INFLAMMATION DES OBGANES DE LA
Les différents organes >qui sen-ent aux circulations artérid^^Sneuse et lymphatique, sont susceptibles de s'enflanmier. Il est pnribable qu'il en est de même pour les vaisseaux capillaires ; mais leur ténuité nous a empêchés jusqu'à présent de constater les désordres qn^l'inflamnMtion doit y produire. Mous aHons examiner successivement l'inflammation dans les enveloppes du cœur et dans le cœur luimême, dans les artères, dans les veines, dans les vaisseaux et les ganglions lymphatiques. ^.
9m la périeardste. «.
Le mot pèricardite sert ï désigner l'inflammation du feuillet lérenx du péricarde.
Historique. — Tout à fait inconnue des médecins anciens, la pèricardite ne fut guère mentionnée qu'à dater du xir siècle. Il faut pourtant arriver jusqu'à Sénac pour trouver un commencement de description, que Corvisart perfectionna, mais qui était néanmoins tellemeni incomplet, surtout sous le rapport symptomatiquc, que Laênnec, à la fin de sa carrière, prétendait avec raison qu'on ne pouvait diagnostiier^ mais seulement deviner la pèricardite. Cette proposition n'est plus exacte aujourd'hui: car, depuis les recherches de HM. Louis (1), Andral (2), Bouillaud (3), Piorry (A), Hache (5) en France, Stokes (6) et Latham (7) en Angleterre, le diagnostic de l'inflammation du péricarde est possible dans le plus grand nombre des cas.
Divisions. — La pèricardite est aiguë ou chronique^ partielle ou générale.
Anatomie pathologique. — Les lésions cadavériques varient suivant l'époque à laquelle la mort survient. Si les malades succombent peu de temps après le début de TafTection, on peut ne trouver sur le péricarde qu'une rougeur plus ou moins
(1) Mémoires anatomo-patkologiques. Paris i836. — (S) Ginipu médicale^ t. 111. — (8) Traité clinique des maladies du eaur, — {h) Percussion, — (5} Archives de médecine^ année iS85, t. IX. — (6) Dublin Journal, année 1888, et Arekivu^ V série, t. IX. — (7) Médical Gazelle of Lonàon, iSSO, t. III.
DE LA PÉRICABDITE. 397
vive, pouctuée ou disposée par plaques, et dépendant d'une injection qui siège plutôt dans le tissu cellulaire que dans le feuillet séreux lui-même. Celui-ci, d'ail- • leurs, a consent* son épaisseur et sa transparence; on le détache plus facilement, sans qu*il soit devenu pourtant plus cessant ni plus friable ; mais presque toujours, dès Içs premiers instants de la maladx, la sécrétion de la membrane enflammée est profondément modifiée. Ainsi sawrface est sèche ou poisseuse, plus ou moins dépolie et hérissée de quelques plaques ou granulations albumino-fibrineuses. fiienlôt pourtant se forme un épanch|ment constitué par des flocons albumineux et par une sérosité louche, opaqucarougeâtre, et quelquefois môme tout à fait sanguinolente: dans ce demier^HÉpK donne à la péricardite le nomd'A^morrAayique. L*épanchement enfin p^Rtre parfois blanc, homogène et tout & fait punilent Le pjus communément 1%*est guère que de^^à 120 grammes, mais il peut s*élever aussi jusqu'à 1, 2 ou 3 kilogrammes (J. Frank, Ixuis). Il en résulte akMTS une distension extrême du péricarde; celui-ci refoule les poumons à droite et à gauche, et déprime plus ou moins le diaphragme. Quelquefois, au moment de l'autopsie, on ne trouve plus d*épanchements séreux, mais seulement des concrétNHU albora^iises, les unes libres, flottantes, les autres disposées plus ou moins inégsilement nl^||sdei|fl|daces du péricarde, spécialement sur le feuillet cardiaque. Elles ont^M^^^BniUimètre jusqu'à 27 millimètres d'épaisseur. Leur surfiice est très îjfjWK^mk^ presque toujours elle est inégale : tantôt elle est réticulée et resjMy à b surface d'un gâteau de miel, ou bien elle offre des saillies qui l'ont ifll^mparer au second estomac des ruminants, à une bngue de chat, à un ananas ou à une pomme de pin, etc. ; comparaisons qui sont parfaitement justes. Cette disposition si remarquable des fausses membranes, qu'on ne retrouve nulle autre part, dépend probablement des mouvements continuels et alternatifs du cœur. Les surfaces opposées du péricarde adhèrent parfois entre elles par des filaments cellideux ; quelquefois môme l'adhérence est tellement intime, 4|a'il n'y a plus de cavité, et très souvent on a cru ak>rs à une absence du péricarde. JÎes fausses membranes, à l'aide desquelles celte sorte de fusion a lieu, ont plus oa andas de consistance; elles peuvent être celluleuses, fibreuses, cartilagineuses et môme osseuses ; mais, le plus souvent, elles sont résorbées avant qu'elles aient subi <es diverses transformations. Cependant il est rare qu'elles disparaissent tout à fait; ordinairement il reste à la place qu'elles ont occupée une teinte blanche, opaline» ^e grandeur variable, connue en anatomie patliologique sous les noms de taehei ^)n de plaques laùeuseê. Ce serait pourtant nue erreur de croire que cesttacbes indiquent constamiQent une péricardite antérieure. Les unes ont bien évidemment cette origine, et quelle que soit leur ancienneté, on peut les disséquer, les séparer tout à fait du péricarde, qu'on trouve intact au-dessous d'elles. Mais le plus grand nombre, loin de dépendre d'un produit de sécrétion concrète à la surface libre de la membrane séreuse, providit, au contraire, d'une altération de nutrition, d'une transformation lente de cette membrane, qui perd graduellement son épaisseur et sa transparence normales (Bizot).
La péricardite chronique est toujours générale (Laènnec). Le péricarde est alors plus rouge que dans la forme aiguë ; l'épanchement est souvent formé par un liquide purulent, les fausses membranes sont plus consistantes, quelquefois on y a trouvé des dépôts de matière tuberculeuse.
Dans la péricardite aiguë et chronique, le cœiu' peut conserver son volume. Si ré|)anchement albumineux ou séreux a été très abondant, l'organe est revenu sur lui-nièiiie; il a subi un commencement d'atrophie, probablement par suite d^U
compression à laquelle il a été sonmis. Dans (Vautres cas, les parois sont bypcrtmpliiées (>t les cavités dilatées, ou bien le tissu est ramolli, paie, décolora, comme macéré, l/endocarde est généralement intact; mais ((iielciuefois il est enflaminu'v: les valvules sont plus ou moins é|)aissics, lot cavités cardiaques enfm contieiHient des concrétions sanguines plus on moins déwlorées, intricjuées dans les piliers et les colonnes, et quelques-unes adhérentes !^^a portion de l'endocarde, qui est phlogosée.
Sipnptômes. — La péricardite survient tJuôt au milieu d'une santé {larfaile, tantôt elle se déclare dans le cours d'une aufc* affection (comme un rhumatisme, une pleurésie, une pneumonie, etc.). Danl^^|K!mier cas, seulement , on peut obsener les prodromes ordinaires de la phipart^^maladies aiguës. Le début est souvent marqué par un frj^n plus ou moins in|Re; dans quelques cas rares, c'est une syncope qui fixe unit d'abord l'attention.
La douleur a été longtemps regardée comme un des symptômes les plus constants de la maladie; elle manque cependant dans la plu|)art des cas. :Modéi'ée, obtuse, presque toujours, elle est parfois vive et déchirante : c'est ce qui eut lieu chez MiralM^au. Cependant elle n'acc|uicri guère cette acuité qu^jM les péricardites compliquées de pleurésie. Cette douleur, j£k^ qu^uMJimt, augmente ordinairement par la toux et |)ar la pression, et siégAMMi^H^ent au-dessus et en dedans du mamelon gauche; dans quelques cas, ellcli^M^^]|![à la moitié gauche de l'épigastre : elle s'aggrave alors, lors(|u'ou presse cette rtvU£2/ins la direction du |)éricarde.
