‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 67 sur 118 · DU GROUP · texte numérisé non relu

DU GROUP

00 devra essayer de décoller et d'expulser les fausses memlxines à l'aide des expectorants, et surtout au moyen de Témétlque et de Tipécacuanha.

L*émétique est un médicament précieux qu'il faut prescrire, dès le début, à h dose de 5 centigrammes, dans les trois premières années ; à la dose de 10 centigrammes, de trois à six ans. Il ne faut pas craindre d'en répéter l'emploi plusieurs jours de. suite, et même plusieurs fo^^fbar jour, comme le conseillent deux médedns habiles, MM. Delarroque et Msr^j^j^oui donnent les vomitifs coup sur coup. Cette pratique est excellente, et cV^jT^^^réiissi. Il résulte, d'im relevé fait par

Yalleix dans son Guide du médecin i:V^P<^<« que, sur trente et un malades chez lesqueb l'émétique et Tipéca furcnygjftdication principale, on a compté quinze guérisons; tandis que, sur vinff^pR^MHUgs chez lesquels donnés qu'avec parcimonienn^ul survéciit^M|jj^^^lj^î^,^flr7)ourtant toujours pareil succès : c'est en vain que dans un tffl^^ai employé les vomitifs avec persévérance ; sur environ quinze à vingt cas de croup traités de la sorte à l'hôpital, pas un n'a eu une heureuse issue ; il est vrai que les enfants étaient tous fo^l^n^: c'étaient, pour la plupart, des enfants à la mamelle, et presque toujours le croiMHkunpliquail de quelque phicgmasie pulmonaire. La méthode vomitive, qui était p^^^Éta|ée en France, compte depuis longtemps de nombreux par- ^^saa^ en p«MHH|ers ; elle a été surtout expérimentée avec succès par les docteurs Albers, ((pffs, Jourdain de Binch, Serlo de Gross, Dur, Frélitz, Schawse, Ces quatre derniers ont fait vomir avec le sulfate de cuivre. Ce médicament, usité chez nous, a été expérimenté dans ces derniers temps par M. le doct( Bcringuier, qui affirme avoir guéri les dix-huit enfants atteints de croup^ez lesquels il a administré le remède. Ce succès si constant dans une mala^Éraussi grave, et dont l'issue est le plus souvent fatale, permet de se demander aira médication a toujours été appliquée à des croups véritables. Quoi qu'il en soil^I. Béringaier veut qu'on débute à la dose de 1 décigramme de sulfate de Siiwe pour 5 ou 6 décigrammes de sucre en poudre. Il recommande expreiément d'en donner une seconde dose, si le vomissement se faisait atteudre^iSlus de cinq minutes. On répète l'administration du vomitif cuivreux autant d ^fois que les accidents se produisent (1). Ce vomitif est-il réellement plus efficaceq Je Témétique? Je ne le crois pas; aussi c'est ce dernier médicament que j'emplqe à peu près eiclnsivement. Le sulfate de cuivre n'agit que comme vomitif; qu& qu'on en ait dit, il n'a aucune propriété altérante, et il agit parfois très vivemeA sur le tube digestit V

En résumé, la médication vomitive est efficace, mais il ne fiiut pal. l'appliquer trop tard, car il arrive un moment où l'dk^anisme affaibli est incapabliide toute réaction ; les médicaments ingérés restent alors sans effets. (]'est ainsi fme plusieurs fois j'ai vainement donné à des enfants à la mamelle atteints de c.pup 10, 15 el jusqu'à 25 centigrammes d'émétique, ou bien 50 centigrammes, ^A;ramme dipéca, et même en y joignant la titillation de la luette, on ne provoq<rtit aucun eiïurt de vomissement.

