V DE LA GRIPPE
seulement qu*à Tautopsio on trouve communément les muqueuses des fosses nasdes, du pharynx et du larynx, rouges, injectées, boursouflées; que la même altération se prolonge souvent bien avant dans les bronches, où M. Nonat et d'autres ont trouvé plusieurs fois de^ pseudo-membranes ; mais presque toujours alors il existait une pneumonie siinplAu double, qui est la lésion concomitante de b grippe la plus fré(|uente, et celle (['yjait périr le plus grand nombre de malades.
Symptômes, — Dès le début, les l -JW^s se plaignent de malaise; ils sont accablés, courbaturés ; ils éprouvent de'^Wileurs coiitusivos dans les membres, dans k poitrine et à Tépigastre; ils ont^l céphalalgie violente, quelquefois atroce, tantôt générale, le plus souvenLJj^P^^Ri^ front, avec vertiges et bourdonnements d'oreilles; ils ont fréquemilinRes épis! axis. Leur figure exprime la souffrance; ieurs forces, toujours prastrées, le sont quelquefois"^^!^ degré extrême, de sorte qu'on croirait les malades atteints de quelque aiïection grave commençante; beaucoup ont même des liix)thytnies. La fièvre, variable, tantôt violente, tantôt légère, pouvant même manquer, a géuéi^lenuMit une intensité médiocre ; elle offre souvent de!l|^[oublements le soir ; aussi les nuits sont agitées et pénibles. I^ sang tiré des v^H^j^as toujours le même as[)ect. Ainsi le caillot est parfois assez dense et cou^Jm; d'autres fois il <;st mou et presque difRuent. C'est ce qu'on a noté surtout *£î!dNf la grippe de 1837. Vin même temps il existe constamment des signes de phlegmasies du côté de quelques membranes nmqueuses : ainsi il y a de Tenchifrènement; l'odorat est i>erdu ; un fluide séreux s'écoule en abondance des narines (coryza); les yeux sont rouges, larmoyants, un peu tuméfiés et supportent difficilement rim|)ression de la lumière. Beaucoup de malades accusent un léger mat de gorge; ])res(iue tous ont la voix rau(iue, éprouvent un chatouillement à la partie supérieure du larynx, et un sentiment d'ardeur et de chaleur derrière le sternum ; la toux est plus ou moins fréquente, quinteuse, toujours très pénible, très douloureuse, d'abord sèche, mais provoquant plus tard l'expulsion de crachats muqueux plus ou moins abondants. I^ poitrine est sonore à la perCj',jJsion ; le plus ordinairement on constate la présence de quelques râles sibilants, TjiTillants, souscrépitants ou muqueux. Il existe aussi de la dyspnée et un sentiment d'oppression, symptômes qui ne sont mdiement en rapport avec les résultats fournis par l'exploration physique. Les troubles du côté des organes digestifs sont très variables ; il n'y a souvent d'autre phénomène qu'un peu d'inap|)étence. Dans beaucoup d'épidémies, il existait presque toujours des nausées, des vomis.sem(*nts ou de la diarrhée.
La plupart des symptômes précédents peuvent exister ensemble à un degré médiocre ; ailleurs, au contraire, quelques-uns d'entre eux manquent ou sont à peine marqués, tandis que plusieurs prédominent et donnent à la maladie une physionomie si)éciale. C'est ainsi que, suivant le caractère de l'épidémie ou les prédispositions individuelles, on voit prédominer dans un cas les symptômes nerveux, dans d'autres ce sont les troubles abdominaux, ailleurs ce sont les accidents thoraciques; delà la division de la grippe en encf'phniiqw*, abdominale, pectorale, qui a été pro[)osée j)ar quelques médecins modernes.
Marclte, dune, terminaisons. — Le [)lus souvent la grippe suit une marche continue et rapide. Dans son état de simplicité, elle dure de quatre h dix jours, et se Ju^(; souvent par des phénomènes critiques, surtout |>ar des sueurs abondantes, quelquefois par de la diarrhée, par des urines sédimenteus(*s, par une épistaxis ou un her|)ès aux lèvres. La plilpart des malades restent |)endant quelque temps encore faibles et toussant, car la longueur de la convalescence n'est |^ e». tv;i(Kff\
3ii8 DES INFLAMMATIONS. . . . -
avec celle de la maladie. Il n'est pas rare, eu eiïet, de vuir des individus se rétablir lentement, quoique la grippe ait été des plus simples. Les forces surtout revienneiU avec peine; la toux persiste longtemps, et les orgaues digestifs reprennent lentement leurs fonctions.