Plu< des deux tiers des malades atteints de péricardite éprouvent des palpitations intermittentes; elles reviennent surtout pendant la nuit; elles sont tantôt s|)ontanées, tantôt elles sont provoquées par les mouvements, par la fatigue ou les émotions morales. Ce symptôme, généralement peu incommode, passe souvent inaperçu. Les lipothymies, les syncopes, qu'on a longtemps considérées comme un accident fré(|uent de la fiéricardite, sont au contraire fort rares, car elles ont lieu à peine dans un dixième des cas, et n'arrivent généralement qu'à une période avancée ou dans les cas compliqués. Au contraire, on observe, dès le début, chez presque tous les sujets, de h dyspnée, de rop()res8ion, une accélération notable des mouvements ri'spiratoires, dont le nombre s'élève le plus souvent entre vingt-quatre et quarante; enfin, il y a communément une toux sèche, ne s'acconipagnant d'aucune altération du bniit respiratoire. Cette toux peut s'expliquer, avec M. I^mis, par la compression que le fiéricardc distendu exerce sur le poumon gauche.
À |>eine la maladie n-t-elle quelques jours d'existence, que déjà an é|)anchcment assez considérable existe dans le |iéricaitle, et donne lieu à des phénomènes qui seuls |)euvent la caractériser. Ainsi M. Louis a démontré, il y a une trentaine d'années, que, par suite du liquide qui s*é|)anche dans le péricarde, la région précordiale donne à la percussion un son mat dont l'étendue est proportionnée à TalMuidance de l'éiranchement ; on |>e!i( souvent faire changer cette matité de place, en \ariant les positions des nialadc*s : c'(*st une circonstance dont on doit la connaissance à M, Piorry. Ce professeur a également établi que cette matité était pyriforwo^ c'esl'à-dilt» qu'elle allait en diminuant de bas en haut. Lorsque le liquide existe en quantité assez considérable, il produit, en outre, une voussure de la région précordiale; cette saillie assez uniforme, que >I. Louis a fait connaître le prrmier, s'élève quelquefois jusqu'à la deuxième c/)te et parfois même juscpi'à la premirie.
L'oreille, appliquée au niveau de la région précordiale, constate l'absence du bruit respiratoirv, ce qui s'explique par le refoulement que le poumon gauche a
OE LA PÊRICARDITB. 399
subi. Lcç battcmciKs du cœur, loin d'être superGcteb comme à Tétat normal, sont, au Contraire, dc\ciuis |)n)foiids, et sont évidemment séparés de l'oreille [)ar im «M-ps îiUennédiaire. Ils sont, en oulrc, d'une force inégale, et souvent ils sont niasqvés par des hniiis anormaux. Ceux-ci se passent les uns dans le C4pur luiniâme : ce sont les bruits de souffle etjle râpe ; les autres ont lieu dans le péricarde : ce sont les bruits de frotlLmenm dont la force et la rudt»8se sont en rapport avec l'épaisseur, la densité et les inégamés des fausses membranes qui les.produi- . sent Ainsi, au début, on ne perçoitr^qu'un simple frôlement, comme si l'on froissait un billet de banque (RouiilauwÉ ou comme si l'on frottait lég^remcnt les manches d'un babit Tune contre ^|Mr (Forget) ; plus lard, ce frôlement est plus fort, plus rode ; parfois il iniitej^sruit que donne le cuir rude qu'on ploie, ou le craquement que produisent lJs9ottes neuves penda»ig|| marche; il peut même simuler le bruit rude d'imc râpe : dans ces cas, I applicantm de la main à la région précordiale fait parfois percevoir un frémissement particulier. Quelle que soit sa nuance, ce bruit se passe évidemment très près de l'oreille. Toutes ces variétés ou nuances du bruit de frottement, et d'autres encore, peuvent se succéder ou coexister ensmble; elles peuvent être perçues dans toute l'étendue de la région précordiale, oiy|É||ètreUfl||^s à un |)oint, si)écialeinent au voisinage du mamelon. Kn généraii^^^^^Brottement ac<M)mi>agne les deux bruits du cceur ; mais il est commungj»^^Wrmarqué dans la diastole que dans la systole; il est continu ou ïniernn^^; il varie d'iutensiié et de siège suivant la position que prennent les maladSf^t souvent aussi sans. cause; appréciable; il devient surtout intense lorsque le liquide est peu abondant , mais il peut encore exister lorsque celui-d est épanché en quantité considérable. Les bruits |>éncardique8 s'expliquent |)arle frottement des surfaces rendues inégales par la présence de fausses membranes; quant aux bruits du cœur, ils ont leur cxp'ication dans une altération des valvules, ou dans la compression que l'épucliement exerce sur l'organe, et dont reflet est de rétrécir les cavités; ou bien encore on peut s'en rendre compte, avec Ilope, par la violence avec laquelle le C4sur se contracte quelquefois.
La péricardiie s'accompagne d'un état fébrile plus ou moins intense ; dans les c^ simples, il est rare qu'on compte plus de cent pulsations; le pouls a généralement de l'ampleur; parfois il est petit, faible, irrégulicr. On a en tort de considérer longtemps l'irrégularité du pouls comme un symptôme ordinaire de la péricardite simple, puisqu'en eflet il n'existe gu^re que dans un cinquième des c^s, et ordinairement d'une manière passagère. Au début, les malades accusent de la céphalalgie ; leur sommeil est souvent pénible, interrompu par des réveils en sursaut; il y a rarement du délire. L'appareil digestif ne présente, en général, d'autres tnmbles que de Tinappéti^nce et une augmentation de la soif ; les forces sont peu prostrées, quoique la plui)art des malades soient contraints de garder le lit. Knfin, dans quelques cas, on obiiene un peu d'infiltration séreuse à la face ou aux membres inférieui'S.
Marche, durée, termiuaiëons, — La i)éricarilite |)eiit suivre une marche rapide et se terminer par la mort au bout d'un ou de quelques jours. Dans ces cas, il y a ime (hspuée croi.ssante et un désordre considérable dans les battements du cœur, une altération profonde des traits et de rcedème; la \ie se termine souvent alors (i'niie manière inopinée et dans une synci)|)e. dépendant, dans la |)lupart des cas, et quelle que soit d'ailleurs la terminaison de la maladie, la péricanlite suit une marche moins rapide ; elle a, en général, une |)éri(Mle d 'accroissement qui dure de six à huit jours; puis, après être restés quelques jours stationnaires^ on \Q\V\e&
/lOO DES INFLAMMATIONS.
accidents s'amender : h Tonssure diminue, la matitc occupe un plus petit espace» la fièvre se calme, et la convalescence s établit entre le quinzième et le vingtième jour. Dans les cas plus graves, celle-ci est plus tardive; elle peut se faire attendre un mois ou six semaines. Le rélablissemej^ est, en général, complet; d*autm malades restent longtemps souffrants et oppBpsés. Nous en avons vu piusieur^ cfae& lesquels une lésion organique du cœur a Ai par se développer.
Lorsque la péricardite n'a pas pour effetwc produire une adhérence générale du péricarde, on peut la voir se reproduire; àiivant Hope, ces récidives ne seraient même pas rares. Il y a, en effet, des indiens qui sont atteints d'une péricardite plus ou moins étendue à chaque attaque d^Bupatisme articulaire aigu.
La péricardite peut être une cause plus ou^Hns prochaine de lésions graf es dn côté du cœur ; c'est ce ^ijpn obsene surtout l^^ue l'inflammation a produit des adhérences générales enWics feuilleta pariéul et viscéral du péricarde. Il résulte, en effet, des reclierches de M. Beau ( 1 ) que, dans les cinq sixièmes des cas où ces adliérences ont existé, il y avait une augmentation considéraUe da volume du cœur, c'est-à-dire dilatation des cavités et hypertrophie des panM& ParfiMs aossi, d'après Hope et M. Beau, on note en outre un changement da^^ direction dn cœur : cet organe serait le plus souvent, d'après 0|c2Qniiei\^tf^erpendicnlalrement au diaphragme, position d'autant plus inscHBjjjj^flBverrons plus tard, dans les cas de dibtaiion et d'hypertrophie générawlBI^^Rtae rapprodier beaucoup de la direction horizontale. M, Beau se rend com|M|^a lésion da coenr par les tractions que les adhérences du péricarde exercera^^wr l'oiigane ; mais mieux vaut dire, avec Haller. que le cœar s'hypertropUe et que les cavités se dilatent, en raison de la gène que cet organe éprouve et dn surcroît d'action qu'il doit par conséquent déployer.
