DE I/INFLAMMATION EN GÉNÉRAL
dunient chez un homme sain, sans même observer souvent les effets naturels, pbysiolàBJques, qu'elles provoquenl quand on les donne à momdre dose. C'est aiasi *ipe les itMJMe» peuvent prendre 1 gramme et plus d'émétique sans éprouver ni TODÙsseoieBls ni Miles.
Pour temuner, nous dirons que (^taincs inilammmations des téguments ou des Buqneiises sont souvent heureusement modifiées par des agents irritants et caustiques, et qui, d'après la théorie, sembleraient devoir produire un effet tout contrttrc. C*6st ainsi que des ophthalmies, des uréthrites, des cystites, des vaginites, des pharyngites et des redites aiguës ou chroniques cèdent rapidement à une ou piosienrs cautérisations par l*azotate d'argent : il semble alors que ce médicament t^s&e ea changeant le mode de vitalité des parties ; ou, si l'on veut, à une phlcg- Dusie rebelle ou spécilique il substitue une phlegmasie nouvelle, simple et plus fÎKilenient caraUe. ^
Le traitement des inflammations se compose encore d'une foule de moyens adjuvants. L,es principaux sont : l'abstinence, qui doit nécessairement et toujours accompagner les autiphlogistiques; l'usage des boissons douces, l'emploi des cataplasmes et fomentations émollientcs, les bains locaux et généraux, les applications fmid<^ et astringentes, la compression dans (|uelques cas particuliers, et enfin les iy>uisdfs. Ces derniers s'appliquent tantôt sur le tube digestif : ce sont les émétiques «t le» purgatifs ; tantôt sur la peau : ce sont les siuapismes, les pédiluvcs, les manuliives irritants, les vésicatoires, les emplâtres et jx>mmades déterminant la rubéfadîoD on la formation de vésicules et de pustules. Les moyens révulsifs sont très eScaces ; on les applique tantôt le plus loin possible de l'organe malade, tantôt dans son voisinage. Les premiers conviennent, en général, à toutes les périodes de la maladie, même au début ; les seconds, au contraire, souvent nuisibles quand la maladie commence, ne sont guère indiqués qu'à une période avancée, lorsque raflection traîne en longueur ou tend ù passer 5 l'état chronique.
il est lin symptôme prédominant dans «pielques phlegmasies qu'on ne doit jamais Décider : c'est la douleur; car, lorsqu'elle est trop vive, elle a pour elîet ordinaire d'augmenter la congestion locale. La douleur, pour me servir d'une expression [ort juste de Sarcone, est tour h tour mère et fdle de l'inflammation ; aussi on devra toujours la combattre, et si elle n'est pas modifiée par le traitement antiphlogistique, c'est par les narcotiques administrés à l'intérieur ou appliqués localement qu'il faudra la modérer. On peut donner l'opium sans aucune crainte ; car depuis kmgtemps nous avons reconnu, ainsi que l'ont fait avant nous beaucoup d'hommes habiles, combien sont mal fondées les appréhensions de beaucoup de médecins contre remploi des narcotiques dans le cours des phlegmasies. Outre la douleur, les inflammations s'accompagnent encore fréquemment de divers accidents ([ui parfois prédominent tellement, qu'ils peuvent devenir la source de l'indication principale : ainsi les troubles nerveux exigent souvent qu'on ait recours aux médicaments connus sous le nom d* antispasmodiques, Enfin/ fréquemment la débilité, la pnistration des malades est telle qu'on doit, sans s'inquiéter de Taffection locale, M* préoccuper exclusivement de l'état général, c'est-à-dire qu'on essaie alors de relever les forces |)ar les toniques et les corroborants; on obéit à ce que les anciens iionnnaient ViïnHcndon vitale, sauf, plus tard, à reprendre le traitement de la phl«*^niasie, s'il en est besoin et si les forces le permettent.
Après ces considérations préliminaires, nous passons à l'étude des inflammations • en fiarticulier.
