‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 9 sur 118 · DE LA FIÈVRE INFLAMMATOIRE, OU SYNOQUE · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE INFLAMMATOIRE, OU SYNOQUE

Stkontmis. — Sjnoque iimplc, synochus imputris, 6cvre ardente (Quario); ~ coutiuente inflammatoire (8«lle); — sanguine (Scunerl) ; — septénaire (Plulcr) ; — irrilative (Hurdand) ; — ftugioténiqoe (Pinel); — angiocardite (BouilluHd) ; — iniljmmutuire (Jus. Franck, Chomel, etc,)«

On donne 1(î nom de fièvre inflammatoire, ou synoque, à une fièvre continue qui ne se lie ù aucune phlegniasie appréciable, qui ressemble beaucoup à Ja fièvre éphémère, el se l<;rmiiie à peu près sans convalescence vers la fin du premier septénaire et rarement plus tard.

IS'écroscojjfc, — Je \iens de dire que la fièvre inflammatoire ne s'accompagnait d'aucune lésion appréciable dafls nos organes. M. Bouillaud a cependant prétendu, aprè^ Jos. Frank, (fue celle pyrexie consistait essentiellement en une inflammation du cœur et des gms vaisseaux. Mais cette opinion ne s appuie que sur des faits incomplels ou mal interprétés; aussi n'a-t-cUe jamais été adoptée par personne. On a, en eiïel, regardé c^>nmieélant de nature Inflammatoire des i-ougeurs formées après la mort, et produites seulement par Timbibition des tissus. L'histoire anatom jqu(; de la fièvre synoque, telle qu'on la trouve encore dans la Nosographie de M. Bouillaud, n'est donc à vrai dire qu'un roman. L'anatomie pathologique» d'ailleurs, est impossible, ))uis(|uc la fièvre synoque, dépouillée de toute complicatioiii a toujours une heureuse issue.

Le sang recueilli par la plilébotomie ne présente aucune altération. Il résulte en efl'et de huit analyses que Ton doit à MM^ Rodier et Becquerel, que le sang, dans la fièvre svnoque, a sa densité normale et sa proportion d'eau; si son albumine et SOS sels ont légèrement diminué, cela est bien moins le résultat de la maladie même ((ue do la diète ù laquelle les malades ont été soumis; les globules, par contre, sont représentés par des cliifl're^ qui occupent les limites supérieures de l'état physiologique (1). Dans une analyse de MM. Andral et Gavarret on voit même que la proi^ortion des globules était augmentée; Jiiais c'est là un fait accidentel qui n'a rien de spécial u la fièvre, et qui montre peut-être seulement la prédisposition qu'ont les sujets pléthoricpies à être atteints dv. la fièvre synocfuc.

SyîN/ffô/Nf's. — La fiè\re influiumatoire se développe le plus souvent tout à coup au milieu de la santé, mais parfois elle est précédée |x?ndant un ou plusieurs jours, et quelquefois pendant une on plusieurs semaines, j)ar de la céphalalgie, par des vertiges, [)ar des tintements d'oreilles, par des éblouisscments, de la sonmolence et un état de torpeur, par la iKTtc d'appétit el par les accidents qui accompagnent la pléthore.

Le début de la fièvre est quel<iuefois indiqué par im frisson, lequel est généralement léger et de courte durée. I^ chaleur qui lui succède est prcsc^ie toujours douce et halitueuse ; le pouls, dont la fré([uence augmentée s'élève di^-tiO <i 110 pulsations, est surtout remar([uable par son ampleur, mais il est plus comnmnément mou que dur ; la face est animée; les yeux sont rouges et larmoyants; cependant les traits du visage consenent leur expression ; il n'y a jamais de stupeur, el les malades réi>ondent aux questions qu'on leur adresse avec leur vivacité ordinaire. Tx'S forces ne s(mt point prostrées. La peau ofi're une couleur rosée; les veines qui ranqHMit au-dessous d'elle sont tendues et plus saillantes ; tout le corps semble

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augmenté de volume. Cet état d*intuinesccncc est surtout remarquable à la face, àvtx paupières et aux mains. On a signalé aussi sur quelques points de la peau, spécialement sur levcntrc et h la partie supérienredt^ cuisses, des taches bleuâtres, ankH<4>es, arrondies, rarement conlluciites, ne faisant point relief, variant de ! 2 renfimètre à 1 centimètre de diauiMre, et ne disparaissant pas par la pression lin doigt. Ces taches, que 31. Davasse, surtout, a bien décrites dans sa thèse annéf:' lî^/i?), ne sont pas constantes, et leur valeur est loin d'être encore parfailemfDt établie.

Il est rare que dans l'affection dont nous parlons los malades éprouvent des duuleiini vives; cependant presque tous accusant de la fatigue et surtout ime céphalalgie plus ou moins intense, ainsi que des douleurs contusives dans les membres et dans les lombes. Ils sont en outre as<jj^upis ou tourmentés i)ar une ■SDiDiiie complète.

La respiration n'est pas sensiblement accélérée; mais l'appétit manque, la soif

ai plus ou moins vive, parfois nulle, la langue est blanche, la bouche pâteuse ; il

.fa de la constipation; les urines sont rares, très acid<;s et foncées en couleur. Le

flDff qn*OD retire par la phlébotomie se concrète en un caillot dense, le plus sou-

voit dépourv u de couenne à sa surface,

-tf'wcAe, durée, terminaison. — La fièvre inflammatoire a une marche continue tiM paroxysmes évidents : cependant on obser\e (larfois un peu d'c^xacerbation le Hîr et pendant la nuit, ainsi que cela a communément lieu dans la plupart des malafie^aiguc'^. En général, la fièvre accroît d'intensité iiendant deux ou trois jours; pns. après être restée stationnai re |)eiidant vingt-quatre ou quarante -huit heures, «fie diminue et s\*teint peu à \}e\\ ; mais cependant il est quelques malades chez ioqueU la lièvre est brus(]uemeiit arrêtée daiLs sa marche ascendante par Tapi^ariiioo de quelque crise, s|)écialenient par une héniorrhagie. Si le sujet est jeune, le ilax sanguin s<f fait communément par le ni^z; chez les indi\idusplus figi's, le sang 9t evlialé par les vaisseaux héniorrhoîdaux ; enfin, chez la femme, reiïort liémorrbagiquea lieu préférablemenl du colr des (>n;anes^énilaux. La (ièvri> inflainmakiire peut aussi se juger par des sueurs, par desselles copieuses, ou par des urines ^iimenteuses ; mais ces d(>niiùres crises semblent être moins fréquentes ici (pie dans la fièvre éphémère. La fièvre inflammatoire p<Mit se termin(M* aussi sans qn^on «èsa^c de phénomène critique; ce cas est peut -et n? même le plus commun de feriez Les anciens admettaient cpiela fiè\redont nous parlons ])ouvaiL dégénérer en hnn ^ra\e; c'est là une opinion qui ne nous paraît pas eiiœre démontrée. Nous «^^nmies au contraire porté à penser qu(* la synotjue se termine toujours favorable- ŒKHi : et ce qu'il y a de remarciuable, c'est que les malades se rétablissent avec 3Bf rapidité surprenante, (lomme nous ra\ons vu |Mmr la fièvre éphémère, ils B'rjnt pas, à proprement parler, de convalescence.

f/irsque la fièvre inflammatoire est simple, sa durée est a)urte; elle sepmiongc rart^ment au delà de cinq à sept joui*s; c'est tout à fait exceptionnellement qu'on la ^••it atteindre le onzième ou le douzième jour. (Test surtout lors(|uc la fièvre îi*'-pa>se le premier septénaire qu'on doit rechercher avec le |)lus grand soin si la iTiaiadie ne serait pas une fièvre typhoïde revêtant la forme inflammatoire, méprise qui a été très souvent ci)mmise j>ar les médecins des derniers siècles, et même par b^aucfMip de nos contemporains. Ou bien encore on recherchera si le nmuvement î*bril^ n'est pas entretenu par une phleç;masie latente développée consécutivement; car. ainsi que nous l'avons établi précédemment, la fièvre est par elle-même la unie d*ane foule d'altérations secondaires. Un mouvement fébrile, avoDs*uous d^*

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peut naître et persister plusieurs jours, iiKlé))endamment de tout travail inflammatoire local ; mais pour peu qu*il se prolonge, on pourra \oir apparaître diverses pUegmasies, suivant les prédis|)ositions organiques des sujets. On comprend parla de quelle importance il est d'explorer tous les jours les principaux organes. C'est, en eflet, dans cesphlegmasies consécutives que réside tout le danger de la maladie; car la fièvre inflammatoire, dénuée de toute complication, n*est jamais suivie, comme je Tai déjà dit, d'une terminaison fâcheuse.