Si des auteurs éminents. tels que Lancisi, Haller, Sénac, Conrîsart et Morgagni, regardent les adhérences générales du péricarde comme incompatibles avec Tétat de santé, il y a des médecins ncm moins recommandablet, comme La£nnec et M. Bouillaud, qui émettent une opinion contraire. Quelques Cdta observés par moi me font penser comme ces dernien.
Les adhérences générales dn péricarde peuvent pourtant être graves, par suite des altérations de nutrition qui surviennent aouveot conséeativement dn côté du cœur. Celles-ci se tradoisent par lessymplômesgénéranx qui leufinpt propres et sans rien offrir de spécial Toot le monde oonvieat, en effet, qu'il n'existe aucun signe qui puisM' faire recormaiire on même soupçomur^ pendant h fie, les adhérences partielles ou générales du péricarde. Le doctenr Sanders, et peot-étre Kreysig avant Ini, avaient bien dit que, dans les cas d'adhérence dont nous parions, il se formait à ré|)igastre, immédiatement au-dessous des basses côtes gandies, un enfoncement qui se produisait pendant la systole ventrkulaire : ce qu'ib expliquaient par la rétraction que le diaphragme éprouvait à chaque mouvement d'ascension du cœur; mais jusqu'à présent personne en France n'a confinné cette observation Hope a donné deux autrvs signes : 1* les battements du conir, d'après lui, seraient perçus plus iMut qu'à l'état normal, bien qu'ils dussent pourtant exister plus inférieuremont en raison do l'auginontation de volume de l'oifcane ; 2' on percevrait une sitrto do mouunnont do n^rsaut ou de secousse brusque due à la gène que le ai*ur ôprouio dans sa contraction. Plus récemment, M. Aran a publié dans les Archives do IS^'i un travail iutén^ssaut. dans lequel il cherche à établir que, dans les adhé-
DE LA PÊRICARDITE. kOi
tences générales du péricarde, le second bruit du cœur perdait non-i»ealenient de a clarté, mais encore de sa durée et de son étendue, et cela d'autant plus que Ic^ adhfrences sont plus intimes et les cavités du cœur plus amples. Il peut, d'après lui, finir par s'éteindre pres(]ue coinjdétenient dans tonte l'étendue de la région prfoôrdiaie, et même de la poitrine, Mla maladie est déjà ancienne. Enfin, Skoda diagiMMCique les adhérences d'aprèsBertaines modifications éprouvées par l'imféUm du cœur. Ainsi, la pointe deTorgane serait entraînée en haut et à droite pendant b systole, et l'on ne percevr|it pas ou l'on percevrait peu sou impulsion. Dam le cas où le péricarde lui-mei^ adhère à la plèvre, on verrait pendant la systole nue dépression visible dj^pPspace intercostal correspondant à la pointe, et sonrent même dans un ou pj^reurs esjiaces au dessus de celui-ci. L'expérience ■'a pas encore prouvé la valeol^u'on peut rattache^ ces divers signes. Je n'ai pu les vérifier encore sur plusieurs malades que j'ai peraus et qui avaient été soi- . gnenaeaient explorés.
On conçoit que lorsque les adhérences pcricardiques, dont nous venons de parler si longuement, sont partielles et qu'elles persistent, en formant des inégalité trop oonûdérabla^^ lorsqu'elles prennent beaucoup de consistance, ou bien encore knqn'elles ^J^jdcntd^jMues cartilagineuses ou osseuses, on doit continuer à entendre à la régioMÉl^^K divers bruits de frottement plus ou moins mde& Os bmits morbidejfMnHIIpatibles avec un état de santé parfaite, si le cœur ne devient pas le si^^taVquelque lésion grave de nutrition. On n'éprouvera aucune ëlBcnlté à rappo^^ces bruits à la cause véritable qui les produit, lorsqu'on a|iprendra par l'interrogatoire que les individus ont eu, à une époque plus ou moins éloignée, tous les symptômes d'une péricardile.
n est bien prouvé aujour^hui que les adhérences du péricarde peuvent qudqoefois produire la déformation de la région précordiale. Ainsi il résulte d'un fait observé par M. Barth, et de cinq ou six autres recueillis ])ostérieuroment par ^ Bouillaud, qu'à la suite d'une péricardite guérie et terminée pir adhérence, b région précordiale pouvait oITrir une dépression, une sorte de rétrécissement suivant le diamètre antéro-}X)slérieur, rétrécissement qui est l'analogue de celui <|u*on obsenc si fréquemment du côté de la poitrine à la suite des pleurésies.
La péricardite chronique snccMe quelquefois à la forme aiguë; d'autres fois elle ^t primitive; ceci se remarque surtout dans les cas où elle est de nature tuberculeuse. Les symptômes locaux s(mt alors les mêmes que pour l'état aigu, et l'on observe en outre généralement la plupart des autres accidents qui, comme l'œdème, >cconi|>agnent presque toutes les maladies organiques du cœur. La durée de la péricardite chronique peut être de plusieurs mois.
U péricardite peut-elle devenir cause de maladies autres que celles du cœur? C'est là une question résolue affirmativemont en Angleterre par des hommes de mérite, notamment par les docteurs Stanley, Abercrombie, et surtout par Bright H Burrows, qui tous parlent d'aiïeclions de la moelle et du ceneau qui seraient (»rca.sionnées par des maladies aiguës du péricarde et du cœur, et masqueraient les .symptômes de ces dernières. Mais il ne résulte pas de la lecture des obsenations que Ton cite qu'il y ail évidemment une corrélation entre ces deux genres d'affection ; il y a plutôt complication de deux maladies.
Dififpwsfir. — Lîî (lia^iDslic de la péricardile n'est incertain qu'autant que l'on voit manquer les prinri|>aux symptômes, particulièrement ceux qui sont fournis |)ar les moyens ])hysi(iii('s d'exploration (inspection, percussion, auscultation). (:c*|)endant, même en rabsrnrede ces symptômes, lorsqu'on \em \ni tEofiûàfe ^!0c«
r. /. — 7* àDir. 1^
pris de fièvre et de d\spnée, et qu*on ne |)ourra (.'\pli(|iier ces accidiMils par aii.ctine phlegmasie des broiiclu^, des plèvres et dos pouinoiis. on (lc\ra par \uie d'exchi"' sion 507//40/^/ie/Miue péricardite. Les prohal)ilii('s aiiL^nicntiMil lorsqu'aux troublr;, précédents se joignent une douleur préronilalc, dos li))otliyinios (pie l'état g^i^iYal n'explique point, et une irrégularité du i)<)L[>. on bien cncon» uu œdèmcidos extrémités snr\enaut plus ou moins subi tenljil clic/, un sujet (pii ne préseiUakfas. antérieurement les signes d'une maladie dt; iKLur.
Inutile de dire, d'a])rès ce qui préci'dc, q^ti la péricardite ne saurait être confondue avec une pleurodynie, ni a\ec une Ii^|)ncliite, ni a\ecune pneumonie, ni même avec une pleurésie ; c(;|)endanl il po^^e faire qu'une pleurésie gaucbd limitée à la partie antérieure de la poiirine, d^^Gine un froltitment pleural perceptible pendant l'inspirat^a et l'expiration, et ^^le |)endanl la systole ventriculaire; mais dans ces d^qui sont fort ran^s d'ailleurs, on verra manquer les autres signes physi(pies de la |>éricardite. Les bruits morbides étant des éléments principaux dans le diagnostic de cette, afTeciion, il iuq)orte de rappeler aux jeunes médecins que le frottement péricardique sinuiie |)arfois la crépitation pneumonique et le bruit de smiflle doux. Mais, avec de raltenlion, on disiingue*aisémcnt le fmttement du raie crépitant, leciuel est composé d*une^^e de bujj^rclies, fines, qu'on perçoit exclusivement |X'ndaiit rinspiratioi&&^^||^^ai'dia(iue et ses» diverses variétés sa distingueront enfin du rroltemen^^^HQie en ce qu'ils sont plus profonds, ne se déplacent pas, s<mt ordinairemeiitV^iles, sont prescpietoujours permanents et ont leur maximum d'intensité au ni VHf un des orifices. Pour le diagnostic de la péricardite d'avec l'endocardite et l'h^dro-péricarde, voir ces deux aiïections.