T. I. — 7« iDIT» 15
226 DKS I.NFLAMMAIION'S.
DE» I?IFr.AM\IAT10NS DES ORGAHI-S DK'.F-ftTlFft. î
De la stotn^te.
Stomatite est un mot de création nouvolio, sei vnnt à désigner l'inflammation de la membrane nniqueuso de la bouche.
La stomatite n*est pas un<! maladie toujours identique ; elle présente, au contraire, des caractères très diiïénMits, suivant l'élément anatomique qui est atteint, suivant la forme ou la s()écificité de la lésion qui la caractérise, et suivant la nature des causes qui la développent. Aussi décrirons- nous suc4:essiveinent les variétés suivantes, savoir : la stoml^e n't/t/ié/nnfcusi^ celle avec altération de sécrHioii (muguet et diphthérite)^ la stomatite folliculeuse et ulcâreme, et la stomatit(* mercurielfe. Quelques auteurs y joignent la sloinalite gangj'éneuse ; mais la gan-^ grène de la bouche est une alTection qui doit eu e étudiée à part et à côté des aulnes affections de nature gangreneuse.
De In stomatite évythémateuBe.
La stomatite érythémateuse débute, en général, sans prodromes. Elle est caractérisée par une rougeur plus ou moins >ive, uniforme, et le plus ordinairement partielle de la nmqueuse buccale; souvent en effet Tinllammation est bornée aux gencives ou à la voAte palatine; elle a reçu, dans le premier cas, le nom de yvnyivite, et celui de palatitc dans le second. Cette maladie s'accompagne parfois d'une légère tuméfaction des parties, d'une douleur et d'une cuisson plus ou moins vive qui augmente par le passage de Tair froid, par le contact des aliments h^ plus doux, et même par la simple pression de la langue. La cuisson est surtout vive lorsque Tépithélium ayant été détruit, le cor|)s réliculaire est à nu, ou loi^que la muqueuse est le siège de très légères érosions. La séci*étiou buccale est, en outre, modifiée. Ainsi, au début, il existe de la sécheresse, et, plus tard, une humidité plus grande dans la bouche; les malades rejettent une matière aqueuse, séreuse ou fdante ; il survient quelquefois même un ptyalisme abondant. Celte maladie, toujours bénigne, ne s'accompagne presquejamais de fièvre, même chez les très jeunes enfants. Elle se termine par résolution au bout de peu de jours ; quelquefois l'épithélium se détache et s'enlè\e par plaques. I^ stouaatile ér> liiémateuse est quelquefois le premier degré des autres formes de stomatites que nous décrirons plus tard.
La stomatite érythémateuse est ordinairement produite chez le» jeunes enfants par le travail de la dentition, et plus tard j)ai* l'introduction dans la bouche d*un liquide irritant, ou d'un corps trop chaud ou trop froid, ou bien encore par la carie dentaire et par l'accumulation du tarti'e. Dans quelques cas, Jt maladie est spontanée; enfm, nous avons vu que la rougeole et la scarlatine produisent une stomatite érythémateuse, dans laquelle la rougeur offre exactement les mêmes caractères que ceux de réru()tion cutanée. Elle est, en effet, d'une rougeur unifonne ou par pointillé régulier dans la scarlatine, par petites taches irrégulières et inégales dans la rougeole. Cette éruption ne détermine en général aucune sensation pénible, si ce n*est parfois un sentiment de chaleur.
