrtant dans leur nutrition. La plupart sont augmentés de volume : ils >ont indurés, plus résistants, très cassants, parfois ulcérés ; mais on retrouve toujours tous les éléments constitutifs de Torgane, et il est possible encore de les reconnaître et d*en déterminer la structure. Sous ce rapport, les désordres produits par rinflammation chronique sont essentiellement difl'érents de ceux qu'entraînent ontaines transformations organiques qui détruisent l'organe et mettent à sa place n produit accidentel. Enfin, l'inflammation chronique peut produire la suppuration ; le pus est toujours alors réuni en foyer.
L'inflammation a été aussi divisée en simple et en spécifique, Une inflammation eA simple^ dit Thomi)son dans son Traité de V inflammation^ loi*squ'iI n'y a rien de particulier dans la constitution de la personne qui en est afl'ectée, ou dans la nature et le mode d'action des causes excitantes qui l'ont produite. Dans le cas contraire, l'inflammation est dite spécifique. Ainsi les pustules variolcuses, les chancres syphilitiques peuvent être considérés comme des phlegmasies spécifiques, en raison de la cau<ie qui les fait naître, à cause de leur marche et de la propriété contagieuse du pus. qu'elles produisent. Les phlegmasies diphthériti(]ues, comme Faagine coueuneuse, doivent encore être rangées parmi les phlegmasies spéci- Gqnes, non-seulement en raison de la production pseudo-membraneuse, qui est un phénomène déjà insolite par lui-même, mais à cause aussi de la marche de l'affection, des symptônu*s généraux qui l'accompagnent, de sa propriété contagiense« de sa reproduction facile, et de l'eflicacité de certaines médications. C'est aussi en raison de la cause spéciale qui les fait naître, de leur marche et du traitement qu'elles réclament, ({u'on doit regarder comme spécifiques les inflammations qui accompagnent les fièvres intermittentes anomales; car elles suivent la même marche et sont attaquables par la même médication. Ainsi les inflanunations spécifiques, an nombre d<ïsquelles on doit aussi comprendre la dys(*ntérie, et peutêtre quelques autres encore, sont remarquables en ce qu'elles ne peuvent guère être produites par les causes générales des inflammations ordinaires; quelquesunes ont une marche fixe, une terminaison invariable, et ne sont jamais modifiées l>ar le traitement, qui réussit généralement contre la plupart des phlegmasies. Mais doit-on aussi, comme le croit Thom()son, classer dans les phlegmasies spécifiques celles qoi, nées pendant certains états constitutionnels ou par leur influence,
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reçoivent de ceux-ci quelques caractères spéciaux, et cxigoiii dos niodificalions. dans le traitement? Nous ne le croyons pas ; car, dans ks cas dont no.utt parlonsi* rien ne prouve que rinflainmation soit d'une autre nature que les phlegmasies simples. Rien, en effet, n*cst changé dans son essence : seulement sa {diysîonomie présente certaines particularités en raison œune altération généralOt dSin état constitutionnel ou d'une diathèse; il y a seulement ici complication, mais non pas précisément changement de nature.
Les inflammations diiïèrent encore beaucoup entre elles relativement à leurs symptômes et à leur marche, suivant les tissus et U^ organes qu'elles affectent : c'est ce dont on a pu juger précédemment, mais on s'eivconvaincra mieux encore par la suite. Des considérations à ce sujet devant nous entraîner trop loin, nous nous bornerons ici à faire cqpiaître les différences anatomiques qui distinguent les inflammations dans quelques-uns des principaux tissus où nous les rencontrerons plus tard.