Pronostic. — La péricardite est certainement une maladie gra\e; cependant quelques personnes en exagèrent trop le danger. On peut dire, en règle générale, que les péricardites simples, survenant cbe^ un sujet bien |)orlant, guérissent presque toutes. La péricardite qui affecte dès le début une marche chronique est ordinairement mortelle.
fùiologie, — La péricardite peut se montrer à tous les âges de la vie ; cependant c'est dans la période de dix-huit à trente ans qu'elle parait avoir son maximum de fréquence. La femme y semble moins sujette que fliomme dans la proportion de 1 à /i ou 5. 1^ prédisposition héréditaire joue peut-être un certain rôle. Connue 3L Louis l'a observé, les causes incitantes de la maladie restent le plus souvent inconnues. Ou a vu la périciiniite être la suite d'une plaie ou de toute autre violena' exercée sur les ])arois tlioi\ici([ues; d'autres fuis elle succède à rhnprt^ion du froid. Cependant, en définitive, ou ne découvre de cause évidente que dans la sixième partie des cas seulement (naclie). La péricardite est une affection souvent Cfinsécutive; les maladies dans le cours des(|uelles on la voit se déclarer spécialement sont : le rhumatisme, la pneumonie, la pleurésie et les lésions organiques du cœur (voir c(*s maladies), bnlin la péricardite paraît être une des maladies incidenti^s les plus fréquentes de la folie, puis(|ue, d'après >L Calmeil, on en trouverait des traci'S chez la quiuzièuic> partie des aliénés qui succombent.
TrniU'uwnt. — Il faut opposer à la péricardite les saigm'es générales et les saignées locales (ventouses et sangsues) à la région précordiale. Les perles de sang sen»nt faites d'a))rès les prmcipes que nous avons pi écédemment exposés dans nos généralités sur rinilammation. On y joindra la diète, les Irai.ssons douces et nitrées, les révidsifs .sur les extrémités niférieures et sur le tube digestif. Loi'stpie la maladie continuera ses progrès , ou pourra, à l'exemple des Anglais, donner conçut-
DR L*i:MX)CARDITE. UQZ
remmènt le calomel à doses fractionnées vi pratiquer, en outre, des onctions raer- ' 'curielles sur la région du cœui* jusqu'à salivation. Dans le but de modércT los batte- ^ ments cardiaques, on administrera la digitale. lorsque la douleur est vivo et qu*e]lc a.résiU^ aux autiphlogistiqnes (^t aux narcotiques, on a essayé de la cabner par fies ^Implications froides et même glat' les; mais Texpériencc n'a pas encore projMHieé sur la valeur d'une médication |ui n*est peut-être pas sans quelque danger. Eiifin^ lorsque, Torgaue inilanimatoirPayant été suRisamuient combattu, les signes d*épaDchemcnt persistent, on devra couvrir la région précordiale d*un large vésicatoîre dont on entretiendra la suppu^tion ; on pourra aussi s'en servir pour introduire la digitale par la métbode çijjlJphiquc, si les battements du cœur ont besoin d*èlre régularisés.
Les Tésicatoires sont à |)eu \iltf\B S(;ule médication j^jve qu'on doive employer cootre la péricardite chronique; il faudra même, danses cas rebelles, les remplacer par un exutoire pbis énei^ique, comme un cautère, un moxa, et même par un aéloiL
Enfin si répanchement rebelle à toutes les médications s'accroissait sans cesse* et si le mala^ était menacé de succomber, on ne devrait pas hésiter de pratiquer la pmiction ci^h^rde^^^
/l^^ff^raoeardite, ou cardite interiM.
L^inflammatiofflHT membrane interne du cœur a reçu e nom d'endocardite, cle fv, dan^; na^ia, cœur,
Bisiorigue. — Le mot eniiocardiie a été proposé par M. Bouillaud. Si cet auteur n'a pas réellement découvert la maladie, puisque Baillie, Rums, Kreys^, -Johnson, Laênnec et M, Andral en avaient parlé avant lui, il a eu du moins le ■iDérile incontestable d'avoir décrit avec plus de précision ses caractères anatomicjue& Le premier de tous, d'ailleurs, il a fait connaître les causes et les symptômes «S'une aiïection, dont il a certainement exagéré la fréquence et les suites, mais qui i:iéanuioins était inconnue sotis le rapport symptomatique avant la publication de >^Hi important ouvrage sur les maladies du cwur. \jes auteurs qui sont venus depnis Al BouiUaud n'ont guère ajouté aux recherches de ce médecin.
Anatomie patliohyique, — Il ne faudrait fias croire h une endocardite i^ar oela s«?ul que la membrane interne du cœur offrirait wne coloration rouge, soit |>artielle, soit générale. Quels ()ue soient, en effet, la nuance de la rougeur de l'endocarde, son étendue et les |M)ints qu'elle occupe, qu'elle résiste ou non an lavage, et même à une macération prolongée, il est impossible de déterminer si elle est l*<*ffet d'un travail inflammatoire ou d'une simple imbibition cadavériqiu*. Les si2m.»s iibservés [)endant la \ie, et les lésions concomitantes, telles que Tinllam- 1 nation d'un vaisseau, ne ])<'u\ent fournir encore que di» {trésomptions, mais jamais *le certitude absolue. M. Bouillaud paraît avoir tmp sonveiit méconnu ces princi|K*s, ainsi qu'on |)ourra s'en convaincre en lisant les observations qui forment, ^ns son Traité des ntalndies du cœur, la première catégorie des cas d'enilocarîlile, fails ([u'on ne saurait à coup sûr considérer pour la plupart C4)mine étant des nvomph's (rindammatioii de l'endocarde. Pour établir l'existence de Tendocardite, il faudra donc la réunion de quelques autres caractères, tels cpie le hnnrsoullement fm ré|)aississement, la friabilité ou le ramollissement des ])arties inject4>(>s, leur ulc4fration, ou mieux encore la présence du pus ou de fausses membranes, (les diflérentes lésions n'ont pourtant pas la même valeur. Ainsi \e VMmT«()\\^^vnnBX frai
UOU 1>£3 INFLAMMATIONS.
le simple épaississcmcnt, quoique pouvant Otre reffet d'un travail inflammatoire récent, peut cependant remonter quelquefois à une époque déjà éloignée et s*ôtre dévelopj^ indépendamment de toute phlegmasic, de sorte que celte lésion,. coînci-. dont même avec la rougeur, ne nous 8embl%pas encore suffisante pour mettre hors' de doute Tcxistence d'une endocardite réc&te. Quoi qu'il en soit, répaisnsadnènt de l'endocarde est souvent très difficile à cAstater ; et il n*est bien manifeste, qne . «-' sur les valvules. L*endocarde enflammé pein être ridé, plus friable ou ramolli; il peut même présenter une ou plusieurs ulcérations. Celles-ci nous ont paru siéger surtout sur les valvules, qui sont alors lonlus souvent perforées : cette lésioB d'ailleurs est très rare. Il n'existe jusqu'à^l||^t aucun fait qui prouve d'une manière certaine que l'endocardite se soit jamafterminée par gang^ne. Mais la lésion essentielle et vrainu^ caractéristique de o|^ phlegmasie consiste dans une sécrétion purulente ou pseudo-membraneuse. La présence du pus est ordinairement difficile à constater, car le courant circulatoire l'entraîne à mesure qu'A est sécrété; on en trouve pourtant quelquefois de petites quantités qui sont enkystées dans des caillots qui adhèrent à l'endocarde. Plus souvent encore Tendocardite produit dos fausses membranes grisâtres, lisses ou grctiues, ou sti^n h leur surface, et ayant plus ou moins d'épaisseur et d'éten^yUcsj^Wnt surtoat les valvules ; celles- ci sont épaissies. Ces concrétions adliB^yjÉJflnient à l'endocarde, qu'où trouve ordinairement à ce niveau opiquc, ^i^^Kv^t friable. Il arrive souvent, ainsi que je l'ai vu dans un cas remarquable publSjkknoi dans le Journal hebdomadaire ^ en 1836, qu'indépendamment des fauR^^embranes dont j'ai parlé, il existe des caillots fibrineux, décolorés, élastiques, adhérant à Tendocarde immédiatement, ou par l'intermédiaire de concrétions pseudo-membraneuses. Enfln, sur le bord libre des valvules ventriculaires et sigmoldes, on trouve souvent de petites tumeurs à base large ou pédiculées, d'un blanc grisâtre ou rougeâtre, plus ou moins friables : les unes sont globuleuses ; les antres, grenues, ont tout à fait l'aspect des choux-fleurs syphilitiques; d'antres fois ce sont simplement de petites granulations du volume d'une tête d'épingle on d*nn grain de millet, discrètes ou confluentes. Il est impossible de déterminer si ces espèces de végétations sont produites par la coagulation du sang, ou si eOes ne résulteraient pas plutôt d'une exhalation pseudo- membraneuse. Cette dernière supposition nous paraît la plus probable. Enfin, pour terminer, nous dirons que l'endocardite produit en général ime augmentation plus ou moins considérable du volume dn corar. Cette maladie coïncide, dans la moitié des cas, avec une péricardite plus ou moins étendue.