Il est une autre forme de stomatite plus incommode et dont les suites peuvent être plus fâcheuses ; c'est rinilammatiou des gencives, souvent provoquée par 1 accu-
Ï>1-- I-A STOMATITE DIPHinÉRITIQUE. 227
^^ ^ *^ l>axc (l(^s dénis. Elle est caractérisée par un boursouflement
-^^* ^^K^ï^t cViin roiiRc plus ou moins vif à leur rebord alvéolaire, et
^ ^^ *^^>iiniiie éi-odécs en ce point Elles sont séparées des dents par
Sfe p \&s oi;& iTioiiis épaisse dc^tartre, et souvent aussi par un pus sanieux
jfljîcv^Lie en 'pressant sur la gencive. Celte gengivite, très rebelle, a souvent
,5^\ » ci\vtt.e clés dents, qui tombent sans douleur, sans altération préalable
^\sviemeul ooT\sistc dans i^emploi de quelques collutoires émollients, que lei 1^ wmerveront le plus longieiiips possible dans la bouche ; ils s*abstiendronl iiiliDft\AUipH dL^aklimeuts acres, échauffants, épicés ; ils choisiront des substances
^èom^ îiicapables de blesser la muqueuse, et qui n'exigent pas de grands
doits àe masUcaiî on . ^
Dm \a %en^\ite produite par l'accumulation du tartre il faut faire enlever ce
|MpiètriiigeT, et employer des collutoires toniques et astringents avec le kina, le
laiûn; on louche les gencives avec du chlorure de chaux sec, et l'on i>révient ont
MnveUe accumulation de tartre par des soins de propreté.
De la stomatite avec altération de sécrétion,
(ime slbiuatiio est caractérisée par la production d'une concrétion morbide à la mtee de la membrane muqueuse enflammée. On doit en distinguer deux espèces, trif AsBemblablcs entre elles par leurs causes, leurs symptômes et le traitement, poir pouvoir être comprises dans une même description : ce sont la afomatHe iifkkéritique^ avec ou sans ulcération, et le muguet.
De la stomatite diphthéritique^ ou ulcéro-^membraneuse,
La stomatite diphthérit i que on pseudo-membraneuse est caractérisée par la foi*mitioa sur la muqueuse de la bouche de pellicules grisâtres, ordinairement très uiÎDces, commençant presque toujours, d'après M. Bretonncau, par le bord sinueux des gencives, qui se gonflent et deviennent saignantes, puis s'ulcèrent bientôt. En Bèiiie temps, une fausse membrane, semblable à la précédente, se développNSur le pont correspondant de la joue, et ne tarde pas à envahir les autres parties de la htocbe, excepté pourtant la \oùte palatine qui est très rarement affectée. (les concrétioni adlièrent plus ou moins \ la muqueuse, qui tantôt est rouge, gonflée* bleuâtre, quelquefois ecchymosée, légèrement excoriée, ulcérée, et qui tantôt coosene à peu prrà sa couleur naturelle. Lorsque ces plaques tombent, on 1<^ voit se rcDoavder avec une grande rapidité. Souvent elles prennent une couleur noirâtre à caose d*aiie petite quantité de sang exhalée au-dessous d'elles, ce qui, joint à Todeur Mide qui s'échappe de la bouche toutes les fois qu'elle est le siège d'nne inflammation, et surtout d'une inflammation couenneuse, a fait croire |)arfois, et tn^ à i«rt, k l'existence d'une gangrène. Cette stomatite diphlhéritique est souvent liu)ilée a on petit espace, comme la commissure des lèvres. D'après iM. Taupin, elle serait I tréquemment bornée à une moitié de la bouche ; d'autres fois, elle occupe cette aîité dans presque toute son étendue. Indépendamment des pseudo-membranes la muqueuse buccale offre des solutions de continuité plus cm moins nombreuses, ^ qui justilie la dénomination d't//cm>-'//}em6ra7)6ti«e donnée à cette variété de stomatite. Ces ulcérations, dont les plus petites sont comme un grain de mil et les plus étendues comme une pièce de deux franco, sont souvent recouvertes \mv les fausses membranes dont je viens de parler, Aillearsh solution de couàumXfeu'oKv^
pas de concrétion, elle est grisâtre et sanieuse. Pour peu quc^ la lésion occupe une certaine étendue, on constate une intumescence et un endolorissement des gap.glions sous-maxiilaires ; la face est aloi^ tuméfiée, la bouche est inondée de salive, mais la réaction fébrile est presque toujours modérée ou nulle.
