‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 85 sur 118 · LA PÉRITONITE CHRONIQUE. 52S · texte numérisé non relu

LA PÉRITONITE CHRONIQUE. 52S

, Ij|,|iéritouite chroui^R psl tris rarcincDt consécutive ï. la i)ériloiiite aiguë, mais

~" " ' "a survient priniitivenieuL Elle petit êlrc pi-tiiille ou gf-nérale :

kple , mais commuiiémeut elle se conii)liquc de la présence de

pieurs-cancÊreiises dans le ventre.

^ques. — Chez les sujets qui succombent à la pérituatie chro-

^nchenient ascitique à (iGine dans un dixième des cas. Il

I tait purulent; plus souvent il n'est que séro-

Brdinaii-cniciit il n'existe donc point ou â peine d'épaii-

nroi abdominale ank-ricure, aplatie, dôronuÉe, adhère alors

Ion et aux intAlins grêles. Souvent à l'ouverture du ventre on

VLscires coolcixis daii.s celte cavité, pas même le tul>e intes-

r faussesmembraaestpii les recouvrent. Celles-ci sont épaisses,

ir.lires, coDsislaïKcs ou bien molles, friables, cl d'un aspect

atnorplie. Ilo ks incisant ou en leï séparant, on trouve au-dessous le tube intes-

k liital, surtout l'inteslin grêle, rétraciéau devant de la colonne vertébrale et les anses

\ collées entre sIEes. Sauvent cellrs-ri sont tellement adhérentes, qu'il est impossible

I de les isoler : tors(|u'on [H'uI y parvenir, on ictonnaît que l'organe a beaucoup moins

r de longueur; sou diam^'o est aussi moins considérable, et ses parois, qui ont subi

e véritable ai roj^^Kmblent n'être plus formées que pr les tuniques interne et

^ externe. Dan.*! queic^^cas rares, les fausses membranes se présentent autrement ;

n^nsformées en un tissu lanitncux, ccUuleux, dense, qui

r subi la transfonnatiou librcuse ou cartilagineuse. Cette

disjiositiiui, ijunique [«ut-étrc un peu moins défavorable que la piécédentc, apporte

cependant beaucoup de gêne aux fonctions des organes abdominaux, qui sont corn-

prîmi's et tiraillés par ces brides se croisant en tous sens dans la cavité du ventre.

Dans la presque totalité des cas, c'est-à-dire onze fois sur douze, nous avons i trouvé des tubercules taulôt dans les fausses membranes, j>lus souvent sous )■ tnuique |)érilonéaIe des intestins. Ces tubercules sont tantôt rares, d'autres fois ils sont ^loiuérés en gi'and nombre, ils sont à des degrés dirTéreiits de développement, depuis l'état niilîaire jusqu'au lamollissemenL 11 en existe aussi à la face interne des intestins, où ils produisent des ulcérations ; celles-ci peuvent devenir la cause d'une perforation, et alors on trouve un épanchcment de matière stercoralc dans tout le péritoine, à moins que la perforation ne se soit établie dans un petit es|iace circonscrit j>ar île fausses membranes. Enfin, on voit quelquefois une comnmiu cation accidentelle s'établir eutix; deux anses intestinales accolées l'une à l'autre ; cette perforation est pnxluilc tanlùt par une ulcération développée à la face interne de l'une d'elles ; d'autres fois c'est par l'intermédiaire d'un abcès tuberculeux (|ui, formé dans les fausses membranes, s'(mvre fi la fois dans les deux anses d'intestin cpd hit sont coutîguës.

Annoncer la pré.sencc des tubercules dans le péritoine et les intestins, c'est dire qu'd y en a presipie toujours dans les poumons. Nous n'avons, en effet, guère observé qu'une seule exception h cette i-tgle. l'i-esqne toujours les liibercides pulmnnaiies. à en juger du moins par leur développement, semblent être antérieurs à rt'iiv du ventre.