Dans les membranes muqueuses rinflammatioii produit toujours une coloration insolite d'un rouge plus ou moins \if si la phlegmasie est aiguë, d'nn noir violacé ou grisâtre si elle est chronique. Cette dernière est permanente : la mort n^ la dimiime point, tandis (et ceci est incontestable) que la couleur rouge pfsut d^miniier plus ou moins dans les derniers instants de la vie, de manière à laisser |)eu de traces sur le cadavre. Pour peu que Tinflammation ait une certaine durée, elle entraîne après elle diverses altérations dans la nutrition du tissu membraneux ; celui-ci devient friable, ramolli, parfois ai^iinci; plus souvent il est épaissi, grenu, mamelonné à sa surface, laciuelle |K'Ut être tapissée par une exsudation crémeuse, couenneuse ou purulente. Entln, il |)eut exister des ulcérations qui tantôt siègent sur le tissu membraneux lui-même, et tantôt n'affectent que l'appareil folliculaire. Il est aujourd'hui incontestable que les membranes muqueuses enflammées peuvent sécréter du pus sans être ulcérées, mais toutes ne produisent pas ce fluide avec la même facilité. Ainsi il en est qui, sauf les cas où elles sont ulcérées, ne laissent ])eut-èlre jamais exhaler du pus : telle est, par exemple, la nmqueuse des organes digestifs. Au contraire, le conduit auditif, la caisse du tympan, les sinus de la face, les voies pulmonaires, la conjonctive, le vagin, et surtout la nmqueuse uréthrale, sécrètent du pus avec une grande facilité.
L'inflammation des muqueuses, quelque intense qu'elle soit, ne détermine probablement jamais des adhérences contre nature; celles-ci ne sont produites que dans le cas où il s'est formé quelque solution de continuité. Hunter parait contester l'exactitude de celte pr()|K)sltion ; car il a avancé que, quand la phlegmasie est violente, elle amène une exsudation de lymphe coagulable qui produit l'adhésion des parois entre elles. Il dit l'avoir observée plusieurs fois dans l'intestin, notamment à la face interne d'une anse intestinale qui avait été étranglée dans une hernie. Mais est-il bien prouvé que, dans ce cas, la nmqurMisc n'eût pas subi une solution de continuité ? ^
Les membranes nmqueuses, détruites par l'inflammation, peuvent se reproduire aux dépens du tissu cellulaire subjacenL La membrane nouvelle, plus pâle ou bien bleuâtre, n'a jamais la couleur de l'ancienne ; elle est dépourvue de velouté et de follicules, elle est lisse et ressemble à une membrane séreuse. Mais au bout d'un temps plus ou moins long, elle acquiert toutes les propriétés des muqueuse», et il devient impossible de distinguer alors la membrane de formation nouvelle d'au>c les parties environnantes. Ainsi, la cicatrisation des ulcérations des muqueuses ne ^J^^JAinais par rapprochement des bords, de manière à rétrécir l'étendue de la
DE r/lNFLAMMAllON EN GÉNÉRAL. 210
fliilè. Ce mode de gnérisoii n'a lieu que lorsque la perte de substance frappe en wnkat tcflin^ les tissus subjacents ; telle serait, par exemple, pour Tintestin et FcshMnailil^ destraction des tuniques muqueuse, relluleusc et musculaire.
L'inflwpimatkia des membranes Creuses est essentiellement caractérisée par la
rfdiiUMtV et plus tard par la sécrétion d'un liquide purulent, ou d'une sérosité
innible, contenant en plus ou moins grande abondance une matière albumino-
fibrioease. Il n*y a ni épaississeinent ni rougeur ; l'épaississement qu'on a cru
oûter quelquefois n'est qu'apparent, et dépend de la concrétion de la matière
épiadiée; il suffit, en eiïet, de la détacher pour trouver au-dessous d'elle la
xreose parfaitenieut lisse et polie. Si on rcxaminc en place, la membrane paraît
vèritableaieot rouge et injectée, mais cette coloration ne lui appartient pas ; elle
dépend, eo effet, du tissu cellulaire su])jacent ; car %ron détaclie la séreuse avec
m, sans entraîner le tissu cellulaire qui la double, on ne parvient à découvrir
ucon réseau vasculairc. Cependant je noserais affirmer qu'il en soit toujours
* ùnâ, car maintes fois il m'a paru que Tinjection sanguine avait pénétré le tissu
mm de la membrane ; cela se remarque surtout dans les phlegmasies anciennes.
