DE LA BRONCHITE
^ sont accél4^é^, surtout clioz les enfants, chez lesquels on a quelquefois compté J^ 'Jusqu'à .quatre- vingts ou cent respirations par minute. La toux est fréquente, ^intense, pénible par les douleurs déchirantes qu'elle excite derrière le sternum. Çbfin, après des secousses nonibreus(>s, les malades rejettent quelques mucosités filantes, mousseuses, et des crachats Uancs, visqueux, aérés ou'|Mrfois striés de sang; ailleurs ce sont des mucosités jafOiaires, non aérées, dont l'expulsion n'amène aacun soulagement : c'est ce qui ('ut^irakins Tépidémie de Nantes. La percussion donQc partout un son clair ; il arrivi jiHnKe quelquefois que la sonorité est exagérée, surtout antérieurement, ce f/i^jVcxpiique par l'emphysème concomitant L'auscultation révèle, comme da^|i|M:onchite ordinaire, l'existence de râles ronflant, sibilant, muquem^j^pnerar^ sibilant est plus tin, plus ténu ; il est , général et mêlé presque paTioâfà du raie sous-crépi^l^^nQu, le murmure véaicnlaire cesse souvent d'être i^ierçu tant l'obstruction u^^tites bronches est corn-* pléte. Avec un trouble si profond dans les fonctions respiratoires, la parole est brève, saccadée; le pouls, toujours accéléré, acquiert parfois une fréquence excès* ave; lvag?*u est chaude, sèche ou couverte de sueur; toute l'iiabitude extérieur^ exprinieiBÉ^y*a'^cc, l'anxiété. Les malades sont constamment assis, leurs bras arc-boutés jfljHtonir un point d'appui à quelques-uns des muscles inspirateurs} .^ la Ggqre est paâ^Mérée. marbrée ; les lèvres et les joues sont violacéea Cependant ,^*\ cette lutte ina^Sante de l'organisme et rhéinatose qui se fait si incomplètement,;. finîsKnt par épuiser les forces. Au bout de quelques jours de réaction, les malades s'aiïaissent, la respiration diminue de fréquence sans devenir plus facile; les râlea persistent au même degré, excepté le râle sous-crépitant, qui ordinairement diminue ou cesse même complètement L'expectoration est en même temps plua pénible ; des mucosités, s'accumulant daas l'arbre aérien, y déterminent par le jtaaage alternatif de l'air un bruit de râlement ou de gargouillement La teinte violacée de la face est plus foncée ; on observe la même coloration aux pieds et aux mains ; quelquefois même des vergetures, des plaques violacées se. \>ssinenl sur toute la surface du corps; le |)ouls perd de sa force, sa fréquence ailfuente, et il <lc\ient irrégulier. Les malades s'alTaissent de plus en plus ; ils tomoenl dans la aunuolence, et succombent lentement en conservant jusqu'au dernier moment l'intégrité des facultés intellectuelles. Si, au c/)ntrairc, la maladie doit avoir une Iieureuse issue, on voit diminuer sinmllanément le nombre des respirations et I anxiété. Les raies sont moins bruyants, moins étendus, moins nombreux, ce ciui indique que le poumon est devenu plus perméable; la peau perd |)eu à peu s<a coloraiion violacée; enlin, la convalescence se déclaix'. Cependant les malades Jprésentent souvent pendant longtemps encore tous les symptômes d'une bronchite ^iiniple.
Les accidents propres à la bronchite capillaire cessent après une durée variable. <^lelle-ci est rarement moindre de cinq jours, et ne dé|)asse guère dix ou quinze, l.ors(|ue la mort survient, elle a communément lieu dans cet intervalle. 1^ convalescence est toujours assez longue. I^ bronchite capillaire est très sujette à »"«''cidive.