V.a résumé, il suit, de ce qui précî'de, ([ue la péritonite chronique est presque Uuijours tuberculeuse. INoiis avons vn, en effet, les tubercules ne manquer i[u'une (iiis, et dnus ce rjis il y avait déjà de ces productions dans les poumons, de sorte qu'il est naturel de peirser que, si le malade ayait succombé un peu plus lard, il s'en serait également développé dans Ici intestins et davs les (ïuwea i

626 RES IMFLAMMAtrOMS. .

du |>ériloine. Co rf-suitat est îi [ku prH cmironiio 1 ce? i '[. Louis, qu'il pn^itl n'a rpncoiitn' l.i |>fTitoniU' l'IiioniijiK' «pie du jmjatt leux. Nfius croyons d'ailleurs (jue, dans juiruii ras l'twi-'fun»! ' "^ péritonfaiiK ne soiil /irimUifs ; mais ils ne si' ilrM-loppPnl quj, l'inllannnalinn de la s^i-ciisc. ^ ^

Deux fois j'ai tu la (léritoiiilc chronif[iie suiveiiir dan^^ j,^ entaliissanl le graitd O[ii[ilo()n, cl une fois rln'K inii' fi'iniiic f y' ntérin; les l6iionK éiaient Xvi luOines ([ue tnnlnl, saufrii tubercules dans le» fausses luenihiaiies. I,;i pi'-nliinilc i-lin est spéciale ii l'idulte ot an vieillaid, Inmlis (|tte la )>(^ritoiiii< rencontre giiire (]ne dans reiitaiiic i.-l dans la jeu liesse

Sym/'lônies. — I.e débnlde la |W!'i'iHiriiic i-si presqnc trmji iadesse plaifînenl de donleurs dp^eillredhliises, pnifondi-N. qnclqnefoi»" vives, lancinantes, apparaissant h d'asse;^ lonini intenalk-s. sous forme A'j roxysines qui dnmit un mi plusicui-s jours, |itiidaiiÊ Icsquil. li- repos est uire. Les coliques s'accoinpugneui , en ^{'jK'ial , de <li.iiilirr. quelquefiA eoiutipatîon; le plus .souvent cisdeiiv syinjiiôiiiesalicmini > nin' eu^. BientlH digestions sont difliciles; le malade lan^iiti, iiiatgril, se ^olDre, er jienl plus w' moins rapidement ses furces. Ciie/ quelques-uns. le veiinK^OKsit, par suite dn méténrisme des inleslins el t\u liquide qui s'épanche lia'^ie jiériloiTie (Ij)uîs'. L'alxlomeit donne alors un sou tuai aiiiérieurcmeiit, et l'ta^^reoii le plif-nuiuênr fie la Auctoatiun. Ot épauclicmeul est rarement ron.sidOrffli' ; nous l'avunsMi une seule fois être de J kilu}i;i'aimiii-s. Il diminue ei augmente iiTi^'irulièreiiiciil. EntiD, ■près beaucou|> d'aï tcrual lies, il fuiît le plus songent |iar se résoibcr eniièrenienL Ijtrsqn'il n'existe |Miint de Itqiiiile, le \emre est déformé, apinii vers r<unbiltc ; d'autres fois, ao contraire, celle partie est plus saillante : h maigreur d<s |)aroii permet souvent de sentir le relief que formeui les anses inleslinales dilatées pardei gaz, el qui i-ésomieiit alors sous la pcrcussitm. D'autres fois, ou distingue une oa ]dnsieiirs tumeurs [tlus ou iiiuins volumineuses, fonnùes par l'agglomérai ton de plusieurs anses intestinales, donnant à la iKM'cussion un son clairon obscur, suivant qu'il ciistc peu ou b('aucoti|i de fausses meiiibraues ï < e iii\can. Jj preannn réveille, en général, les douleurs dans un ou [dusiours poinis tin ïeiitrc. Kii iialpant la innti alxlominale. il est faeile de constater qu'elle n'a jtas sa souplesse ordinaire : mais elle offre "iii- t'tisiiiii iivrmnn-iilp. uni- rpiùti-nre c/ une diirr'p ^j'ii-tirnUrifi, ce que je regarde connue <^iaiit le signe pailiognnmouiqne de la maladie. Touslcti malades iitleiiils de |>éritonite clironique éprouvent, h diiïérenles époques de leur maladie, des votiiissemeiiis. eu général verdâtres, r]UG nous avons vus pliistcnn fuis |)ersist«r pendant quelques mois avt-r une npinijtreté désespérante, l'oint ont de la diarrhée, les nus d'une manière continue, d'iDlrcs de temps en teniiis. Cher, queliiiies-uiis, les aliments sjmt reiulus iniaris ou il moitié digérés {tinitirir), ce qui dépend, tantôt d'une sim|ile |tcrvei-sii)n di-s forces digesiives, d'antres fois de ce qu'une in-rforaiiou s'i'st établie entre le jéjumim et une jKiriion du gnis intestin. On conçoit que dans ces cas, heureusement fort rares, les malades sont exacteuient dans les mêmes nitiditions que rciix qui ont un anus routre iiairrre dans un poini loisiu de l'estouiar : aussi voit-on alors l'amaigrisseuient Taire des progn'-s rapides, et la mort survenir dans le mai-asinc. ].orM|ue la péritonite esi simple, on lorsqu'il y a peu de tubercules, quelques malades s'éleigmntsans auiir eu de fièvn-; cependant presque toujours ils ont un mouvement fébrile qui présente tous les aractères de la fièvre lente ou liectique. Kulin, il est inutile de dire que, (rés