C'est dans le but aussi de favoriser l'expulsion des fausses memlïanes que quelques auteurs ont vanté les sternutatoires, que d!autres ont conseié le bain froid avec affusion, afin d'exciter une réaction vive; mais ce moyen, jgHt l'efficacité est plus que douteuse, peut en outre être fort dangereux. Les'jEvulsiis cutanés, notamment le vésicatoire sur le larynx, les purgatifs, les sudclyGques et les

(1) Jovnial de médecine //f Toulouse, numéro de mai de Tunnée IB^fS»

r. /. — /♦ ^jfiT.

m l>E5 INFLAMMATIONS.

antispaamodiquet, que quelques personnes ont préconisés, ne sont qiie des nioycDs très accessoires qui pea?ent soulager, mais qui probablement n*ont jamais guéri ; il en est de même du polygala et des carbonates alcalins donnés en vue de théories chimiques. Enfin le sulfure de potasse, qu'on a regardé longtemps comme an spécifique, n*agit guère que par ses propriétés émétiques. Ce remède d'ailleurs est dangereux; aussi ne doit-on le prcscr/ qu'avec une excessive réserve: on Ta donné à la dose de 30 à 90 centigi^tfi^^, dans un looch qu'on prend par cuillerées dans les vingt-quatre heures. ^|^i^ apposé à ce médicament une vertu altérante ou dissolvante; mais rien u'eS^v ns démontré que cet effet Nons croyons donc plus prudent, dans les cas^j^^p, de recourir à une médication

kvec le chlorate de potasse 7 encore, que m. isambert a insérés dans sa semblent déposë^^naveur de l'action favorable de ce médicament On Tadministre aux doses indiquées précédemment p. 229.

Lorsque le croup, résistant aux saignées modérées, aux mercuriaux el aux vomitib, est arrivé k la troisième période, on n'a plus d'autre espoir pour con^plines malades que de pratiquer la trachéotomie. IVIais pour que cette opécafl^ui par elle-même ne présente guère de gravité, offre encore quelque ^j^^vTsalut, on ne doit pas, pour la faire, attendre que l'asphyxie soit très ^^^^"^ou que les ,^^orces soient très prostrées. La trachéenne fois ouverte, I^raWBretonnean et |rousseau conseillèrent jadis de recourir à deux nouvelles opérations, qui étaient ^ouvillonnement et la cautérisation, L*écouviUonnement se pratiquait h Talde 'ux instruments, consistant, l'im en une baleine mince, flexible, terminée par uMè éponge ; l'autre est une tige au bout de laquelle était une petite brosse, celle dont on se sert pour nettoyer les bouteilles. M. Trousseau, après avoir tenvWes lèvres de la plaie béantes à l'aide d'un dilatateur, conseillaît d'injecter une Ibmi- cuillerée d'eau par la canule, puis il enfonçait l'écouvillon k 15 ou 16 centimèohs de profondenr ; il ramonait ainsi la trachée pendant deux ou trois secondes, elfthpétait cette opération dix, vingt et jusqu'à quarante fois. Il espérait

'les fausses membranes, les entraîner au dehors et modifier la sur- U cautérisait ensuite avec une solution de nitrate d'argent qu'on le larynx et la trachée (20 centigrammes pour & grammes d'ean), sur les parties malades à l'aide d'un écouvillon d'épongé qni en gramme de nitrate d'argent par & grammes d'eau). Enfin M. Trousseau terminât ces manomvres en instillant quelques gouttes d'eau afin de dissoudre, de ramolli^e mucus et les fausses membranes. Cependant on lit, dans un récent travail injm dans l'^nton médicale (1851), que ce médecin a renoncé depuis longtemps toutes ces manœuvres, qui, en effet, n'étaient pas sans danger. Au- M.. Trousseau n'emploie après l'opération aucune préparation cathéréest même rare qu'il fasse des injections émpUientes : il met dans la canule double, et comme la canule interne seule s'engoue, les parents l'enlèvent facilement toutes les deux ou trois heures, la nettoient et la ins causer aucune douleur. Pour prévenir le dessèchement du mucus ^ule; M. Trousseau conseille d'envelopper le cou de l'enfant d'une cra- ;e la plaie avec une rondelle de taffetas, et si elle se recouvre de fausses meiSji^anes, il la caut^se largement C'est à ces modifications que M. Trousses^' attribue les succès qu'il a obtenus dans ces derniers temps : il aurait sauvé, en effet, 8 malades sur 18, tandis qu'en 18i!Ui il n'avait guère réussi que dans un cinquième des cas.

par là sépai face exhalante instillait dai ou qu'on pof était imbibé

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1)K L^OKDfeME DE LA GLOTTE. 32S