î' lironrhife liSfindo-membraneuso, — Ixîs symptômes que je viens d'indiquer ^ont précisément ceux qu'on observe dans la bwnchïle Jjseîido-Memlfraneuse, c'est la même dyspnée, la même anxiété, la même suffocation ; mais le caractère essen- ^i^ide la maladie est fourni par l'expectoration. Dans la broncliite pseudo-membraneuse, les malades, après des quintes de toux plus ou moins réçéV^^ss, ^\. v^i^ ^^<Mr rejeté quelques crachais blancs ou sanguinolents, expulsent de& teo8«R&tci«m^
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brancs, les dqcs aplaties, nibanées; les autres tubulées, canalicuiées, pittoo moins ramifiées, donnant quelquefois l'image d^une racine a\ec son cheTelu. Gei fausses membranes n'ont parfois que quelques millimètres de long; mais il en est qui ont jusqu'à 10 ou 45 centimètres ; elles peuvent égaler le volume d'on^ grosse plume d'oie et avoir des parois épai^es de 1 à 6 lignes. Les maladeB wP^ soulage après cette expulsion ; mais les si|EF^ de suffocation et d'asphyxie raiasent aussitôt que la fausse membran^^P" reproduite. Dans l'espèce de chitedontil s'agit ici, on observe les râlSr^ants et ronflants qu'on trouve les bronchites ordinaires; quelques |x>rs(«t()nt dit qu'on percevait, en ontre^ '^ un bruit particulier, une es|H*ce de bj^ff^j^pape^ qui se produirait kn--^ que les fausses membranes, détachées en part^Wj^ent dans l'arbre aérien. ^ Mais te bruit n'a rien de^^flhauché, et ion comprend qu'im mucns un peo con- " sistant puisse donner à Torcdle la même sensation.
Il est inutile de dire que dans cette aiïectiou on n'observe aucun trouble du côté du larynx ; point de fausses membranes dans le pharynx, c'est-à-dire rien qni puisse faire croire à l'existence d'un croup. ^^v
La bronchite pseudo- membraneuse a la même marche que l^^HJHle capillaire. Elle tue de la même manière, c'est-à-dire par asphyxie ^^^ppoplication de pneumonie ; mais elle peut exister à i*élat chronique. (Voir j^HSas Bronchite hronique, )
Diagnostic, — Le diagnostic de la bronchite est presque toujours facile; en effet, le caractère de la toux et de l'expectoration, la sonorité conservée delà poitrine et la nature des râles secs et humides, ne pennettront de la confondre avec aucune antre maladie aiguë de poitrine. La bronchite capillaire offre des caractères non moins tranchés, et Ton verra plus tard qu'il n'est pas possible de la confondre avec la coqueluche ni avec la pneumonie. On la distinguera aisément de la laryngite striduleuse, maladie presque apyrétique, qui détermine une suffocation arrivant par accès; e^utre, dans celle-ci on ne trouve pas à l'auscultation les râles bruyants, , ni à laperci^ion la sonorité d'emphysème qu'on observe dans la bronchite capillaire. I^ bronchite pseudo-membraneuse, malgré l'oppression qui l'accompagne et le rejet des fausses membranes, ne pourra non plus être confondue avec k croup, en raison de l'absence de la respiration sifflante, de l'enrouement, de l'aphonie, de la toux et de la voix croui)ales.
Pronostic. — Le pronostic de la bronchite capillaire est très grave, puisque cette maladie emporte à peu près le sixième des adultes et les sept huitièmes des enfants qui en sont atteints. Chez ces derniers, pourtant, il ne faut pas oublier que la bronchite capillaire se complique fréquemment de pneumonie lobulaire, qui est une cause de nouveaux dangers. La bronchite pseudo-membraneuse est au moins aussi grave que la précédente. L'inflammation simple des grosses bronches est, au contraire, une affection bénigne dont l'issue est constamment heureuse, excepté chez quelques vieillards, chez les très petits enfants, et généralement chez tous les sujets débilités. Souvent alors la mort arrive par asphyxie lorsque les mucosités sécrétées en grande abondance ne peuvent plus être expulsées.
