DE LA NÉPHRITE
9e la néphrite.
Caraetèrei anatomiques, — Dans le premier degré de l'inflammation, on trouve
reins augmentés de volume, en totalité ou en partie, suivant que la maladie est générale ou partielle. A Textérieur de Torgane existe une coloration qui varie In rouge an brun foncé : elle est uniforme ou bien elle est disposée par plaques, |>ar ariwrisations fines ou par piquetés, dans Tintervalle desquels ou distingue à [*€etl nu ou à la loupe une foule de petits points. Ceux-ci sont d*un rouge vif, plus ruremeatils sont noirs, et ne font aVun relief; disposés en lignes, ils sont rarement gitrapés entre eux; ils sont visibles à la coupe de la substance corticale, mais ils existent surtout t la surface de Torgane. Ces corjf ne seraient autre chose, d'après M. Rayer, que les glandules de Malpighi très injectées. En divisant lés reins longiCudinalement et dans toute leur épaisseur, on reconnaît que les sub- BUnces tnbuleuse et corticale ont plus de consistance ; elles sont ordinairement BriaUef, phis rarement on les trouve ramollies; elles sont, en outre, d'un rouge phis ou nKHns foiir^, à cause de la grande quantité de sang qu'elles contiennent, et qa'on voit ittAj^y^orsqu'on incise Torgane, ou bien lorsqu'on le presse entre les doigts. A^|B^ ces parties injectées, M. Rayer en a quelquefois trouvé d'antres où la substa^j||^es reins était anémique ; mais cette altération se rencontre plus conununémeuMI^l'afTection qu'on nomme maladie de Bright Les lésions que je viens d'énuméreg^nstituent le premier degré de la néphrite. Il est cependant assez rare de les constater sur le cadavre, attendu que rinflammatlon des reins n'a une issue funeste qu'à une époque beaucoup plus avancée, et lorsque la supporation s'est déjà formée dans les tissus. Dans ce cas, le pus se rencontre surtout dans la substance corticale ; il y est rarement inûltré, mais presque toujours on le trouve réuni en petits foyers solitaires ou multiples, du volume d'un pois ou d'une noisette. Plusieurs de ces abcès peuvent former par leur réunion une collection plus vaste. Toutefois l'espèce de néphrite que nous étudions actuellement produit rarement des abcès très étendus. Les vastes suppurations qui occupent tout un rein dépendent bien moins, comme l'a démontré M. Rayer, d'une néphrite simple que d'une inflammation primitivement développée dans les calices et dans le bassinet. (Voir plus bas PytHite.) L'éminent observateur que je viens de citer dit également qu'au lieu de pus on peut trouver infiltrée dans la substance corticale une lymphe plastique, semblable à celle que nous avons signalée dans la splénite. Presque toujours elle forme des plaques grisâtres ou jaunâtres qui font relief à la surface de l'organe et ont un volume variant depuis celui d'un grain de casas jusqu'à celui d'une noix. Cette altération serait presque constante, d'après M. Rayer, dans la néphrite, qu'il nomme rhumathmale\ elle n'a pourtant rien de caractéristique, attendu que la même lésion a été trouvée chez des individus succombant à l'action de poisons morbides. Dans quelques cas aussi on a trouvé, dans la substance corticale surtout des concrétions d acide urique avec congestion du tissu ; et l'on a parfois considéré cette lésion comme propre à caractériser une forme de néphrite qn'on a nommée goutteuse,
La gangrène des reins est une altération qui jusqu'à présent a été peu observée. On la reconnaîtra à la couleur livide, brunâtre, des tissus, à leur ramollissement, et surtout à l'odeur caractéristique qu'ils exhalent
Lorsque la néphrite simple existe à l'état chronique, les reins ont le plus sdaLvent un volume moins considéiahle; ils sont atropÛte* d\ii%, l^Va!&^B«M!fiS(ft^^»QK
surface, plus ou moins marbrée, bleuâtre, ardoisée, quelquefois presque pâle et comme anémique, est marquée |)ar des saillies ou ))ar des dépn*ssions, dont quelques-unes sont le résultat de cicatrices. F.es premières sont constituées, tantùt-i)ar la substance corticale, qui semble avojr subi dans vr pohil uu peu d'hypertrophie; d*autres fois, elles sont formées par un épaurhemenl de matière fibriDcuse daiu» rintei*stice des tissus.
Si/mptumes, iwuchr. — Suivant M. Ilayer, rin\asiou de la néphrite aiguë serait presque toujours man[uée par un frisson plus ou moins prolongé ; la doi|)cur )e suit de près, (leile-ci est conununénuuu sourde, conliuue, profonde, et ne se réveille parfoisque lorsque Ton comprime lot tei^nt la région rénale. Elle [)eul occuper iip seul reiu ou bien les deux à la fois : dans ce dernier cas, elle prédomine daus up des cotés; la pression re\as|)ère pri\squ(* toujours. lien est de même fortsoi^vent des mouvemeius de iffxion du tronc, d<'s secousses de la toux et du décubitus en supination, fixée presque loujoui-s an niveau de Torgaue malade, elle s'irradie souvent avec le diaphragme, mais surtout Mrs les uretères, vers la vessie, les testicules ou les aines, où elle retentit d'une manière très |vénible. Il arrive même parfois que la douleur est beaucoup plus \'\\c. vers la vessie (jue vers le9. loudies. Quoique dans la plupart des cas, les reins entlannués soicny|^p;me temps aug — mentes de volume, cependant il est rare qu'ils formen^^Homeur appréciable^: par le pal^xr de Tabdomen, et même par la percussioi^For ce dernier modi ^ d^expjioration ou peut pourtant les circonscrire quek]uef(>jflpHU exactement, sur — tout si la i)aroi abdominale antérieure, peu é))aisse et tiff llas(|ue, se laisse asse:^ déprino^er iK)ur i)ermettre d'arriver sur Torgane malade. L urine, dans la néphrite, -^ est toujours altérée dans sa quantité et cbns ses qualités; elle est communément^ moins al)ondante ; elle peut cesser momentanément d'être sécrétée, uou-seidemeptJ lorsque les deux reins sont aiïectés siinultauément, mais encore lorsqu'un seul est malade, ce (|ui s'explique par la symjtatbie qm* le rein aiïecté exerce sur son congénère. Examinée quant à ses propriétés physiques et chimiques, l'urine dans la néphrite simple est parfois un peu sanguinolente, ce qui lui doune alors une couleur foncée ; l'acide nitrique et la chaleur y dévoilent assez souvent la présence de l'albumine ; mais ce ])ro(luil n'y existe ordinairement qu'en petite quantité et d'une manière tout à fait passagère. L'urine dont nous parlons est à peine acide ; souvent elle est neutre, ou même alcaline;, v.l contient moins d'acide uriquc et d'urates qu'à l'état normal. On y rf.'ucontre aussi des dépôts muqueux ou purulents, ce qui, d'après M. Rayer, indique bien moins une plilegmasie des substances corticale et tubulense que celle d(>s calices, du bassinet, des uretères et de la vessie. Dans la néphrite, l'urine n'a donc aucun cai'actère constant, et par conséquent caractéristique.