£n général, la maladie à peu de tendance à s'étendre et je ne crois pas que jamais elle se soit propagée au phar^^nx et à plus forte raison jusqu'au larynx. La stomatite diphthéritique est une maladie dont la terminaison est je crois toujours heureuse, mais il n'est pas rare de la voir persister avec opiniâtreté pendant plusieurs mois de suite. Lorsqu'elle doit cesser, les plaques se détachent et ne se reproduisent plus , d'autres sont résorbées sur place, les ulcérations se cicatrisent, et parfois il reste pendant quelque temps à leur niveau un léger épaississement avec dureté de la muqueuse ou des tissus subjacents, et un as[)ect gaufré, à larges alvéoles. *
Diagnostic. — Le diagnostic de cette aiïection est toujours facile ; ainsi qu'on le verra par la suite, on pourra la distinguer aisément de la stomatite mercurielle^ maladie dans laquelle on observe fréquemment des concrétions membraniformes et qui reconnaît une cause toute spéciale. Nous croyon» aussi que cette forme de la stomatite est distincte de la gangrène buccale dont nous parlerons dans le deuxième volume. M. Taupin croit pourtant à l'identité des deux affections, se fondant sur ce que, au-dessous de la pseudo-membrane qu'il regarde comme une eschare, il existe toujours une perte de substance, et qu'en s'aggravant h maladie revêt tous les caractères de la gangrène profonde, et parce qu'enfin elle n'a nulle tendance à s'étendre au pharynx, comme devrait le faire une affection diphthéritique ; mais ces raisons ne sont pas toutes acceptables. H est impossible , en effet, d'assimiler la pseudo-membrane à une eschare ; assez souvent d'ailleurs on ne découvre au-dessous d'elle aucune solution de continuité; nous verrons en outre, quand nous traiterons de la gangrène buccale dans le tome Ii% combien cette grave affection se distingue de celle dont je traite en ce moment. Mais iM. Taupin a peut-Otre raison de séparer cette affection de la diphthérite ; car, comme celle-ci, elle ne s'étend pas de proche en proche, elle ne s'accompagne d'aucun accident sérieux et il est douteux qu'elle ait un caractère contagieux.
Pronostic. — Le pronostic peut Otre fâcheux chez les individus affaiblis, cacochymes, chez lesquels la maladie peut provoquer une gangrène étendue de h bouche. Hors ces cas, elle a une issue toujours |^eureuse. La stomatite ulcéro-inembraneuse est donc une affection qui, si elle est très rarement grave, est néanmoins désagréable, gênante et rebelle.
ÉtioLogie. — La stomatite diphthéritique affecte surtout les enfants ; on la rencontre dans les hospices d'orphelins, dans les pensiops, et généralement chez ceux qui vivent entassés dans des lieux bas, humides, ou qui sont renfermés dans des espac4!s étroits. C'est ainsi qu'on Ta vue quelquefois régner d'une nianière épidémi({ue dans les casernes. D'après les observations de IM. Bergeron, la stomatite ulc^ro-membraneuse serait tn>s commune chez les soldats, tandis que c'est une des affections les plus rarement observées dans nos hôpitaux civils consaci-és aux adultes. A l'état sporadique, la maladie survient le plus souvent sous l'influence d'une excitation toute locale, comme la carie ou la saillie d'une dent qui blesse la muqueuse en rapport avec elle. La stomatite ulcéro- membraneuse est donc une affection souvent toute locale, mais sunenant |)arfois aussi sous l'influence de causes générales et essentiellement débilitantes.