Étiologie. — La bronchite est une maladie très commune ; il est rare qu'uu même individu n'en soit pas atteint plusieurs fois dans le cours de son existence. Plus fréquenèe pourtant aux deux extrêmes de la vie, elle paraît être aussi plus commune chez l'homme que chez la femme (Louis et Rufz), ce qui dépend probablement des conditions hygiéniques différentes auxquelles les deux sexes sont inégalement exposés. 1^ prédisposition à la bronchite est d'autant plus grande
DE LA BRONCHITE. 9 3!ii
qa'oD en a déjà élé atleiiii uu plus ^raud nombre do fois. C^tte niahdie survient» dans la grande majorité des cas, d'une manière spontanée en apparence, et sans -'qa*on puisse saisir i'actiou d'aucune cause déterminante ; nia^asscz souvent, néanmoins, elle est consécutive à Faction du froid, soit à un reffl^sement partiel de la tête ou des pieds, ou bien à demariations brusques de température; aussi la maladie est-elle plus fréquente dauj^«|^er, au printemps et en automne. C'est dans ces saisons qu'on la voit quelqi^ '^Wégncr épidémiquement. H est des bronchites qui sont symptomatiques; nç''^Sivons pas à nous en occuper ici : ce sont œliesqa'on observe dans la rougeoj^^^aus la fièvre typhoïde. On les voit sou* ^ventderenir capillaires.
Nous ne savons rien sui^M^BIbgie de la bronchitQ jjseudo-membraneuse, si ce ji'est qu'elle semble se montrer préférablement clMIfts individus affaiblis et souffrant depuis longtemps de quehiue affection des voies respiratoires.
Traitement. — Le traitement doit varier suivant l'intensité de la maladie. Si la bronchite est bénigne et tout à fait apyrétique, il suffira que les malades observent aftHUine hygiène ; ils useront avec avantage des boissons et des pâtes pectonks. G*el^^^^te forme de la maladie que quelques personnes ont préconisé divers moyfl^Mvfaire avorter l'inflammation. Ainsi Laënnec, d'accord en cela J% avec le vulgai^^onseillait l'usage des spiritueux (vin, punch, eau-de-vie) pris^ : chauds, de manière à exciter une forte diaphorèse ; d'autres ont employé les pur-' gàûfà doQX et les révulsifs cutanés; ces derniers moyens sont toujours utiles. H}uant anx excitants diffusibles, il faut en restreindre l'emploi aux malades qui ne sont point pléthoriques, qui n'ont aucune phlegmasic gastro-intestinale, ni-aucune tendance à contracter une pneumonie. Il est d'ailleurs généralement prudent de s'ahstenir de ces moyens. M. Forget use en pareil cas d'une méthode plus sage ; :m1 donne l'opium à dose modérée, et enlève ainsi souvent la maladie en |)eu de jours.
Si la bronchite est plus intense, si elle s'accompagne de fièvre, il .mit prescrire repos absolu, la diète, les mêmes boissons douces que précédemmJnl ; et si le est large, la chaleur élevée, l'oppression forte, on devra pratiquer une et même K=3lu8Îenrs émissions sanguines. Il faut ordinairement préférer l'ouverture de la veine •^^ux sangsues; on y joindra l'emploi de pédiluves irritants et de purgatifs doux. Si la S»itrine est douloureuse, on pourra appliquer avec avantage, au devant du ster- ^^um, un cataplasme éinollient, qu'on recouvrira d'un taffetas ou d'une flanelle, ^fio de prévenir son refroidissement. Les vomitifs sont d'un usage fréquent dans ^a bronchite ; on les emploie dans deux cas : ou bien pour combattre des symptômes Milieux, ou pour favoriser l'expectoration. Lors<|u'en effet, par une cause quelc:onque, les mucosités sont incomplètement expulsées et s'accumulent dans les krouches, l'émétique et l'ipécacuanha en provoqueut l'expulsion pendant les sec^oussesdn vomissement. Ces substances ont en outre l'avantage d'exciter ladiaplwrèse. Les vomitifs peuvent et doivent même être administrés dans la plupart des cas, bien qu'aucun accident gastrique ne semble en réclamer l'emploi. C'est un nK))en que M. Girard, de Marseille, a beaucoup préconisé dans les broncliites aigui^s a>PC fièvre {Archives de 18/i3). La toux est un symptôme bien incommode, et qui ^^ige des moyens spéciaux. On emploiera contre elle l(;s |)édiluves irritants, et surtout les préparations d'opium en pilules ou en i)otion; enfin, dans les cas les plus rebelles, on essayera l'emploi d'un bain tiède un peu prolongé. Ce moyen réassit surtout chez les enfants.