UlAieurs il- resuite d'une pièce pathologique vue par Uoux, en Italie, et des re-
cherdies plufi récentes de Bourgery, que les membranes séreuses sont susceptibles
d'injection, c/est-h-dire qu*on peut voir d'une manirre distincte dc»s vaisseaux san-
guBi dans leur é|)aisseur (Dubois d'Amiens). L'inflammation qui rend quelques
ibcoses friables et cassantes (arachnoïde, péritoine) n'altère point la consistance
de(fadqaes autres (j[)ièvre et peut-être péricarde). La phlegmasie des séreuses est
«atiellenient adhésive. Les adhérences se fout au mo^en de la matière fibrino-
alimineuse, qui se concrète ; celle-ci se pénètre rapidement, parfois au bout de
fnde jours, de vaisseaux sanguins; elle subit «i la longue diverses trausforma-
tioos, et finit eiiQu par constituer des brides cellideuses et fibreuses qui réunissent
•litre eux les i>oints opposés de la séreuse. D'autres fois, elles ne forment que des
pbques opaques ayant beaucoup d'analogie avec l'albumine de rceuf, plaques ({ui
ioa\eDt ne sont qu'appliquées sur la membrane, car on |)eut les soulever et les
détacher entièrement sans détruire le poli de la séreuse. Les inflammations dont je
parie sont encore remarquables par l'acuité de leurs symptômes, par leur marche
rapide et par leur peu de tendance ti produire des ulcérations ou la gangrène.
>ous ne croyons pas devoir pousser plus loin l'étude de rinflanmiation dans chaque tissu ; car plus tard nous consacrerons des articles spéciaux aux phlegmasies des tissus nerveux, artériel, veineux, musculaire, etc. Quant aux inflauuiiations pareocliymatcuses, elles se présentent avec des caractères si variés, en raison de la diversité d'organisation des ])arties, qu'elles ne peuvent se prêter à aucune généralité. Enfin, l'inflammation de plusieurs autres tissus, comme celui des os, ne doit |x»int nous occuper, et rentre dans le domaine de la chirurgie.
Diaf^nostiç. — Les [ddegmasies extérieures sont toujoms d'un diaîj;nostic facile ; ï\ u*en est pas de même de celles (jui sont profondément cachées, car (pielquefois L'Ues ne trahissent leur existence que par des troubles sym|)athiques, comme la fii'\re, sans exciter aucun symptôme local. Dans ces ciis obscui*s, on peut tirer grand avants^e des recherches de MM. Andral et Gavarret sur le sang : ainsi lorsqu'on trouve que la proportion de fibrine est plus considérable, lorsque le sujet n'i'taiit point ciiloroticpie on voit le caillot se recouvrir d'une couenne épaisse, il faut en conclure qu'il existe une phlegmasie quelque part ; on cherche à en préciser le siège par rexploration attentive de tous les organes. Snr le cadavre, il faut bien se garder de conclure à l'existence d'uu^ mft^vûim*
JH
L92U DtS INFt.«:\IMATIO>S.
f tion d'après la cuiisid^rdiidJi d'un seul r^racttie : nou^ aiiujs ilit l'i ikims rép^J t encore ici que la rougeur, quelque vive qu'elle goil, es! im si^iic tiompcni^ ri loii- I jours ingliffisauL Au conlraii-e, une exsudation |)lasliquc Gbrin4-2lbiUI)llieuse eM nu signe certain, pathognoinoriique. Je n'ose^u dire de inCine du ta stippuration; car le pus n'indique pas ni^cessai riment la préexistence d'un travail iolIamniiKoirfi dans le lieu où on le trouve. Quelquerois, en effet, il seiiihlf n'y avoir êii- que déposé ; c'est ce qu'on voit pour une foule d'abcès svniploinai iqtics.