Naiurr, — D'apns les résultats uécroscopiques, on ne pent douter que dans ]e croup il uViistc iino inflammation ûv la muqueuse laryngo-trachéale ; mais cette phlegmasie se distingue des inOammatious ordinaires ou des inflammations franches par sa marche, et surtout par la nature de ses produits. On doit donc, avec M. firetonneau, la rcp;arder comme étant d'une nature spécifique, ainsi que nous ravons déjà dit ])récédemment |)ou;.3*angine couenneuse, avec laquelle elle est identique. J^

La laryngite est dite sons-muqu^^^^sque l'inflammation, se propageant an tissu cellulaire subjacent, déterinMPliA^ion de celui-ci, ou bien y pn^oit une inflammation séreuse, puruMriln>u des apcBi^^ (^Iruveilhier, fflrf''^^^l!lffWPW^Bf laryngite sous- muqueuse le nomqu*cilc porte, ae^llillBir proposé de la distin-^l'i^ goer en laryngite «us-^/o/^/^tie et en laryngite sous-gloUique. La première consiste dans l'inûltration séreuse ou purulente des replis aryléno-épiglottiques; la seconde» plus rare, est caractérisée par des altérations analogues, situées au-dessous ^l||^(ficules et derrière le cartilage cricoîde.

(çite sus-gloUlque, œdémateuse, ou oedème de la glotte.

La Tariété d;$H laryngite sous-muqueuse qu'on nomme suê^lMique ii*est.| antre que l*aflection connue sous les noms à! œdème de la glotte^ angine lar%fngéf\ œdimateuie.

Historique, — C*est en vain qu'on voudrait faire remonter à Boerbaati premièret notions sur cette maladie ; ses caractères anatomiques, imparfai* indiqués par Morgagni et par Bichat^ n*ont été réellement décrits pour la ^mièrt foisqa'ea 1808 [Uir Bayle, qui, dans les Mémoires de la Faculté de mmecinede Paris^ a tracé un tableau tellement fidèle de la maladie, que depui{\Î4ui on n*a presque rien ajouté à la description quJil en a faite Cependant il est Juste de sh gnaler quelques bons travaux publiés depuis cette époque; ils sont dus^^'iMM. Thoi- Uer (i)» Booillaud (2), Lisfranc (3), Gmveilhier (/»), Miller (5), jiçegroux (6), Delasiauve (7), Valleix (8). Enfin IM. Sestier, réunissant à peu près s^us les faits CQDMis au nombre de Ylk (dont 15 inédits), a composé sur cette redou^tible maladie une bonne monographie, dans laquelle toutes les questions sont dlsc^^j^ées et élu* câdées d'après une analyse rigoureuse. \

Carmièreê anatomiques. — A Tautopsie, on trouve Touverture c.^ la gkiCte presque complètement oblitérée par répaississement et le gonflemeni des replis rauqueux aryténo-épiglottiques, qui sont le siège de prédilection de l#«fnaladie. 2IL Sestier établit, en eff^et, qu'ils étaient infiltrés i05-fois sur 133 cas. '^yle s remarqué qu'ils étaient disposés de telle façon que toute Impulsion, par la 'jolonne d'air qui vient du pharynx, les renverse dans l'ouverture de la glotte, quVis bouchent plus ou moins complètement, tandis que l'impulsion qui s'opèrcf-jen sens inverse du côté de la trachée repousse le bourrelet en dehors de la gltice, dont lorifice devient libre; en un mot, la glotte est bouchée pendant l'inspiratiA et plus ou moins libre à l'expiration. La muqueuse qui tapisse le bourrelet cn^mateux

(1) Thi*«c (le Paris, année A815. — (2) Archive» ginéralet de mMbnne, ajRe iSS.'i. —

3) Journal générai, année i8î5. — (&) Dictionnaire de médecine et de ehirujbie prmtiqueM^

uriicf«> LAitYXGiTi. ~ (5) London médical Gazette^ année 1833. — (6) Journtn deê eonnaiê»

gunee» médicO'Ckirurgicaleê^ année 1885. — (7) Annalei de chirurgie, t. XII et XIT, -«

(S) Mémoiru de VAeadémie de médi$in$f U XI.