U)r89ue tous les accidents aigus sont calmés ; lorsque, les siftaea àc c^ii%«i9ùff»EL
342 • DES INrLA3DIAriO>S.
ayant cessé, la toux il i'expoctoration persi>ient. on devra insister sur la mé^wttion ré\ulsive, c*est-à-dire sur les purgatifs, sur les >udoririques en boissons,ap{)li{|ués à rejgineur, tels que les bains ilo \ jptur. I"s frictions s(*ches, tiques sur la pf/S 1^ emplâtres excitants. rnU/liaiits. vôsicants, sur la poitrin (sparadrap, poix de Bourgogne. \ésicatoirt'i b's onctions avec Tliuile de crotoi ou la pommade dWutenrieth agin>nt d«;^H '. On a>sociera h ces moyens 1*
de quelques l)oissons lé^èremnii i-vcitan^HT \\o> que le lichen, le lierre terrestre^ '^ rhvsope, le |)olygala. etc. Kntin. si la ma^K t passé tout à fait à lëtat chroniqneK. on prescrira la série denicneiis dont noi^^^rrons plus bas.
Dans la bronchite capillain-. ou in>i:^2^M^^né(iication antiphlogistiquc e9 révulsive : cependant il ^^J^'u é\ iter di* trop prnl^^rla saignée, dans la craintef^ d'épuiser les forces. D'ai^Ws, >i nous rojisniions notre propre obsenation, nous^ dirons que la saignée produit généralement un soulagement b(*aucoup uioins-SiS prompt et moins marqué (pie ne h» font !r> \«»!îiiiifs. après Temploi desquels les a?* malades respirent presque Ifmjoui's mirux. Oïi dc\ra donc les réi>éler plusieurs ^ fois à quelqur's jours <U^ distance : c*t'st une inéilnxlc dont M. ^liclu^H^ a cou- ' staté les b<ms ciïets kriiôpital du Va!-de-(îrrRe. ainsi (|U(' cek^^^^^'un travail ^ publié en 18(i5 dans la (inzott** mrdirnh\ par >!. Chambert. ^H^ffiation vomiti\e est aussi si)écia1emenl applicable aux cas de bronchite psNK-mçmbraneuse. Les purgatifs sont beaucoup moins avantageux. ëdIuk lorsque, nonobstant les moyens qui pn'cèdenl, l'oppression continue à faire- des progrès, on pourra quelquefois conjurer le danger en appliquant un large vésicatoire sur la |>artie antérieure du thorax. Dans la seconde périi;de, loi*squ*h la réaction s*unit de Taccablcment, il confient de soutenir les force> par (pielijues toniques, ferles macérations de quinquina et parles boissons \ineuses: en même temps on donnera les substances dont Fusage est consacré parJ'expérience connue fa\orisantrex|)ectoration : tels sont, ('I particulier, le po]\gaIa, roxymei scilliticpn* et le kermès. Dans tous les cas, il Kit, suHout chez les \ieillards et les enfants, surveiller le décubitus, et donner à c^ malades, dans leur lit , la i)osition la plus convenable pour favoriser Texpectoration; on les changera en outre souvent de place, afm de préveuir les congestions passives.
l>e la bronchite chronique.
La bronchite est souvent chronique ; cette forme de -la maladie est tantôt primitive et tantôt elle est consécutive à I état aigu.