tfiRITO!tlTE CBROHIQDE. 537

les abdominaux se joignent \ea signes propi-es ï la

iL'iies pr^cfdeals, qui existent presqnecnnRtammcDt,

iik'iiiels, (li'pciidaiil de la compression (|ug les ans<s

i Difinbiancs, formant tumeur, cxercenl sur ({uelipics

is ai nus vu une malade se plaindre de dysiirie; i'hez

'\è; enfin nou-s avem obscné, avec M. Cbomel, une

qui rt'sista à tous les moyens de traitemcni:, ei f[ui

Knpressioii du nerf srialitjuc correjtpoudanL La péritonite

(juelqiK's IfgAvs diiïéreiices dans les cas où elle dépendait

arciiiome f [ùploîque ou ulénii. I^ ventre alors Était le sifge

1 n'obserie ni dans la {)frilotiiIe chronique simple,

;i tuberculeuse ; l'f pancliemetit ascitique a été permanent ei n'a

in complètement cessé. On voyait, de plus, dans les cas de cancer Ëpiploique,

issiner h. la i-égion moyenne du veiiire une tumeur dure et bosselée, soule-

R la paroi abdominale, qui ue [ir<''senlaLl (inint d'ailleurs la dureté et la résistance

• avons notée tantill romme uu signe caraciérislique : aussi la périltHiUe

j^Élle été méconnue djM ces deox malades.

marc/ie, durée, trJ^Kaisom. ■ — I..a péritonite chronique a une marche lente : tnteni elle reste si^jLn aire pendant quelque iem]«t, très rarement cite semble rétrograder ; mais pr'^jj^ toujours la maladie suit lentement une marche ascenibnte; enfin elle se termAe presque nécessairement par la mon, apri^s une durée lui varie entre deux uiois et deux ans. Sa durée moyeuue peut être fixée à sept mis. Prcs<|ue tous les malades succonibent épuisés; chez d'autits, c'est une perbraliun intestinale on une pneututmie qui accélèie le terme fatiil. Cet>endant nous iippellerons que la perfoiaiion intestinale et i)ne répauclw^ment sicrcoral, g'o{>éfUll dans un giéritoine recouvert de fausser membranes éftaisses, |H>uvent avoir lien sans exciter l'appareil s\mptomatique funuidable que uuus avons précédemment décrit : aussi avons-nous vu aloi-s la douleur manquer prestjue toujours. (Quelquefois on ne constate qu'une altéralitui [irofonde des traits et un affaissement subit des forces, ce qui indi(]ne l'invasion d'une maladie intercurrente qaelooni|ue, mais sans en caractériser précisément aucune.

Oiaiftiostii: — Ij périionile chronique est d'un diagtioslic difficile au début ; on ne peut, en elTel. que la smifiçinner lomiue les malades ne se plaignent enr^re que de douleurs sourdes, de ciiliques passagères avec diminution dans rcmbon|H>int et les forces, (k- n'est que lorsqu'il se forme un é|)ancbement dans le ventn.», et qnc les parois abrlominales déformées offrent la rénilence et la dureté dont J'ai parlé, que le diagnostic peut être sûrement établi. f

1^ péritonite chronique peut Ctre ])artielle. I/)rs(|n'elle occujie l'excavation pelvienne, elle est d'tm diagnostic Iris difficile ; mais ailleurs. )a duuletir, la rénitence ries parois, la sensalidii d'une tumeui' bosselée et inégalenienl sonore, formée Jiarlic par tes anses intestinales et partie par une ou plusieurs c^iuches de fausses membranes, ]iermettroni d'être fixé sur la nature de la maladie. On no rri'ira pas en effet alors â un cancer on A une induration viscérale quelconque, car, dans ci; cas, la lumeui-, l'OJTtplélemenl et nnirorménieut iiiaie, ulfrii-ait aussi une dureté plus grande. I':u général, la péritonite partielle est presque loujoui-s consécutive i quelque cancer viscéral, c<imine un cancer de rt^tninac, de l'uténis, des reins ou k d'autres lésions, comme un abcès des fosses iliaques, etc.