Diagnostic. — Pour établir le diagnostic difl'érentiel, on recherchera si le mouvement fébrile qu on obsene est essentiel, ou s*il se rattache à quelque phlegmasie locale. On distinguera la fièvre inflammatoire de celle qui précède Téruption de la variole, de la ix)ugeole et de la scarlatine, eu ce que, dans les prodromes de ces exanthèmes, indépondammeulde la fièvre, il est quelques autres signes spéciaux que nous ferons connaître plus tard à Tocc^sion de chacune de ces maladies. On verra aussi plus bas en quoi la fièvre angioténique franche difl'ère de la forme inflammatoire de la fièvre typhoïde. Dùsous pourtant |)ar anticipation qu'on obsen'e rarement dans la synoque la céphalalgie vive et les épistaxis qui marquent le débat de la plupart des fièvres typhoïdes ; qu'il n'y a point dans la première cette prostration des forces, cette stupeur, ces troubles du côté de l'iotelligence et des sens, cette chaleur \ive, ces râles dans la poitrine, cette sécheresse et ces enduits bruns de la langue et des dents, cette intumescence de la rate, ce météorisme, ce gargouillement de la fosse iliaque, cette diarrhée, ces taches rosées qu'on observe dans les cas où les plaques de Peyer sont malades.

Pronostic. — La fièvre inflammatoire est une maladie bénigne qui a toujours une heureuse issue.

Causes. — La fièvre inflanunatoire attaque de préférence les hommes jeunes, vigoureux, d'un tempérament sanguin, qui usent d'mie nourriture succulente, et qui vivent dans la mollesse et dans l'inaction ; en un mot, elle a à peu près les mêmes causes que la pléthore. Elle débute souvent à l'occasion d'un excès de Cable ou d'une fatigue, ou après la suppression brusque d'une hémorrhagie constitutionnelle. On l'a vue quelquefois régner épidémiquement, surtout dans les lieux secs et élevés, et pendant la saison du printemps.

TraitemenL — La plu[)art des fièvrt*s inflannnatoires simples cèdent au repos» à la diète et à l'usage des boissons délayantes : cc}>endunt il est quelquefois atîie et parfois même indispensable de tirer du sang. On préférera la phlébotomie à l'application de sangsues, à moins qu'on ne veuille rappeler ime hémorriiagie supprimée. I^ force du |)Ouls, lelat pléthorique, les congestions vers les viscères importants sont les principales circonstances qui feront recourir aux émissions sanguines. Il est quelques-uns des symptômes qui réclament en outre des moyens particuliers : ainsi on calmera souvent la céphalalgie par la |M)sition demi-assise, en faisant respirer au malade un air frais, en lui appliquant sur le front des compresses trempées dans Toxycrat froid; ou q\\ étabhssant une forte dérivation sur les membres inférieurs, à l'aide de cataplasmes ou de pédiluves sinapisés. La constipation cède en général à l'usage des lavements simples ; s'ils étaient insuflisants, on aurait recours ci Tadministration de quelque laxatif doux. Si la fièvre inflammatoire était consécutive à la su))pression d'une hémorrhagie constitutionnelle, on tâcherait de la rappeler, ou Ton y suppléerait par une émission sanguine. Si enfin la fièvre sunient chez une jeune fille non encore menstruée, et chez laquelle pourtant la présence de douleurs dans les lombes, lesaines et Thypogastre, annonce l'existence d'un travail hémorrhàgique, on favorisera celui-ci par Tapplication de sangsues à

b Tijlie, |)ar les lavcincii(.s (rarnioise chauds, par des fiiinîgalîons vers les parties semelles cl en rocoavrant celles-ci de cataplasmes chauds.

D'après I Vnumération que j*ai faite des causes qui produisent la fièvre inflammjtoîrc, îl est inutile que je dise ici quel doit en être le traitement prophylactique.

^aiwtf. — On a beaucoup discuté sur la nature de la (lèvre inflammatoire ; mais celte nature nous est inconnue. Nous avons prouvé, c^intre Técole physiologique, qoeb maladie ne se rattachait h aucune phlegmasie locale. Kn trouverait-on la rai- MO dans quelque condition du sang, comme lk)CM*haave, Baumes et beaucoup d'juln-s i'iHit supposé ? C*est ce que nous ignorons. Disons toutefois que les anal%>os du fluide sanguin. fait(*s dans ces dernières années par des cxpérimeutatcurt haliiles, n ont jias justiiié une pareille supposition. ""■

ênOKtUi", — riirenitîs (Grec« ou Latins). — Fièvre peslileote, maligne, putride, bilieuse, muqaeoMoa ynt (d* la plu|iari «l^t auteurs) ; fieTre lente aerTeuse (Wiliii et Huxlium) ; fi erre adynuiniqne et etaziqae IKael': ; fièvre eiitrtii-meflenlerique (Petit et Serrée). — Dolhinentèric (Rrelonnean). — Castro -entérite (fcMimb;. — Fièvre ou aHection Ifplioîdc (Louis, Chonel, Andrul). — KnleVite foUiculcuse ^CraveiUiier» f«|eO* — Entcro-mcsenterite lyphoide (DoulUaud).

Définition. — La fièvre ou affection typhoïde est une maladie aiguë, anatomi* qneaimt raractérisée par le gonflement et une altération spéciale' des follicules iitesiiiiaux, ainsi que par lauginentation de volume, Tinjection, le ramollissement, et parfois même la suppuration des ganglions inésentériqiies œrrespondants. Ces lèwins s*acc<>inpagnent généralement pendant la vie d'une fièvre intense, de tip\oiei]ieiit, de météorisine, de sensibilité et de gargouillement dans la fosse iliaque ènjte, dedélin>, d'un état de stupeur <»t ihi prostration, et de Téruption sur la peau ir tacln^s rfisiVs, lenticulaires, et d(^ sudamina.

Parmi tous les noms qui ont été donnés à TaffcTlion que nous allons décrire, noQ^ pn:ft'roiis ceu\ de lièvn* ou d'affection tyjihoïdt*, comme ayant Tavantage de ne rien préjuger sur la nature de la maladie.

Ui^totiqucet hibliotjrnplne. — Nul doute que la fièvre typhoïde n*ait existé de ïiiat if'iups ; c'est ce dont on peut se convaincre v\\ lisant les nombreuses descrip- QriDs que les auteurs les plus anciens nous ont laissées sur les lièvres graves. Etrangers aii\ recherclies (ranatomie patliologiqinr, ne sVn rapportant qu'à l*état 3Aiiip((imatir|ue, c*est-à-dire aux |)héi]omènes extéi'ieurs, |KKir caiMctériser les maladie, ils ont si»u\ent C(mfondu sous la même dénomination des affections essenjfilfnK'nt distiircti*s quant à leur siège et \\ leur nature ; d\iutres fois, d*une même :Laladie. ils ont créé autant de maladies s{>éciales cpie les caractères extérieurs [Vfflvaiijit rc;>r^irde physionomies di\ erses, ("est ce <pron remarque en part icu- Wt iiour la fiè\re typhoïde, qui était appelée innammaloiix», maligne ou putride par k-s» lins, bilieuse ou muqueuse par les autres, sui\ant la prédominance de tel f^ tel appareil de symptômes, et sans (pie la lésion locah» fût diiïéren((\ Mais les aAleciiLS d<inl je ])arle ira\aient ps su la décoiis rir. Si de t(Mni)s en temps(|uelqueS' !i*^ d'entre eux, tels que Raillou et Kaglivi, ont essa\é timidement de localiser les .Vvn*s essentielles; si plusieurs autres ont trouvé d(»s altérations de nature inflamn'iNiin? dans les intestins des su jets cpii succ()mbaient à ces maladies, il ne faudrait :ià<. Vantorlser de ces \ag(ies indications pour faire remonter la connaissance des oiofts propres à la liè\re t\phoï<l<*. j(* ne dirai pas aux temps les plus reculés, mais »^ieànne époque assez voisine de noiis. Toutefois, dans son />///>' drs /if-vrcs ^ave$ qni régnèrent à Uochefort en lOU/i, Chirac avait |x>sitivement annoncé "

2ft DES FIËVRES.

plaques forment une saillie plus considérable que les précédonlcs; elles sont dures et offrent au loucher une résistance élastique. Si on les incise dan§ loute leur épaisseur, on reconnaît que le tissu cellulaire sous-niuqueux, au lieu d être simplement enflammé ou hypertmphié , comme dans la première variété, se trouve ici transformé dans loute ou presque toufe la longueur delà plaque en une matière homogène, d'un blanc jaunâtre, ferme, cassante, friable, lisse, brillante k la coupe, et ayant de û h 7 millimètres d'épaisscm-. La mu(pieiise offre les mêmes altérations que dans les plaques molh's. Les plaques dures se rencontrent sur le tiers à peu près des indi\idus qui succond)ent, et ellrs constituent une lésion plus grave que les plaipies moll(*s.