Telles sont les lésions qui caractérisent l'endocardite aiguë. Mais il est bien plus difficile, dans l'état actuel de la science, de déterminer quek sont les caractères anatomiques propres à l'endocardite chronique.
Nous croyons pourtant que les adhérences des valvules, se produisant en général entre leurs imints les moins mobiles, doivent avoir une origine inflammatmrc. On a prétendu qu'il en était de même des plaques blanches, des opacités, et de répaississeinént de l'endocarde ; mais c'est là une erreur : car M. Rizot a démontré que, si dans le jeune âge l'endocarde offrait partout une égale transparence, il n'en était plus de même à une époque plus avancée de la vie, où l'on voyait l'intérieur des cavités gauches devenir opaque et le bord membraneux des valvules sigmoïdes correspondantes acquérir plus d'épaisseur, tandis qu'à droite la membrane conservait son premier état M. Bouillaud a voulu encore rattacher à une inflammation chroaique de l'endocarde les productions cartilagineuses, osseuses et crétacées des
\alvute; mais ce niédociti a irop généralisé quelques faits cliniques favorables à û doctritte et quelques autres qui lui élaicut fournis seulement |)ar Taualogie. On .peut certainement supposer la possibilité d*unc transformation cartilagineuse, OflMVM ou crétacée des productions j|brineuses et albumineuses de l'endocarde, loraque nous voyons tous les jours 'Ms mômes transformations s*opérer dans les OKmbranes de plèvre, du péricarde, cy péritoine, etc. L'observation clinique nous a en cotre démontré que, chez quelques individus, les altérations dont je parle ont Bumifestement succédé à une initam^^lation aiguë du cœur. Mais ces faits sont rédiement exceptionnels, et, dans l^«sque totalité des cas, les concrétions cartilagmeoses et osseuses des orifia^Hrcœur arrivent par les progrès de l'âge ou par suite d'une perversion dans lOi^âpritiou des tissus, gui n'a pas comme point de départ une pblegmasie aiguë. Pour me résumer, je àMi donc que l'endocardite peut prodoire toutes les altérations que M. Bouillaud lui attribue ; mais celles-ci n'ont pas nécessairement ni même le plus ordinairement cette origine. Il en est de même de quelques solutions de continuité, et surtout de ces perforations wnplei on multiples de la partie membraneuse des valvules. Cette altération, que M. Biiot a Q|i|^^sous le njgrn d'état réticulé^ arrive spontanément, et elle ne produit le plu^R||^M|htrouble appréciable dans la circulation cardiaque.
Stfmptômes, — V^^I^P'^ ^ rarement une affection primitive. Elle survient le plus 80uv^,;,^Sslecours d'une autre maladie aiguë ; il en résulte qu'elle n'a presque jam?%g|^rodromes. Dans l'endocardite aiguë, il y a rarement de la douleur à la région précordiale ; les malades se plaignent souvent d'oppression et de palpitations. Lorsqu'il y a douleur, surtout si elle est vive, on doit plutôt la rapporter \ une péricardite ou à une pleurésie concomitante qu'à l'endocardite ellemême ; il existe parfois de la voussure, mais elle est légère, à moins qu'il n'y ait également id complication de péricardite. La percussion fait constater une augmentation plus ou moins considérable dans le volume du cœur. La matité est, en effet, plus étendue, et elle pourrait varier, d'après M. Bouillaud, de 11 à 4^ centimètres. Par l'auscultation, on trouve qu'il y a beaucoup d'impulsion; que les battements sont superficiels ; qu'ils ont le timbre tantôt plus sourd , tantôt plus clair et comme métallique, tandis que d'autres fois ils sont masqués ou remplacés par des bruits de souffle, de lime ou de râpe. Ces bruits peuvent exister au premier ou au deuxième temps, et avoir leur maximum d'intensité à la pointe ou à la l)ase, ce qui peut permettre d'établir quel est l'orifice plus spécialement affecté (voy. Rétrécissement du cœur et l'article Insuffisance aortique). Dans ce cas, la main appliquée sur la région précordiale peut faire percevoir un frémissement vibratoire.
Le pouls, toujours accéléré, souvent irrégulier, offre généralement de la force ^tde la résistance; cependant il est quelquefois petit et faible : il contraste alors singulièrement avec l'impulsion et avec la violence des battements du cœur. Ceci 9e remarque probablement dans les cas seulement où des concrétions albumino- Fibrineuses, embarrassant les orifices, s'opposent à ce qu'une large adonne de sang soit projetée dans le système artériel. Cette gène dans la circulation amène d'au* ^res accidents : ainsi la dyspnée augmente jusqu'à la suffocation, les membres s'in- TiUrent ; il y a du délire, des lipothymies, des syncopes. £nGn, quelques-unes de ^'s concrétions peuvent, en se détachant^ être entraînées par le mouvement circulatoire et aller boucher un vaisseau principal, ce qui est presque infailliblement ^uivi de la gangrène des parties situées au-dessous. Du côté des o^ on n'observe que de Vinappéteace et de la soif.
/i06 DES INFLAMMATIONS.
Marche, durée, terminaisons. — Si les accidents continuent de s'accroître, Fendocardite peut avoir une issue funeste ; mais, le plus souvent, la maladie paraît se terminer par résolution. Yalleix, cependant, ayant réuni vingt-six ca^d'eifdocardite, aurait vu la maladie se terminer wigt fois d*une manière fâcheds^'tHràis malades guérirent tout à fait, et chez les trlts autres la guérisun fut incoiàpiète. Lorsque les individus se rétablissent cntièrcVicnt, il faut admettre que les caOIots et les fausses membranes ont été résorbés. Mais lorsque la maladie passe à l'état chronique, ces produits morbides subissent »rs les transformations cartiiagiiieuses et osseuses dont nous parlerons on détail da^^deuxièmc; volume.
La durée moyenne de l'endocardite serait^^^ferès M. Bouillaud, de huit jours seulement ; mais nous la croyons plus longue. I^idocardite a, en effet, la même durée que la péricardite.^^
LiagnoHtic. — L'endocardite est une maladie d'un diagnostic souvent fort difficile ; elle n'a des caractères bien distincts que lorsqu'elle est intense et qu'elle occupe une grande étendue. Lorsqu'en effet, chez un individu qui ne présente aucun signe d'affection du cœur, on voit survenir brusquement de l'oppression et des palpitations ; lorsque le cccur est tout h coup augmenté d^^pRie, lorsqu'il donne à l'oreille une impulsion vive, directe, et (^K^^u^Ê^ni masqués ou remplacés par des bruits morbides, alors seulemenHÉ^H^ diagnostiquer une endocardite ; dans tous |cs autres cas, on devra rester dang j§fertitude, L'endocardite ne peut «être confondue qu'avec une péricardite pQMp^menibraneusc et sans épanchement liquide. Cependant, dans celle-ci, il y a parfois une douleur précordiale qui est fort rare dans la première ; la matité a une étendue peu considérable; le frottement qui pourrait simuler les bruits de souffle de l'endocardite se passe évidemment plus près de l'oreille, il est aussi moins circonscrit, et, comme M. Bouillaud l'a observé pluneurs fois, on peut le faire cesser, puis revenir, en variant les positions du malade. Enfin, dans cette forme de péricardite, il y a rarement l'oppression et les troubles circulatoires qui accompagnent les endocardites violentes. La péricardite avec épanchement liquide sera difficilement confondue avec Une inflammation de l'endocarde, k cause surtout de la profondeur ï laquelle on entend les battements du cœur, ce qui est tout à fait l'inverse de ce qu'on voit dans l'endocardite. Cependant le diagnostic différentiel est souvent difficile à établir à cause de la coïncidence des deux maladies ; mais l'erreur est ici sans inconvénient pour la thérapeutique.