Traitement. — Jusque dans ces derniers temps on rxinseillait contre la slo-
DU BIUGUET. 229
matile nkériHineuibraueiise les cautérisations avec l'azotate d'argeul ou i*acide cBorfaydriqiie, les collutuircs déUasifs, astringents, avec le borax et Taluu ; enfin, œ touchait les parties u)a]ades avec du chlorure de chaux sec qu'on portait avec le éo^ sur les pcMnls afTectés, et sur I^[uels on exerçait une friction un peu rude. Vais ces moyens, utiles dans quelques cas, sont, pour la plupart, douloureux et ■'ai^sseiit que fort lentement; il n'en est pas de nienie du chlorate d(; |H)tasse. Ce nédicament, préconisé en Ani^lolorre par (lunt, en 18^7, puis par West, et plus rréeiunient à Genève, par M. Cliamil, était inusité en France, lorsqu'en 1855, M. llerpin appela Tatteution sur lui et démontra son utilité dans plusieurs espèces de stonaatite. Administré dans la stomatite ulcéro-membranense, il jouit d'une (ffliracité incontestable et attestée aujounrimi par des faits nombreux publiés surtout par MM. Blache, Isambert et Ber^cron. Sous rrfHluence de ce médicament. Il maladie qoe nous avons signalée plus haut comme si rebelle, se modifie presc{uc ausMtôL £n vingt-quatre ou quarante-huit heures, la nuupieuse buccale perd sa couleur violette; les fausses membranes se détachent, les ulcérations prennent un asp^HTt rosé de bonne pâture, et au bout de quatre à huit jours la cicatrisation «i ordinairement complète. C*est à l'intérieur qu'il convient de prescrire le niédicanieut, à la dose de 1 à U grammes chez les enfants, à la dose de ^ à 8 grammes i:Ik£ Tadulte, dans 120 à 250 grammes de \éhicule. Ces doses peuvent être même doublées sans inconvénient Le chlorate de {mtasse, appliqué directement sur les pvties eu gargarisme ou collutoire, agit manifestement ; mais son action est plus ccftaine, elle est plus prompte quand on ledoime à Tintérieur. Agit-il dans ce cas k are d'altérant? N'est-il pas plus probable qu'éliminé en grande partie par la afive, il exerce une action topique, mais beaucoup plus intime et plus moléculaire en quelque sorte que lorsqu'on le (wrte directement sur les surfaces malades ; c*est ce que Je suis porté à admettre.
D'après une remarque faite par M. Uergeron, la stomatite ulcéro-mcmbraueuse existerait fréquemment chez k% soldats, avec l'espèœ de gengivile dont jo parlais làas haut, et qui reconnaît comnmnément raccumulation du tartre à la base des dent^. Le chlorate de |X)lasse est nul contre cette deniière ; il faut donc, lorsque b stomatite ulcéro-membraneuse a cédé à ce médicament, lui opposer les moyens spéciaux dont j'ai parlé précédemment à la page 227.
Du muguet ou de lu stoinatUr crémeuse,
l-es mots de muguet ou blanchet servent à désigner une forme de stomatite caractérisée par l'exsudation sur la nmqueuse buccale de petitc»s concrétions blanchâtres, qui tantôt sont 'disséminées, et tantôt sont confluentes.
Le muguet, que beaucoup de médecins, même modernes, ont à tort confondu a\ec les apluhes, n'a été convenablement étudié que par nos contemporains, spé- *ialcinenl i>ar les docteurs Véron (i), Lélut (2), (inei-santet Blach(?(3), Valleix(.'0, ft nVemment par IV1>1. Trousseau et Delpcch (5).
Uelativementà l'abondance de l'éruption, le muguet a été divisé en (li^crrt et «ïn confluent ; ce dernier a été aussi nommé matin, en raison d(;s symptômes ït-néraux graves cpii l'accompagnent. Une division plus importante encore est celle qui distingue le muguet en idiopat/tiquc et en sijntptuinntiquc. L(? premier
1 Observations êup Uê maladif b àe» enfants, Paris, 4825. — (2) Archives, «iinée 1827. — .3: Dictionnaire de médecine, article MuGusr. — (4; Clinique des mnladict dw nouvcuu-nc^. — .5: Journal de mèderine, année iSàSm
affecte des sujets bieu |)oi'tants et constitue une maladie toute locale ; ie second, au contraire, se déclare chez des sujets aiïaiblis et arri\és à une période' avancée d'une maladie aigu6, et surtout chronique. Le muguet Idiopathique est spédalk. l'enfance; celui qui est symptomatique est coammn h tous les âges.