Ce serait le lieu de dire ici en quoi rinflani niai ion diffère île l'imieiinii, mot quj peadant quinze ans a fait la fortune d'un sjstème. J.'irrilation èlail défmie |>ar Broussais: la contractïim portée au délit de lerlaiues lîmiies: par M. Roche, l'un ■ de ses élèves les plus distingués : «ne augmetUalion de faction org<mtque molé- 'eiJ'unftssu.L'irritntidffélail un état maladif résulldnt de la pmpricté qu'ont s tissus vivants d'être impressionnés par les stimulants. Ainsi lorsque, introdui- ' tant 5 ceiiligramnies d'éinétique dans l'estomac, on excite la sécrétion folliculaire de la muqueuse et la contraction de la tunique musculaire, ou produit le phénomène de l'irritation. Celle-ci était un état pathologique primordial qu'on voyait pîtrtout et par lequel tout s'expliquait, suivant te point où on le faisait agir. L'irritation n'était pas encore l' inflammation, mais elle en constituait te premier degré; car lorsque, agissant sur les capillaires sanguins, elle déterminait les phénomènes locaux qui caractérisent l'état phlogistiquc, ou disait que l'irritetiun était iadanimatoire. L'inllammation était, en d'autres termes, l'irriiaiion atec ap|iH!l plus considérable de sang que des autres fluides; tandis que la subinflammaiion était l'irritiitiou avec appel plus considérable dc lluides blancs que des autres fluides. Je ne poursuivrai pas davantage la démonstration de ces idées, aujourd'hui vieillies d'un siÈcJe, et (lui ne penvent plus que liguret- dans l'histoire des l'iTeiii's île la science. J'ai seulement tuulu définir à ceux qui entrent dans la carrièn' le mot qui avait servi i un homme d'un talent prodigieux i révnlniiunner toute la médecine; mot qu'ils entendront encore quelquefois prononcer par (luelques rares adeptes. Mais aujourd'hui, où tant de sévérité est exigée dans les rechei-c.lies et le langage scientifiques, on ne doit plus se servir du mut hritation. qui n'indique k l'esprit rien de défini, par cela seul qu'on l'a appliqué à tous les phénomènes pathologiques.
Protiosiic. — Le pronostic se calcule surtout d'aprts l'importance de l'organe aiïeclé, l'étendue de la phlegmasie, sa nature, sa tendance naturelle vers telle ou telle terminaison, ou vers telle ou telle suite; eiifm on tiendra également compte de l'état des forces, de la violence des symptômes géuéraux et sympathiques, de ['3ge et de la constitution des sujets, et de l'époque h laquelle le traitement commencé.
Cause» de l'inflammation. — l..es causes des inflammaltuns sont très numbreui Les unes agissent directement : telles sont toutes les violences extérieures, l'appli cation de substances irritantes et caustiques ; les autres agissent indirectement et d'une manière h peu près inexplicable: c'est ce qui arriir, p;tr exemple, lorsqu'im refroidissement des pieds détermine une angine, uti corjza, etc. Parmi les causes fréquentes de rinflammatiuu, on doit ranger encore toutes les substances qui, données intérieurement, vont agir loin du point où elles ont été appliquées: tel est le mercure, qui, pris ï petites doseit, peut enHamnier la muqueuse buccale. iVaulres fois, il est difficile de dire si ces substances agissent coiisécutivemcni à leur absorption, ou si l'inflammation qu'elles provoquent ne résulte pas d'une action sym- Dltliique exercée jur l'organe avec lequel elles ont été mises un contact : telle$
, de
^^L DE L'iNFLAUUATION EN 6ÈHÉRAL. 331
^Hhbv. ciemple, loutcs ces aiïcclions inflaininatoires deli pcAo, qui aaneat
H^^H^tauJun <li- nrUins fruits, de certaii» coquillages ou de evtuiu poissons.