Ia»s follicules isolés présentent exactement les mêmes altérations que les glandesdc Peyer; il y a seulement cette ^fférence que, dans les premiers, la matière jaune élasticfue a la forme d'un cône. Presque toujoui-s les deux ordres de follicules sont simultanément atteints, mais le plus souvent ils le s(mt d'une manière inégale.

Il arrive fré(iuemment qu'on rencontre des plaques elliptiques formant peu de relief, sans dureté aucuni\ mais n^uarquables à leur surface par un piqueté bleu tout à fait comparable h celui d'une barbe récemment fuite. Ce pointillé noir est regardé par quelques auteurs, et en particulier par le professeur Forget, connue un état pathologique, comme une forme de Taltération typhoïde; mais des faits nombreux nous ont appris que cette disposition ne constituait qu'une variété anatomique des plaques, et qu'on Tobsenait indistinctement chez les sujets emportés par toute espèce de maladie aiguè ou chnmique.

i'icêi^otiom, — C'est du neuvième au douzième jour qu'on commence à observer l'ulcération des follicoles malades. On a rencontré pourtant cette lésion à une ép(M[ue plus rapprochée du début. M. Boudet, par exemple, Ta vue une fois aiisixième jour. Mais les faits de ce genre sont extrêmement rares. L*ulcération folliculaire se forme de deux manières différentes : tantôt elle commence par la muqueuse et s'étend consécutivement «i la plaque, qu'elle détruit peu à peu ; d'autres fois, au coiitraire, un travail de ramollissement ou de gangrène frappe d'abord la matière jaune de la plaque, et s'étend connécutivement à la membrane muqueuse, qui se détache par lambeaux avec la substance de la plaque. Dans quelques cas, la mortification des follicules est tellement prompte, le travail d'élimination est tellement rapide, que la membrane muqueuse qui les recouvre reste intacte tantôt en totalité, le plus souvent partiellement, et forme alors des brides qui retiennent plus ou moins longtemps la matière jaune ou les eschares près de se détacher. Les deux modes d'ulcération que je viens d'indiquer peuvent se rencontrer sur le même individu, et sont communs aux deux ordres de follicules.

I^^s ulcéi*ations cpii succMent à la destniction des follicules varient beaucoup entrt* elles. Celles qui siègent sur les plaques de Pe^er sont ovalaircs ou cliiptiqiK's, et iM'uvent avoir de 7 à 9 centimètres de longueur ; celles, au contraire, qui sont fornuVs aux dépens des follicules isolés sont beaucoup plus petites ; elles sont circulaires, et semblent avoir été produitc*s par un emporte-pièce. En général, elles représentent exactement la forme des follicules qu'elles ont détruits; quelquefois |K)urtani elles en diffèrent, ce qui fait supposer que le travail ulcératif s'est pnq)agé au delh des limites du follicule. II est des uIc^Tations dont les bords sont durs, épais et saillaiîts ; d'autres les ont extrêmement amincis ; la muqueuse est tantôt décollée dans tout leur pourtour et à une distance de 5 ou 7 millimètres; tantôt, an contraire, les bords sont adhérents. Le fond de l'ulcère, rouge, brunûtrc ou d'un gris ardoisé, est plus ou moins granuleux, ou bien ii est lisse. On y dis-

tincue soavent la tunique musculeusc h\portrophi(!'^e ; d'autres fois, celle-ci ayant été déimite, le fond de Tulcèrc n*est forme que par le péritoine. Enfin, sur un cenain nombre dé sujets qui succonil)ent, on trouve le |)éritoine lui-même perforé, soit par rextension.à celle membrane du travail ulcératif, soit par suite de la fermation et de la chute d'une eschare. Dans l'un et l'autre cas, il y a des ma- >jvs stercorales épanchées dans le ventre, et l'on constate les altérations caractéristiques d'une péritonite partielle ou générale. Ces perforations intestinales cornspondent en général à une petite ulcération ; elles sont simples ou multiples ; dks ont rarement plus de 7 millimètres de diamMre ; elles siègent communément dans les» S ou /i derniers décimètres de l'intestin grole, se forment presque toujoorb da douzième au quarantième jour de la maladie, et se rencontrent |)eut-étre phb souvent dans les cas où les plaques altérées sont iseu nombreuses que lorsqu'on en cnnipte beaucoup, comme si raiïection gagnait alors en profondeur ce qu'elle ferd en étendue.

Le nombre des plaques malades varie de 1 à 30 ou /lO. En général, on trouve chez lo mC'Uie sujet la plupart des altérations que je viens de décrire. L'examen adavérique a démontré que les plaques les plus voisines de la valvule iléo-cxcale 9Qot celles qui s'affectent les premières : aussi est-ce dans ces points qu'on rencontre les altérations les plus graves et les plus avancées ; en remontant du ca?ciun «en le duodénum, les lésions diminuent progressivement de gravité. L'altération éa follicules isolés n'existe, en général, que dans les deux derniers pieds de l'intatin grêle.

Lorsqu'on examine le petit intestin des sujets qui ont succombé après six seon deux mois de maladie, on trouve les bords des ulcérations affaissés et ; le fond est gris ardoisé, déprimé, brillant, poli, revêtu d*une pellicule % lisse, sans villosités, et d'aspect séreux : c'est une véritable cicatrice. Mais, ui bout de quelques mois, ce tissu de nouvelle formation a subi tout à fait la transformation muqueuse, et ne peut plus être distingué des parties voisines. Les flaques qui n'ont point été ulcérées se sont affaissées ; elles sont d'un gris bleuâtre H assez consistantes, parfois froncées et comme ratatinées. Suivant M. (^boinel, ks plaques dures seraient seules susceptibles de rcs()lution. Nous croyons pourtant que les plaques molles présentent ce mode de terminaison plus fré<[ueniment peutêtre, à l'exception cependant de la variété que nous avons appelée réticulée, et dais laquelle il semble qu'il y ait déjà destruction du tissu.

Les matières contenues dans l'intestin grêle sont presque toujours fluides, jaunâtres, parfois mêlées de sang. On peut y trouver aussi divers eutozoaires, tels fie des lombrics et des trichocéphales. Ces derniers, qui habitent le ca;cum, se %oot rencontrés chez tous les sujets qui succombèrent dans Tépidémie de (lœttingue. M. Chomel croit aussi qu'on les trouve assez fréquemment k Paris ; mais rria n'a guère lieu que dans le cours de certaines constitutions médicales.

2* Ganglions mésenlériques, — Les ganglions • mésonlériques sont presque toqîours altérés dans la fièvre typhoïde ; mais l'affection ganglionnaire varie suivant répoque à laquelle les malades ont succombé. Du cinquième au quinzième Mir, les ganglions ont augmenté de volume; ils ont la grosseur d'une aveline; ils «ot d'un rose tendre ou d'un rouge foncé, ramollis et friables. Du quinzième au ^insiième jour, cette altération est encore plus marqure, et il n'est pas rare alore, inrsquon incise ces organes, de trouver des i)oiiits jaunâtres de supjMnatioii disséoiinés dans leur tissu ; mais il n'arrive presque jamais (pie le piis soit réuni en fever. M. Louis n'eu cite qu'un seul exemple. Du vingtième au trentième jour, les

ganglions diniinuenl de volume; ils prennent une (einle hninàtrc ou violacée; enfin, après le trentième jour, ils dcAicnn^it grisfitres, ardoisiVs, et aapiièrent plus de consistance. L'altération des t]jani;lions est prcscpie toujours en rap[>orl avec celle de Tinlestin ^rôle : c'est ce (|ui e\))liqiie ponr(|uoi les ganglions les plus malades sont ceux cpii axMsinrnt de plus près Ir caTiuu.