Cfirnrtères nnatomiqna^. — Les lésions, souvent, diffèrent peu de celles qu'on rencontre dans la forme aiguè. Dans la bronchite chronique, pourtant, la tnuqueuse est communément \iolacée, ardoisée : celle couleur est généralement partielle; elle existe uniforméiaent sur une certaine surface, ou bien elle est irrégulièrement disséminée. Il est rare que la membrane soit ramollie, et elle ne Test jamais au point de se réduire en pulpe |)ar la pression du doigt, comme on le voit si fréquemment pour la nmquouse gastro-intestinale. C'est à tort que quelques auteurs ont signalé les ulcérations connue étant un caractère anatomique assez, fréquent de la bronchite chn)ni(|ue. Les recherches des médecins français, celles de MM. Lopis et Andral surtout, ont, en effet, démontré que les ulcérations des bronches étaient e\cessi>ement rares en dehcn-s de l'affection tuberculeuse. On voit, au contraire, ({uekpiefois la nmqneuse chroniquemenl enflammée subir un éjwississemenl assez considérable |)Our rétrécir ou même oblitércT tout à fait le calibre des /lefites ramifications; pu ^ a u\^\\\q n\i dsA c^i\CiT^v.vqi\s \^udo-mem-
btaneuses s'y former coiniiic à l'état aigu. Enfin, il est une antre dtération qui coTnddc fréquemment avec la bronchite chronique : je veux parler de h dilatation des |Mt>achcs et de l'emphysème pulmonaire. Nous en parle]\)ns dans le second volume. Symptômes, — Dans la bronchite chronique, il n*existe cdHhinément aucune douleur de (loitrine; quelquefois |i%irtant les malades éproù^t à Tépigastrc et derrilTe le sternum un sentiment (-'âsi^ne, de chaleur ou de pression qui est permancnt, ou qui ne se réveille pafijlbement qu'après les quintes de toux. La respiration n'est pas ordinairemen \]^k\MQ, du moins lorsque les malades sont au repos; cependant quelques-un^j^Vune dyspnée habituelle, qui augmente par l*exercice, et qui peut quelq^||ÉPHi^ontrer sous forme d'accès. La bronchite chronique peut produir<^iÉÏHct, la série d'accidents qui caractérisent les accès cL*astbnie : c'est ce qu'on observe spécialement da*r!lj||^cas où la membrane mu- Cfueuse des bronches est épaissie dans ime grande étendue. On a encore supposé que ces mêmes accidents pouvaient résulter d'une congestion subite de la muqileuse ou de l'obstruction des rameaux bronchiques par des mucosités. Quoi qu'il en soit, dians Htttes, la dyspnée, survenant presque subitement, arrive rapidement à son plus ha^^É|^intensité; elle disparaît ordinairement après une expulsion abondante de^MpV^t ne laisse après elle d'autres troubles dans les fonctions respi- i ratoires que r^#qui résultent de la bronchite elle-même. ..'
La toux et l'expectoration sont les deux symptômes dominants de la bronchi! j chronique. La toux est rare ou fréquente; dans ce dernier cas, elle a lieu par ciuîntes. L'expectoration est facile ou difficile, rare ou abondante ; les matières rejetées sont très variables : elles peuvent être grisâtres, jaunâtres, verdâtres, opaques, ou d'un blanc mat, ou tout à fait purulentes; elles adhèrent au fond du vase {catarrhe muqueux); ailleurs c'est un liquide incolore, transparent, fdant, spumeux à la surface, et qui, lorsqu'on a enlevé cette écume, ressemble à du blanc d'œuf délayé dans de l'eau [cntarrhe pituiteux). Mais cette espèce d'expectoration caractérise bien moins la bronchite chronique qu'un flux particulic 'Mes bronches, dont nous parlerons plus tard en détail (voir Bronchorrhéé), La ({%ntité des crachats varie beaucoup; le plus souvent elle est de Ix^ à 60 grammes; mais elle s*èlè>'e quelquefois à plus de 1 kilogramme, et, dans ce cas, il est fréquent de voir Vs malades rejeter les crachats en grande quantité à la fois, comme si une vomique s'était ouverte dans les bronches ; enfin, d'autres fois, au contraire, il n'y a point d'expectoration, ou du moins les malades ne rejettent, dans les vingt-quatre heures, que quelques crachats globuleux, nacrés, d'un gris de perle et de consistance d'empois (c'est le catarrhe sec de Laênnec),
J'ai dit précédemment que la bronchite pseudo-membraneuse pouvait exister à l'état chronique. (Ihez les individus atteints de cette forme de bronchite, on voit les malades habituellement toussant devenir de temps en temps plus souffrants, et rejeter au milieu d'une anxiété plus ou moins v\\9 et aprè^ des quintes répétées, et parfois aussi sans beaucoup de diflicnlté, des fausses membranes tubulées mêlées ï une pins ou moins grande quantité de crachats ordinaires. Ces crises se renouvellent à des intenalles plus ou moins rapprochés, et pendant 2, &, 6 et 7 années de suite.
f)uelle que soit d'ailleurs l'espèce de bronchite, l'expectoration offre de nombreuses différences chez le même individu : c'est ainsi qu'elle devient plus abondante dans les temps humides ou après un refroidissement, après l'usage de certains aliments, et généralement après toutes les causes capaî)les d'v\%t(v«D\ftxV^ congestion àe h nwmbraae muqueuse des bronches.