Pronottk. — Il n'est pas encore proQvé qu'on ait jamais va %aènt vsib '^km,-

528 DES IHFLAMMATlOJiMO, .

tonile chronique on peu éteudue. Il est iuutile de t^*^-. ijle gui être observée que daus les cas, excessivement tares, ouV dégagée de toute complicalioii tuberculeuse uu cancéreuses,^*

Traitement. — Le rôle du médecin se bonie presciuP™' médecine palliative. C'est ainsi qu'on entretiendra \pfi {«i< douce; un prescrira le repos, ou combattra h <lé\nj< m mucilagiucui et par les opiacés. Si les douleurs suul \\\plasmes, et au besoin même quelques sangsues; on i\>^\ médicamenteux. Aux vomisscinenis opiniàlres ou opput et la glace. Si lepancheraent ascitique devcyîi trop aboi une ponction. Enfin, comme l'incmabiliié absolue de la piîr démontrée, comme elle peut quelquiTiiis ne point se compliq! tubercides, il convient d'AnpIoyer peut-tln; quelques moy de favoriser la résorplion des fausses membianes. C'est ainsi qu'on cataplasmes faiU avec un tiers de farine de graine de lin et deux de feuilles de ciguë; mais quoiqu'on en lii dit, ce moyen est d'i qu'inceriain. Mieux vaudiait recourir aux onciirins avec des pommades et iodées, D l'usage des caiiiL minérales alcalines, stil[u|jeuses, et douches ; cnrm, on éiabliia sur le ventre plusieurs^^ktires puissants sélons, moxas ou cautères ; mais si la périiouile esl tubeSRuse, et si à plus raison elle est syniplomatique d'un cancer abdominal, n^^t se borner à un tement palliatif et s'abstenir surtout de tous les nioje^nioleiils ou doulourcoii qui su-aient pour les pauvres patients saus aucune compensation.

IMFWMMATION DU T1S50 CELLULAIRE.

Dn pUaiimcHi de» oantéa iplauobiûqasi.

Le tissu cellulaire des cavités splancimiqties est susceptible de s'cnfUmms comme celui des autres parties du corps. En pailani ici de phlegmons splauchoiques, je n'entends désigner par là que ceux qui se développent dans la poitrine 4 l'abdomen ; car il est inutile de dire qu'il n'i'U existe pas dans le crâne, puisqu'il ne rencontre dans cette cavité qu'une très petite quïniilé de tissu cellulaire " ncux, et par conséquent peu susceptible d'inilamniation. Il n'en est plus de i dans la poitrine, où, notamment dans les deux espaces triangulaires qu'on nomoK " mMiaitim, existe en abondance du tissu cellulaire qui peut s'enflammer d'emblée I ou consécutivement h. l'altération d'ini autr^ urtj^ane. Mais c'est surtout daasli ' cavité abclominale, spécialement dans sa luoiiié inférieure, qu'on observe l'iaflaiDniation du tissu cellulaire ; c'e„st ce qui s'ex|)lique par le giaud nombre d'organes qui y sont contenus, par les altérations diverses doot ils sont le siège, et par la changements rapides et variables que l'état |>hj'$iologique amène dans leur vulumt et leur situatiou. Ajoutons enfin que le tissu cellulaire abdominal, protégé senleuient |>ar des jiarois molles, est plus susceptible de recevoir l'impression des causa extérieures que celui du thorax, que protègent des parois s 'liilcs et élastiques.

Bel pble^rooDf «t d«i aboèi dei méilûutîiu.