La néphrite s'accompagne toujours d'un mouvement fébrile plus ou moins intense, et proportionné à l'intensité de la maladie; presque toujours aussi on remarque quelque dérangement du côté des fonctions digestives, conunc une bouche mauvais(% des nausées, des en\ies de \omir et de la constipation. lUrement il existe des symptômes graves de malignité ou de pulridité, connue du coma, du délire, de la prostration, des dents et une langue fidigineuses, vl des redoublements fébriles shnulant des accès de fièvn* rémittente pernicieuse. De pareils accidents sont, en effet, excessivement rares; on ne les observe gu«'re que dans les cas où, la néphrite étant double, la sécrétion urinaire est susptinhie. On conçoit qu'il doit eu être de même dans les cas où, un rein unique existant, l'inllammation vient à l'envahir dans, sa totalité.
DE lA NÊPHBITE. ft75
TenninaisonSy durée. — La néphriic se icrmine ordinaireraeiit par résolution ; on voit alors les symptômes précrdomment énumérés disparaître peu à peu, et la sécrétion urinairc revenir à son état physiologique. La maladie a alors une durée qui varie entre sept et quinze jours. La terminaison par suppuration n*e$t guère amnoncée que par des signes rationnels : tçls sont ia persistance de la fièvre, les redoublements nocturnes, les frissons irréguUers, les sueurs et les accidents typhoïdes. La présence du pus dans rnrinc, que beaucoup de personnes signalent comme un phénomène constant, est, |)ar contre, assez rare. D^ailleurs elle indique ncut-ètre moins une néphrite parenchymaleuse qu'une inilammation primitive ou consécutive du calice ou des bassin^. Dans les cas rares où la néphrite est suivie (le gangrène, les symptômes typhoïdes sont encore plus marqués ; la prostration est extrême; Turine est noire, fétide : on l'a comparée alors h de Teau de (umier. Quand il y a suppuration comme lorsqu'il y a gangrèiie, la mort arrive tautôtpar • suite des désordres dont le rein est le siège, tantôt par le développement d*unc phli^masîedu péritoine ou du tissu cellulaire péri-rénal.
Knfin, l'inflammation passe souvent à l'état chronique. Nous avons vu dans çc cas que le tissu rénal était atrophié ou indnré; mais on n'est pqs encore fixé sur la nature des acc||Jgg^ciu^n observe alors. Quelques malades éprouvent une dpur leur habituelle da^Hppius; leur urine est peu acide: parfois elle est neutre ^ même alcaline ; les PjjWmités inférieures sont faibles ; iiniiii ils maigrissent et le^r constitution s'altèriÉlH^'^^latit,' dans une foule de cas, les lésions qui caractéristeqt la néphrite chronique Hstent sans exciter aucun trouble bien appréciable dans la santé. Comme M. Uayer le dit avec grande raison, il est impossible d*établir <^^jourd'hui jusqu'il quel point l'induration rénale doit être portée |)our être incompatible avin: l'exercice à peu prè.s régulier de la sécrétion urinaire. Quoi qu*il ei^ soit, il résulte surtout des recherches de ce médecin que dans la néphrite carpnique, telle que nous la comprenons ici, les urines ne sout presque jamais purulentes; l'état trouble qu'elles présentent souvent dépeud de la grande q^^lti(é de pliospliates qui y sont suspendus. La néphrite chronique a une durée longue et toujours indéteriuinée ; elle offre souvent des exacerbations.
Dtagnnsiîc. — Itne douleur plus ou moins vive au niveau des reins, ^ cUd^ou-^ tion de la sécrétion urinaire, l'état alcalin ou neutre de l'urine, ou tout au naoins une diminution dans l'acidité de ce liquide, sont, avec h fièvre, les fi^ûgpns ^*ia-: vasîon et les troubles des organes digestifs, les seuls signes qui puiaç(^|(ii( indîqaer une inflammation aiguë de la substance des reins. L'existence de rinfammatioii chronique seia surtout déterminée par la présence d'une urine ^j^caline ; car, quoique l'alcalinité de ce liquide se rencontre dans quelques circonstances, notamment chez les sujets affaiblis par l'abstinence, cependant il résulte des rechercf^es de !\L Rayer qu'une urine alcaline, décolorée, rendue trouble par le dfyfbt des phosphates au moment de son émission, est, dans la [)lupart des, Cd^^ Tindice 4,'unie inflanmiition chronique des reins. Nous vfMTons bientôt en quoi 1^ néphrite simple diffère de la pyélite. Je renvoie éj^alement aux articles Cnlculs urinaire^ et hépa' tff/ifps, aux articles Lumbago^ Pcritomte et Maladie de /Jn'yht, pour compléter le diagnostic différentiel de la néphrite.
/*rt;nns/ic. — La néphrite simple sinvenant chez un sujet bien iK)rtant est commiinéincnt une affection peu grave, dont l'issue est presque toujours favorable: n)ais il n'en est plus de même dans les cas ofi les d(*ux reins sont sinmltanémcnt atteints, surtout lorsque la phlegmasie survient consécutivement à quelque grave altération des voies urinaires. La tenninaison par suppuvaUou e&V. \e;cvi^ ^\.«i\Vn\\L^
souTent la mort après une véritable fièvre de consomption. (Voir plus bas l'article P y élite.)
Étiologie. — La néphriie, rari* dans l'enfanco, plus commune chez les adultes, et suilout chez 1rs vieillards, affecte un plus grand nombre d'hommes que de femmes. Il est douteux que le rein gauche soit plus sujet à s*eni1ammer que le droit. La néphrite peut Otro tout à fait spontanée ; mais 1(> plus souvent elle succède à une violence extérieure (plaie, contusion), ou bien elle est produite par d'autres causes qui agissent mécaniquement : tris sont les calculs dans les calices et dans le bassinet, ou bien une accuuuilatiou insolite d*iirine dans ces parties, par suite de quelque obstacle à son écoulement situé sun^in des [)oints des voies urinairef* L'administration et même Tabus iX^^s diiiréticiues est une cause fort rare de néphrite; il en est de même des ref||yidiss(>ments. Nul doute que la néphrite ne survienne quelquefois dans le cours des auires maladies aiguës et dironiques; mais si Ton excepte les affections des voies uriuaircs qui peuvent avoir ntifi influence directe pour sa production ainsi que riufeciiou purulente du sang, nous n*ea voyons aucune autre qui prédispose manifestement à la néphrite. Nous croyons surtout, contrairement à M, Kayer, que la néphrite est trés^^ dans le coure de la fièvre typhoïde et du rhumatisme articulaire. Ouangi^^Klfrances rénales qu'on obsene chez quelques goutteux, il u'est pas encore^^BRtré qu'elles déj)endent, ordinairement du moins, d'une inflammation, soit a^Lksoit chronique, du tissu des reins. ^^^
Traiternent, — A la néphrite aiguë il faut opposer iH traitement antiphlogistique dont Ténergie sera profiortionnée à l'intensité de la phlegmasie : ainsi on pratiquera une ou plusieurs saignées générales et locales; on cou\rira les lombes de cataidasmes émollients ; on plongera les malades dans un liain tiède prolongé ; on donnera des boissons douc(*s, mucilagineuses, et Ton oj)érera une légère révulsion sur le tube digestif à l'aide de purgatifs doux. Si les accidents typhoïdes étaient un obstacle absolu à l'administration des antiphlogistiques, si la prostration était grande, il n'y aurait d'autre indication qu'à soutenir 1^ fdrass par l'emploi des toniques et des cordiaux. Mais presque toujours ces uioyens flOBi impuissants pour prévenir une terminaison funeste.