Pronostic, — L'endocardite est une affection grave : car, bien qu'elle ait généralement une heureuse issue, elle peut néanmoins se terminer rapidement par la mort, et dégénérer beaucoup plus souvent en une lésion organique tout à fait incurable.
Etiologie. — L'endocardite reconnaît les mêmes causes que la péricardite : comme celle-ci, elle peut être produite par une cause traumatique et par l'impression du froid ; enfin, c'est un accident assez commun dans le cours de plusieurs maladies aiguës fébriles, 8i)écialement dans le cours du rhumatisme articulaire. (Voir cette affection.)
Traitement. — Le traitement est le même que pour la péricardite.
1^ U «ardite.
. On donne le nom de cardite ou carditis à l'inflammation des tissus musculaire eicelluleux du cœur. Cette maladie, fort rare et 9i peine connue, peut être primi-
DE i/artérite. 407
tive; niais le plus ordinaiioiiuMil ello rst consécutive à une péricardite, et plus souvent encore h une (Mulocarditi*.
[qucs autours ont rap|K)rt(* à rindammation diverses altérations du cœur, [iae la coloration rouge, lie (l«jl\in ou livide, et la décoloration ou la teinte jauiiilfre avec ou sans diminution d: consistance du tissu. Mais telle n'est pas, le plus souvent du moins, l'origine de'les altérations (voir Tarticle HmnoUissement). Dans Tétat actuel de nos connaissances en anatonne pathologique, la présence du pus peut seule caractériser la cardiH. Le pus (pfon trouve dans le tissu du cœur est rarement infiltré : mais presq.jt toujours il y est réuni en petits foyers du volume d'un i)ois, d'un haricaUrd'unc noisette. Ces abcès siègent quelquefois sons Tendocarde ; mais le pluâKuvont on les trouve dans le tissu charnu, entre les fibres musculaires. Celles-cni'ont été oixiinaironf^ qu'écartées ; d'autres fois b cavité de l'abcès est creusée h leurs dépens : elles sont alors détruites à ce niveau ou bien réduites en pulpe, en bouillie rougeâtre ; le tissu musculaire est livide, friable dans une étendue plus ou moins considérable. (]es abcès sont souvent multiples ; ils sont quelquefois enkystés ; \i) pus qu'ils contiennent est phlegmonenx, s'il a été iff^y^ement formé par le tissu cellulaire; mais s'il résulte aussi de l'inflammation oflBUyj^H&^laire, il est, dit-on, rougeâtre et moins consistant. Ces collections pi^J^^^Bivent occuper tous les points de l'organe, mais elles se forment surtoi*-^.^BH^cnlricule gauche. Klles peuvent s'ouvrir dans une des cavités du cœu^^^ijLSns le péricarde; si elles s'ouvraient h In fois Ii l'intérieur et à rextérieur du cœur, il en résulterait une perforation très rapidement mortelle. £nlin, on comprend qu'un abcès développé dans l'épaisscMir de la cloison ventriculaire pourrait devenir un moyen de comnmnication entre les cavités droite et gauche, s'il s'ouvrait simultanément ou successivement dans l'une et dans Tantre.
On a encore parlé d'une caixlite chronique, caractérisée tantôt par des abcès enkystés, et remontant à une é|)oque plus ou moins éloignée, h en juger \viv l'épaisseur du kyste. D'autres fois, ce sont des indurations ou plutôt des transformations fibreuses, cartilagincu^^es, du tissu musculaire; mais rien ne prouve jusqu'à présent que ces lésions soient cons(kutives à un travail innammatoire.
Il n'existe aucim signe capable de faire reconnaître où même soupçonner une cardite. Il est des malades qui succombent avec des abcès multiples dans le cœur, sans que cet organe ait présenté pendant la vie des troubles spéciaux; chez d'antre», au contraire, on a constaté di's le début une grande perturbation dans les mouvements de l'organe, des palpitations, une oppression extrême, et des lipothymies, i^lais il n'y a Ici rien {\\n soit caractéristicpie. Tous les pathologistes sont d'accord sur l'impossibilité d'arriver au diagnostic de la cardite.
De rartérite.
\ai mot artf}rtfe sert à dèsigiUT l'inflammation des artèn^s, soit que la phlegmasie occu|K' simidtanément plnsi(>urs des tuniques, soit qu*elle reste limitée seulement à riinr d'elles. Cedernier cas, d'ailleui-s, est le plus rare.
/y /Vo/zym.— Depuis Arétée et Galien, les auteurs ont parlé de l'artérile; mais leurs connaissances sur ce sujet se bornaient à (l(Mi notions fort incomplètes et peu [)ivi-ises. Les recherches de P. Frank, et surtout celle de Sasse (1) à la fln du IfM-nier siècle, ont été le signal d'observations nouvelles que nous devons, pour la plupart, à nos coi)tem[)oraius : ainsi, c'est grâce aux travaux de MM. Louis (2j,
(1) De vrtturum nwyuifer, mflammatione, II;il;u, 1797. — ^î) Fiècre l^HoxA*, V. \%
A08 Des J^FLAMMAT10^S.
Andral (I), Bouillaud ^2), Gcudrin (3), Bérard {U), François (5), Breschel (6), Bizol (7) ♦ Trousseau ei lligot (8) , Dcipcch et Diibreuil («) , clc. , qu'on peut aujoard*liui fixer avec quelque précision le caraclèrc des principales lésions dont le système artériel c*st le siège.
Anatomie pathologique. — De même quft nous Tavons vu dans l'endocardite, la rougeur des artères est un caractère auawmiqne insuffisant de rinflammatioa il» ces vaisseaux, puis(|ue cette coloration peut être seulement l'eff'et d'une imbi-. bitîoà cadavérique. Sur la plupait des snjeU qu'on ouvre, Tarbre artériel offre dans un plus ou moins grand nombre de wnts une coloration rouge qui varie depuis le rose tendre jusqu'au rouge écarlate l^w^^ux. Cette rougeur, qui devient plus vive par le contact de l'air, est uniformc^^^^ien elle est disposée par plaques irrégulières ou par b^^s; elle intéresse toolPl'épaisseur de la séreuse et le tissu cellulaire; quelquefois aussi elle s'étend aux autres tuniques. On laircnoootre d*aatant plus fréquemment que Tagonie a été plus longue, que Tautopsie est faite ï une époque plus éloignée, que la température est plus chaude, la putréfaction plus avancée et le sang pliis liquide. La rougeur est aussi plus marquée dans 1^ parties déclives, au voisinage des organes enflammés, partout enfîi^^Ie sang se trouve en quantité plus considérable. Cependant dansJfflg^oùJÉP^on de vaisseau qui est colorée en rouge ne contient plus de sa^^SflBpiryt pas en conclure que la coloration dépend d'un travail inflammatM^V^^Kent pas à l'imbibition ; car il arrive souvent que du sang qui stagne dans v^^sseau, pendant les premiers instants qui suivent la moit, et qui en colore l^parois, est ensuite entraîné plus ou moins loin par les mouvements qu*on imprime au cadavre, par le dégagement des gaz, et par suite des différents phénomènes qui accompagnent la putréfaction.
La rougeur qui dépend d'une inflammation de l'artère ne diffère en rien de celle qui est l'effet d'une imbibition cadavérique ; les meilleurs auteurs d'anatomie pathologique sont d'accord sur ce point. Ainsi les obsenations recueillies sur l'homme par Laënnec, par le professeur Bérard et par M. Louis, comme celles qui ont été faites sur les animaux par MM. Andral et Dupuy, Trousseau et Leblanc, s*acooi^ dent pour démontrer que la rougeur est un signe insuffisant de Tartérite. Pour qu'elle puisse en indiquer l'existence, il est nécessaire qu'elle coïncide avec quelque altération dans la nutrition des tissus, telle que l'épaississement et la friabilité de la membrane interne, qui souvent alors est en même temps flétrie, ridée, vil* leuse ou inégale, se séparant facilement par le simple arrachement, ainsi que les professeurs Delpech et Dubreuil l'ont surtout établi dans leur travail inséré en 1829 dans le Mémorial des hôpitaux du Midi, £nGn, on trouve souvent des caillots fibrineux plus ou moins décolorés adhérant intimement à la membrane interne du vaisseau ; il existe enfin, au pourtour des parties enflammées, les vasa vasorum injectés.