Le tissu cellulaire des médiastine, surtout relui du inédiastiu antérieur, s'eollamiiK quelquefois. Cependant cette affection est fort larc ; aus.si ue posséduns-nousi ciicwe

T.T DES ABCËS DES UËDIASTINS. 529

its tdleroent incomplets, qu'il n'est peut-être pu fer l'histoire exacte. Voici pourtant ce qn'on sait de plus

terminaisons. — Lorsque l'inAammation est primitive, .iolence extérieure, les malades accusent derrière le u)t<)[idc cl \ive, s'accompagiiant de fièvre, de gêne dans la L' (|iii est eu rapport avec l'étendue de la phlegmasic et le ; la tumeur indammatoire exerce sur le opur, sur les iiioit peut arriver dès cette période, au milieu des palpi- [ (les an(;ois»e^es plus gnndes. Presque toujours le phlegmon : dans ce cas , peu après que les accidents ont été ITmiim d'intensité, on observe cette s^e de Bjmpidmes générant i présence du pus. Souvent alors les phénomènes de compression anlent; le cceur est dévié à gauche, sans voussure à la région précordiale; tements cessent d'être perçus sur te sternum, qui rend ï la percussion un mplëtemeiit mal. Lorsque la suppuration du médiastiu est consécutive i une j|#a !i une nécrose du sternum, on n'observe point les symptômes aigus înQams que nous avo^préulrdemmenl notés. Les malades accusent seulement e oppression ioi)^rci'oissanie, une giïnc et une douleur obtuses derrière le raom. Ces deniieimjiniitômes sont également ceux qui paraissent se remarit lorsque le pus, au lieu de s'être formé dans le niédiasdn, y arrive de (wints plus ou moius éloignés, comme lorsqu'un abcès du cou fuse ' derrière le sternum. Cependant, dans ces cas, les phénomènes ne sont pas toujours euctcment les mêmes : car tantôt on n'observe que des accidents de compresuon; d'autres fois, l'arrivée du pus au milieu d'un tissu cellulaire sain enflamme celui-ci k son tonr, et l'on voit alors survenir tous les (roubles que nous avons décrits précédemment en parlant des jihlegmons primitifs.

Le pus accumulé dans les inédiaslins, et surtout dans le mêdtastin antérieur, tend toujours i se porter au dehors; le plus souvent il se fraye une issue il travers le sternum, surtout lorsque cet os est carié ou qu'il a été fracturé. Dans le cas contraire, il s'échappe par un espace intercostal ei par un point voisin du bord bléral du sternum. Quelquefois encore le pus, (usant vers l'une ou vers l'autre des extrémités du médiastin, vient former tumeur au-dcssns de la fourchette siemale ou an voisinage de l'ombilic La rupture de l'abcès, dans la plèvre, est peut-être la terminaison la plus rare ; cependant elle paraît avoir été ^quelquefois observée. Quoi qu'il en soit, lorsque ces abcès tendent à s'ouvrir, ils finissent par amener de graves désordres et de vastes décollements; c'est ce qui fait qu'après leur ouverture k l'eiiéricur le pus stagne presque toujours dans quelque point du foyer : de là des accidents de résorption et des caries consécutives. Enfin, le fait rapporté par I.jmartiDière, dans son mémoire sur la trépanation du itrrnum , fait croire à la possibilité d'une héinorrliagie grave produite par la dénudation et l'ulcération de l'artère mammaire interne.

Diafjiiostli:. — l.es phlegmons et les abcis du médiastin sont, en général, difficiles à reconnaître. Cependant une douleur habituelle, plus ou moins vive, derrière le sternum, s'accompagoant de matité, de déviation du c«eur, de fièvre, et plus tard de tons le.s symptûmes généraux annonçant une collection purulente, ne pourrait guère se rapporter à une autre alTecticn qu'b une phlt^masie du médiastin. En effet, l'auscullation et la percussion indiquent alors que la plèvre et les poumons sont intacts. On ne croira pas ici & l'eiistencc d'une çbn»i4à!«'. oi ^xm T. u — 7' iaiT. Vk

55Î DES INFLAMMATlONS^r

reins, on voit survenir tout à coup autour de \a iu[nci!t>i^ tels que douleur vive, induration [dm ëtendui', bicnli')! i'^^;,^^ et de la flaciuatlon, on ne peut conserver aociin doute sur .j^" . , abcis. j»e, -/^

Lorsque le foyer est ouvert à l'extérieur, on ne peut ps^GS-, m- ) la oaiurc du pus, des altérations viscérales qui c\isten| exhale souvent une odeur siercoralc, bien qu'il n'exisU entre le Toyer et le côlon. Souvent aussi l'abci's coininui les calices, sans que le pus répande une odeu^urineuse : lorsque le rein, entiùrement détruit, ne remplit plus ses foi

Pronostic. '— Les abcès périnéphrfiliques constituent toi grave, excepté peut-être lorsqu'ils sont primitifs et tris circonsc!