Les ganglions nièsocolirpies piMi\ eut être altrrès, mais ils le sont beaucoup moins i[\\v 1rs ganglions mèseiilriitpies. Les premiers, en effet, n*ont été trouvés malades que chez les trois ((iiaris des sujets en\iron, et dans tous les cas leur altération de volume, de eoti.sistanre el de couleur, était beaucoup moindre que celle des ganglions du mésentère, (pii .sont, a\ons-nous dit, toujours ou presque toujours malades.

y lia te. — (ihe/ la |)lupart des sujets emportés du cinquième an vingtième ou Tingt- cinquième jour de la nèvre typhoïde, on trouve la rate doublée, triplée ou cpiadruplée d(> \olume. lin même temps son tissu, qui est couleur lie de vin foncée, est tellement ramolli, «pie parfois il sullit <le la plus légèn» pression |X)ur le réduire en bouillie. \ous nMicontrerons ces lésions de la rate dans quelques autres maladies fébriles ; mais, si Ton en e\cept(? peut-Otrc les iiè\res pernicieuses» on ne les trouve null<^ part ni aussi fréqu(Mitesui aussi marquées que dans ralTeotion typhoïde.

Le,s lésions qu*il nous reste à étudier maintenant sont toutes celles qui, appar- tenant moins spécialement que les précédentes à la maladie, ne se rencontrent qqe dans un certain nond)re. de cas : aussi n'ont-elles \yà\\\. la même valeur que celles dont nous venons de parler.

1" Organes digestifs. — Le |)haryn\ el IVesophage n'offrent rien autre à noter que quelques fausses membranes ou une infiltration puridente du tissu sous-muqueux, ain.si que quelcpies (X'iites idcérations suiK'rficielles [ie\i nombreuses qu*on rencontre dans le sixième des cas, à la partie inférieure de ces deux conduits (Ix)uis). (ics ulcérations sont plus rares dans l'estomac; on ne les rencontre en effet que chex un douzième. La meud)rane nmqueuse de ce viscère est en outre phis ou moins ramollie et amincie chez la cincpiième partie <les sujets (Louis). La tunique nnupieuse de l'intestin grêle est souvent intacte dans l'intenallc des plaques malades, dépendant, dans les trois ou quatre cinquièmes des cas environ, on la trou\e plus ou moins injectée el ramollie, sintout chez les individus qui succomlx^nt dans les deux premiers septénaires. Chez ceux, au contraire, qui sont em|>orlés après le \ingtième jour, la nmqueuse dont nous parlons offre une bonne consistance ; elle présente- seulement une coloration gri.se ou ardoisée, suite probable de l'injection qui a existé ù une |)ériode moins avancée. (liiez la plupart des individus em|)ortés par la fièvre typhoïde, on rencontre aussi quelques lésions dans le gros intestin : c'est ainsi que, dans les tn)is quarts des cas, M. Louis note un ramollissement de la nmqueuse du ciccum et du côlon, avec ou sans injection et épaississement. Sur un cinquième des cadavres <*xistent encore des cryptes isolés, lenticulaires, les uns a|)latis el blanchâtres, les autres niuges, ulcérés. Les ulcérations du gros intestin ne siègent pas exclusivement sur les follicules; mais un grand nondm» existent dans Tinlerxalle de ceux-ci et sont uniquement formées par l'érosion de la nmqneiise. (les ulcères sont rarement cicatris('>s, même lorsque \v.s malades succombent à une époque éloignée; ce (pii prou\(* qu'ils se dévelop|)ent longtemps aj)rès ceux de rintestin grt^le. l*our terminer, nous dirons que 3LM. Cliomel et (ienest ont parfois rencontré mie infdiration sanguine du tissu cellulaire sous-muqueu\ chez des sujets qui avaient eu une hémorrliagic intestinale daus les

ilrmifrs jours de la vie. Je n*ai [)as encore constaté moi-même cette altération dan» les cas semblables, quoique je Taie recherchée un grand nombre de fois. Tout re que j'ai vu, c'est une imbihilion panielleou générale des membranes, l*>rïrf[ue le sang exhalé dans les derniers temps de la vie a été retenu dans l'intestin. Ou comprend que ce n'est là qu'un phénomène purement cadavérique.

2' Foie, — Le foie n'offre rien à noter, si ce n'est un certain degré de ramoliÎ!»£emenl chez la moitié des sujets. La bile est généralement très fluide.

3"= Let organes génito-urinaires sont pri'sque loiijoui-s sains, à part un peu de ramollissement du tissu rénal. Cependant, dans (|uel()uos épidémies, on a trouvé |varfois des altérations plus ou moins graves vers la V(>ssie : c'était le plus souvent une gangrène plus ou moins étendue, ainsi que cela résulte d'uu travail de M. Cossy, iaséré en 18^3 dans les Archives de médecine,

ft* Organes respiratoires, — Les poumons sonlPpIus ou moins altérés dans la irande majorité des cas (dans les deux tiers environ). Ils s(mt parfois seulement fngoDés, ou bien on y remarque les lésions caractéristiques de la pneumonie au \ premier ou au deuxième degré. L'induration envahit tantôt un ou plusieurs lobes Boifonnéiiient; d'autres fois elle est disséminée sous forme de noyaux (pneumonie bbulaire) ; mais la lésion la plus communes est celle que nous étudierons plus tard (article Pneumonie) sous le nom de splénisation. Quelques personnes l'ont regardée camiie spéciale k la fièvre typhoïde ; mais c'est k tort, car on la rencontre presque dans la inémc proportion chez les sujets emportés {)ar les autres maladies aiguës. » N. Sazin, qui a étudié avec som, dans sa thèse (année 1836), les lésions que la fii*Tre typhoïde produit dans les poumons, a signalé au.ssi la fonnation, dans ces organes, de noyaux ai)oplectiques, cpie nous avons, en effet, rencontrés plusieurs Ims Dous-mêmc. Indépendamment des lésions pulmonaires dont nous venons de parier, M. liouis a noté aussi quelquefois des ulcérations à l'épiglotte et au larynx ; mais celles-ci sont moins fréquent(*s que celles que nous avons déjà signalées dans le pharynx et dans l'œsophage.

5' Organes circulatoires, — Chez boancx)up de sujets (au moins la moitié), on trouve le cœur plus ou moins ramolli et décoloré, et surtout lors(|ue la mort a lieu à une époc{ue |)eu éloignée du débuL (^(^s altérations d'ailleurs n(> se remarquent pas dans les muscles de la vie de relation, qui conservent leur couleur et leur conMstance normales. Si la surface hi((*rne du c<cur et des gn)s vaisseaux est souvent colorée en rouge foncé, il faut l'attribuer, non pas à l'inflammation, mais à DUC simple imbibition cadavérique qui se produit ici d'autant plus aLsément que le sang est, <ians un grand nombre de cas, tout à fait fluide, ou réuni en caillots noirâtres et mous.

6" Centres nerveux, — I-es centres nerveux sont rarement affectés d'une maoître pitifonde. On ne note le plus souvent qu'un peu de piqueté et une diminution de consistance du cerveau ; euGn, il y a conununément une infiltration sousarachnoïdienne dont l'abondance (»t généralement en rapport avec la longueur de l'agonie. Ces résultats ne sont guèic; d'accord avec ce (pi'on dit dans (pielques pays d'ontre-llhin. A Berlin, par exemple, le docteur Grossheim prétend que la fièvre iiplioîiie se complique toujours d*une inflainmalion de la iiioeIi(s altération à la- '{D^le h'S auteurs allemands rapportent ime foule d'accidents de la maladie, tels <pie rabattement, la faiblesse, les évacuations involontaires, etc. ; mais cette opinion n'a aucune espèce de fondement.