."iU^l DES INFLAMMATIONS. ' ' .
Dans la bn>Dchho du unique, la sonorité du timrax est normale, el à rauscdltatiou on constate inexistence des râles ronflant, sibilant, niuqueu.v et sous-cr^bpt de i*élat aigu. Les deux premiers exisîent sou\ent dans toute l'étendue des donnions, tandis quêtes deux autres, le dernier surtout, ne se retrouvent guère qu'en arrière 5 la I)a9e de ces organes. Kn général^ la bronchite chronique simple ne sVxoinpagne pas de fièvre ni d*aucun troun* grave du côté des fonctions digestives et assimilatrices. dépendant, si la ^H^ion bronchique est considérable, et si la muqueuse est engorgée dans une J^Ht étendue, il peut y avoir ud peu d*amaigrissenient : celui-ci dé|H'nd sout^^^iussi du trouble cx)ncomitant des fonctions digestives.
MarcliCy durée, terminaisons. — La ITroncnïïiB||^ique persiste, en général, d*une manière continue (^^m^ des exacerbations pndant plusieurs mois. Si die naît au commencement dc^^ver, ii est rare qu'elle cesse complètement avant ies chaleurs de IVté ; elle reparaît souvent après les premiers froids; sa durée, par conséquent, n a rien de fixe. Cette maladie peut se terminer par résolution; celle-ci est quelquefois hâtée par le passage de la phlegniasie à Tétat aigu : cep^||Ml,chez les vieillards, cette recrudescence annonce sou\ent le début (TmgApiumouie. i Enfm, ii paraît que quelquefois la mort a été produite par répu^^^HC^ul qu*en-
\ traîne toute sécrétion exagérée. Toutefois, lorsque la bronchit^^Ruique tue, ii |st très rare qu'il n*y ait pas qtielcpic grave altération, qui à elle seule peut expliquer la mort, ou qui du moins a dû en rapprocher le terme : tels sont surtout les tubercules pulmonaires et les maladies du cœur. Enfin, il arrive fréquemment que tous les signes anatomiqiies de l'inflammation cessant, la muqueuse reprend alors sa couleur, sa consistance et son épaisseur ; mais, iKuiobstant cela, Tcxpectoration continue à être tout aui^si abondante que par le passé; la maladie a alors évidemment changé de nature. On ne doit plus voir ici qu'une simple modific-ation, qu'unie perversion.de la sécrétion, qui a eu pour point de départ l'inflammation, mais qui co|tinue ensuite quoique celle-ci ait dispartL II est à supposer que ia inetnbranA subi alors une modification toute vitale, et par conséquent insaisissable.
Diagnostic, — Le diagnostic difl'érentiel de la bronchite chronique sera étudié avec soin aux articles ^ronchorrhée et Phthisie pulmonaire, qui sont les seules afTections avec lesquelles on pourrait la confondre. Nous déterminerons aussi aux articles consacrés à ia dilatation des bronckes et à V emphysème pulmonaire, maladies qui se compliquent le plus souvent de bronchite, quels sont les symptômes propres à ces afl^ections et ceux qui dépendent de ia phlegmasie bronchique.
Pronostic, — Le pronostic n'est grave que chez les vieillards et chez les sujets affaiblis. Dans tous les cas, la broncliite chronique constitue une affection incommode, souvent dégoûtante, très rebelle à la thérapeutique, sujette aux récidives, et pouvant produire, ou tout au moins favoriser le développement de diverses lésions organiques, comme ies anévrysmc*s du cœur et la dilatation des bronches, ainsi que cx'lie des vésicules pulmonaires. L'accumulation des mucosités dans les bronches et les efforts répétés de toux expliquent pourquoi les tuyaux aériens se dilatent L'aggravation ou le dé^elopi>ement des anévrysmcs cardiaques trouve sa raison pmbable dans les troubles circulatoires du poumon, par suite de l'engouement des bnmches, et |)ar suite aussi des quintes de toux pendant lesquelles quelcpies malades sont pres(pie cyanoses. Quant aux tubercules (|U on a regardés comme une miile fréquente de ia broncliite, nous prouvcnms plus tard qu'ils en sont compléinmn\ indéf)endants.
