‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 8 sur 118 · PREMIER GENRE DE FIÈVRES · texte numérisé non relu

PREMIER GENRE DE FIÈVRES

BES ri˥RCS GONTIliUBS.

On nomme fièvre éphémère un mouvement fébrile plus ou moins intense, qni termine spontanément après une durée de vingt-quatre heures.

Symptômes, marche. — La fièvre éphémère n*a pas de prodromes, presque ton-* jours elle se déclare d*une manière brusque ; son début est quelquefois marqué par un frisson léger, bientôt suivi de chaleur; la face est rouge, animée, mais son expression est oatlirelle ; il y a de la céphalalgie, du lumbago et des douleurs contasivesdans les membres; la peau est chaude, mais douce au toucher; le pouls est plus ou moins large et fréquent; la soif est vive, la langue blanche et large; il n'y a point d*appétit ; le ventre est indolore et les selles sont rares ; Turine est rouge et sécrétée en petite quantité. L'exploration des cavités splanchniques et de la surface du corps ne fait découvrir nfllle part de lésion capable d'expliquer le mouvement fébrile qu'on obsene. En un mot, il n'existe aucun symptôme grave. Cependant, chez les personnes irritables, chez les femmes et les enfants surtout, on peut observer un peu de délire ou d'agitation pendant la période la plus aiguë de la maladie.

Nulle altération constante du sang ne peut rendre compte de ces phénomènes. Il résulte, en effet, de huit analyses faites par MM. Becquerel et Rodier, que, dans la fièvre éphémère comme dans la fiè> re synoquc, dont il va être question bientôt, le sang n'a subi aucun changement apparent (1).

Après avoir persisté avec plus ou moins de violence pendant six, douze oi^dixhuit heures, on voit presque toujours la fièvre diminuer d'intensité, puis cesser tout à fait apr(*s une durée de vingt-quatre heures. Il n'est pas rare cependant de la voir persister au delà de ce terme, et ne se juger, par exemple, qu'au bout de deux ou trois jours : on lui donne alors le nom de fièvre éphémère prolongée. Lorsqu'il en est ainsi, il arrive tantôt que les accidents fébriles, par>'enn8 en quelques heures à leur plus haut degré d'intensité, diminuent progressivement ; tantôt, au cx)ntraire, ils s'accroissent jusqu'au dernier jour. Dans ce dernier cas, on

(1) Chimie pathologiquft 1858, p« iSS.

k* otserre gt'-néraleiuent le soir, on |)eiidaut la nuit, un redoublement dans la fièvre, dans la céphalalgie et le malaise général.

Le retour à la santé se fait souvent sans qu'on observe aucun changement Double dans les sécrétions : cependant le plus ordinairement la diminution de la Bèvre coïncide avec l'apparition d'une sueur plus ou moins considérable, et qui nbale quelquefois une odeur désagréable ; d'autres fois les malade^ rendent une urioe briqaetée, trouble, ou bien il survient deuï ou trois selles de matiéresjaunes €t trvs fétides; enfin, et c'est une des crises les plus fréquentes, une éruption de Ttsicules d'herpès se montre sur la surface cutanée des lèvres.

En général, il n'y a pas ou à peine de convalescence; on effet, la fièvre aussitôt tooibée, l'appétit renaît avec les forces. Cependant il est quelques sujets chez k><piels la diminution de l'embonpoint et des forces n'est pas en rapport avec la maladie qu^ils vieiment d'éprouver; souvent aloi-s R rétablissement complet exige «ncorc plusieurs jours de repos et de régime. C'est ce qu'on voit spécialement cbez les jounes pubères, lorsque la fièvrc, coïncidant avec un développement rapide du corps, mérite» véritablement alors le nom de fiei^e de cmissance.

Il est des individus qui éprouvent chaque année plusieurs récidives de fièvre éphémère ; mais cela n'a guère lieu que chez les jeunes gens ; assez généralement cette disposilîoa diminue avec l'âge, etdisparaît vers la quarantième année.

Diagnostic, — Il est souvent difficile de déterminer, au moment où la fièvre oommeoce, si elle ne sera qu'éphémère ou si le malade éprouve un accès de fièvre intermittente. Cependant, si le frisson est léger, ou s'il manque tout à fait; si la ûrrre, au lieu de cesser après huit ou douze heures, 4;j)mme cela a lieu le plus sou- Te&t pour les accès intermittents, se prolonge pendant dix-huit, vingt ou vltigtqoatre heures; si elle s*est allumée sous Tinfluence d'une 4es causes que je vais bienlôt énumérer, il est probable que la maladie ne sera qu'une fièvre éphémère. Pronostic, — Le pronostic ne présente jamais de gravité. Causait. — La fièvre éphémère affecte spécialement les enfants et l(*s jeunes gens; eUe survient ordinairement à la suite de vives émotions, après des fatigues corporelles ; ou bien elle succède «i l'impression du froid, ou à une insolation, ou â un bain pris trop chaud, ou au séjour dans une atmosphère très chaude, ou bien encore à des écarts de régime, spécialement à des excès de liqueurs stimulantes. Le développement rapide du corps à l'époque de la puberté est, comme nous l'avons déjà dit, une cause fréquente de fièvre éphémère. Chaque époc|ue menstruelle réveille aussi chez quelques femmes le même accident. L'appareil \ \ihn\e qui accompagne l'établissement de la sécrétion du lait chez les nouvelles acconchées peut encore être regardé h juste titre comme une forme de fièvre éphémère. Cependant la plupart des causes que je viens d'énumérer, au lieu d'exciter une pyrexie, n'ont souvent d'autre effet que de produire une courbatore, c'est-à-dire une indisposition caractérisée par un état de malaise général, par dfs lassitudes et un dérangement dans la plupart des fonctions, sans mouvement fébrile. La courbature peut être quelquefois le prodrome de la fièvre éphémère Troitf^ment. — Le repos au lit, l'abstinence de tout aliment, l'usage de boissons délayantes ou tempérantes, sont les seuls nïoycns qu'il suffit d'employer. SU arrive que, pendant la convalescence, les mabdcs restent faibles, si l'appétit M r«\ientpaK, si les aliments déterminent de la pesanteur, si la langue est sale et ^ ventre paresseux, il conviendra de donner un laxatif, puis quelques tasses d'une iofosion amère, comme chicorée sauvage ou petite centaurée, i>our voir disparaître pramptement ces accidents.

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