Lorsque la maladie a passé à l'état chronique, il peut être utile de recourir ï une émission sanguine locale, si aucun traitement n'a encore été employé; mais il faut alors insister spécialement sur la médication révulsive : ainsi des vésicatoires, et mieux encore un ou plusieurs cautères on moxas, senmt placés sur la région lombaire ; si k constituticm est affaiblie, on tâchera de fortifier par les amers, i)ar les martiaux, par une nourriture analeptique. A l'aide de ces moyens, on fera cesser plus sûrement l'alcalinité de l'urine, et l'on préviendra mieux la précipitation des phosphates qu'on ne le ferait par l'usage des acides végétaux et minéraux, qu'on a conseillés en pareil cas, et dont Futilité est contestable. Kn même temps le corps sera couvert de flanelle de la tète aux pieds, et l'on placera les malades dans les meilleures conditions hygiéniques; enfin, on veillera h ce que l'urine séjourne le moins possible dans ses résenoirs.Si, par exemple, un rétrécissement de l'urètre ou l'hypertrophie de la prostate s'opposaient à son excrétion, on devrait pratiquer fréquemment le cathétérisme. I/)rs(iue des accidents aigus surviennent, il faut les combattre i)ar une application de ventouses, et suspendre momentanément la médication tonique.
DE LA PrÊLITE. 477
9e la pyélite.
Sous le titre depyélite (xucXoç, pelvis), M. Rayer a décrit l'inflammation aiguë et chronique du bassinet et des calices. On en distingue deux espèces principales, qui sont : l** la pyélite produite par la présence d*un corps étranger (calculs, vers, acéphalocystes, etc.) ; 2'' la pyélite qui survient sans le concours de cette cause» Maïs celle-ci est tellement rare, qu'on pourrait presque décrire la pyélite comme une forme de néphrite, qu'on nommerait calcuieuse, maladie sur laquelle M. Ghomel a publié, en 1837, un tr«^il important dans les Aî^chives de médecine.
Caractères anatomiques, — Dans la pyélite aiguë, on trouve la membrane mnqnense des calices et du bassinet injectée, rouge, épaissie, friable, ramollie, ulcérée ou tapissée de productions pseudo-mcmbraneiRes ; c'est ce qui a lieu particulièrement lorsque l'inflammation a été provoquée par l'absorption des cautharides. Le tissu cellulaire subjacent est quelquefois infdtré de sérosité; le bassinet et les calices, plus ou moins élargis, contiennent de l'urine mêlée ordinairement à une certaine quantité de sang ou de mucus purulent; on y trouve aussi le plus souvent du sablft^gsgraviei's ou des calculs. Dans tous ces cas le tissu rénal est généralement augi^QHj^ volume et plus ou moins congestionné. *
Dans la pyélite C)|^Kque, la membrane muqueuse est d'un blanc mat on ardoisé; sa surfacqilM^rfois hérissée de petites vésicules semblables à des sudainina : elle offre un epISissement qui peut être assez considérable pour oblitérer les calices; enfin, on la trouve quelquefois ulcérée, plus rarement gangrenée. La maladie étant presque toujours symptomatique de la présence de graviers ou de calculs, on rencontre ces corps étrangers accumulés en plus ou moins grand nombre dans le bassinet, dans les calices et même dans l'uretère. Presque toujours, par suite de leur volume et de l'obstacle qu'ils apportent à l'écoulement de l'urine, les calices et le bassinet se dilatent ; puis, par la pression constante que l'urine et le pus accumulés exercent de dedans en dehors, la substance rénale finit par par* ticiper à l'inflammation ; d'autres fois elle y redite étrangère, mais elle s'atrophie. Dans ces deux cas, le rein finit par être transformé en une vaste poche multiloculaire pleine de pus, d'eau, de graviers, de calculs. Chacune des loges est formée par l'ampliation des calices, qui rarement comnmniquent directement entre eux, mais seulement à l'aide du bassinet énormément distendu. Ces graves altérationa peuvent cependant exister dans le rein, bien qu'on ne rencontre aucun calcul dans cet organe ; mais le corps étranger, cause première de toutes les lésions qu'on obsene, se trouve souvent alors dans la vessie, et la dilatation considérable que l'uretère correspondant à subie est une preuve certaine que la concrétion lithique y a séjourné plus ou moins longtemps. I^ rein ainsi altéré a contracté des adliérences avec les parties voisines ; sa cavité peut communiquer avec le tissu cellulaire ambiant et avec le côlon ; à gauche avec la plèvre et la |K)umon ; à droite avec des abcès développés dans le foie. Dans la plupart des pyélites chroniques graves, l'une des substances rénales, et souvent les deux à la fois, sont enflammées et suppurées {pifélo-ncplnita) ; car Tinflammation, primitivement bornée au bassinet et aux calices, a une grande tendance à se propager à la substance des reins, tandis que le contraire n'a presque jamais lieu (Rayer). Enfin, dans des cas où le rein, n'ayant pas subi une grande distension, est revenu sur lui-môme, et lorsque les individus se sont rétablis, on tronve cet organe transformé en une poche cellulofibreuse logeant un calcul ; les vaisseaux sont eu oulr^ oblMtte, c'^V-V&\^ ^^
M8 DES lîSFLAMMATIONS.
l'individu a vécu alors avec un seul rein. M. Clionicl a cité dans son l^Iémoireun fait de ce genre, qui est sans contredit un des )ihis curieux que Ton connaisse.
Symptômes, — La pyélite reconnaissant presque toujours pour cause la présence d'un calcul et son déplacement, on s'expliiiuera pourquoi, contrairement & la plu|)art des autres phlegniasies, oh observe si rarement des prodromes. Le début de Taffeclion, en effet, presque toujours brusque, est marqué par celte réunion de syiuptômes que nous décrirons dans V\ tenu; suivant comme caractérisant les accès de colicjue néphrétique. Toutefois ces accidents n'appartiennent pas [)récîsément ï liti travail inflammatoire, puisqu'il suilit que le corps étrangei* soit expulsé bti déplacé pour qu'ils disparaissent prescpic* instal|pnément. .Mais poUr jpeù (}ti'ils se prolongent, on voit bientôt des signes (riutlammation survenit*. Eii général, alors, la douleur diminue d'inteigité ; les malades n'accusent plus (jii'un sentiment de pesanteur; quelquefois pourtant la douleur se réveille, plus vive par însUintâ, tantôt spontanément, le ])lus souvent pendant les mouvetlients, les ^cdbsses dé la toux oti par la pression (pion exerce sur le rein malade. L'ut'itie est Ihès variâMe d'ast)ect; souvent, en (ïfTet, elle ne diffère pas de l'urine normale; d'autres fois elle est sanguinolente, chargée de nuicus (pii se dépose à sa siirfacé J)arle refroidissettient : presque toujouis elle est acide, \i moins qucMe^^É^ \\v. contieîinenl des calculs phosphatiques ; dans ce cas, elles sont troubl^HRalines au moment de l'émission. Enfui quand la maladie succède à l'action V^cantliarides, Turine renferme des fausses membranes et elle est en outre pluflpttioins dlbumiueuso. Ëh même temps divers phénomènes sympathiques ont^ui surtout du côté des organes digestifs et circula toire^i» : ainsi les malades ont perdu l'appétit; la plupart ont des iiaiisées, des vomissements bilieux, d(! la constipation, une certaine accélération du pouls, une chaleur fébrile et du malaise.