L^l)ronchitc |)seudo-moiiibraneiise est assez sérieuse, mais moins pourtant dans sa j^oll^ clironiquc (|iie dans sa forme aiguë.
. * Êàologie. — La ])ronchite chronique se montre à tous les âges, mais elle aiïecte
ânirtoiit les vieillar<ls; elle est rare dans l'enfance. Les sujets d'une constitution
ntolle, lympliatique, ceux qui habiteiil|les lieux humides ou qui sont exposés aux
variations atmospliériques, y. sont davf^Uage prédisposés. Chez les enfants, la ma-
Xadie est souvent consécutive à la coc^^/^he.
Traitement. — Comme dans touliâjBs autres afîections, le traitement de la ■MTonchite chronique doit varier suiv;^Rtat général et fétat local. Il est fort rare ^(06 la médication antiphiogLstiqu^jÉj^yq'uée ; il serait utile pourtant d'y recourir ^31 le sujet était fort et silacU|jjgpKtaitpormanente. Les révulsifs sont, au coumjraire, toujours avantageuxTOd^rescrira d*abord rt>^|^e la flanelle sur la jmi- ^rioe et môme sur tout le corps; on fera des frictions^Kes, aromatiques, sur le lUiorax ; on y appliquera des emplâtrt^s rubéfiants et même vésicants (poix de Bourgogne, vésicatoires), ou des pommades irrilanlcs avec Témétique, etc.; on exci- Vjen un£^ge diaphorèse à Taide des bains de sapeur; enfm, si Tétat des organes g^igwrifs ra|jb|^t, on administrera quelques laxatifs, et si le sujet est faible on ^'^''^^'**' '^ '^HUIB^ ^^^ préparations qui, comme la rhubarbe, jouissent en même temps de pro1[)rTO^oni(Tues. I^ënnec a également préconisé les vomitifs, répétés autant que le permettent les forces des sujets et la manière dont on les supporte. La Anglais préfèrent le colchique, qui agit à la fois comme drastique et comme diurétique.
Les praticiens sont d'accord pour recommander, dans la bronchite chronique,
l'emploi des substances amères et aromatiques en tisanes, potions, tablettes, etc. :
tels sont le lichen, le lierre terrestre, Thysope, le polygala, le quinquina, l'eau de
goudron, la térébenthine, le copahu, les baumes du Pérou, de la Mecque, de Tolu;
ajoutons-y les eaux sulfureuses naturelles d'Enghien, d'Aix, Bonnes, do Cau-
ferets, deBaréges, de Ludion, prises en boissons et en bains; il en >|t de même
des eaux du Mont-Dor, dont l'utilité est aussi reconnue; un séjouiijpe quelques
"Hiis aux établissements du Vernet ou d'Amélie-les-Bains pourra également être
conseillé. Pour les individus qui ne peuvent se déplacer, on conseillera les eaux ar-
tilîciellcs, et mieux encore les bains sulfureux composés avec 100 à 150 grammes
de sulfure de potasse, et qui agissent non-seulement par une sorte de révulsion sur
l<^ peau, mais aussi par les vapeurs soufrées que l'inspiration met en contact avec
l^ voies aériennes.
On a essayé, en eiïet, de modifier Tétat de la muqueuse bronchique avec des tnédicaments plus ou moins volatils, et capables d'agir localement sur les parties «lalades: telles sont les fumigations de goudron, de créosote, d*iode, de chlore, ûûtes à l'aide de certains appareils, ou en dégageant les vapeurs dans de petites pièces où les malades séjournoni pendant plus ou moins longtemps. Il y a quelques aimées on a préconisé également les aspirations ammoniacales, tantôt en faisant passer rapidement sous le nez et devant la bouche un flacon débouché contenant de l'ammoniaque liquide, tantôt en mettant, chose préférable , deux cuillerées à café de cette substance dans un verre d'eau chaude dont on respire les vapeurs. Mais, quoi qu'on fasse, ces moyens restent souvent sans utilité réelle, parce qu'il ^i difficile, en efTet, de modifier l'état de la muqueuse bronchique. Les moyens '^yi^iéniqiies ont une bien autre puissance. Combien de bronchites chroniques qui ^ modifient .heureusement et de la manière la plus prompte par le passais^ dasfi^ 'Jn climat pluscbux ! Quelquefois même il suffit, sous la mt^me VaVvUxàfi, àfe faàst^
M6 DES INFLAMMATIONS. •., -v
émigrer ie malade d'un liea dans un autre, de Tenvoyerà la campagne, par exemple, ou de lui faire quitter la plaine pour les montagnes, ])our voir cesser promptemçnl les accidents de la bronchite.