32A DBS INFLAMMATIONS.

est tantôt pâle, blanchâtre, ou bien rouge bleuâtre, amincie ou enfin plus ou moins épaissie. Suivant Valleix, elle n'aurait été trouvée intacte au niveau de Tinfiltration que trois fois sur cinquante. Les replis aryténo-épiglottiques infiltrés sont mobiles et tremblotants; ils résistent beaucoup quand on les presse entre les doigts; si on es incise, on trouve que le tissu cellulaire est presque toujours dense et à mailles très serrées ; les aréoles ne semblent pasf >mmuniquer entre elles : c'est ce qui explique pourquoi il est si difficile, mj

d'exprimer la sérosité qui y est infiltré rapide, le liquide contenu dans les mé plastique qu'à de la sérosité ; plus tard, jn foyer. Enfin, des [ëuse; imiimliiimi un iniMUifr^li

j[)les comprimant pendant longtemps,

"^i^^hlegmasie a suivi une marche plus

plis ressemble plutôt à une lymphe

fi pus : on a vu quelquefois celm^

peuvent exister sur la mu-

cane et la^TiT^rose des cartilages thyroïde

et aryténoîdes, et surtSimmIes du cartilage cricoîde; parfois aussi des fusées purulentes se font entre les couches musculaires du larynx. Des altérations à peu près semblables, mais en général moins marquées, se remarquent sur les cordes vocales; l'épiglotte est presque toujours gonflée sur ses bords; ceux-ciso|^ÉSus et arrondis; enfin, dans la moitié des cas, d'après Valleix, on trouve^flPs traces de phlegmasie dans le pharynx et sur les amygdales. ^^K^

Mais un détail imix)rtant à connaître, et sur lequel M. fl^^PHr récemment ippelé l'attention, c'est que l'infiltration séreuse gagne souve^%3 tissu cellulaire [e l'intérieur même du larynx, c'est-à-dire les cordes vocales et le reste du conlit : ceci aurait été constaté dans les deux tiers des cas. Tantôt général, plus soH^t partiel, l'œdème atteint communément les cordes vocales, de là le rétrécissenoS^ et parfois môme l'oblitération de la glotte. Très rarement on l'a vu gagner h tracnie et les bronches. Cette lésion est très importante à noter; elle explique, en eiïet,lkrtaines anomalies dans les symptômes, et peut nécessiter une mancenvre indispensaMe après la trachéotomie. Une infiltration analogue se rencontre aussi fréquemm^ à l'arrière-bouche; la luette, le voile du palais, ses piliers, la base

sont les parties le plus souvent envahies.

f.s, marche. — La laryngite oedémateuse peut débuter brusquement le suffocation : cependant, dans la presque totalité des cas, l'invailadie est lente et obscure. Ce ne sont, en effet, au début, que les laires d'une laryngite bénigne, c'est-à-dire une voix rauque ou ispiration un peu difficile; puis ces symptômes s'aggravent peu à peu, l'enfin un violent accès de suffocation survienne. Dans lesâx sq)tièmes lysés par M. Sestier, l'invasion a eu lieu le soir ou pendant la nuit lie une fois confirmée, les malades accusent presque toujours, ou trentesur quarante, une douleur plus ou moins vive, ou un sentiment de gêne *tie supérieure du lar) nx ; ils ont la sensation d'un corps étranger qui les M ils font incessamment des efforts d'expiration et de toux pour l'expulser, |s portent instinctivement la main à la partie supérieure du cou ; à chaque I, l'air semble franchir un obstacle, et produit souvent un sifflement ou înt qu'on perçoit surtout en auscultant le larynx ; la voix est rauque ou tfinit bientôt par s'éteindre ; il en est de même de la toux, qui est comme respiration est toujours gênée; il existe même de l'orlhopnéo, et il y . a ce caractWe remarquable dans la respiration, que le plus souvent Vimpirntion est très difficil fi' tandis que V expiration est facile : ce qui s'explique par la disposition des replis aryténo-épigloltiques dont nous avons parlé précédemment Quelquefois, cependant, l'expiration est gênée à l'égal de l 'inspiration et elle s'accompagne d'un

de la langu Si/mptôi par un a< non de la symptômes voilée, une jusqu'à ce des cas ai La mi huit à la étouffe ou biei inspirai unfrôl< faible, étoufTéi

Bieatôt, cependant, les symptôni/^^ tû plus pénible, et plus bruyante ;'V^; L'iaBptration, devenant plus sifflann-'^ une anxiété extrême : les malad iDDt cyanosées, une sueur

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