Marche, terminaisuns, — La pyélite spontanée, celle qui est consécutive à une blennorrhagie, a une durée courte, dépassant rarement 12 à 15 joure, et son issue est toujours favorable. Olle qui sur\ient après l'introduction des cantharides rie se prolonge guère (fue c|uelques jours. Les choses ne se passent pas de même dans lai pyélite que pro\oquela présence d'un corps étranger. Sou\enl, il est vrai, il suitit que celui-ci se déplace ou qu'il soit expulsé pour que la phlegmasiesc termine par résolution ; mais d'autres fois le malaise persiste, bientôt il s'y joint aussi quelques frissons irréguliers, et la région rénale; devient le siège de douleurs putsatives et d*tlil eng()ui'diss(Mnent qui se piolonge parfois \ers le membre corresjiondanl. Quelques malades éprouvent drs hématuries abtiudanles; chez la plupart, les urliies sont seulement tnuibles, lactescentes, et contienncilt une plus ou moins grande quantité de pus. Après avoir rendu pendant quelque temps des urines purulentes mêlées s(niveut h des graviers, beaucoup de ces malades se rétablissent; mais il est rare que les mômes accidents ne se reproduisent pas au l)out d'un lenjps plus ou nioitis long ; enfin, après plusieurs de ces rechutes, les individus déi)érisscnt et succombent.
I^s accidents suivent, en général, une marche continue et progressivement croissante. I-orsque toute comnumication a cessé entre le rein et la wîssie, le premier de ces organes peut être distendu parle pus et former une tumeur bosselée, fluctuante, qu'on sent dans le flanc ; elle déforme et élargit la région lombaire correspondante, et vient parfois faire saillie jusque dans la foss(; iliaque et supérieurement jusqu'à l'hypochondre. On dit avoir, en pareil cas, senti plusieurs fois dans la tumeur un frémissement particulier pmduil par la collision des calculs. Quoi qu'il en soit, beaucoup de ces malades, épuisés par les souffrances et par la
DE LÀ PTÊtlTE. 479
fièvre hectiqtic qui les mine, succonibonl saris que leur iiHrie ait jaitîais été piinilentc; chez la pltipart poiirtanl, du pus est excrété avec ce liijiiide. L'écoulertieiit du pus dans la tessie peiit Olre conlinn, hiais il est intermittent, si iih obstacle s'oppose trtomentartémeni à son excrélîoil ; dàris ce dernier cas, l'urirtc rieridùe à différentes 'épocfues de la journée a des qualités différentes. Quand le plis sôrl en gtandc qiiantité, on obsene communément uii Altaissenierit considérable de la tumeur; puis celle-ci rcpt-end son volume aussitôt que le liquide s'est reproduîL Nous avotis vu que ces abcès {Mouvaient aussi se faire jour dans le côlon, daiis le duodénum et dans l'estomac. Dans les deux premiers cds, le pus s'échappe par les selles; dans le second, il est rejcjl par le vomissement; plus rarement il perfore le diaphragme et le poumon gauche pour être expulsé au dehors de la iiiéihë tnanière que le sont les vomiques (1). J/îibcès peut s'mivrir encore datis le péritoine ou dans le (issu cellulaire qui entoure le rein : dans le premier cas, m observe des accidents de péritonite suraigtië et mortelle ert peu d'heures; dans le secotid, il y a souvent des signes d'une piilegmasic diffuse dans la régioii loihbairc, dans le flanc et à rhyl>ogaslre. Le pus peut se frayer encore une route 9 travers les parois abdonn'ii/iles elles-mêmes ; queI([U(;fois, fusant àii loin, il va foiiner de véritables abcès ^^jfe^igcstion ad voisinage des ahneaux inguiilal et crtiral ; quelquefois, enfm, i'aM>*wBvre successivement dans plusieurs dès points que je viens d'indiquer, et alors ^^Woit le pus s'échapper simultaiiément pdr toutes les voies, ou bîenl'excrétion jHÉalternativcment par Time ou par l'autre. Quel que soit d'ailleurs le mode d'évS||ation que la nature ait choisi, toutes les fois que le pus s'échappe au dehors, les malades sont momentanément soulagés ; mais ils ne tardent pas à succomber dans le dernier degré de marasme (phthisie rénale), à moins que quelque complication ne vienne hûter le terme fatal ; car il est peut elre sans exemple que l'abcès rénal qui a produit les désordres dont nous avons parlé ait jamais guéri; il n'eu est plus de même lorsqtie l'abcès a été assez peu considérable pour ne pas former de tumeur appréciable. (îliez les individus qui se rétablissent complètement après avoir rendu du pus pendant longtemps, il n(; faut pas supposer qn1I y a eu guérison complète, et que le rein, revenu à son état physiologique, ait repris ses fonctions : loin de là : car, dans ce cas, l'organe malade s'est atrophié et s'est converti en une coqiie fibreuse ou fibro-cartilagineuse au centre de laquelle est un calcul plus ou uioins volumineux. La sécrétion nrinaire se fait donc alors uniquement par le rein opiM)sé ; celui-ci a souvent accpiis un volume plus considérable en rapport avec l'aclivhé plus grande de ses fonctions. On conçoit que si, dans ces cas de rein unique, un calcul subitement engagé dans son uretère venait à suspendre pendant quelcfues jours la sécrétion nrinaire, la mort arriverait nécessairement au milieu de symptômes t\phoîdes et cérébraux.
Il Cfit un accident (|ui ne parait pas être fort rare dans le coui-s de la pyéUle et de la néphrite chroni(iue, c'est la paraplégie. Signalée eu Angleterre par le docteur Stanley, et en France par 31. Ra>cr, qui en a publié cinq observations dans son important ouvrage, elle a été plus particulièrement étudiée par M. Leroy d'ÉtioIles fils, dans sa thèse inaugurale soutenue en 1850, et plus tard dans un Mémoire counmné par l'Académie de médecine. La paraplégie des extrémités inférieures se déclare le plus ordinairement chez des individus qui commencent par avoir un obstacle au col vésical, lequel produit bientôt un catarrhe du réservoir urinaire» et
(i) Voir une excellente thèse de M. Lepneveiu Paris, année lb39.
consécutivement nne inflammation des bassinets et des reins. Il est ratîonnd d*eEpliquer la paraplégie par les larges communications qui existent entre la moelle et le grand sympathique; celui-ci, influencé par Tafl^cction rénale, agît à son tour sur la moelle qui perd son énergie sans que son tissu présente cependant aucane altération appréciable.