Il est des symptômes qui réclament certains moyens spéciaux. Ainsi, quand les quintes de toux sont trop fréquentes, on lÊ: calmera souvent par IVmploi des narcotiques, et surtout de l'opium en pilule^ 'i les crachats sont diflîcilcmentexpeo tores, et si, s'accumulanldans les broncflLjr^ menacent de produire des accidents, on conseillera les vomitifs, et surtout l'iB^ ^uanlia, qu'on pourra donner de manière à provoquer des vomissements, ou^U^ à doses fractionnées, pour entretenir des nausées continuelles. Dans les c§^^|kâ^parle, on emploie encore avec avantage le kermès et l'oxymcl scillitique. Loi^Hpri^difKculté de l'expectoration tient à la viscosité exc^iff/^as crachats, qui som en mCme temps en petite quantité {crachats perlés), tels enfin qu'on les observe dans la variété de bronchite que Laënncc a désignée sous le nom de catarrhe sec, on pourra, à l'exemple de cet illustre médecin, essayer l'usage des alcalins, tels que le savon amygdalin en pilules, les bains au carbonate de potasse, l'eau do Vichy, etc. Les;gg|^^gn^ emment
indiqués, en modifiant l'état de la muqueuse, pourront diiui^H^^r^bondance ' de la sécrétion catarrhale. Si néanmoins celle-ci persistait to 'Mf^J^r ^P'^^^* si elle résistait aux divers modificateurs précédemment en ^i^||^*"^ë^ ^^ astringents, comme le ratanhia,le tannin, restait sans effet, on pourrait essayer un moyen qui pourtant ne m'inspire aucune confiance, mais qui aurait plusieurs fois réussi à M. Piorry : il consiste dans la privation des boissons la plus complète possible.
Dans les cas où des fausses membranes sont sécrétées par les bronches, il faut employer les vomitifs pour en provoquer l'expulsion ; mais on n'a encore aucun moyen capable d'en empêcher la fonnation. On a employé tour à tour dans ce but les fumigations aromatiques, balsamiques, irritantes ; on a donné Tiodure de potassium, l^mercuriaux, sans résultat bien manifeste.
9e la grippe.
Syhohtmie. — Caibirrhe ëptdémiqae, cocote, influenaa , etc. Grippe vient, dit-on, du polonau ekrjrpkm, qui tignille enrouement.
La grippe est une maladie caractérisée par le cofyza et les symptômes ordinaires d'une bronchite peu intense, avec fièvre, céphalalgie, brisement, courbature, et un affaissement remarquable qui n'est en rapport ni avec les souflirances ni avec les lésions locales qu'on observe.
Historique. — Un médecin aussi distingué par le talent que parle caractère, M. Raige-Delorme, a, dans le tome X du Dictionnaire de médecine, inséré un article extrêmement remarquable sur la grippe, et il a démontré qu'il n'y avait aucun document prouvant l'existence de la maladie avant le xv* siècle ; les premières descriptions ne datent même guère que de 15H0. Depuis cette époque, la grippe s'est montrée de temps en temps sur diverses parties du globe. Toutes les épidémies qu'on a décrites ont été remarquables par le grand nombre d'individus qu'elles ont frappés et par l'étendue de pays qu'elles ont parcourue. La grippe ne B*étaitpas montrée en France depuis 1803, lorsqu'elle apparut en 1830, re>int en 1833, sévit de nouveau en 1837, et plusieurs fois encore depuis cette époque.
Anatomie pathologique. — La grippe ne tuant les malades que par ses complications, on n'a presque aucune notion sur les lésioos propres à la maladie ; on sait