Traitement. — Tout le traitement consisir, dans la période plilcgilioâèuse, i employer les antiphlogistiques, surtout les émissions sanguines locales ; puis, dèf que la suppuration est certaine et qu'on perçoit de la nnctuation.ilfautsehâterde hii livrer issue par une incision, afin de ])révpnir les larges décollements. On k blteifa surtout dans les abcH consécutifs â une perforaliçn du côlon et du basnnet, k caose de la gangrène et des désordres que produisl^^^irine et les matièns fécales épanchées dans le tissu cellulaire; danscescas, oncf,<bitpasmémealtendiT b manifestation de la liictuation pour opérer de large^^isions, afin de donner issue au plus tôt aux matières septiques qui infiltrent le^^rties molles et qui les mortifient parleur contact.

Des tameon pUagnonnuci dai foitei iliaqnei-

Les fosses iliaques internes sont, de toutes-les parties du ventre, celles qui sont le plas fréquemment le siège d'engorgements phlcgmoncux. Ces tumeurs et les abob qui en sont souvent la suite méritent toute l'attention dos méxlccins : car, en raimi même de leur position et des rapports qu'ils ont avec des visctres importants, ili donnent lieu à des symptômes particuliers qui en rendent souvent le diagnostic difficile, et offrent certaines terminaisons que j'aurai soin d'étudier plus tard.

Historique. — Cette maladie a G\é, dès le siècle dernier, l'attention de quelqiM chirurgiens, et surtout de plusieurs accoucheurs. Delainottc (1), Lcdrau (1), Levret (3), Bonrienne (4), Puios (5), Dcleuryc (6) et plusieurs autres avaioit pnUié sur ce sujet des observaiions utiles; mais l'alTcctton pourtant n'était encott que 1res imparfaitement connue. Signalée ï la clinique de Dupuytreo, Uance (7) et M. Menitrc [8) en firent chacun l'objet d'un travail excellent. M. le professeor Velpcan dans ses leçons orales, MM. Piotay et Lebatard dans leurs thèses (9|, ajoutèrent de nouveaux faits aux descriptions que l'oii avait déjii. Ealin, réunissant CCS observations éparscs â celles que j'avais moi-même recueillies, j'ai coo>posé en 1839 une mont^rapbic de cette affection (10). Je la repn)duis ù peu prii textuellement ici.

J'ai confondu dans une description commune les abcès iliaques survenant dav les conditions ordinaires et ceux qui naissent dans le cours de l'état puerpéral : at

(1) Ckirurg., 1. 1. — (3) Ob: de thir., I. II. Parb, 4731. — (3) Art dt» arcoutktwna, p.lB5.Plrii, 170(1. ~{h.) Journal dfnùditint,\. XLWU^nateillb.^ [S) Mimoirtmrt» dépâlt UtUnix, p. 73. — {6) Afcoueh.,-!' Éûll., 1777, p. SOS. — (7) /ic>crtair« (f'nmrtvai"' de pkjàulogit, t. IV. — (B) ÀreMnt giniralei de médecine, l. XVII, p. ISS. — - (9) Tbèw dt Pitii, limée 1837, n°* tOl et 3fT. — (10} Arrhitei générait* de mâUciiu, f wtht, t H,