Diagnostic. — La pyélile calculeusedifl'ère de la néphrite simple, et se distingue de toutes les autres afTeclions par la violence de la douleur rénale, par la gravité des symptômes généraux et sympathiques au début, par la diminution et la suspension de la sécrétion de Turine. Olle-ci, lorsqu'elh; est excrétée, est presque toujours très acide, mêlée d'abord à du sanMt à du nmcus ; plus tard elle contient du pus. La présence du pus dans Turine n mdique pourtant pas nécessairement une phlegmasie rénale ; car Turino peut en contenir dans le cours des cystites aiguës et chroniques, ou4^ien encore lorsqu'un abcès extra-péritonéal s*est fait jour dans les voies urinaires. Mais, indépendanmient du siège diflérent de la douleur dans la pyélo-néphrite et dans la cystiie, ou reconnaît que dans celle-ci rurine est presque toujours glaireuse et visqueuse, tandis que, dans rinflanunation simple des calices et du l)assinet, il y a dysurie a>ec dépôt de pus véritaUe. Lorsque le rein distendu par le pus fonne saillie dans le flanc et dans JUj^mbes, on déterminera quelle est la nature de la tumeur en raison ^Ê^ÊÊm\Q\iv rénale qui existe, ainsi que par la présence du pus et du sang dans^R^e. Si l'abcès s'ouvre dans le côlon, dans l'estomac on dans le poumon, on prûfll^lc siège primitif do mal en ayant égard aux accidents graves que les mal^pont présentés do côté d'un des reins, à cause aussi de l'odeur urineuse que le liquide exhale souvent, et de son mélange avec des calculs uriques. Dans quelques cas, d'ailleurs, l'abcès communiquant en même temps plus on moins largement avec l'uretère et la vessie, des gaz s'échap])eront par l'urèthre mêlés à l'urine et au pus. L'abcès, n'ayant souvent aucune communication avec l'extérieur, cl ayant néanmoins aoqnis no volume considérable, leurrait être confondu avec 1(*8 tumeurs formées par Itt organes voisins, notamment avec des tumeurs de L rate, du foie, de l'aorte, dd ovaires ou bien avec un amas de matières stercorales, etc. 5lais, indépendanuneat des troubles s|)^'ciaux (pi'on note dans la sécrétion et l'excrétion de l'urine, €i constate aussi diverses altérations de ce liquide, les({uelles ont précédé et qui k plus souvent accom|)agnent aussi les tumeurs rénales, tandis que rien de pareil n'est observé dans les tumeurs formées par d'autres organes. Nous verrons, en outre, en parlant de ces dernières, qu'il est possible, par une exploration attentive, et surtout à l'aide de la palpation et de la percussion, et en ayant égard an mode de développement de la tumeur, d'arriver presque toujours à poser un diagnostic précis. Enfm, pour compléter, il nous resterait à exposer comment oo parviendrait à distinguer les abcès des reins des autres tumeurs de cet organe. Mais pour éviter des redites, nous traiterons ce sujet en parlant des hydronéphroscs et des productions cancéreuses des reins.
Pronostic, — La pyélite est souvent une affection grave, car elle se termine souvent par suppuration. Le danger est grand lorsqu'un nbrrs s'est formé dans le rein ; car bien que ciuelquefois la guérison s'opère, connue celle-ci entraîne souvent l'atrophie de l'organe, les individus ne vivent plus qu'avec un rein, et si par malheur celui-ci venait plus tard ^ être enflammé |)ar une cause quelconque, ou si un calcul obstruait momentanément son uretère, la mort en serait la suite inévitable. Le pronostic est surtout extrêmement fâcheux lorsque le rein forme une tumeur considérable, et alors, quel que soit le point du corps que l'abcès
DE LA ihrÊUTE. &81
choisisse pour se vider au dehors, la mort est presque certaide. Une des terminaisons les plus fâcheuses est celle dans laquelle Tabcèsse vide par le tube intestinal; car si le rein, n*ctant pas complétemeju détruit, sécrète encore de Turine, ce liquide, en étant versé continuellement dans l'intestin, détermine une inflammation ulcéreuse de cet organe, ce qui devient une nouvelle cause de marasme et accélère ainsi le terme fatal.
Étiologie, — La pyclilc est très rarement spontanée; dans la presque totalité des cas elle reconnaît pour cause la présence de graviers ou de calculs, qui agissent tantôt directement sur les parois par leur nombre ou par leur volume, ou bien encore parce qu*un de ces corps, surt<yt s'il est hérissé d'aspérités, s'introduit daus des conduits trop étroits. Dans tous ces cas la pyélite est souvent i)arlielle ; mais si le calcul engagé dans le goulQtdubassinet on dans l'uretère oblitère complètement ces conduits, la pyiiléFtômcni afors par suite d? la distension que le calice et le bassinet éprouvent consécutivement à l'accumulation de l'urine. On conçoit que toutes les causes qui, sur toute la longueur des voies urinaires, s'opposeront à la libre excrétion de l'urine, comme les rétrécissements de l'urèthre, la paralysie de la vessie, l'hypertrophie de la prostate , les tumeurs comprimant les uretères, etc. , seroiU^j^Mit autant de causes très actives d'inflammation de la membrane interne des V >j9Biplle-ci est, d'après Rayer, parfois consécutive à la blennorrhagie, surtout ajjn^la suppression brusque de l'écoulement ; elle est aussi quelquefois produifpjjs^es cantharides à la suite de l'application de vésicatoires» Enfin, dans les cas où a«:alculs existent dans ces organes, toutes les causes capables de les déplacer ou^e les agiter fortement, comme les secousses du tronc, éprouvées surtout pendant l'équitation ou dans une voiture mal suspendue, sont des causes efiicientes de la néphrite calculeuse.
Traitement de la pyélite, — Lorsque les accidents sont dans toute leur acuité, il faut leur opposer le traitement antiphlogistique ordinaire, et insister en même temps sur l'emploi de l'opium pour calmer les douleurs atroces qui marquent la première période de la maladie. On donnera ce médicament par la bouche et en lavement jusqu'à efl'et sédatif ; on commencera par 5 ou 1 0 centigrammes, suivant la violence des douleurs; on prescrira une nouvelle dose de 5 centigrammes et plus, tous les trois quarts d'heure. Nous avons en pareille circonstance donné plusieurs fois jusqu'à 60 centigrammes d'opium en trois ou quatre heures sans produire d'effet narcotique. Si dans toute es]>èce d'inflammation rénale il est rationnel de s'abstenir des diurétiques et de toutes boissons prises en abondance, afin de ne pas trop faire fonctionner l'organe malade, ce précepte doit surtout être suivi dans cette forme de la néphrite qui s'accompagne si souvent de l'occlusion d'un des uretères. Si l'on est assez heureux pour enrayer les accidents, et si les malades se rétablissent, qu'ils aient ou non expulsé le calcul, on devra les soumettre au régime le plus propre à empêcher la formation de nouveaux corps étrangers ou l'accroissement de ceux qui existent. C'est dans ce but que Ton prescrit un régime végétal, l'usage de boissons abondantes, et surtout l'emploi de quelques eaux minérales, telles que celles de Vichy, d'F.vian, de Pou}çiies ou de Contt*exévilIe, qui agissent à la fois par leurs propriétés chimiques et diurétiques. Ce traitement convient encore loi^que la présence du pus dans l'urine indique une suppuration des reins ; il faudra en outre, dans ces cas si graves, établir une forte révulsion en appliquant plusieurs cautères au niveau du rein altéré. Knfin, lorsque le rein, augmenté de volume et distendu par le pus, tend à se faire jour à travers les tégu* ments, il faut hâter ce mode de terminaison. Si l'abcès est superficiel, et s'il adhère T. If — ?• imi, tV