Lorsque la grippe est exempte de toute cAiplication, il est presque sans exemple qu'elle fasse périr les malades ; elle n'estjJft e que chez les phthisiques, dont elle accélère le terme fatal, ou lorsqu'une ^H|ie intercurrente survient Lespneamonies sont la complication la plus fréqu^Hiqu'on observe dans ces cas. Ainsi que je l'ai démontré le premier dans Tépidé^^^c 1837 (voir la Presse médicah)^ ces phlegmasies ont souvent une physloq^^^Mciale. Ainsi la douleur de côté est généralement peu intense ; rarement on coustat^^Év^ble crépitation fine, sèche, nombreuse de la pneun^i^É^anche ; mais c'est plutôt du râle sous-crépitant qu'on perçoit. Les crachats, à peme aérés et viscjueux, ne diiïèrent guère de ceux qae produit la bronchite simple. En général, la dyspnée est intense, sans rapport avec l'étendue de la phlegmasic ; il n'est même pas rare de voir de véritables accidents d'asphyxie. Au milieu de ces troubles, le ))ouls a une fréquence m^^Bè; il est mou, sans résistance. Quelques malades ont du délire, des souhm^^Mœ tendons; tous sont prostrés comme dans les fièvres graves. D'après cet^^HM symptomttique, il n'y a rien de surprenant que la maladie ait plus souv^lBne issue funeste que lorsqu'elle est tout à fait primitive.
Diagnostic. — La grippe, par l'accablement, par la prostration et les douleurs qui l'accompagnent, sera aisément distinguée d'un coryza, d'une bronchite ordinaire ou d'un acci's de migraine. Les symptômes nerveux si prononcés dès le début, joints souvent à des épistaxis et à de la diarrhée, à de l'insomnie, aux râles sibilants dans la poitrine, faisaient que parfois, dans l'épidémie de 18)7, on ne savait trop si les malades avaient une grippe ou bien une fièvre typhoïde connnençante. Ce{x;ndant l'invasion brusque du mal, qui en quelques heures ou en un ou deux jours était ay-ivé au plus haut degré d'intensité ( chose insolite dans l'affection typhoïde), [%tait plutôt à penser que les malades étaient sous l'influence de l'épidémie régnante. Il est souvent bien plus difficile de distinguer la grippe d'avec le deuxième stade de la rougeole, en raison des symptômes de catarrhe qui leur sont communs, et de l'état général, qui est souvent le même dans les deux maladies; mais la marche de l'affection ne tarde pas à fixer le médecin sur sa nature.
Pronostic, — D'après ce que nous avons dit précédemment, la grippe n*e8t grave que chez les sujets affaiblis, atteints déjà de quelque maladie sérieuse, ou bien lorsqu'elle se complique d'une phlegmasie pulmonaire : c'est par conséquent chez les vieillards qu'elle est le plus à craindre. Un mois de grippe, dit M. Marc d'Ëspine, fait mourir les vieillards de soixante-cinq à quatre-vingts ans dans la proportion de 32 sur 1000, tandis qu'un mois ordinaire n'en voit disparaître que 11 sur le môme nombre (1).
Étioiogie. — La grippe est une maladie essentiellement épidémique, dont l'apparition dans un pays ne peut être expliquée par aucune condition spéciale, attendu qu'on la voit sévir dans tous les climats et sous toutes les températures. On ne sait rien non plus de précis sur les conditions qui, pour chaque individu, |)euvent constituer une prédisposition à contracter la maladie : rien ne prouve que la grippe soit contagieuse.
(i) Gatette médicale de Paris, avril 1868, p. 883, relation de répidémie de Genève de 1847 à 1848.