H^^^^Hn causes indirectes viennent eacore se m^a tans les poisons mor-
ft 9lS*3^^ l3 plupart des viras, dont les nns ^issenl annont sur le point de
cmuct, tândîsque d'uuires ont leuft eiïets les pins conndérableB consécatiTemcnt
k leur atksorption. i.» |ilupart des tudammalions ordinaires non spécifiques aaisseot
SM« le OMKOim d'aucune cause déterminante appréciaUe ; on les dit alors ipon-
ImtéeÉ. Quelques -ones reconnaissent, au contraire, l'intervention d'une catue exci-
ttale. Ida Jcwts de régime, les fatigues excessives, les émotions morales mes,
tt swlu«t l'acdoD bni«iue du fruid sur le corps échauiïé , sont les circoastances
qWBDBs iaroqnerons le plus souvent pour expliquer le développement des phlegnut-
Ms. Le froid est, en effet, la came occasionnelle ^plus commune, et me d»
pins pHiBUitei; mais beaucoup de personnes en ont encore exagéré l'importance
n bii nfiportaDt le développement de toutes les phicgmasies de l'ai^rdl reqn-
* moire. J'ai proové i la page iU» de mon Traité de la pneumonie qne la source
de cette erreur résidait dans un interrogatoire insnfGsant ou mal dirigé.
l.'innammaiMm reconnaît une fuulc de causes prédisposantes; c'est aini que aoDs verrons l'Age, le sexe, les climats pré(^sposer h différentes phl^masies. Pendut loogtemps on a considéré une constitution forte et robuste, cl l'état de plédaire, oomme [védi^xMant beaucoup aux phlegmasies; mais une observation plus ctacte a dëmootré que cette croyance était erronée, et il est reconnu aujourd'hui qae fa faiblesse prédispose bien plus aux inflammations que l'état opposé, pn^- Uaneot parce cpie dans le premier cas les individus sont plus attaquables et résistât moins aux- causes. :t!ais si l'état de force et de pléthore ne prédispose pas b ■'■flaminatlou, cette circonstance apour effet d'angmenter l'intensité des symptAmes de réaction. Enfin, il cxiste'des prédispositions qui tiennent i l'organe lui-même, i sa poeîtion, k la nature de ses fonctions ; il est en outre démontré pour plusieurs phicgmasies qu'un organe y est d'autant plus exposé qu'il en a déjà été atteint un plus grand nombre de fois.
Lorsque plusieurs phlegmasies sedéveloppent simultanément ou successivement cbez le m9me individu sans pouvoir être rapportées i une cause extérieure mani- Inte, on dit alors qu'elles sont dues à une disposition in(x>nnue, à nne diathèse. Ces inflammations multiples peuvent occuper des organes et des tissas différents. Qoelquefois par contre le travail morludc a une tendance extrême à se porter sur les tBsa» semblables. C'est ainsi qu'il n'est pas infmiment rare de voir le même mnil phlegmasique frapper à la fois la plupart des memlx^nes séreuses.
Lmsqn'on voit ainsi survenir successivement nne ou plusieurs inflammations, il ne faut pas se hâter d'accuser une diathèse spéciale, car quelquefois ces maladies diverses reconnaissent des causes manifestes, maïs en raison de la faiblesse et de la susceptibilité plus graude des individus, ces causes, n'ayant pas besoin d'être aussi éoerpques, passent souvent inaperçues.
On a représaité trop généralement la diathèse inflammatoire comme étant l'apinage i peu près exclusif des constitutions robustes, des tempéraments pléthraîques; c'est là poiTr le moins une exagération. Il n'est pas rare, en effet, de la voir survenir cbez des individus affaiblis, et plus ou moins anémiques. L'état coaenneux du sang pourrait-il, comme M. Piorry le suppose, devenir une cause active de certaines phlegmasies secondaires, en permettant l'exsudation d'ime sérosité fibiineusc, qni agirait sur les tissns comme une espèce de corps étrai^er ; c'est lï one ofanidn iosontenable. Noos croirions plutAt, nons guidant en cda par lei teidci
cliniques et les expériences de Magendio, que pur suite de la (Irtibiinatioii 4IÔ sang on verrait plus facilement apparaître, daps diverses parties du c^rps, dés congestions d*al)ord, suivies bientôt d*un travail phlegmasique.
L'état des liquides ne saurait, dans tons 1(^ cas, rendre compte de la diathèso inflammatoire; il y a ici, comme pour toutes les autres espèces, une disposition intérieure qui échappe à toute analyse, et qui ne saurait être isolée.