V Organes des sens, — Nous \ errons bientôt que la plut)art des individus aieints de fièvre typhokle ont de la surdité. Cet accident se lie communément à

des lésions matérielles de l'oreille, c'est ce que j*al vérifié plusieurs fois : mais c*esl . un fait qui a été récemment mis en lumière par le docteur Passavenl, de Francfort. Ayant examiné un grand nombre de rochers sur des sujets morts dans le cours d'une fièvre typhoïde, et cpii avaient ofl'ert pendant la vie divers troubles de louïe, ce médecin a toujours rencontrédans roreiIlein(ernedei> lésions proportionnées aux altérations fonctionnelles. Ainsi, la membrane du tympan était rouge, épaissie ; le conduit auditif injecté; la caisse et les cellules mastoïdiennes contenaient un nmcus épais, et la trompe d'Kustache était rouge et engorgée. 11 n'y a pas jusqu'au labyrinthe qui n'oiïrîl quehjuc lésion, mais moins constamment que les autres parties. Ces désordres anatomiques sont, pour aiiLsi dire, spéciaux à la fièvre lyi)hoîde ; M. Passavent, en effet, ne les a |)oint constatés chez les individus morts de toute autre aflection [Gazait o mâdicalc de 1851, p. 11).

8" État du sang pendant la vie. — Les médecins humoristes admettaient pour la plupart que le sang était profondément altéré par la fièvre typhoïde ; mais les recherches des' auteurs modernes, celles surtout, si nombreuses et si exactes, qui ont été faites par MM. Andral, I/)uis, Chomel, Gencst et Forget, ont prouvé depuis Iongteni()s que nous ne connaissons encore aucune altération du sang qui soit spéciale à la fièvre typhoïde. Il est vrai que, dans cette demiènî affection, le liquide n'offre pas, en général, l'aspect qu'il présente dans quelques autres maladies, comme la pneumonie, et surtout le rhumatisme. Dans la fièvre typhoïde, en effet, le caiUot est moins dense ; la couenne, quand elle se forme, est moins épaisse et moins consistante, et se lie peut-être toujours à une complication phlegmasique, cx)mmc tendent à le démontrer les recherches de M>l. Andral et (îavarret. >Iais l'absence des caractères franchement inflammatoires ne présente rien de caractéristique, et qu'on ne retrouve en même tem|)s au même degré et aussi fréquemment dans plusieurs autres états morbides. Nous dirons même que la diffluence du sang, que son état caillel)oté ou sirupeux, que M. Bouillaud (le seul peut-ôtre aujourd'hui) regarde encore comme caractéristique de la fièvre tt/phoïdcj et ne pouvant être observé dans aucune autre maladie ^ a été, au contraire, rencontré par tout le monde dans la plupart des affections que l'on traite par la saignée, et cela prescpie aussi souvent que dans la fièvre typhoïde elle-même. (le que je dis s'appli(|ue à toutes les périodes de la maladie ; ainsi il n'est pas exact de prétendre que dans le troisième degré le sang est toujours diflluent, puisque nous avons vu qu'il n'était pas tel sur tous les cadavres. D'ailleurs, M. Forget, qui, comme !^1. Bouillaud, saigne à toutes les périodes de la maladie, a trouvé que sur vingt-huit saignées faites dans le troisième septénaire et au delà, le caillot n'avait été ramolli que dans un septième des cas. Non-seulement l'altération appréciable du sang dans les différentes périodes de la fièvre typhoïde n'est {vas le fait le plus général ; non-seulement, lorsque cette altération existe, elle n'a rien de spécial (m de caractéristique, mais encore elle n'est pas nécessairement proi)ortionuée à la gravité des accidents, et elle n'est pas toujours en rap()ort avec les ])éri(Mles de la maladie.

Je ne prétends |)as dire cependant que le sang ne soit \mni altéré dans la fièvre typhoïde, mais je veux seulement établir que cette altération doit être recherchée ailleurs que dans les simpl(*s apf^arences extérieures : or, même en soumettant ce liquide aux ex|KMienres chimiqui^s, ainsi cpie MM. Andral et (iavarn^t l'ont fait, on ne trou\e autre chose cpie l'altération cpii existe dans toutes les autres pyrexies, c'est-à-dire la conservation de la fibrine dans ses pro))ortions normales, ou la diminution de ce princit)e. MM. Becquerel et llodier concluent également de leurs

rprl>ertli(*s que, dans les fièvres typhoïdes, le sang ne présenté aucun caractère trjiJohL\ positif, constant : ainsi au début de raiïection il n*y aurait, en général, d'aprrs ou\, aucune altération du sang, mais dans des cas très aigus pourtant et quand il existe «une prostration considérable et des hémorriiagies, on ubsenerait mit' diuiiiuition siianltanée des trois principaux éléments de ce fluide, et en particulier une diminution de la fibrine. Plus tard, cependant, lorsque la maladie est conlirmêc, les globules et Talbumine diminueraicnl sous l'influence de la diète et (ifs }K'rtPS subies par les malades (épistaxis, diarrhée, (^tc. ), la fibrine resterait normale (Hi bien elle diminuerait lorsque la maladie s*aggra\e et surtout lorsqu'elle ^•complique d'accidents adynamiquiH} (l).

La diminution de la fibrine du sang coïncide donc toujours, ainsi que nous Tarons dit pn'H^édemmeni (p. 13), avec l'apparition de symptômes graY(*s. C'est alors aussi que le sang retiré de la veine se prés(!UiA dans cet élat de diflluence dont nous avons |)ar1é. Le caillot est large, son volume est en rap|)ort inverse avec a densité ; ce qui tient d'une part à ce qu'une portion du sérum n'a pu être opriméc, et l'autre à une augmentation du nombre <les globules, surtout dans in premiers temps de la maladie. Suivant M. Andral, ceux-ci, en efi'et, loin de diminuer comme le fait la fibrine, peuvent être, au contraire, beaucoup plus abondants. Cette surabondance des globules n'est pas ])onrtant un caractère de la maladie, mais elle dépend de ce que la fièvre typhoïde atteint très fréquemment des iadhidus qui, par leur âge et leur constitution, sont dans un état de pléthore plus on moins coasidérable, état qui, comme nous le verrons plus tard, est surtout caractérisé |)ar l'augmentation des globules du sang. Notons enfin que l()rs{[ue la 6è\rp typhoïde se complique de quelque phlegmasie grave, telle qu'une pneumonie, la quantité de fibrine augmente, ainsi que cela a toujours lieu dans les inflam- DtatioDs; mais cette augmentation, comme nous le dirons plus tard (voy. Inflamui'.tùju «H ffénérûi, ctat du sang), est moins considérable que si la phlegmasie était primitive.

/-*'.v aUérutions dans la fièvre typhoïde di/fêrent-elles suivant les âges ? — b'N résultats fournis par i'anatomie pathologique diffèrent peu chez l'adulte et dans le jeune âge. 11 résulte, en elîet, des recherches de >]>!. llilliet, Barthez et Taupiii, (pie ch(>z l'enfant la fièvre typhoïde a les mêmes caractères anatomiques q..4* chez l'adulti*, et que chez l'un connue chez l'autre les lésions secondaires sont «Calcinent fréquentes; il paraît seidement, d'après les deux premiers auteurs, que {•■s nlcérations des follicules sont moins nombreuses, moins larges et moins proftmdes, et qu'elles se forment plus tardivement chez l'enfant que chez l'adidte ; f nfin, les tissus membraneux ont moins de tendance à s'ulcérer chez le premier que cli«*z h* second.