\f DE LA PNEUMONIE. 369
Traitement.' — Quand la grippe est simple, bénigne, il faut se borner à conseiller le repos, la diète, Tusagc de boissons douces et chaudes pour provoquer les soeors, et quelques pédiluvcs irritants pour dégager la tête. Si le pouls est large, dar« 3 ne faut pas hésiter à tirer un peu de sang ; mais il a été généralement reconnu qa*on devait être sobre d'émissions sanguines. Les évacuants intestinaux sont e pins souvent utiles lorsqu'il existe de ^«nstipation. Les vomitifs ne sont indiqués que lorsqu'il y a une complication ^^ i iJ' ou bien lorsque la bronchite est étendae, la sécrétion catarrhale aboni^nc et difficilement expulsée. L*opinm est ordinairement avantageux pour cahnJ^Ms douleurs et procurer quelque repos. Si les membres, et les jointures surt^MJjw le siège de douleurs vives, comme cela existait dans l'épidémie de iS^fl^Ipportera quelque soulagement par les cataidasmes laudanisés, ou par^e^|[ctions avec le bauni«^^quille et le laudanum ; d'autres fois on les enlève par les liniments ammoniadffln cufm, si elles résistent, il faut leor opposer un vésicatoire volant qu'on panse, si besoin est, avec un sel de morphine. (Pour les complications, voir plus bas Pneumonie, )
Ab/ur^^ Quoique la grippe soit placée à coté de la broncliite, on ne doit pas croire p^l^^m'elle soit uniquement constituée par une phlegmasic de la moqueuse ^qHBP ^^ 1^ troubles ner\'eux qui l'accompagnent et la disproportioD oui exAiS jntre les symptômes thoraciques et les autres phénomènes morbides indiqu^nR^action d'une cause générale encore inconnue dans son essence «c dans son siège.
Se la pneumonie.
SnHMrmiB. — Péripneamonit, pnenmonite, fluxion de poitrine, fièrre pnenmoniqae ; peripneumoniu -wtrm, cle.
Le mot de pneumonie sert à désigner l'inflammation du parenchyme pulmonaire. Cette affection est l'une des plus importantes du cadre nosologiqnc, en raison <ie sa fréquence extrême, de sa gravité et des difficultés que sa thérap^'utique présente. Il me serait impossible d'embrasser dans cet article toutes les C^estions qui se rattachent à ce vaste sujet, et donfla solution pourtant importe plus encore à la pratique qu'à la science elle-même. Je renverrai donc le lecteur à la monographie que j'ai publiée en 1 8^i , et dans laquelle la pneumonie a été étudiée aux différents âges de la vie, et dans ses rapports avec les autres maladies aiguës et chroniques, d*après l'analyse d'un nombre considérable d'observations, et en mettant à profit les travaux de mes devanciers et ceux de mes contemporains, parmi lesquels je dois mentionner surtout Laênnec (1), MM. Andral (2), Chomel (3), Louis (U). Piorry (5), Stokes (6), pour la pneumonie des adultes; MM. Hourniann, Dechambre (7), pour celle des vieillards; MM. Gerhard (8), Rufz (9), Valleix (10), Rilliet, Barthez (11), pour celle des enfants depuis la naissance jusqu'à la puberté.
Anatomie pathologique, — Depuis Laënnec, les anatomo-pathologistes ont admis trois degrés dans l'inflammation pulmonaire ; on les désigne sous les noms ^engouements d*hépaiisation rouge, et àHhépatisation grise,
(1) Traité de t' auscultation, t. L — (2) Clinique médicale, — (3) Dictionnaire en 30 vul., article Phrumorib. — {à) Recherches sur les effets de lu saignée et de l'émétique, — (5j Patho- ^te iatrique, — (6) Diseases of the chest, Dublin, 1837. — (7) Archives de médecine, 2* série, t'Xet XII. — (8) The American Journal, 1836. — (9) Journal des connaissances médico'chi^ Turgicales, année 1835. — (10) Clinique des enfants nouveau-nés, — (11) Traité des maladies ^i enfants.
DaiiH le premier degré ou engouement, le poumon oiïri.* cur'rànuvinent'daiu U'u ))ointsuflcrl(îsune coloraiiou violacée, livide ou Ho (U'\in: i! t npitc* imiiDs,jlâ ixii'du HOU Plastic. iU\ il est plus pesant : mis dans l'eau, il surna^'e coiiipléteiDcqjL l^uMpiou le divise avec le 8rii]i)el, il s'érlia))pe de la surface des incisious un liquide st'i'eux, rouK<*<Urc, Imuble, spumeux ; le tis^i est d'un nnigc violacé; il est friable, el le doigt le |)énètre facilement. Celte friaftité, c[ui persiste toujours aprè& quVn a exprimé le tissu des fluides cpii renga|^ftnt, a longtem|is été regardée coamie IMHivant faire distinguer lengouenH^iit i^V^natoire de celui qui n*est que cadavéricpuï; mais nous avons prouvé préco^^nent qu'il était souvent impossible, d'après la simple inspi^tion anatomiqii^^^^Iislinguer ces deux états Ton de l'aiitie. Dans pn*s<pie tous ces cas, d'allffui^^H^ouemeut coïncide avec une M pliiNieui's des altérations (f^^aractérisent les dei^R^et troisième degrés.