689 DES IHrLAI^ATIONS.
ao¥ parois, on pratiquera liardiment une lai-gc incision ; dans le cas cootraire, on arrive dvks le foyer par des applications successives de ix)tasse caustique, comma nous rindlqucrons en traitant des acéphalocystcs du foie.
Je ne dirai rien de la pyélite cantharidicnne, de celle qui est spontanée ou qui succède à une blennorriiagie, car elle ne nécessite qu'une médication simple. Dm bains et des boissons douces sufliseut.
Se la eystite aiguë et de la oyttite ohrontqiie.
Quelques auteurs, à Texeinplc de Sœmni^ng, n'ont compris sous la dénomi^ nation de cystite que rinflanimation profonde de la vessie, c'est-à-dire celle qui envahit tout à la fois au moins deux des tuniques de 1 organe; réservant le nom de catarrhe vésical à l'imlamination qui est bornée à la membrane muqueuse. Une pareille distinction n'est point fondée : il im|X)rte donc pour la pratique de comprendre sous le nom de cystite toutes les inflammations de la vessie, quels que soient leur siège et leur étendue ; tandis (pj'il faut résc^rver le nom de co/ai tA€ vésical à un état morbide particulier, mais non inflammatoire, pouvant être la suite d'une inflammation antérieure, mais se développantl^^s souvent aussi sans son concours, et caractérisé par une exagération e|fl^Ple perversion de la sécrétion muqqeuse de la membrane interne de la ve9^9p(!c catarrhe constitue donc une affection spéciale, distincte de la cystite, Mfglt '* broncborrbée l'est de la bronchite, la gastrorrhée de la gastrite. (Kt plus bas la classe des Sécrétions morbides. )
La cystite doit être distinguée, d'après ses causes, en idiojiothique et en sym" ptomatiqne ; d'après sa marche, en aig^œ et en chronique ; d'après son siège, eo superficielle, bornée à la nmqueuse, et en profonde ou phlegmoneuse^ envahissant au moins deux des tuniques ; enfin, elle peut occuper l* organe dans toute «m étendue, ou être bornée seulement à un petit espace. Parmi les cystites partielles, il im|X)rte surtout de distinguer celle du coL
Caractères anatomiques. — Dans la cystite aiguë, la capacité de l'oinnne est quelquefois diminuée, plus souvent elle est augmentée, ou bien enfin la vessie cxmr serve ses dimensions normalea La membrane muqueuse, d'un rouge plus ou moÎBi vif, est injectée uniformément ou par plaques, ou par pointillâ fin. Elle ostcommr boursouflée, épaissie, plus ou moins friable et ramollie; quelquefois on trouve parsemées à sa surface des concrétions |)scudo -membraneuses, grisâtres ou blanchàim, très adhérentes, autour dosciueflcs la muqueuse gonflée forme nue espèce de bourrelet, ce qui pourrait faire croire à i'existeuce d'une ulcération : mais il suffit de h plus légère attention pour éviter cette méprise. D'ailleurs, en exerçant quelques tractions sur la fausse membrane à l'aide d'une pince, on la sépare, et l'on trouve au-dessous d'elle la muqueuse plus ou moins injectée et violacée, mais jamais ulcérée. Les ulcérations peuvent néanmoins être la suite de la cystite aiguè; on les remarque surtout dans les cas où la phlegmasie a été déterminée par la présence d'un ou de plusieurs calculs, ou par le séjour prolongé d'une sonde. Ces ulcérations existent le plus souvent en petit nombre; elles n'intéressent ordinairement que b muqueuse; quelquefois elles envahissent les tuniques subjacentes: elles |>euveot même perforer tout à fait 1^ vessie, qui communique alors soit avec le rectum ou le vagin, soit avec le péritoine ou le tissu c(*llnlaire du bassin, suivant les itoints où cette lésion survi(*nt. I.orsque l'iuflanunation envahit les tissus subjacents, les parois sont épaissies, indurées, du pus est infiltré dans le tissu cellulaire et enm
DE r.\ CYSTITF AIGUË ET' DE LA CYSTITE CHRONIQUE. ftB3
les plans rharims de la tiini(;iio iiinscnlciise, qni sont devenus plus manifestes. Le pii» pçnt même Otro iviini en un ou plusieu!*s foyers isolés, conimuui(|uant*avcc une »iipptu*aiiou étendue de re\cavation |)eJvienne. Enfin, on a observé parfois des plaques gani^i^neuses. Celles-ci sont raremeni Teffet d*unc inflammation simple ; mais prcscpie toujours elles ont lieu dans les points qui ont supporté une violente pression, telle cpic cHle que pi^duiseiit un calcul, une soude à demeure ou la tête d'un fœtus pendant raccoiichetnent.
1^ cystite qui survient consiVutivenient h l'absorption des cantharides est remarquable |)ar la production de fausser membranes dans la vessie; la muqueuse de cet organe est \Àus ou moins ecchymosiB. Ces mêmes lésions peuvent également se roncoutrer dans les iiratères et jusque dans les bassinets; la substance des reins est ni«^me parfois plus ou moins cong^-^stionnée. f|
Dans la cystite chronique, presque toujours on observe une diminution considt*rable dans la capacité de l'organe; la membrane muqueuse, offrant un mélange d<f coloration rouge, noire, violacée, ardoisée, est épaissie, indurée; plus souvent elle est friable, fongueuse, ulcérée, parcourue par des vaisseaux variqueux. Les parois, épaissies s^ntout vn raison de l'hypertrophie du tissu cellulaire et de la tunique musruI:;^^^^;^n^ouvent plus de 3 ou Iv centimètres d'épaisseur ; on peut les trouver, coumie^lHIit aigu, infdti*ées de pus, ou le siège d'un ou de plusieurs abct's, ou bien enlin , j^orées. Les cystites aigiu» et chronique ciiexistent le plus souvent avec diveiJil|B|rations des autres organes génito-urinaires, notamment des reins, qui de même ^e la vessie, contiennent souvent des calculs ; de l'urèthrc, qui est parfois rétréci ; de la prostate enliu, qui est souvent hypertrophiée, et parfois même ramollie et snppun^e.