iftjliM. ■"«Pifp^gjioSEUSES DES FOSSES lUAQDES. 635

liSinénieai^Éi^*^-'''.,! irinèinr marclio, les mi^mes modes de icnninaison, Wfll le Jgi^ . .- '"■'jiiciii. llnWislu entre cui que des nuancrs (Uti^rininées " "^" vis ai) [uilioii desquelles la maladie se diVlare. ^'autoriser '^rt les abcès des femmes eti couclies el ceuv qui se décla- ^^1, c'ait faire uue diosc aussi irratiounclle que si, ayant mmonie, l'éi ysipèle, les lièvres éruptives, etc. , on faisait Riis uue iudividualiit^ iiioibide. par la raison qu'elles alteilequemment les fi'iumes en couches, et <iu'ellcs reçoivent |h(Hlin<:a)ii)ns^iml il faut tenir compte, sans doute, pour le , mais qui sont iusuHisantrs cependant pour constituer espère que tous les médecins qui auront obsené avec flon avis. J'ai élè surpris de voir iin*1iomme aussi éclairé que tenir une opinion contraire dans sa lliiisc de concours (ISfi^i). Anatomie pal/tologique. — Les lésions qu'on trouve i t'autopsie des sujets qui Mccombent aux suites des abcès iliaques vaiicnt suivant le mode de terminaison ' de la maladie, ses complications et l'éitoquc b laquelle la mort a eu lieu. Lorsque celle-ci arrive par épuisemeui, l'abcès occupe alors un graud espace. Le péritoine qui l'entoure présente^jAnunément une couleur noirâtre, résultant de î'imbibition du (luide que ciMKt lu foyer. Celni-ci, commençant inférieuremcni plus ou moins près de l'arcade^^Sirale, se prolonge en liaut jusqu'au voisinage des reins ou des dernières fàussè39iEes; ses parais sont noirâtres, irrégulières, tomentcuscs dans qudqiies points; lisses, polies dans d'autres, et l'on constate aisément rexistence d'une membrane pseudo-muqueuse.

Lorsque la sup|)uratioii a duré longtem|)s, il est rare de voir le pus accumulé tenlement dans le tissu cellulaire SDU$-|)éri[ciiiéal ; cependant on en cite des exemples. Dans ce derniei* cas, les nmscles psoas, iliaqiK^ cl carré lombaires, exempts d'altération, consenent leur couleur et leur consistanas toutefois le pins ordinairement ces organes sont plus ou moins altérés, leun fibres sont noirâtres, ramollies, en parties délruiles, disséquées et infiitnk-s de pus. La lésion frappe surtout le muscle iliaque dans sa partie moyenne et supérieure ; le psoas est d'autant i^us altéré qu'un se rapproche davantage de son bord eMerne. Il est difficile de dire en quelle pn)purlion exacte on observe c«s graves lésions des muscles, car les anieurs mit Muveut négligédc décrire l'élat de ci-s organes. Néanmoins, sur 13 autopsies, les seules qui puissent entrer dans mon relevé, je trouve que snr 10 cadavres on a rencontré une alléiation plus ou moins profonde des muscles. C'est ainsi que les psoas ont été trouvés malades K fuis, le muscle carré 5 fois, et le muscle iliaque 10 fuis. La désoi^anisaiion était généralement plus profonde dans celui-ci que dans les muscles psoas et carré lombaire, circouslancc qui doit cclairer sur le siège prinUtif du mal et sur sa pro;ia,:;atLon .Toutcfoii, il serait iuiixissible le ])lus souvent de déterminer par l'examen seul des parties si le phlegmon a d'aJMinl envahi le tissu cellaire sotis-périionéal ou le sous-apouévro tique. L'ordre dans lequel les symptômes se sont anccédé peut plutôt fournir quelques dotmées utiles pour la solution <lu problème. Au milieu du ce désordre des parties mollet, il est quelquefois difficile de trouver, même çb et là, quelijues vestiges du fatcia ilinni; cep(>ndani, dans la plupart des cas, ce feuillet fibreux existe, mais adhérent plus intimement que d'oitlinairc au péritoine, jwrcé d'une ou de plusieurs otiveritircsquiout depuis quelques lignes jusqu'à plitsieui-s]>onci's d'élendue. Dans plus de la moitié d<.>s cas on trouve que les troncs ou les lilets nerveux qui sont destinés au membre inférieur traiersGut te foyer purulent; ces cordons sont tj,éii^n\!tnt»x&

■tSÙ DES INFLAUMATluNJIf^ 9 ' ^H

d'un blauc niai, lainollis ou friables; mais, dais utei!:^-i ^Éfli PBl'^^v''' exeuip'.s J«! toute aUf-raiiou. lien cstdeiuOme Jts vaissL' i'"^. ''^^1^^ ^0''