Dans la pneumoni(> (|mHi |)arvenue au deuxième degré, le poumon est maoîfestemeut augmenté de \olunie, ce qui fait que l'impression des côtes peut être manpiée sur les surfaces malades. Kn même temps le tissu deTorgane est dur, il ne crépite jdus, il est absolument imjierméahie ; ce qui explique poiirauoi, en le plongeant dans l'eau, loin de surnager, il gagne le fond du vase. Cej^fottum du poumon, d'im rouge foncé extériem'ement, oiïre à rintérieni|^^^Bon Tincise, lii nii'me coloration; celle-ci est tantôt uniforme, mais le plus ^^^mHîlle est tné^ gale et niiam.ée différf^mment, de manière à imiter Taspect dt^mains marbres ou ).'.i.inils. Lr li(piide(pii s'écoul<^ est rougeatre, non aéré, moins abondant que dans le ptcmirr di'gié. Mais le caractère anatomique le plus imiKirtant est fourni par l'cvanirn des surfaces iiicisé(>s, (|ui sont hérissées de granulations rouges, dures, obrondeh, un |m'U apiaii<*s : ce sont les vésicules pulmonaires transformées en corps holideh pai' répaississemeut des parois et loblitération de leur cavité. Cette dispofiitifin granulée rsi surtout manifeste lorsqu'on déchire le |)ouinon au lieu de le diviricr par rinstriunnii tranchant; on la retrou\e coustammeut chez Tadulte, liuidei qu'elle parait mancpier quelcpiefois dans la pneumonie des uouveau-n('*s (Vullrix) ei Ams celle <les \ieillards [llourmann et Dechambre). il est évident que, ilwiifi lidiri^ncHi ((lie nous décrivons, les \ésicules pulmonaires, comme le tissu f rllujeuv interU'.siculaire, sont également alTectés. La couleur qu*acquiert le poumon dans le deuxième <legré de la pneumonie, sa dureté, sa pesanteur siiécifiquc iiugiiienièe, et l'aspect granuleux <le la surface, lui donnent une grande ressem* lilunie ji\er le tJHsu du foie: aussi désigne-t-on communément cette altération MHiN h* nom iV/irfHi/isiifiou rimt/n ou {Vntdurcissement rouge. M, Andral a pro|)osé le mol de rniiiiilliHnvmrut iHmgv, parc^^ quVn effet le tissu du poumon, quoique pluNdui. eut fle\enu néanmoins plus friable, t.e deuxième degré de la pneumonie mt euioii' iiiiiti lériM** par deux autres lésioiui, qui sont la carnification ei la x/i/e* ttniittiim. IMunIiI pieuiière, le tissu pulmonaire (*st rouge, humide, dur, non gra^ nuli', piehque honuigene : celte altération est fort rare. On dît que le poumon est A/i/i fiMf loiMpie sou titisu. d'un rouge vineux, nas(|ue, peu ou point granulé, ptu« ou mulUN 1 DuqtlèitMuent imperméable, offre une cerUiine ressemblance avec te piuniiliMiie de lu i.ile. Cette altération sur\ lent surtout cliez les sujets débilités, \\\v4 M'U\, ptii exemple, qui s<nil pris de |)neumonie dans le cours d'une maladie lUa^e, MMume lit liè\re IxplioSde.