Valeur des altérations dans la fièvre ty[tho\dc. — - Dans les nombreus(\s altérât if uis cpic nous venons d'énumérer, il en <îst deux, relie des placpies et celle des ^an^lioriM, qui, étant constantes, ou presque constantes, forment le caractère anaronu'qiio de la fièvre typhoïde. 1^ lésion des follicules isolés et agininés est surtout remarciiiable, en ce qu'on ne la rencontre Jamais avec les carncti'res que nous lui (":ons nasignés dans aucune des mala/lies a ignés on chroniques actuellement ^'.itnu' s. On a dit pouHant que dans la scarlatine, dans le choléra et la phthisie, les r.JIiciiles pn'^entaient des altérations analogues à celles de la fièvre typhoïde; mais, cranme on le verra plus lard aux articles consacrés à ces maladies, la lessemblance

fl) lYai lé de chimie patkolo§iifue, p. 137.

des lésions matérielles de l'oreille, c'est ce que j'ai vérifié plusieui's fois : mais c'est . un fait qui a été récemment mis en lumière par le docteur Passavent, de Francfort. Ayant examiné un grand nombre de rochers sur des sujets morls dans le cours d'une fièvre typhoïde, et qui avaient offert p(»ndanl la vie divers troubles de louïe, ce médecin a toujours renrontrédans l'oreille inlernedes lésions proportionnées aux altérations fonctionnelles. Ainsi, la membrane du tympan était rouge, épaissie ; le conduit auditif injecté; la caisse et Ips cellules mastoïdiennes contenaient un mucus épais, et la trompe d'Eustache était rouge et engorgée. 11 n'y a pas jusqu'au labyrinthe qui n'oiïrît quehpie lésion, mais moins amstamment que les autres parties. Ces désordres anatomiques sont, pour ainsi dire, spéciaux ci la lièvre typhoïde ; M. Passavent, en eiïet, ne les a point constatés chez les individus morts de toute autre aiïection (Gazette médicale de 1851, p. 11).

8* Ktat du sang pendant la vie. — Les médecins humoristes admettaient pour la plupart que le sang était profondément altéré par la fièvre typhoïde ; mais les reclierches des' auteurs modernes, celles surtout, si nombreuses et si exactes, qui ont été faites par MM. Andral, Louis, Gbomel, Genest et Forget, ont prouvé depuis longtemps que nous ne connaissons encore aucune altération du sang qui soit spéciale à la fièvre typhoïde. Il est vrai que, dans cette dernière afTeclion, le liquide n'offre pas, en général, l'aspect qu'il présente dans quelques autres maladies, comme la pneumonie, et surtout le rhumatisme. Dans la fièvre typhoïde, en effet, le caillot est moins dense ; la couenne, quand elle se forme, est moins épaisse et moins consistante, et se lie peut-être toujours à une complication phlegmasique, comme tendent à le démontrer les recherches de MM. Andral et Gavarret. Mais l'absence des caractères franchement inflammatoires ne présente rien de caractéristique, et qu'on ne retrouve en même temps au même degré et aussi fréquemment dans plusieurs autres états morbides. Nous dirons mémo que la diffluence du sang, que sou état caillehoté ou sirupeux, que M. Bouillaud (le seul peut-être aujourd'hui) regarde encore comme caractéristique de la fièvre tijphoïde, et ne pouvant être observé dans aucune autre maladie^ a été, au contraire, rencontré par tout le monde dans la plupart des affections que l'on traite |)ar la saignée, et cela presque aussi souvent que dans la fièvre typhoïde elle-même. (îe que je dis s'applique à toutes les périodes de la maladie ; ainsi il n'est pas exact de prétendre que dans le troisième d(^ré le sang est toujours diflluent, puisque nous avons vu qu'il n'était pas tel sur tous les cadavres. D'ailleurs, M. Forget, qui, comme M. Bouillaud, saigne à toutes les périodes de la maladie, a trouvé que sur vingt-huit saignées faites dans le troisième septénaire et au delà, le caillot n'avait été ramolli que dans un septième des cas. Non-seulement raltération appréciable du sang dans les différentes i)ériodes de la fièvre typhoïde n'est pas le fait le plus général ; non-seulement, lorsque cette altération existe, elle n'a rien de spécial ou de caractéristique, mais encore elle n'est pas nécessairement pro|)ortionnée à la gravité des accidents, et elle n'est pas toujours en rapport avec les ])éri(Mles de la maladie.

Je ne prétends pas dire cei)endant que le sang ne soit point altéré dans la fièvre typhoïde, mais je veux seulement établir que cette altération doit cire recherchée ailleurs que dans les simples apparences extérieures : or, même en soumettant ce liquide aux exiM^riencos chimiqu(»s, ainsi que MM. Andral et Gavarret l'ont fait, on ne trouve autre cht)se que Taltératiim qui existe dans toutes les autres pyrexies, c'est-à-dire la conservation de la fibrine dans ses pmj)ortions normales, ou la diminution de ce princi|)e. MM. Becquerel et Uodier concluent également de leurs

rechenlies quo, daas les fièvres typhoïdes, le sang ne présenté aucun caractère trjnchO, positif, constant : ainsi au début do TafTcction il n*y aurait, en général, d'j{»rO!i eux, aucune altération du sang, mais dans des cas très aigus pourtant et qaand il (.'\istc4ine prostration considérable et des hémorrhagies, on obser\'erait une diminution simultanée des trois principaux éléments de ce fluide, et en particiiliiT ime diminution de la fibrine. JMus tard, cependant, lorsque la maladie est niufimiée, les globules et Talbumine diminueraient sous l'influence de la diète et il<.-s (KTtes subies par les malades (épistaxis, diaiTliée, etc.), la fibrine resterait normale oa bien elle diminuerait lorsque la maladie s*aggra\e et surtout lorsqu'elle se complique d'accidents adynamiques (1).

La diminution de la fibrine du sang coïncide donc toujours, ainsi que nous ra\oas dit précédemment (p. 13;, avec l'apparition de symptômes graves. C'est alors aussi que le sang retiré de la veine se préseniA dans cet état de diflluence dont nous avons i)arlé. Le caillot est large, son volume est en rap|)ort inverse avec sa densité ; ce qui tient d'une part à ce qu'une portion du sérum n'a pu être cipriinée, et l'auUre à une augmentation du nombre des globules, surtout dans In promiers temps de la maladie. Suivant M. Andral, ceux-ci, en eiïet, loin de diminuer comme le fait la fibrine, peuvent être, au contraire, beaucoup plus abondantSb Cette surabondance des globules n'est pas pourtant un caractère de la maladie, mais elle dépend de ce que la fièvre typhoïde atteint très fréquemment des individus qui, par Jenr âge et leur constitution, sont dans un état de pléthore plus on moins coasidérable, état qui, comme nous le verrons plus tard, est surtout caractérisé |>ar l'augmentation des globules du sang. Motons enfin que lorsque la fiè^Ffî typhoïde se complique de quelque phlegmasie grave, telle qu'une pneumonie, la quantité de fibrine augmente, ainsi que cela a toujours lieu dans les inflammations; mais cette augmentation, comme nous le dirons plus tard (voy. Inflammnthju i-n générai, état du sang), est moins considérable que si la phlegmasie était primitive.

L^'.< altérations dans la fièvre typhoïde diffèrent-elles suivant les âges ? — Lts résultats fournis par l'analomie pathologique diffèrent peu chez l'adulte et dans le jeune âge. H résulte, en effet, des recherches de !>]>!. Ilillict, Barthez et Taupiii, que chez lenfant la fièvre typhoïde a les mOmes caractères anatomiques q.ir cIk'z Tadultc, et que chez l'un comme chez l'autre les lésions secondaires sont ( -^ak-inent fréquentes; il parait seulement, d'après les deux premiers auteurs, que l«^s ulcérations des follicules sont moins nombreuses, moins larges et moins profondes, et qu'elles se forment plus tardivement chez l'enfant que chez l'adulte ; enfin, les tissus membraneux ont moins de tendance ù s'ulcérer chez le premier que chez le second.