Lésions cadavMqiies. — Parmi les lésions ((u'on trouve à Touverture . dc»^ cadavres, les unes appartiennent au muguet, les autres aux complications. Les premières se retrouvent partout où l'exsudation s'est faite, c'est-à-dire dans la bouche, où elle est constante ; dans le pharynv et dans l'œsopliage, où. elle est très commune; dans l'estomac, où on la rencontre dans nn dixième des cas; dans le tube intestinal enfin, où elle est beaucoup plus rare. Cette exsudation est disposée par petits points blancbâlros, ayant la p;rosseur d'un grain de riz ou de semoule, plus ou moins rapprochés entre eux ; d'autres fois tout l'intérieur de la bouche est revêtu |)ar une couche unifornie et mamelonnée. Cette exsudation, molle, pultacée, inodore, obéissant aux réactifs cliimiques comme le feraient lemucus et la fibrine, adhère faiblement à la muqueuse, qui est souvent rouge, bleuâtre^ plus sèche, quelquefois ramollie. Des ulcérations se rencontrent fréquemment (dans près de la moitié des cas) ii la voûte palatine. •
Depuis longtemps on a recherché quel était le siège précis des concrétions dans le muguet. Van Winperse, qui écrivait en 1787, a prétendu qu'elles se formaient sous l'épithélium, et celle opinion a trouvé dans Guersant et M. I^lol des défenseurs habiles. Billard , au contraire, soutient que l'exsudation se forme sur l'épithélium lui-même. Enlîn récemment, MM. Trousseau et Delpech ont dit qu'elle se déposait plutôt à la surface de la muqueuse préalablement dénudée. C'est là, comme on le voit, une question d'anatomie pathologique qui n'est pas encore résolue. Tout en appelant de nos vœux de nouvelles recherches, nous croyons cependant qu'examinée tout à fait au début, l'exsudation morbide paraît parfois siéger sous l'épithélium ; mais un peu plus tard, c'est-à-dire après trois ou quatre jours, on ne peut plus saisir cette disposition, probablement en raison dfc la destruction spontanée de la couche épidennique. Inutile de dire que la concrétion dont nous parlons est une pseudo- membrane, résultat d'une sécrétion morbide; personne ne le conteste, si ce n'est quelques micrographes, qui ont émis l'idée singulière que ce produit était une moisissure, un parasite végêinl, un amas de plantes crypto^ games, dont les racines s'implanteraient dans les cellules de l'épithélium.
Récemment encore, M. Robin a soutenu la même doctrine, et il m'a magistralement gourmande de mon incrédulité et de mon irrévérence envers MM. les micrographes (Ij. Je|>ersiste, néanmoins, dans les mêmes idées, et je suis heorcux de m'étayer ici de l'autorité de M. Monueret. Cet observateur, qui du moiosale rare mérite d'être à la fois médecin et micrographe habile, a reconnu comme moi que le muguet était constitué par une fausse membrane, dans laquelle l'étude micrographique lui a fait découvrir : l*de la fibrine en granulations et en fibres; 2' des cellules granuleuses ; 3"* quelques globules de pus; 4** un nombre considérable de cellules d'épithélium pavimenteux. Or il arrive que, sur cette concrétion, il se forme souvent , mais non nécessairement , des mucédin^. Ces parasites, dit encore M. Monueret, ne jouent aucun ix)le dans la patliogénie des productions morbides, au milieu des^iuelles on les rencontre, et qui leur servent purement et simplement de terrains de support, et rien de pins (2). C'est une opinion analogue
(1) Histoire naturelle des végétaux paraiiteg, S« édition, p. A89.
(2) Gazette médicale de Pari», année 1853, p. 580.