\h\\\H te iiittsiriHi' itrifit' de la pnemuonie, le |)oumon conserve le volume, la duieie. l'impeimeahllitéei l'étal granulé que nous avons noté daas le cas d'hé|>all'iiiiiout lUidi lueuioi In couleur rouge est remplacée peu à peu par une couleur flihv, JiiuHP |Mtllli\ tpil comnn'iice |>ar des j)oints disséminés et finit par être géué-
I • . DE m PNEUMONIE. 351
raie Alors le .tissu pulmonaire est devenu encore plus friable que précédemment; iH^suflit, cneiïet, souvent de la plus légère pression |)our le réduire en pulpe griùtrè^et si on le di>ise, on voit s écouler une matière opaque ayant beaucoup de ■ TC&scjublauce a\ec le pus. C'est en raison de ces différents caractères qu*on désigne indyféreiument le troisième degré de la nneunionie par les noms à' hépatisatmi ou ^iïditration grise, de ramolli ssemeiii'mriii et d'infiltration purulente.
Cependant le pus, d'abord infiltré, [ ^^tôt ou tard se réunir en un ou plusieurs
/byers, c'est-à-dire former des abcès, fsjr.ollections, simples ou multiples, siègent
presque toujours (neuf fois sur onze-jCMis la plèvre, qui à ce niveau est tantôt
ainiocie et ramollie, et tantôt épaissidj^ftlus résistante. Le foyer, plus fréquent
dans te lobe supérieur, peut n*avj^n|n^ étendue de 5 à 7 millimètres, ou bien
présenter jusqu'à 15 ou IS^iMnetres en hauteur syrô de large. La cavité de
Tabcès est ordinairement anfractfleuse : ses parois soulBIgales, formées par un
tissu indoré, infdtré èc pus ; elles sont quelquefois gangrenées ; enfin, fréquemment
elles sont lisses et sont tapissées par une fausse membrane plus ou moins dease et
élastique qui se forme avec une rapidité surprenante. La cavité communique rare-
nent aveiMj^ronchcs; le pus contenu est tantôt phlcgmoneux, tantôt il est rou-
gefttre et in^^^^^is il est fétide, si le foyer contient des débris de tissu pulmo-
viaire mortiil^|Hn, si Tabcès, au lieu de succéder à une pneumonie franche,
5«un'ient consécutAMcnt à la rupture dans le poumon d'un foyer formé dans un
«lutre organe, comme le foie, la rate, ou le rein gauche, etc. {abcès que j'ai ailleurs
^lommés perforants), on trouve une caverne plus large, communiquant toujours
^vec l'abcès primitif, et le plus souvent avec une ou plusieurs bronches. Le pus a
fsçénératement les caractères du pus phlegmoneux. Il est aujourd'hui presque inu-
€ île de prémunir les observateurs contre une erreur (|uc nos devanciers ont souvent
czjommisc en prenant |)our des abcès pulmonaires des tubercules ramollis, et plus
s%4)uvent encore des bronches dilatées en am|)oule et des pleurésies iuterlobaires.
Ktinfin, il faut savoir qu'il est des abcès tout à fait consécutifs à la mort, et que Ton
fV)nne par la pression trop forte (pron exerce sur des parties très i amollies du
{ixiumoD lorsqu'on extrait cet organe de la poitrine.
Les points du poumon qu'on trouve affectés à l'ouverture du corps ayant été
envahis successivement, ou bien l'inflammation ayant suivi dans chacun d'eux une
■iiarche inégale, il s'ensuit que presque toujours on voit réunis les deux et parfois
^lème les trois degrés de la pneumonie. Les lésions du poumon sont plus ou moins
étendues : elles peuvent occuper tout l'organe, ce qui est fort rare, ou bien n'en^
vahir qu'un seul lobe; quelquefois enfm, surtout chez les enfants, la phlegmasie
ti^occupe qu'un ou plusieurs lobules : on lui donne alors les noms de pneumonie
Ifjbulaire manielonjiée, ou disséminée. Cette altération est caractérisée par des
noyaux d'hépatisation rouge ou grise, disséminés en nombre variable (de 2 à 30)
dans un des poumons ou dans les deux ensemble.* Ils ont, })our la plupart, le volume
(l une aveline ou d'uni; noix ; presque tous, situés superficiellement, se dessinent
sous la plèvre, sous forme de taches rouges et violacées : c'est la même lésion dont
nous avons parlé précédenunent en traitant de la bronchite capillaire.
i Les altérations que je viens de décrire ne se rencontrent pas avec une fréquence
^-gale dans l'un et l'autre poumon et dans les différentes parties de ces organes.