Valeur des altérations dans la fièvre typ/toïde. — Dans les nombreuses altérai ii>ns (lue nous venons d'énumérer, il en est deux, celle des plaqu(»s et celle des ^an^lions, qui, ét-int ci)nstantes, ou pres<jue constantes, f(»rment le caractère anatoniic|uede la fièvre typhoïde. 1^ lésion des foHIculc^ isolés et agminés est surtout rcnjarquable, en ce qu'on ne la rencontre jamais avec les caractères que nous lui fiCtyns a.mgnés dans aucune des maladies nignès on rhroniqups nctuollement *f*nnnc$. On a dit pouilant que dans la scarlatine, dans le choléra et la phthisie, les follicules pn!sentaieiit des altérations analogues h colles de la fièvre typhoïde: mais, a)iiinie on le verra plus tard aux articles consacrés à ces maladies, la ressemblance

(i) TYaité de chimie pathoh§iifU€y pi 437.

est tellement grossière, qu'elle ne pourrait en imposer qu*aux personnes qui sont presque étrangères aux recherches d'anatomie pathologique. Ainsi la lésion des follicules intestinaux est propre à la fièvre typlioïde. Il n'en est pas de même de celle des ganglions mésentériques, qu'on a trouvés altérés au môme degré dans la peste et dans la dyscntéiie, etc. dépendant nous dirons que, si la lésion des ganglions n'est pas aussi pathognomonique de la fièvre typhoïde que l'altération des plaques, elle n'en constitue pas moins un caractère anatomique précieux, en raison de sa constance dans presque tous les cas de fièvres graves. Il en est de même des altérations de la rate, qui, bien (lue ne se montrant point constamment ni exclusivement dans la maladie ty))lioïd(s ne se retrouvent pourtant dans ancune autre afiéction (les fièvres interm jttentes exceptées) ni aussi fréquentes ni aussi marquées. lies ulcérations que nous a\ons notées assez souvent du côté du pharynx, de Toesophage, de l'estomac et de l'qliglotte, offrent encore, juscju'à un certain point, quelque chose de propre à l'aiïection typhoïde, puisque M. Louis a prouvé que de pareilles lésions se rencontrent à peine dans le cours des autres maladies aiguës. Il n'y a guère, en eiïet, (pie la fièvre typhoïde dans laquelle les tissus membraneux aient une aussi grande tendance à s'ulcérer.

Quant au ramollissement du cœur, des parenchymes et des muqueuses, ce sont des lésions secondaires qu'on obscne presque dans la même proportion chez les sujets emportés par les autres maladies a^uës. Nous avons prouvé en outre, précédemment, qu'elles dépendaient de l'appareil fébrile, et qu'elles étaient proportionnées à sa durée et à son intensité.

Nature des altérations. — Parmi les lésions anatomiques que nous avons énumérées, il en est qui sont le résultat de l'inflammation ; il en est d'autres qui en paraissent indépendantes. Au nombre des premières sont, sans contredit, l'altération des follicules intestinaux et des ganglions mésentériques, les ulcérations de toutes les muqueuses, les fausses membranes, ainsi que les suppurations sousmuqueuses. Los alérations que je regarde comme indépendantes de tout travail inflammatoire sont : le ramollissement du foie, des reins, du cœur, du cerveau, et même celui de la muqueuse de l'estomac et de l'intestin, la rougeur du cœur et de l'aorte, ainsi cfue les divei*ses altérations dont la rate est le siège. Néanmoins je ne puis nrem|>ècher de faire remarquer que, bien qu'étant certainement de nature inflammatoire, les lésions caractéristiques de l'aiïection typhoïde, quand elle» existent seules, n'ont pas le {Touvoir de produire dans le sang l'augmentation de fibrine que toutes les phleginasies déterminent; c'est là une exception fort remarquable.

Symptômes de la fièvre typhoïde. Invasion. — La fièvre typhoïde débute quelquefois brus<iuement au milieu des apparences 'de la santé la plus parfaite, mais chez le plus grand nombre des malades on obsenc différents phénomènes précurseurs. Ainsi, ces individus perdent l'appétit et les forces; ils deviennent tristes, abattus, peu aptes aux travaux intellectuels ou manuels: ils ont des inquiétudes dans les membres, ils éprouvent des frissons, et parfois un peu de diarrhée : cet état maladif peut persister d'un à (|uinze jours, dépendant les phénomènes d'invasion apparaissent bientôt. Les plus constants sont une céphalalgie frontale vive, des frissons plus ou moins intenses et répétés, une faiblesse telle, que les malades sont obligés de cesser à l'instant tout travail ; il faut encore joindre à cx's s\mptùmes des épislaxis, et surtout des coliques et la diarrhée, qu'on remarque dans la plupart des cas dès les vingt-quatre premières heures. Tels sont les phénomènes qu indiquent généralement l'invasion de la maladie. Bientôt de nouveaux accidents

DE LA nËVBE TTt»BOlDE. 31

SBrrîfluient; mais, pour en suivre exactement le développement et la marche, il ooDvient, à Texemple de i\l. Choinel, de partager la maladie en trois périodes distJDctes. ayant une durée variable, mais qui pour chacune c]*ell(^ I)eut cei)endant dire évaluée à sept jours.

P/muère période. — Dans cette première période, les malades accusent une

crphalalgje généralement vive, tensive, lancinante nu contusive; leur physionomie

âik^ exprime l'abattement; leur intelligence est plus ou moins obluse; les ré-

poises sont lentes, pénibles; il y a parfois, dès !<* début, un peu de divagation dans

bidées, ou même un délire complet, maniacpie, a\ecune agitation extrême. Ce

ioniercas néanmoins est assez rare. Les forces sont pn)strées; les malades sont

k plus souTent couchés sur le dos et immo])iles ; ils ne peuvent même se tenir

Mont sans être soutenus ; leur démarche est chancelante, inégale, et ressemble

ï aile des individus ivres. Ils se plaignent en méme^emps de vertiges, d'éblouis-

Ils, de tintements et de bourdonnements d'oreilles; |)arfois Touïe est déjà

parfaite. I^i plupart ont des épistaxis, en général peu abondantes, mais

fMiquefoîs assez graves pour nécessiter le tamponnenieni ; souvent il n'y a qu'un

Ms léger suintement; dans ce dernier cas, comme les malades restent dans leur

;fe H conservent habitueliemeiii la |X)8itioii horizontale, il s'ensuit que le sang

(•'écoule dans le pharynx, ofi il forim* une couche et des stries noirâtres, qu'on

yoTcii aisément en faisant ouvrir largement la l)onche ; lut ou tard ces petits

sout rejelés par expuition sous forme de crachats pelotonnés et noirâtres.

cette même période de la maladie, la l)ouche est pâteuse, amère ; la langue

Ht blanchâtre, |)eu humide, elle colle aux doigts, la soif est vive, Tappéiit nul ; il

T a Miuvent des nausées et des vomissements formés surloul de matières verdàires

mères. Le ventre, un peu plus saillant et sonore à la |K*rcu8sion à cause des gaz

qu'il contient en plus grande quantité, est le siège d(? quekpufs coliques ; la pression

<^ buuvent douloureuse à Tombilic, mais elle l'c^sl surtout dans la fosse iliaque

■injiie, où, en pr(?ssani a\ec la paume de lamain,ondét(;rminedu gar^oiiillement;

l'^M'lie^ sont liipiides, jaimàtres et plus ou moins nombreuses. Kxaiiiinrcsau mi-

citKoiM', un voit qu'elles contieniUMil plusieurs éléments anatoiiiicpies des plaques,

^IV'pitiiéliuni et des cristaux ju'ismaticpie.s signalés par Schoenlein: niais ceux-ci,

diprf^ la renianpie de >!>!. <ilnge et Lebert, n ont n'en (pii soit spécial à la fièvre

t^pboîdfv I^ rate est augmentée de \olunie, c'est ce ([ne Ion constate par la |MTCUssion

lie l'hypoclioudre gauche, cpii donne nn son mat dans ime )>lns grande étendue; si

] jQTScaue dépasse le n^bord costal (rmi ou pinsienrs travers de doigt, la palpation le

iui aisément distinguer u Iravei's les parois abdominales. La peau est chaude et

»che; le llM-rmomètre mis dans l'aisselh^ s'élève sou\ent à /|0 ou /i 1 degrés fKoger);

^ pouls donne généralement plus de 100 pulsations par minute; il est mou ou

tit-|Tes>îl>ie, mais souv4*nt, au contraire, il est ani|)le, résistant, dicrole. Dans ce

d^ter cas, il n'est pas rare, ainsi que Al. Keau l'a noté le premier, de trou\erdans

krs carotides un bruit de souille plus ou moins fort. A lepiMpie dont nons parlons

il ) a communément nu |r*u de l<»u\; les malades rejettent (pielqnes crachats gêné-

il«^nient grisâtres, qui se détaclient dillicilenient, surtout en raison dv \v\iv extrême

-i«r&ité. Dans pre.s<|ue tous les cas, l'anscullation dv la |>oilrine lait découvrir un

rài«' sibilant et ronllanl, inégalenuMit disséminé ou bien existant des deux côtés et

■Un» toute la hauteur des |Mmmons. sans ([u'on observe iniedys|Hiée pro|>ortionnée

■ l'uiteusilé et à retendue des bruits morbides. Il est connnun aussi de noter en

vrière, vers le tiers ou le quart inférieur, des râles muqueux et sous-crépitants,

aklés uu nou aux rhonchus sibilants iM sonores dont nous venons de parler. Le

sommeil est nul, ou bien les malades sout assoupis et sont tourmentés par dès. visions et des rOves pénibles. Enfin, c'est souvenl à la fm de celte première période que Téruptiou typhoïde commence à se déclarer.