CeuK-ci uut L'té vus deux fuiK sculeineut au u-nitu thiir Ti<"^ P^MMU^^JQ ffièes par le pus de tunlcs (urts, ijlaipiil ramollies et fi i<-' M^- '■'^iÊÊÊI^^K^Ê^ l'iulériuur, cl n'avaient |ioiut cessé d'èti« |>erinéat)le!v,;ft?iiB*¥¥:n.^^^^^|^Hi par M. Corbin i). le faisceau vasculaii-c ilia<[iii' (;{iii\Éf^J^<:a^^^^^^^^F, toute description nreiit)>èche di' déleruiiner la ii,iHire i'<^' ïv'^jl^^^^^^^^H des vaisseaux l'alM'ès jilii:iiutti«|^^^^^^^^^^^^|

nuus signalerons bientôt. 4>uoiqu<- v soii ijlacûe dans H^^^^^^^^^^^^H trique que l'arlèrc, elle est m'atiinoiiis souvent comM^^^^^^^^^^^H

qui tient, sans duuie, à la rt'sJstanœ dilTéix'nte des, parois '^^^^^^^^^^^| vaisseau. Eiilin, [Mur terncnuT, je «lirai que, comme Dnpuytra8H^^^^^^H| j'ai constaté (|ue, Ion>que ces ru\eis cuLiiiiiunit[U(.'nt atec le E">^ ''■^HHH^Bk Tuit pas généralement les matières fécdles péiiélrer dans leur cavité. Cet ^IM^^P meni ne se remarque guère que dans Us abcès succédant à la gangrène dWQB|B ou de son appendice. Uupuytri.'u invoquait trois raisons ;>our expliquer ÎMlll pllH ticiilarité : la j)i-ejnièr<', c'est que i'«s abcès su aident graduel leu ion t ; la seconfafl tiendrait h l'nbliquité de l'iiuverlure, et la troisième en 11|^^ décolle iiiept de l'i*'! teslin qui fait oUice de soupa[M-. |P*' 1

Symjilijmit. — L'invasion dn plilegmoti est ordinaij^^nt marquée par UH I douleur plus ou moins vive, limitée dans l'une des fossi^^aques ou B'imdiut I plus ou uioiiLs loin ; en même tenq», on reuiarqnc un ajipareil lébrile variable, I quelques troubles du côlê des ort;aiies digestir», enflu divers autroti symptAnies qui 1 peuvent éclaîi'cr sur le siège précis qu'occupe l'engoi^ement iliatiue. Ces diven pliénoménes morbides n'ont {tas tous la iiiCmc valeur, ils varient lieaucoupsoush double rapjwrt de leur fréquence et de leur intensité; Us méritent donc que j'entit à leui' égard daiLs quelques détails.

I.e frisson, qui est si commun au début des plilcgmasies, et surtout des pblegmtdes viscérales, est rarement observé ici. Ce symj)tôme, en eiïel, n'a <^tÉ noté que diM 5 (les ri6 obsiTvaiioiis que je puis analyser soiisce|>oiutdevue;et, dansccnombre, trois d'entre elles étaient relatives à des femmes nouvellement accoucliées.

De tons les symptômes de la maladie, la douleur est, sans contredit, l'un dd plus cmtsiants. <!'cst ainsi que sur 57 o]>senatiinis. dans lesquelles les phénouiènei du début sont indiqui-s avec quelque soin, on trouve que dans 'i9 la douleur i paru marquer l'invasion de la lualadie : elle en a dn moins été le premier pliénomène appri'ciable. Dans les H aulivs, la douleur a été précédée, pendant un ou plusieurs jours de constipation, d'engourdissement dans an des membrc-s pelviens et de malaise. Enfin, cliez U individus, ime tumeur indolente dans la (osse iliaque a été ctmstatée jiar le luédeiin im le malade lui-mi^uie at ant que cette réf^on eût éië le siège d'aucune sensibilité morbide. Il est probable qu'il en a été de mèoïc dam beaucoup d'antres cas; de sorte que ta douleur indique moins fteut-êlrc le début de la maladie que le commencement de mui état aign. Mais, à <[uelque époque de l'aiïection i]ne la douleiu* se déclare, elle n'a pas toujours iin'setilé tes luénus caractères. Tantôt vive et lancinatile, d'autres fois .sourde, oliscnre et profonde; comfiarée |>ar quelques maliides il de siuijjles coli<|u<>s, elle s'eias|>Lre toujours par la pression; elle augmente aussi par les secousses de la toux, ei, dans quelques ca« assez rares, |)ar les mou veine tits du tronc, qu'elle lient incliné en avant, ainsi que

(1} CaiMUmidicaUi.n 33 octobre ISSO. Ohf. i".

/l'^^GHONECSES DES fOSSES ILIAQUES. 555

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