Celle dialhèse n'est pas seulement remarquable par le nombre et la diversité des phlegmasies, mais souvent aussi par plusieurs autres circonstances, notamment par la marche en général plus rapide de l'altération et par certains modes de terminaison que la maladie affecte le plus généralement. Nous parlerons dans la suite de ces phlegmasies si fré(iuentes dans l'état puerpéral et qui aboutissent si communément à la suppuration. >'*loil-on pas aussi, avec M. ?.licliel Lévy, rapprocher de ce groupe d'affections ces cas de niénin^Mto cérébro-spinale si remarquables par l'abondance de la suppuration, par la rapidité av(*c laquelle elle se produit et par sa diffusion dans plusieurs des membranes séi eiiscs? Ne doit-on pas aussi ranger dans la même catégorie de faits ces cas d'abcis multiples souvent considérables arrivant dans le tissu cellulaire des membres 01 du tronc, et cela si promplement, que Delpech les a nonmiés mmdnim; abcès dont quelques auteure ne croient pouvoir se rendre com|)te qu'en supposant, les uns, que le pus a été déposé par les vaisseaux; les autres, qu'il y a eu transformation subite des globules purulents : idées également inadmissibles. Os abcès doivent rentrer dans la loi commune ; ils n'ont pu se former sans une phlegmasie locale, phlegmasie qui débute à peine que déjà du pus est fonué, et cela en raison de conditions s|)éciales de l'économie, (^'est, en effet, chez des sujets affaiblis par l'âge et les maladies, dans les convalescences des fièvres graves et des maladies virulentes, qu'on voit naître ces abcès souvent suivis d'une issue funeste.
Traitement — Les premières indications à remplir dans le traitement de toute inflammation consistent & éloigner, toutes les fois qu'on le peut, les causes excitantes qui ont fait naître la maladie, à soumettre l'organe affecté au repos le plus absolu; puis on cherchera à attaqner la phlegmasie elle-même. Les antiphlogistiques sont les agents les plus efficaces, et ceux qui, diversement modifiés, sont applicables 5 presque tous les cas. Les saignées générales el locales sont la base de la médication antiphlogistique. Les premières conviennent toutes les fois que la phlegmasie est assez étendue et assez grave pour exciter un mouvement fébrile un peu intense. Cependant l'intensité delà fièvre ne doit pas seule guider le médecin, maison doit anssi avoir égard à l'importance de l'organe affecté. C'est ain.si que deux malades étant donnés, ayant Tun et l'autre une fièvre modérée, et qui sont atteints, l'un de pneumonie, l'autre d'ér^sipèle à la face, il y aura ordinairement nécessité, urgence de saigner le premier, tandis que le plus Souvent on pourra s'en dispenser pour le second. Il faut, dès à présent, bien se persuader que la saignée n'est pas un remède applicable ou nécessaire à toutes les inflammations; il en est, en effet, qui guérissent aussi bien et même mieux sans son intervention : aussi doit-on s'en dispenser alors; car il faut s'habituer à œnsidérer la saignée comme un moyen puissant, mais dangereux, dont on abuse facilement, auquel pourtant il est impossible de remédier lorsqu'on l'applique d'une manière inopportune ; on doit donc n'y r(*courir que lorsque l'indication est bien précise. Il en est d'ailleurs de la saignée comme de tous les remèdes que j'appellerai rationnels, qui ne sont doués, par ra()porl à la maladie contre laquelle on les dirige, d'aucune ?eitu spécifique, et (pii, paraissant indiqués par la nature de l'affection aussi bien que par l'appareil sympto-
!)i: r/lNFLAJIMATION EN GÉNÉRAL. 225