Cette éruption consiste dans rai)parilion d'un nombre plus ou moins considé* rable de taches rosées de 1 h 5 millimètres de diamètre, arrondies, ne formant pas ou à peine de saillie, disparaissant par la pression, comme le fait la rougeur de Térythème, existant communément sur la peau du ventre, parfois sur ceUe de la poitrine, très rarement sur les membres. Plusieurs éruptions successives peuvent avoir lieu ; chacune d'elles dure deux ou quatre jours ; les taches pâlissent et disparaissent peu à peu sans laisser aucune trace. Je ne crois pas (|u'on ait jamais noté Téruption typhoïde avant le cinquième jour; elle a lieu communément du septième au douzième, et on ne Fa ))Ius vue après le trente-cinquième, (le symptôme manque assez rarement ; quoiqu'on puftse l'observer dans le cours d'autres maladies aiguës, il est néanmoins presque spécial h raiïectlon typhoïde.

Deuxième période, — A la fin <lu premier septénaire, la céphalalgie a diminué, ou même a complètement cessé, mais tous les autres symptômes se sont aggravés» et très souvent de nouveaux accidents ont apparu, surtout du côté du système nerveux. Ainsi la stupeur est plus profonde, les traits sont immobiles, la prostration a augmenté, les malades sont devenus plus ou moins sourds, les membres sont agités par des soubresauts; il y a de la roideur et de la carphologie ; dans quelques cas fort rares des mouvements épileptiformes ont lieu. Le délire, s'il n*existc déjà, se déclare alors : tantôt il est léger, n'ayant lieu que passagèrement, surtoutpendaat la nuit; tantôt, au contraire, il est continu ; les malades sont alors, les uns calmes, les autres plus ou moins agités et même furieux, ce qui force aies fixer dans leur Ht avec la camisole; enfin beaucoup tombent promptement dans un état de somnolence et de coma vigil. Ces différents troubles du côté du système nerveux, qu*on nomme communément les symptômes ataxiques de la maladie, peuvent se reorcontrer sur le même individu, et alternent souvent les uns avec les autres.

Dans cette seconde période de l'afTection, la langue est tremblante et tout à fait sèche ; elle est plus souvent recouverte, ainsi que les lèvres et les dents, par un enduit d'abord gris, puis brun, puis noir et brillant, auquel on a donné le nom de ftdiginosités. Beaucoup de personnes croient que cette matière n'est autre que du sang que la nmqueuse buccale a exhalé ; mais elle paraît plutôt formée par de la salive et par du nmcus desséchés. La langue, lorsqu'elle est complètement recouverte par cet enduit, est petite, ra{)etisséc, sèche et dure comme un morceau de liège ou de boLs ; sur sa face supérieure on voit des crevasses que quelques auteurs graves regardent comme étant des ulcérations ; mais l'examen attentif de l'organe nous a convaincu depuis longtem|)s que ces fentes n'intéressent pas le tissu de la langue, mais sindement la couche concrète qui la tapisse.

Dans cette fXTiode, la soif est généralement moins vive; la déglutition des liquides est quelquefois difficile, tantôt ù cause de la ))aralysie des muscles du pharynx et de l'œsophage, tantôt par suite de quelque altération de la gorge ou de l'épiglotte, on bien à cause de l'aridité, de la sécheresse du pharynx, qui, à Tin* spection, est rouge, lisse, très luisant, et recouvert de sang et de mucus desséchés. A c^ttc même é|>oque de la maladie, le météorisme a beaucoup augmenté : aussi la percussion doime-t-elle partout une résonnance considérable ; la distension des intestins est parfois tellement grande, que le diaphragme est refoulé vers la poitrine, ce qui gêne la respiration et" augmente l'anxiété des malades. La diarrhée, que nous avons notée dès le début, persiste; parfois elle est même plus abondante»

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et les matières sont souvent rendues involontairement. Chez beaucoup de sujets aiKsr, la vessie, paralysée, se laisse distendi-e par l'urine. Ce liquide est rarement altéré : les urines bourbeuses, noires, fétides, que les anciens signalaient comme fn^entes, sont an contraire un accident fort rare. M. Rayer a également dé- DODtré, contre l'assertion de quelques auteurs modernes, que, dans la fièvre typhoïde, Tnrine n'était presque jamais alcaline, même dans les périodes et les fonnes les plus graves de la maladie. Chez les malades dont nous ])arlons, le pouls reste pins ou moins fK*qnent ; il devient souvent petit, faible, dépressible, parfois inégal, quelquefois il se ralentit, et on le voit mémo tomber au-dessous de sa fréquence normale. La peau, d'une chaleur en général aride et acre au toucher, peut quelquefois aussi présenter une température moins élevée (jiic de coutume. Enfin, drs arcideDts particuliers ont lieu du côté de la peau; car, indéix>ndamment de [* féruption typhoïde dont j'ai déjà parlé, on observe Acore des sudamina, des i)étérUes et des eschares.

Les sudamina sont de petites vésicules semi-hémisphériques, transparentes, de m millimètre à I uiillimètre de diamètre, confluentes, existant, en général, en grand nombre. On les observe surtout au voisinage des aines, des aisselles, sur les parties latérales du cou, cpielquefois sur tout le tronc, el même aux membres. Cette éruption passe souvent inaperçue; car elle n'est ordinairement bien appréciable qpie par le toucher ou bien lorsqu'on examine obliquement la surface sur faqnelle elle existe. En promenant légèrement sur elle la pulpe du doigt, celui-ci a b sensation de petites inégalités qu'on écrase facilement et qui l'humectent, M. Andral et d'autres ont reconnu au liquide contenu dans les vésicules une réactioD acide. Au bout de quelques jours, ce liquide devient louche ou opaque, l'épiderme se ride, et une exfoliation finit par avoir lieu. Quelques personnes ont émis ropîoîon que l'éruption des sudamina était toujours précédée de sueurs abondantes. >lais nous pensons plutôt, avec 1\1. Louis, que les sudamina ne sont pas dans un rapport constant avec les sueurs, qu'ils sont parfois dans un rapport inverse é^. celles-ci, c'est-à-dire nombreux quand elles avaient été |)eu abondantes, et réciprocfueuienL Ajoutons, pour terminer, que l'apparition des sudamina n'est point critique, et que cette éruption ne diminue ni n'augmente le danger.

Les péléchies, qu'il ne faut pas confondre avec les taches rosées décrites précé^ demment, sont de petites ecchymoses arrondies, pouvant apparaître à la même époque qne les sudamina ou bien avant eux, mais on les observe beaiicoup plus rare- HM^nt que ceux-ci et que les taches rosées lenticulaires. (Voy. pour leur description l'article Purpura.)

De toutes les maladies aiguës, la fièvre typhoïde est encore celle dans laquelle on observe le plus souvent des rougeurs, des ulcérations et des eschares aux tégmnents. Cette complication surviendrait, d'après M. Louis, chez un sixième des individus f-nviron. Je la crois aujourd'hui beaucoup plus rare. Ces eschares se forment spécialement sur les parties qui sup|K)rtent le poids du corps, telles <pic le sacrum f^ les fesses, surtout dans les rainures qui les séparent des cuisses; on en voit mrore fréquemment sur les trochanters, sur les talons, les coudes et même sur i occiput Quelquefois la désorganisation frappe les surfaces des plaies artificielles, iAU':s que vésicatoires, piqilriMi de sangsues, ou bien encore les |>oinls qui ont été iiifHiif ntanément irrités par des cataplasmes sinapisés. Dans certains cas, la niortihration des parties extérieures arrive s|)ontani>ment, sans cause appréciable: c'est irnM que j'ai vu survenir le sphacèle de la peau de la cuisse, du scrotum, du pied rt de la lèvre inférieure. Plus fréquemment que l(»s eschares on \oii naître sur les

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