Symptômes. — La cystite débute presque toujours sans prodn^mes et par des symptômes locaux. Ainsi tous les malades accusent une douleur au bas-ventre, que la pi*ession et les mouvem<*nts (>\asp<>rent ; rhy|)ogastre est tendu, et souvent la vessie y forme? une saillie considérable. Les maladies éprouvent des besoins fréquents d'uriner, et excrètent, après des efforts très douloureux, quelques cuillerées ef souvent même qnelcpies gouttes scMilement d'une urine rouge, brillante, trouble et pai-fois sanguinolente. La plupart accusent également ime sorte de tênesme vésicai, c'est-ti-dire qu ils ressentent un btïsoin violent de rendre l'urine, et font des efforts considérables qui n^stent sans effeL Beaucoup se plaignent d'un prurit incommode dans le méat urinaire; presque tous ont de la fièvre, une soif vive, de riuap|)étence, des nausées, di^ii vomissements, de la constipation, un état de malaise et d'anxiété extrêmes. Cependant la gravité plus ou moins grande des symptômes généraux et locaux, ou la prédominance de quelques-uns d'entre eux, est surtout détern]inè<; I)ar le siège spécial de la phlegniasie. Ainsi la douleur hypogastriquc est surtout vi\e lorsque l'inflammation (chose rare (railleurs) occui>e la partie supérieure de Torgane : l'uriiie ne s'accumule (>oint alors dans la vessie, mais elle en est expulsée à de<i intervalles rapprochés. Au contraire, un sentiment de pesanteur ou un prurit incommode aii |MM'inéc, la rélenticin d'urine, l'ischuric, le ténesme vésical, se reman|uent dans la cystite du col. Dans ce c^s, le cathétérismc est rendu souvent impossible par le gonflement ou l'état spasmodique de la portion prostatique de l'urèthre; et lorsqu'on parvient à introduire l'instrument, il produit une douleur tellement atroce en arrivant dans la vessie, qu'on est obligé quelquefois de le retirer avant même d'avoir pu évacuer l'urine. Le toucher par le rectum, et souvent même la simple introduaion d'une canule de seringue, excite des douleurs très vives ; la défécation ou la simple émission des gaz en Tfe>-e\\\e 4a ^t^^i^&e&.l>&
ftS& DES INFLAMMATIONS.
excrétions peuvent être empêchées lorsque l'inflammation a gagné toute la paroi recto-vésicale ; dans ce cas, la constipation et le rnétéorismc sont une nouveUe cause de souffrance et d'anxiété. Enfjii, dans l'inflammation du bas-fond de la vessie, on a vu plusieurs fois les tissus, épaissis, boursouflés, produire Toblitéralion complète de Torifice vésical de l'un des uretères ou de ces deux conduits ensemble : Turine alors, ne i>ouvant plus arriver dans la vessie, s'accumule dans les uretères, dans les bassinets et les calices. Bientôt, la sécrétion ne pouvant plus avoir lieu, la fièvre redouble, du délire snr\ient, les malades tombent dans la prostration ; toutes leurs excrétions, les selles et les sueurs notamment, exhalent une odeur urineuse, et ils succombent bientôt l|rec l'ensemble des symptômes qui caractérisent la fièvre dite urineuse. Ces mêmes accidents surviennent encore, mais beaucoup plus lentement, toutes les fois que l'urine accumulée dans la vessie cesse de pouvoir être excrétée.
Dans la cystite cantharidieune, sur laquelle M. Morel-Lavallée a fiié l'attention des médecins, les malades rendent quelquefois, après des douleurs, des épreintes et des efforts inouïs, des fausses membranes consistantes ayant de 1 à 2 millimètres d'épaisseur, et dont l'étendue varie depuis la grandeur d'une pi^e 'de 50 centimes jusqu'à celle d'une moitié de carte à jouer. M. MoreI-Lav^jtt|^ démontré que souvent, indépendamment de ces pseudo-membranes, l^f^mandonnée à ellemême laissait déposer, par le refroidissement, un précijm^^albumineux plus on moins abondant. Enfin, chez quelques malades, TalbuminHÉfe eu complète dissolution ne se précipite que quand on chaufi'e l'urine jti^%'à ébullition, ou lorsqu'on la traite par l'acide niliique ; mais cette albuminurie est moins l'efl'et de la cystite que d'une pyélite ou d'une congestion rénale concomitante.
Marche^ terminaisons. — Après s'être accrus pendant quelques jours, on voit communément les accidents diminuer; les besoins d'uriner sont moins fréquents, la miction est plus facile, moins douloureuse, les urines ne sont plus sanguinolentes, enfin la fièvre et les autres troubles sympathiques diminuent ou cessent : on <St alors que la cystite s'est terminée par résolution. La suppuration est une suite beaucoup plus rare : tantôt alors le pus est seulement exhalé à la surface de b muqueuse, où bien un abcès, s'étant formé dans l'épaisseur des parois, se vide dans la vessie. Dans l'un et l'autre cas, les urines sont lactescentes, et l'on y dé* montre facilement la présence des globules de pus ; mais quelquefois, ainsi qne Cbopart l'a vu, l'abcès interstitiel se fait jour dans le tissu cellulaire du petit bassin, qui s'enflamme et suppure à son tour : la mort est presque alors inévitable^ La terminaison par gangrène est excessivement rare ; on la reconnaît quelquefois à la fétidité caractéristique de l'urine et à la gravité des symptômes généraux. Or^ observe surtout ce fâcheux accident lorsqu'il y a eu rétention prolongée de l'urine^- Dans ces cas, une rupure se fait ordinairement au niveau de l'eschare ; daner-' quelques autres, la vessie se déchire sans gangrène préalable et par la simple dis--^ tension des parois, qui sont alors plus ou moins ramollies. Cette rupture a liet^ presque toujours à la paroi supérieure, qui est la partie la plus mince et la moin^ soutenue. Suivant le point où la déchirure s'opère, l'urine s'épanche dans le péri— • toine et produit alors une péritonite suraiguë, ou bien elle s'infiltre dans le tissi^ cellulaire du basshi, qu'elle mortifie. Dans l'un et l'autre cas, les malades succoni — bent promptement. Des accidents semblables suniennent lorscjuc la perforation^ de la vessie s'établit parles progrès d'une ulcération ; si celle-ci intéresse la paru0 recto-vésicale ou vésico-\aginale, l'urine s'écoulera par le rectum ou par le vagin.
Enfin, beaucoup de cystites passent à l'état chronique. La chronicité peut, en^
DE LA CYSTITE AIGUE ET DE LA CYSTITE CHEONIQUE. 485
ontre, être primitive ; c'est ce qui a surtout lieu dans les cas où la maladie est symplomatique de la présence d'un calcul. Les malades accusent alors à Thypogastre où au périnée une douleur permanente, quelquefois vive ; ils sont tourmentés par des envies fréquenles d'uriner, par de la dysurie ; les urines qu'ils rendent sont troubles, purulentes, floconneuses, muqueuses, fdantes et glaireuses; il y a un état de malaise habituel, parfois de la fièvre ; les digestions sont pénibles, et la nutrition languit. Les accidents, et particulièrement les symptômes locaux, s'aggravent après le coït, et surtout après l'ingestion de laissons stimulantes ou par l'impression du froid, etc. Aprî^ avoir ainsi présenté un plu» ou moins grand nombre de recrudescences, et aprèlrune durée indéterminée, quelques cystites se terminent par résolution. Chez d'autres malades, tous les signes d'inflammation cessent, mais la sécrétion de la membrane muqueuso^pontinue à être pervertie : la cystite s'est alors transformée en catarrhe. La cystite chronique peut eutraîner la mort par épuisement ou en provoquant quelques complications, surtout du côté du péritoine et des reins.