i Ainsi il est reconnu qu'à tous les âges le poumon droit est beaucoup plus souvent
atteint de pneumonie que le gauche (:: 1 1 : 6), ce qui peut s'expliquer, suivant
nous, par la différence de volume et de capacité des deux organes. Ceux-ci sont
souvent atteints ensemble. C'est ce qu'on voit spécialement cheilesN\eQ\^Tà&^^V^>a&
particulièrement encore chez les enfants au-dessous de six ans : eh eiïet, presqpe toutes les pneumonies obsen'ées à cet âge sont doubles. Nous avons prouve que le nombre de celles-ci allait ensuite en diminuant dans la période moyenne de la xie, où Ton ne les observe plus que dans la proportion d'un seizième. L'inégalité de \olume qui existe dans les deux lobes exijèique aussi, suivant nous, pourquoi la pneumonie du lobe inférieur est plus comj|^ne que celle du lobe Supérieur, dans le rapport de (i à 3 environ, proportion ^Qjvarie d'ailleurs beaucoup suivant les constitutions médicales et épidémiques. ^h^.
Après avoir exposé les lésions caractériB«*^es de la pneumonie, il nous reste à faire connaître les altérations concomitaitjKlyjau reticontre du côté des principaux organes. Dans la poitrine on trouve quccbe^Wjjj^e la plèvre est presque toujours plus ou moins en^Myée (33 fois sur 35)]^iai9^ aux deux extrémités de la vie, la pleurésie est moiWTO)nstante. Ainsi, chez les vieillards, elle nVxiste que dans le tiers des cas, et chez les enfants elle est beaucoup moins commune encore; die est surtout assez rare chez les nouveau-nés, puisque chez eux on la rencontre à peine dans un sixième des cas. Les bronches sont rarement a^^es; elles contiennent des mucosités que Ton observe surtout en grand^^^PRé chez les enfants et les vieillards. Enfin, dans presque tous les cas, on tfl^H^ou plusieurs des ganglions bronchiques qui sont gonflés, ronges et ramoll^^pnOnie suppures. Ayant examiné comparativement l'état du cœur sur un grand nombre de cadavres, j'ai vu que c'était surtout chez les pneumoniques qu'on rencontrait le plus souvent dans les cavités des caillots denses, et qui, dans un cinquième des cas, étaient décolorés, fibrineux, de manière à justifier Topinion de Burserius, qui reganlait la pneumonie comme une cause très active des concrétions polypeuses du cceur. 11 est certain que ces dernières se forment souvent pendant la vie et suivant le môme mécanisme que la couenne pleurétique. La pneumonie ne s'accompagne d'aucune autre lésion viscérale, si ce n'est du côté de la muqueuse gastro-intestinale, qui est plus ou jnoins ramollie chez un quart des sujets Cette altération, qui est d'ailleurs indé|]^dante de l'inflammation, est consécutive à l'état fébrile.
Pnewnonie chronique. — On a rap|)orté à la pneumonie chronique différentes formes d'induration pulmonaire. Suivant nous, dans la pneumonie chronique, il y a constamment endurcissement et imperméabilité du tissu pulmonaire ; la couleur de celui-ci est extérieurement d'un gris cendré, rougeûtre, ardoisée on noire ; sa dureté est telle qu'il résiste souvent h une pression très forte; à la coupe il paraît moins humide; il est d'un gris violet ou livide. La surface des incisions ou des déchirures peut être granulée ; mais celle disposition est d'autant moins évidente que l'altération est plus ancienne; elle finit enfin par disparaître. Dans ce cas, on trouve quelquefois le tissu cellulaire interlobulaire hypertrophié et formant des cloisoVis épaisses et presque fibreuses.
Prodromes, vwasion. — Le plus souvent la pneunionie parait avoir un début brusque. Cependant je me suis convaincu que de seize h soixante-dix ans on observait, chez le quart des malades, des symptômes précurseurs, tels que malaise, torpeur, perte de l'appétit et des forces, sensibilité an froid, frissons, etc.; accidents qui ont ime durée moyenne de quatre à cinq jours. J'ai trouvé, en outre, que, chez le quart environ des malades, la pneunïonic survenait dans le cours d'une bronchite aiguë presque toujours bénigne, afTection qui semble rendre les individus qu'elle a atteints plus impressionnables aux causes ordinaires de la phlegniasie pulmonaire.