mtkfMi^échoueut lU'aiiiiioins, cl sodi iiiOmc Dianifcstement nuisibles dans certains ctt , taodii Y|ue d*auires médications sont /:ouronnées de succès. Cette inconstance du4iefnùdaiiieht au génie difîéront des constitutions médicales, dont on a eu tort de nierrjullneiiceet jiis(|u'ù rc'xistouce. Cependant les constitutions médicales do- ■rinent Ja thérapeutique : c'est une vérité que les théoriciens ou les ignorants ont pa iiiéc4)niialtre, mais qui a toujours été proclamée par les grands praticiens. Ainsi donc il faut s'attendre h voir dans ccrlains cas, et pendant plusieurs mois de suite, b saîgiiée échouer ou être nuisible contre certaines phl<>gmasies, dans lesquelles oo était habitué à la voir réussir. L'emploi de la saignée peut trouver en outre des cootre- indications tenant h Tindiudii : ainsi une faiblesse excessive, un âge trop tendre ou une constitution détériorée, un état chloroiique, peuvent être parfois un obstacle à toute émission sanguine; mais le plus soi^rnt ces circonstances indiquent seulement d'y recourir avec plus de prudence et de ménagements. On conçoit bieo qu'il est impossible de tracer ù ce sujet aucune règle ùxe^ car tout ici est sobordonué au tact du médecin. Il est néaninpins des circonstances où les plus expérimentés hésitent ; il arrive, en ellet, souvent qu'en présence d'un malade atteint d'une phlegmasie grave, et dont les forces sont prostrées, on ne sait si cette ad^oamie eslt réelle, ou si elle n'est (pie simulée, apparente. On hésite alors entre tirer du sang et tonifier. Pour se diriger dans un cas aussi épineux, on devra avoir égard aux circonstances suivantes. Si l'on a affaire à un individu débilité, avant rinvasioD de la phlegmasie, par une maladie antérieure, par des veilles, des chagfÎBS, etc. , il est il peu près certain que l'adynamie qu'on obsene est réelle ; car la simple oppressicm des forces a lieu généralement dans des conditions opposées, c'e^t-à-dire chez des sujets bien constitués et dans la vigueur de l'âge. Ajoutons que lorsque les forces ne sont qu'opprimées, les malades présentent des symptômes «dynamiques dès le début, et les oiïrent même à un haut dc*gré, tandis que l'adyoarnie vérïtable est en général progressive, et n'arrive qu'à une époque plus avancée. Ou aura encore égard aux effets ((ue produisent sur les forces les héniorrliagies naturelles; enfm, dans le doute, on fait praticfuer une petite saignée exploratrice, et, suivant les effets qu'on en obtient, c'est-à-dire sui^nt que les forces se relèvent ou se prostrent davantage, on insiste sur ce moyen ou l'on y renonce tout à fait pour recourir à la médication tonique.
Les saignées sont d'autant plus avantageuses qu'on les pratique à une époque plus rapprochée du début; mais il ne faut pas croire avec quelques anciens auteurs qn^il existe un temps au delà duquel on ne doive plus répandre de sang: c'est une Rrave erreur que les honnnes les |)lns expérimentés des derniers siècles ont part^ée; mais aujourd'hui il est bien reconnu que l'emploi des émissions sanguines doit être subordonné à la nature des symptômes généraux et locaux, sans avoir f^rd à l'âge plus ou moins avancé de la maladie, qui ne doit jamais entrer en ligne de compte. Non-seulement il faut saigner le plus tôt possible, mais encore lorsque la violence de la njaladie l'exige et lorsque les forces le p(»rmetleut, on doit- tirer «ne grande quantité de sang à la fois, c'est-à-dire AOO à 600 grammes; et s'il faut recourir piusieui*s fois à la .saignée, on doit li- faire à des inler\ ailes assez rapprorhés, par la raison que la phlegmasie est d'autant plus attaquable qu'elle est moins ancienne. Mais dans aucun cas on ne |>eut déterminer d'avance, même approximativement, le nombre d(; saignées qu'il faut faire et la quantité de sang qu'on doit retirer à chacuue d'elles ; car l'abondance et le uond)re des saignées doivent être subordonnés à l'âge des malades, à leur constitution, à l'état antérieur de santé ou de maladie, à la violence des symptômes généraux et locaux, et enfin, comme nous