Diagnostic. — En traitant de la péritonite de l'excavation pelvienne et delà métritc, nous veivons en quoi ces phlegmasies diffèrent de la cystite. Ce sont à pen près les setH^Mj^ies qui offrent quelques points de contact avec l'inflammation de la vessie. ^^pt à peu près impossible de diagno.stiquer les ulcères vésieaux ; les douleurs^^, un pus visqueux, tenace, fétide, strié 4b sang, qu'on a donnés comme dc^^^j^k assez positifs des ulcérations de la vessie, ne sauraient les caractériser, mais il Ai rendent l'existence assez probable. La cystite reconnue, il faut en rechercher la cause, et surtout déterminer si elle est idiqi^thique ou si elle est symptomatique de la présence d'un calcul. Le cathétérismepeuf seul éclairer le médecin.
Pronostic, — On a vu que la cystite était wne affection généralement grave ; elle Test surtout lorsqu'elle occupe le col et l'orifice des uretères. Celle qui succède à l'administration des cantharidos est presque toujours bénigne, et n'a guère qu'une dorée de ^ingl-quatre à trente-six heures,
Htiologie. — La cystite idiopathiquc est une affection excessivement rare, surtout à l'état chronique. La maladie affecte spécialement les adultes ; elle est plus commune chez Ic^ hommes ; elle est presque toujours produite par quelques causes directes, telles qu'une plaie pénétrante, une contusion à l'hypogastre, mie chute sur les reins ou le périnée, le cathétérisme ou le séjour des sondes, un accouchement pénible, la rétention de l'urine, la présence d'un calcul, ou bien c'est une phlegmasic uréthrale qui se propage à la vessie. On sait enfin que l'absorption des cantharidcs a souvent pour effet de produire une cystite ; cela se remarque spécialement à la suite de l'application de vésicatoires sur quelque partie du cor|)s que ce soit, surtout si c'est un point qui a été scarifié pour l'application des ventouses.
Traitement. — A la cystite aiguë on o|)posera un traitement antiphlogistique plus ou moins énergique. Les saignées générales ne sont utiles que dans les cas d^une réaction fébrile forte : presque toujours les saignées locales suflisenL Les Sangsues sont appliquées communément à l'hypogastre: mais on les mettra de |>réf«''rcnce au périnée, lorsque le col vésical est surtout affecté. C'est à tort qu'on a prétendu que les sangsues mises dans cette dernière région augmentaient la Quxioii sanguine. Ce résultat ne jicut avoir lieu lorsqu'on met un nombre de sangsucs suffisant (au moins vingt-cinq) et ({u'on favori.s(* l'rcoulement des piqûres. 1^'hypogaslrc ei le périnée seront recouverts de cataplasmes émoliients ; les ma-
dbô DES liNFLAMMATlOiNS.
lades seront plongés dans un bain tiède ei boiront une boisson niuciiagiiieuse. U liberté du ventre sera entretenue par des lavements ou par queU]ues laxatifs dou\. Il faut, eu général, s'abstenir de nitrer les tisanes ou de les donner eu trop grande abondance, surtout lorsqu'il y a rétention d'uriue, ou bien dans les cas où Texcrètion de ce liquide se fait après des eflbrts très doulounnix. Lorsque la «cssie, distendue par Turine, fait saillie au-dessus du pubis, il faut pratiquer le catliétérisme, quelque douloureux qu'il soit. Si Ion arrivait très diilicilemeiu daiut b vessie, et si cet organe supportait sans beaucoup de souiïrance la préteace de rinstrument, on pourrait le laisser quelque temps à demeure ; dans le cas contraire, on le retirerait aussitôt, sauf ensuite à% réintroduire s'il y avait aécessité. Les moyens de traitement varient peu dans les diiïérentes espèces de eyalltes : cependant, dans les cas où k maladie est produite par Taction des cantbarides, tout le monde est d'accord d'auniinislrer le camphre en lavement, en frictioDs et en pilules, seul ou combiné avec l'opium, pour modérer les douleurs et l'excitation extrême des organes génitaux. Lorsque la cystite est symptomatiqDe de la présence d'un corps étranger qui exige une opération (lithotomie ou litbotritie), il faudra, avant de la pratiquer, modérer le travail inllammatoire. ^
Dans la cystite chronique, on aura encore recours à uu^^Uusieurs applications de sangsues, surtout si les douleurs sont vives; ou iH^^égalemeul sur les bains émoUient^ On favorisera la transpiration cutanée paggsage de la flanelle et des bains de vajK'ur; on établira une révulsiou à ThypogMHftu faisant sur cette partie des frictions avec une pomiuade stibiée ou en la^lbcouvrant d'un \ésicatoire. Ou a cherché également à modilier direaement l'état des surfaces malades par Tadministration de substances qui, éliminées parles reins, et mêlées à F urine, modifient heureusement la surface vésicale. (]'est ainsi qu'on a donné, en pareil cas, le baume de copahu en lavement ou par Tcstomacetla térébenthine. On a également conseillé d'injecter directement dans la vessie ces mêmes inédicamenti ci plusieurs autres. C'est ainsi qu'on a fait des injections de calouiel (20 à 30 ceslh grammes dans eau, q. s.), des injections d'eau de goudron, d'eau sulfuceuit naturelle, des injections de copahu à la dose de 30 à 60 grammes, et même dtf injections de nitrate d'argent. Nous avcms vu ce dernier moyen guérir en quelqiB jours des cystites chroniques qui résistaient depuis plusieurs années ^ tous b traitements. Pour cautériser la vessie, on conunence par la vider de l'urine qu'elle contient, puis on injecte 50 à 60 grammes d'une solution concentrée de nitntt d'argent, ou bien, à l'aide de la sonde imaginée par Lallemand, on porte le caustique en poudre dans la vessie. Ce moyen est un des plus efficaces; il n'est point ou à peine douloureux ; il n'excite aucun accid(*nt, si r^ n'est parfois quelques» cuissons un peu vives le jour de l'opération ; mais elles cèdent communément ^ l'administration d'un ou de deux bains. Il est quelquefois uécessairc de recourir ^ une nouvelle cautérisation ; mais il faut laisser entre les deux opérations un intei"^ valle d'au moins quinze ou vingt jours.
Enfîn, il est des cystites chroniques qui, en raison des désordres graTes qui le^^ ont produites, ou de la présence d'un calcul troj) volumineux ou enchatonné, soiiv^ au-dessus des ressources de l'art, il faut alors se borner à calmer les souiïrance-^ souvent atroces des malades et l'état spasmo<lique de la vessie par l'emploi de sup " positoires narcotiques ou de lavements opiacés.
DE LA MÊTRIT^ AI6UE SIMPLE. /t87