Dans les quatre cinquièmes des cas, l'invasion de la pneumonie est marquée par
un frisson plus ou moins viohMU, par une douleur vive dans un des côtés de la |)bitrine/par la tou\ et l'oppression. Ces symptômes locaux et le fiisson manfofeiit un peu plus soin eut chez les vieillards que chez i*adulte. (liiez les enfants \ la mamelle, on ne peut les constater; mais il existe chez eux de la fièvre, de Tàgitation, et surtout une grand^ accélération des mouvements respiratoires, (iependant, à mesure qu'on s'é]oign|lde la naissance, on voit que la pneumonie de l'enfance ressemble ^(^ plus ^it/>V|t P^r ^^n mode d'invasion, à celle des adultes. ^'
Symptômes, — La pneumonie rfiMîoïs déclarée, on constate des symptômes généraux et locaux. Parmi les prei^j^^se distingue la douleur de côté, qui survient le plus souvent dans les^^BJ^ïïîîinières heures (161 sur 182), etpresc|ue jamais après le quatrièmeJ|fflV£lle est ordinaireiin>'J)L3ivGt |X)ignante, et siège, dans les quatre septièmes des cas, au uiNoau et au voil^^e du mamelon; elle correspoud parfois (ul^cinquième des cas) à la portion du pouuion plilogosée ; elle est limitée ou s'irradie au loin, s'exasprre par la toux, par les mouvements respiratoires, et fréquemment par la pression. Cette douleur est moins Teflet de la pneumonie qtMjda pleurésie concomitante ; c'est ce qui explique pourquoi elle manque plus souvei^ljjj^j^ pneumonie des enfants et des vieillards. Dans tous les cas, il exbte de laTlj^/siet une accélération des mouvements respiratoires. Ces symptômes ne sont iHVtmen rapport, comme on l'a dit, avec la violence delà douleur, ni plus marqués dans la ))neumonie du sommet; mais ils sont, en général, proportionm'is h retendue et à la violence de 11 phlegmasie pulmonaire; ils sont également plus intenses chez les très jeunes sujets, chez ceux dont le thorax est difforme, chez les femmes, à une épo({ue avancée de la grossesse, etc. I^ toux est un symptôme probablement constant, et qui survient presque toujours dans les douze premières heures de la maladie (SU sur 90) ; sa fréquence est en rapport le plus souvent avec rétendue, mais nullement avec \v siège de la pneumonie. IClle est rarement quinteuse comme dans la bronchite ; elle provoque l'expulsion de crachais Uurticuliers, mais variables, et qui jusqu'à Laënnec ont été le seul signe diagnostiqi;;) de la pneumonie. Ces crachats sont pour la plupart visqueux, adhérents intimenient au fond du vase, transparents, mêlés à de petites bulles d'air, homogènes, et offrent une coloration rouge, comme la brique pilée, ou comme la rouille ; ou bien ils sont jaunes comme le sufran, comme Vécorce de citron ou iV orange^ comme le sucre d'onje ou la marmelade d'abi'icots; plus rarement ils sont verdâtres, depuis le vert tendre jusqu'au vert porracê ; plus rarement enœre la matière expectorée est liquide, séreuse, d'un rouge obscur, recouverte d'une écume blanchâtre, semblable àu'jus de réglisse ou de pruneaux. Enfin, il est des crachats également séreux, mais d'une couleur jauuâtre, coulants, souvent aérés, ayant une certaine viscosité, et ressemblant à une solution concentrée de gomme arabique. Les colorations que l'on vient d'indiquer sont produites par le sang, et leur diversité résulte de la pro|)ortion différente de ce liquide et de .sa combinaison plus on moins intime a\ec le mucus. J'ai f^it voir que, cîiez le plus grand nombre des malades, les cra- ( hais carac(éristi(|ues se montrent dans les deux premiers jours de la maladie. Cependant, dans un neuvième à peu près des cas, re\|)ectoration présiuite quelques anomalies; c'est ainsi que pendant toute la durée de l'alTeclion les crachats )>euwni vi'sWv blancs couuiie dans un simple catarrhe, d'autres fois l'expectoration iii;inqii(' complètement : c'est ce que \\h\ voit surtout dans la pneumonie du sommet. Toutes (liosi s égales d'ailleurs, les ciachats sont moins colorés, moins vi.squeux, moins homogènes die/ les vieillards que chez l'adulte. Il est presque inutile de dire