" -- DU MUliL'ET. 231
- qoi a? «l.éié égaleinenl (l('V(»i()|)pée jwr un médecin non moins distingué, M. Gubier, qaijMailMd^ que les umccdinées du muguel ne constituent qu'un épiphéno- Hiiai^ Ht €fp*el[es se dévelopix'iit au milieu de détritus organiques, lorsque les liudade b béuche acciuiùreni dos (jualités acides (1). Mais à quoi bon insister . ^aatage ici Mir une question qui peut intéresser l'histoire naturelle, mais qui n'a nulle importance au jioiut de vue médical? Pour le médecin, en effet, le muguet restera ane forme de la stomatite , une stomatite avec production d*une fausse membrane.
fjiez* presque tous les sujets (pii succombent, surtout dans les hôpitaux, on trouve la muqueuse intestinale rouge, injectée, ramollie, quelquefois ulcérée; altérations qui tantôt ont précédé et tantôt suivi le muguet. Plus rarement il «liste de 1^ rougeur dans les bronches, et dans les [K)umons diverses formes d*hépatisaiîoa. t#
Sympiùmet, — D*après Valleix, un éi y thème aux fesses et à la partie postérieure des cuisses précéderait prescpie toujours (17 fois sur 23) le muguet ; puis il suniendrait de 1^ diarrhée, un mouve nient fébrile plus 6u moins intense, et ce iiW que con|iécqti|^ment à ces accidents que les premiers symptômes buccaux Ji>{iarajiraieal. C'est ainsi, en eiïet, que les choses se passent pour le muguet, qu*ou peut non>mer symptomatique, et <pii atteint des enfants débilités ou déjà naïades ; c'est le muguet le plus commun dans i(;s hospices. (Cependant, chez les f*otaats bien constitués et sains, la maladie débute souvent sans prodromes, par des accidents du côté de la bouche.
Quoi qu'il en soit, dans les deux cas la langue devient rouge en partie on en iMabi^, et ses papilles sont plus saillantes. La même rougeur se développe dans pbûeurs autres points» et s'étend souvent dans toute rarrière-boucho ; la muqueuse qui tapisse ces parties est sèche, luisante, et elle devient le siège d*nne chakur brûlante. M. Gnbler dit aussi que lenuicus buccal aaïuiert alors une réaction acide. I^ succion est douloureuse, et la déglutition le plus ordinairement dilTicile kM>quc l'inflanimation éryihémal(?use s* est propagée dans le pharynx. Cependant, après un, deux ou trois j(mrs, on voit apparaître sur les côtés du frein de la langue, Hir les bonis de cet organe, et à la face interne des joues et des lèvres, ainsi que sur les gencives, une matière crémeuse très analogue pour Taspect au caséum; cUe est disposée, comme nous Tavons déjà dit, par petits |K)ints semblables à des grains de semoule, tantôt discrets, tantôt confluents, pouvant alors recouvrir toute b muqueuse, siir laquelle elle forme une couche uniforme ou bien des plaques ONDnie mamelonnées. Les enfants exercent alors, iH)ur la plupart, un mâchonnement continuel ; ils tirent fréquemment leur langue hors de la bouche, comme IMMir expulser un corps étranger qui les gène. Il c^t certain que, dans ({uelques muguets étendus, les enfants éprouvent de la douleur ; car si on leur introduit le doigt dans la bouche, au heu de teler, souvent ils se rejelteni en arrière et pleurent cduune si une douleur vive avait été provoquée. Chez beaucoup, comme nous ra\0DS dit, on constate l'existence d'ulcérations ovalaires à bords taillés à pic, h Mirface blanche ou rougcàlrc, et siégeant sur le palais ou sur le frein de la langue. iJ'apri's Valleix, ces solulioui de continuité se montreraient dans la majorité des ras avant même l'apparition des premiers grains de muguet, et il n'est pas rare, d'après cet observateur, de les voir guérir dans le cours de la maladie, alors même ([ne sa terniinaiscm est funeste.