Tavons déjà dit, aax coDstitutions médicales régnâmes. L'aspect plus ou moins couenneux du sang ne peut, comme on Ta cru pendant longtemps, Comme te:, croient encore quelques médecins, fournir une indication pour réitérer la saignée, puisque nous avons vu que la couenne pouvait exister dans l'anémie, que par conséquent elle devient d'autant plus parfait^que Ton saigne davantage, bien que l'inflammation ait cessé de s'accroître. Par les saignées convenablement faites, on peut espérer de soulager presque toujours les malades, d'en guérir beaucoup qui, sans elles, auraient succombé, et d'abréger la maladie de ceux qui auraient pu guérir sans son secours. Mais le jeune médecin ne doit pas oublier que quelque abondantes et quelque nombreuses que soient les saignées, elles n'ont pas, le plus généralement, le pouvoir d'enlever brusquement la maladie, de l'arrêter tout à coup dans sa marche quancLelle débute. On verra, en eiïet, plus tard, qu'on ne jugule ni la pneumonie, ni la pleurésie, ni les érysipèles de la face, ni les angines, ni toutes les phlegmasies franches et déjà bien établies. On se convaincra que ces maladies ont, pour ainsi dire, un cours nécessaire, et que, nonobstant une méthode* active de traitement, il n'est pas en notre pouvoir de les empêcher de s'accroiire pendant quelque temps. Cette pro))osition, qui est soutenue par MM. Chomel et Louis, et quej'ai moi-même développée dans mon Iraùr de la pneumonie, a reçu une confirmation nouvelle des recherches de M. Andral, qui a vu que, quelque abondantes ou quelque rapprochées que soient les saignées, la fibrine n'en va pas moins toujours en augmentant, si ces saignées sont faites dans les premiers temps d'une inflammation tant soit peu intense, c'est-à-dire dans la période ordinaire d'augment de la maladie. Les saignées générales conviennent, avons- nous dit, toutes les fois que la maladie est assez grave |)our exciter une réaction notable ; elles snflisent le plus souvent seules, d'autres fois il convient de leur associer les saignées locales faites par des sangsues ou des ventouses scariGées. Clelles-ci sont surtout efficaces dans les inflammations qui s'accompagnent d'une vive douleur ou d'une congestion très considérable. Il faut, dans tous les cas, appliquer les sangsues le plus près possible du mal, ou sur des parties qui ont avec les organes malades des rapports vasculaires ou sympathiques; on doit aussi mettre un nombre suffisant de sangsues ou de ventouses pour opérer *une déplétion locale suffisante ; car si Ton agissait autrement, loin de diminuer la fluxion, on l'augmenterait Les émissions sanguines locales suffisent quelquefois pour amener à bonne fin certaines phlegmasies peu intenses, superficielles, ou aiïertant des tissus membraneux.
Les inflammations peuvent encore être attaquées par plusieurs ordres de médicaments dont le mode d'action, quoique inconnu, n'en est pas moins remarquable. C'est ainsi que nous verrons les préparations mercurielles administrées à Tintérieur, et en frictions à l'extérieur, amener la résolution de phlegmasies très graves. On a supposé, dans ces cas, que le mercure agissait en fluidifiant le sang ; mais cette opinion, qui n'a jamais été démontrée expérimentalement, est, an contraire, en opposition avec les faits de M. Andral, qui a vu, dans les stomatites mercurielles, la quantité de fibrine s'accroître comme dans les ()hlegmasies ordinaires. Nous ignorons donc jusqu'à présent le mode d'action du mercure.
Il est encore im autre ordre d'agents thérapeutiques, connus sous les noms de contra-stimulants ou d'/iyposthénisants, et à l'aide desquels on combat beaucoup de phlegmasies. Cette méthode, d'origine italienne, a été créée |)ar Rasori, et agrandie depuis lui par Tommasini, et surtout par le professeur Giac^^omini, de Padoue. Elle consiste à administrer certains médicaments énergiques à dos doses considérables, sans que ces substances déterminent les effets toxiques qu'elles pro-