La coagulation du sang, dont nous venons de parier, est un des phénomènes qui accompagnent le plus ordinairement les inflammations vascnlaires ; mais elle n'a pas lieu, à beaucoup près, dans tous les cas : aussi est-ce à tort, suivant nous, que la
(i) Précis iC anatomie •pathologique^ I. II, p. 350. — (3) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques^ article Artéritk. — (S) Histoii'e anatomique deê inflammations. — {à) Diction' naire de médecine, t. IV, p. 90. — (5) Essai sur les gangrènes spomianées» Mons, 1833. — (6) Journal des progrès, t. XVII, p. 119. — (7) Mémoires de /« Société médicale d* observa' tion, t. 1. — (8) Archives, année 1826. —(9) Mémorial deê hôpitaux du Midi, année 1829; Mémoire sur la gangrène momifique.
DE l/AHTÊRlTE. /l09
formatioD des caillols a été regardùc coniuic un pbéuomcnc constaut el presque nécessaire de Tartérile. La plupart considèrent, avec Burns, Kreyslg, Cruveilhîer, ce caillot comme consécutif à Tinflammalion artérielle; mais quelques auteurs ont periflé.que la concrétion était primitivfk et que, par son contact, elle enflammait consécutivement le vaisseau. Cette opiijKn, défendue surtout à Paris par M. Allibert, dans one thèse soutenue en 1828, eî^lenseignée aujourd'hui ï Vienne par le proteneur Rokitanski. On comprend, eir effet, qu'un caillot volumineux, se ibrmant d*iiiie manière quelconque et par des^causes le plus souvent inconnoes, puisse agir par rapport ï l'artère comme un cç^s étranger et l'enflammer; mais la chose pourtant est rare, et, dans la fsXjjÉm majorité des cas, la concrétion du sang est maniféstmnent un phénomène ^Pecutif au travail inflammatoire*
Le s^e anatomique le plus Vriain que nous ayon^e Tartérite est une exsudation albomineuse, pseudo- membraneuse, développa k la surface de l'artère. Cette eoDcrélion est parfois assez considérable pour obstruer tout à fait le vaisseau. MoOet presque amorphe au début, elle s'éiale bientôt sur la membrane interne sous forme de lames ou de plaques blanchâtres plus ou moins épaisses. Elle peut être résoiMe; niais d'autres fois elle continue de s'accroître et subit diverses transformations que ni|^|odici^||M^ bientôt L'exhalation dont je parle peut encore se bire entre les tim^M^^Hseau, et surtout dans leur gaine : c'est alors que Tartère comprise çfV^pHHgature se coupe avec autant de facilité que du lard. EnGn du pus, ou /4jvins une matière puriforme, peut être exhala à la face interne du vaisseau ; d'auRlf fois ce produit infiltre les parois et peut même y former des collections. Telles sont les lésions propres i rarlérilc aiguè.
Il est plus difficile de caractériser anatomiquement l'artéritc chronique : c'est ï tort que quelques auteurs ont voulu rattacher à cette inflammation toutes les lésions de nutrition du tissu artériel, teUes que les ulcérations et les perforations, les productions cartilagineuses, osseuses, athéromateuses, crétacées, etc. Cependant il en est quelques-unes qui semblent avoir, sinon toujours, du moins le plus souvent, mie origine inflammatoire. Ainsi, d'api*ès M» Bizot, les plaques cartilagineuses des artères ne seraient autre chose que la production albumineuse que nous avons vue à l'état aigu, et qui, lorsqu'elle n'est pas résorbée, s'organise, durcit, prend dès lors la consistance du blanc d'œuf cuit, et finit bientôt par acquérir la dureté du cartilage. Ix)rsque ce produit a subi cette transformation, la membrane interne a ordinairement cessé d'exister à ce niveau, et la plaque cartilagineuse appuie alors sur la membrane moyenne immédiatement on par l'intermédiaire d'une couche de matière jaunâtre semblable à du jaune d'œuf durci (c'est la matière dite at/iét*oniQteu8e), Il n'est donc pas exact de dire, avec la plupart des anatomopathologistes, que les plaques cartilagineuses se développent entre les deux tuniques internes. Les i)laques dont nous parlons sont tantôt isolées, d'autres fois elles recouvrent uniformément toute la surface du vaisseau, qui éprouve à ce niveau une sorte de rétraction : on dirait de prime abord qu'il existe en ce point une cicatrice. M. Bizot a nié que ces plaques cartilagineuses subissent la transformation osseuse et que celle-ci fût jamais un résultat d'inflanmiation. Nous prouverons, en effet, dans un autre endroit de ce livre, que cette ossification dépend généralement des progrès de l'âge ou d'une perversion dans la nutrition des tissus ; nous en dirons autant des productions athéromateuses et mélicériques. Quant aux ulcérations, il en est qui sont primitives, qui se développent de dedans en dehors, et qui sem« blent réellement être le résidtat d'une pÛegmasie aigué ou chnmique. Mais le plus grand nombre ont une autre origine et sont, en effet, coQ8ièGxiù^eft\\aL^Q«cl«9fiQiia
de la lunique iaterpe par une coacrétion osseuse ou [)ar divei*ses autres prodnctiàhs liquides ou demi-solides (pus, athéronic, stpatome) dévelopiKV's entre les 'deux membranes internes. Enfm, rien ne prouve que Thypertrophitt et ratmphiejdes. parois des artères, que quelques personnes ^vipporient à TinHanimation chronîqoe,. aient cette origine. l
Symptàmes. — Dans Tartérite il existe kiabord des douleui*s vives le long du trajet du vaisseau; celui-ci bat souvent a^cc plus de force au début. Si rartère est superficielle, elle forme une espèce de cord(; ordinairement bosselée, inégale, tendue, réniteutc, très douloureuse à la prcmion. Commençant dans un point pins ou moins circonscrit, Tinflammation s*étencB|^ ou moins vite, et généralement elle marche dans la direction du cours du satu^fccpcndant cette règle souffre de nombreuses exceptions : upi, dans rariérite conRcntive h une ligature, l'inflammation n*aiïecte guère qu^e bout suiiérieur du vaisseau. Les hvmptômes généraux iont proportionnés à l'étendue et à l'intensité do Tinflanmiatiou : mais, en général, lorsque la maladie est simple, il n'y a (]u'im appareil fébrile médiocre et de Tanorexie.
Lorscpie le vaisseau se trouve obstrué par l'éjiancliement alhumitu^x ou ytàr la coagulation du san<;, on voit alors survenir diiïéreutf^énoi|jpRiui indiquent une interruption plus ou moins complète dans la ci^^^flBEnsi les battements diminuent de force, puis ils cessent tout à fait; on o^i^^^^jMes douleurs mes, de Tengourdissement, la paralysie, le refroidissement et nB&p*nc des parties situées au-dessous de l'obstacle*. La mortification commence praque toujours par les points les plus éloignés du centre circulatoire : ainsi, dans Tinflammation de Fartère cnirale, les orteils et le pied sont les premières parties affectées. L*artéritc est donc une des causes de la gangrène Improprement appelée spontanév ou sénite. Quand celle-ci survient par suite de la maladie dont nous parlons, on trouve toujours que l'inflammation occupe une des artères principales de la partie mortifiée. D'accord avec M. V. François, nous ne saurions par conséquent admettre, avec Delpech et Dubreuil , que la gangrène par artéritc soit le résultat ordinaire de l'inflammalion des capillaires artériels; les raisons qu'invoquent les deux savants professeurs de ^lontpellier en faveur de leur doctrine ne sont point acceptables.
Si l'oblitération, au lieu d'être instantanée ou du nooins extrêmement rapide, se fait progressivement, lentement, et si la circulation collatérale a le temps de se développer, la mortification |H)urra bien ne pas avoir lieu ; mais la nutrition étant alors souvent insuffisante, la partie diminue de volume et s'atrophie. 1^ rétrécissement du vaisseau est un accident constant, une suite nécessaire de Tartérite ; cependant, quoique enflammée, l'artère peut rester encore perméable en grande partie : c'est ce qui a lieu le plus souvent lorsque la phlegmasie atteint l'aorte et même les artères principales des membres ou de la tête. L'oblitération est, au contraire, un accident à peu près constant de l'inflammation qui atuque les artères d'un médiocre ou d'un |x;tit volume.