I^ muguet, s'il c-st simple et très discret, |)eut ne réveiller aucune sympathie
1) Gatêtf médicale^ 4852, p. 412.
morbide; mais presque toujours le pouls s'accélère, la clialeur de la peao s'élève, le Teotre est doulourrax à la pression; il survient de la diarrhée, du météorismc, des selles liquides» jaunes d*abord, plus tard verdatres, et auxquelles se joignent ensuite des vomissements de même nature* Dans les évacuations alviues, on découvre souvent une matière crémeuse, pultacée, signe ceriaio que Texsudation qui existe dans la bouche s'est également formée dans le tube digestif. Dans ce cas, les symptômes sont plus graves ; il y a une soif inextinguible ; Texsudation buccale est brune ou noirâtre ; la diarrhée est plus abondante, et il sunient im amaigrissement rapide et tel qu en peu de jours ces enfants ont les yeux caves et éteints, la figure rabougrie et ridée comme celle d'un vieillard ; leur voix est cassée, ils tombent dans le coma ; leur pouls devient insensible, la chaleur s*éteint, Térythème des premiers jours se propa^ au loin, la peau s'ulcère dans divers points, surtout vers les malléoles et les talons (Yalleix) ; enfui la mort arrive dans un état de prostration extrême. ^
llette terminaison est presque constante lorscpie le muguet s'étend dans l'intestin* ou bien lorsqu'il existe du côté de la |)oitrii)eou des organe» digestifs quelquesunes des graves complications que nous avons énumérées. La maladie peut alors se tennîner en trois ou cinq jours. Dans la plupart des cas» pourtant, la mort est moins prompte : mais la guérison n'a presque jamais lieu : celle-ci ne se remarque que dans les cas où le muguet est bénin et ne détermine point ou peu de fièvre. Alors, au bout de quelque temps, l'exsudation tombe sans se reproduire, ou bien elle ne répullule que dans quelques points. Enfin, assez rarement, la maladie semble passer à la chronicité, c'est-à-dire que pendant un on plusieurs mois on voit de temps en temps apparaître, dans diverses parties de la bouche, quelques parcelles de muguet sans (lu'il en résulte ordinairement aucqn trouble bien notable dans les principles fonctions. ''
Diagnostic, — Le diagnostic du muguet n*ofTre aucune difficulté ; car la préaeuce de petites concrétions blanchâtres, molles, peu adhérentes, le différencie dçs a|4ithes dont nous parlerons plus bas, et surtout de la stomatite pseudo-membraneuse, dont nous avons traité plus haut Celle-ci, en effet, se distingue du muguet par la production de lattes plaques pseudo-membraneuses grisâtres, commençant sur le rebord des gencives, qui sont ordinairement molles, gonflées, ulcérées, et exhalent une odeur infecte.
Pronostic. — I^ pronostic do muguet est favorable toutes les fois que la maladie, atteignant un enfant bien constitué, n'excite \)oint ou à peine de fièvre et de diarrhée ; toutes les fois, en un mot, qu'il constitue une affection idiopatbique de la bouche. Dans le cas contraire, le pronostic est des plus fâcheux, car on voit succomber la plupart des enfants qui en sont atteints. La mortalité est surtout grande m teuqvt d'épidémie, et chez les enfants recueillis dans les hospices. La considéraliiui du nombre et la gravité des complications viscérales, qui existent prescpic ctnislaamient alors, détermineront le degré d'espoir qu'il est permis de conserver dans chaque cas en particulier.
U UMuifestation du muguet chez un individu déjà malade, qnel que soit d'ailleurs s(Vi âge, est toujours une circonstance du plus fâcheux augure ; car, coiniiie le i\\X avec raison M. Ghomel, son apparition dans les maladies chroniques ôte presque tout e«|HÙr d'une heureuse terminaison ; elle est, en effet, presque toujours l'avantfoureur d'une mort assez prochaine. Dans les maladies aiguës, sans offrir le même degr^ de gravité, elle ajoute néanmoins toujours à ce que les autres symptômes peuvent offrir d*inquiéunt
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