Diagnostic. — Nous verrons plus tard par quels caractères l'artérite se distingue de la phlébite et de la lymphangite. Le phlegmon diflcre de l'artérite par l'étendue de l'engorgement, par la tumeur qu'il forme, par la nature des douleurs dont il est le siège, et par l'absence des signes indiquant l'obstruction ou l'oblitération de l'artère.
/'roMo^/ic.— L'artérite est une affection grave, en raison surtout de la gangn^ne qui peut en être le résulut, à cause aussi des lésions organiques qu elle laisse après
DE L'AORTITE. un
die, et qui, faisant perdre au tissu artériel sa résistance et son élasticité, Texposent - aux '^rfoi'ations et aux dils^tations anévrysmales.
•J^iiologie. — Le tissu artériel est un de ceux qui s'enflamment le plus rarement. Les "caiises de Tartérite sont fort obsèdes ; le plus souvent la maladie parait être tout ii fait spontanée. On a dit que n pléthore, qu'un sang riche, qu'un régime excitant, y prédisposaient ; mais il n J a encore, h ce sujet, rien de démontré. La îbaladié succède quelquefois à des violences extérieures ; elle a été souvent consécutive à une ligature du vaisseau : Ic^-i chirurgiens anglais en citent un assez grand nombre d'exemples. Mais il n'arri^j presque jamais que Tartérite sunienne par suite de l'extension d'une phlcffl|j|rc voisine; c'est iiiOmc un fait fort remarquable de voir si souvent des phlegmgJMlifTus dénuder ]'art^re principale d'un membre dans ime grande étendue, etceuc-ci rester intacte, q.^que entourée de tous côtés par de la suppuration. L'artérite est, dit-on, plus commune chez l'honune que chez la femme : sur soixante-dix-sept cas rapportés par Tiedemann, on l'aurait rencontrée cinquante fois chez les hommes et vingt-sept chez les femmes (Lebcrt).
Traitement, — Dans le traitement de l'artérite, il faut insister sur les antiphlogistiquI^^O y a de la fièvre, on praiiquei*a une ou plusieurs saignées générales; on appIi9H||^^|â|hîet du vaisseau malade un grand nombre de sangsues ; on fera des fricti^^a^^^Hles dès le début : des cataplasmes émollients seront mis en pennaneq i^jpffineon deux fois par jour la partie sera plongée pendant plusieurs Yvmn^^^MW bain émollient ; enfin on lui donnera une ])osition convenable iK)ur ralentir le plus possible l'afflux du sang artériel, et |)our accélérer le retour du sang veineux vers le cœur. (Voir, dans le tome deuxième, les articles sur le rétrécissement et l'oblitération des artères.)
De l'aortite.
^^ous ne parlerons pas des caractères anatomiques de l'aortite aiguë et chronique, car nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit précédemment en traitant de l'artérite en général. Nous aurions, en effet, à décrire ici la même rougeur avec boursouflement, ramollissement, i)erle du poli de la membrane interne, nvec production de fausses membranes, de caillots fibrineux et de suppuration. C'est surtout dans les cas d'aortite qu'on a rencontré ces foyers purulents, que nous avons dit plus haut |H)uvoir se former dans l'épaisseur des artères. L^n des faits les plus curieux de ce genre est celui que M. Andral rappoile, dans son Anafomie ffat/tohgiqve, d'un individu qui présenta dans l'épaisseur de l'aorte une demidouzaine d'abcès ayant le volume de petites noisettes et remplis d'un pus phlegmoneux. L'inflammation occupe rarement toute l'étendue de l'aorte ; mais le plus souvent elle est limitée h sa crosse et sa ])ortion thoracique ou abdominale.
Jusqu'à présent on ne connaît aucun signe certain capable de faire reconnaître une aortite. Ainsi une sensation de chaleur ou d'un feu dévorant dans la poitrine et le ventre, coïncidant avec un i)ouIs petit et faible ; ou bien, d'après quelques auteurs, l'éniM'gie des battements de l'aorte, des douleurs sourdes et profondes sui- \antla direction du vaisseau; cnflu, des lipothymies et des syncopes, des accès >iolent8 de sulTocalion et de toux, une grande anxiété : tels sont les divers symptômes que l'on a signalés comme appartenant à l'aortite. Nous y joindrons l'apparition rapide d'un œdème étendu, accident que M. Bizot a rencontré dans te&V^v^ cas d'aortite ai^në qu'il a observés, et qui ont été ëgaleitienl àqdaV^ ww ^«kl Ak^
Ui2 DES 1^PLAMMATI0^S.
trois malades dont M. Tierfeldcr a recueilli les observaiions (1). I/aiiasarquc est donc un symptôme important capable d'appeler l'attention. lx)rs({u'elie sunient d'une manière aiguë dans le cours d'une affection fébrile, et que Texamen du cœur, du péricarde et des reins ne peut Tex^iquer, on devra alors, sinon diagno»* tiquer^ du moins soupçonner une inflammE ion de l'aorte, avec production de fausses membranes et de concrétions sanguins.. Les pulsations violentes du vaiasf ^u, que M. Bouillaud considère comme ayant une grande valeur, ont réellement y d'importance, puisque, d'après la remarque^de M. Bizot, elles ont manqué dans les cas d'aortites observés par 31. fiouillaud ll^mème. Quoi qu'il en soit, si» malgré ce que nous disons ici, quelques person^kuachaient encore quelque ▼alenr à ce signe, il faudrait bien prendre garde de nep^attribuer à une aortite ces inttements violents qu'on ob^pre quelquefois à répigfetre chez les hypochondriaques ou chez les femmes hysténques, et dont nous parlerons à l'occasion des névroses du système artériel. Enfin, le docteur Corrigau a essayé de prouver, il y a quelques années, que l'inflammation de la membrane qui tapisse l'aorte à son origine poavaît donner naissance au groupe de symptômes coimusous le nom d^anginedepoitrme^ et devait, par conséquent, être placé au nombre des causes de c^^JÊecûon formidable. Cependant les faits que le célèbre professeui^S^qMm^M|ue en fayear de son opinion ne sont pas concluants, puisque, siJ^Hjrf^HSoservations qu'il rapporte, il n'y en a qu'une qu'on puisse citer comme^H^^Dunent an eiemple d*angine de poitrine, et même, dans ce cas, il n'est pas démHHypie la lésion de l'aorte ait été réellement la cause de la maladie. L'aortite ne peut être, en effet, suivant nous, qu'un accident ou une complication de l'angine.
Le diagnostic de l'aortite chronique est plus difficile encore. Le plus souTent celle-ci n'occasionne aucun désordre, ou bien les symptômes qui en résultent se confondent avec ceux qui sont ordinairement ^rodultsjpar les lésions organiques du cœur.
L'aortite peut être suivie des accidents que nous avons vus succéder souvent à robstructiou ou à l'oblitération des vaisseaux : telles sont la faiblesse, la paralysie, l'atrophie des membres inférieurs, et même la gangrène de ces parties. L'aortite paraît être, en effet, une des causes qui produisent les oblitératîous non oongémtales de l'aorte. Certaines perforations de ce vaisseau ayant lieu surtout vers sa crosse, et déterminant une mort subite, ont aussi plusieurs fois été le résultat de la même lésion. Enfin, lorsque l'aortite aiguë ou chronique amène une diminution dans le calibre) du vaisseau, la circulation du sang est plus difficile. Ce liquide reflue alors du côté du cœur et le distend ; l'aorte rétréde ayant en outre perdu une partie de son élasticité, le cœur est obligé de se contracter plus violemment que de coutume, afin de surmonter ces deux résistances ; aussi le plus souvent finit-il par s'hypertrophier avec ou sans dilatation concomitante.
D'après ce que nous venons de dire, il est inutile d'insbler pour prouver que l'aortite est une affection grave. Si l'on pouvait la reconnaître, on devrait employer contre elle un traitement antiphlogistique énergique.
Se U phlébite en géDéral, et de qoelqnef phlébites en perticolier.
L'inflammation des veines a reçu le nom de phlébite.
Historique. — La phlébite, signalée par Arétée, fut décrite pour la première fois par John Hunter en 1793, et plus tard par Sassc et par Abemethy. L'ancienne
(i) Aiémoirti ie la SocUié mUicaU d'obêêrv.^ !• I, et Awmim'ê monatichrift, «pril 1840.