‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 88 sur 118 · JKFLAUMATION DU TISSU MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

JKFLAUMATION DU TISSU MUSCULAIRE

L'inflammation du tissu musculaire a reçu les nouis de myofite ou myosi/ii. C'est une aiïcclion exirémenient rare, dont beaucoup de médecins contestent même l'exîsiencc. Il semble, en elTet, que le tissu musculaire est un de ceux qui sont le moins susceptibles d'inllarnmation ; c'est ce dont un penl s'assurer tous les jours en éludianl les phénomènes qui se pasitcnt dans tontes les plaies musc u lai i-cs, spécialement à b suite de l'amputation des membres. On reconnaît, en eOel, dans ce cas, que U fibre musculaire ne subit aucun changement de vitalité, tandis que les gaines celluleuscs sont le siège exclusif des altérations qui surviennent, que l'inflauimaiion soit adhésïve ou bien qu'elle soit suivie de suppuration. Le pus qu'on trouve quelquefois infiltré on épanché dans l'intérieur des muscles est bien moins l'eiïet d'un travail phli^masique local que de cet état grave de l'économie qu'on »bsene dans la morve et dans l'infection pui-ulcnlc. En résumé, lorsque la supjiuraiion est produite par une inflammation locale franche, celle-ci n'atteint peut-être jamais ))rimiti\emeni la Gbre moscnlaire; mais elle siège d'abord dans le tissu cellulaire in terli brilla ire, et ce n'est que consécutivcinciU que la fibre charnue est elle-même envahie.

Kn examinant l'état des parties & diiïérentes périodes de l'inaammalion , on reconnaît que dans un premier degré de la maladie le tissu cellulaire iutentitiel s'injecte, rougit, s'éjuissit, de manitre que chaque fibre es! emprisonnée dans une sorte de coque solide. Dans cet eut, le tisni cliamu comprimé se décalaK;^'«i!««k

570 , I>ES INPr,AMM AXIONS.

fuis, au contraire, il devient d'un rouge violet. Dans l'iin et l'autre cas, te

est plus volumineux, et il est devenu plus hahlp. SI plus lard la

s'établit, les fibres charnues prennent une teinte jauniiri: ; l'Iles sont très

mais la »iDppuration n'existe que dans leurs interstices. Quelqut

(le distance eu distance des solulions de cnntimiité; dans ce poii

petite excavation remplie d'im pus hhnr <iu rouReâtrt ; enj

nmsculaii'e n'existe plus, et l'oi^uc est transforma en t

dirait être exclusivement formée par dn tissu celluf;

gu6risoii sunient aprf's de pareilles aitôraiions. le - -

est souvent mi^mc atropliié et transformé en Tin tissu crllul

état toujours incurable.

La myosite résulte souynt de l'extension ati muscle il'iii

c'est ce qui a lieu, par exemple, dans le pMegmon; ailleurs la phlegmaôT laire succMe I une cause traii ma tique, à une violenru exti^rieuro ou à excessive de l'organe.

Tous les muscles du corps peuvent titre atteints d' in [la m mai ion ; mus U ont surtout étudié celte altération dans le cœur, dans le diapliragme et les Nous avons parlé, h l'article Cardite, de l'inllammari^l^u lissu cdlulo-mi laire du cœur. Nous ne dirons rien de l'inllammation (^^^j^jiragnac, car ne possédons encore snr elle aucune obsenation prêt i^^p^i surtout imposiiMr de mettre ï profit la description des auteurs qui, sous lffnir<'sdepRrf?/}AreHrw, phrénite. liitiphragmatite, diaphrarpitile, mots synonymes, et qui signifient ba inflammation du diaphragme, ont confondu des affections très différentes, natnment la pleurésie et ta péritonite diaphragmatiqiies, l'inflammation du lisncchlaire et celle des organes voisins, et même certaines affections aigut» des centre ner>-eux.

Une douleur parfois vive, mais généralement sourde, augmentant par la pre^ siun et par les mouvements, assez exactement circonscrite, une induralioD el me tuméfaction eu général sans changement de couleur i la |)eau existant dans l'épabseur d'un muscle, caractérisent la myosile. l.e mnscle peut être affecté partielle' ment ou dans tonte son élcndae. Celte alTection ne i»orrait être prise que po» un ])htegmon diffus. !\laîs, ainsi que le remarque dans sa thèse .11. Dionis((j. aujourd'hui médecin distingué b Auxerre, dans la myosite, il n'y a ni l'emplttment, ni la rongeur de la pean. ni la tumeur circonscrite qu'on observe dans le plilegmon. Nulle analogie n'existe entre la myosite et le rhumatisme mu-scuiiire. afTectiun mobile, très douloureuse, qui ne s'accompagne d'aucun cbangcment appr^ ciabtc dans la texture de l'orgaoe : le muscle malade n'est donc pmnt induré, comme nous le voyons dans la inyoutc.

f^ myosite se termine le plus souvent par résolution, quelquefois par suppuration et par induration.

Le traitement se borne dans l'emploi des antiphli^tiqaes locaux (sangsues et cataplasmes), puis on fera des frictions mercurielles, et si la ré.wlntion est lenlc i se faire, on promènera quelques vésicatoircs volants.

El) résumé, l'histoire de la myoàte est encore i>eu avancée; il est impossible, avec le peu d'éléments qu'on possède, d'en tracer une histoire satisfaisante. M. Dionis l'a tenté dans sa thèse, mais la science a besoin d'observations plus précises ; la pathologie comparée pourrait peut-être nous les fournir plus facilement que la patI>ol(^ic humaine.

(1} TliÈM d« Paris, année 1B5I.

I^FLAUMAT10:(S DE I.A PEAIT. 571

la allons dire un mol du psoïlis, rjui est l'inflamination musculaire qu'on a étudiée.

Il» iniisirles du corps, ceux <|u'oii irouie le plus souTciit I tratail pi iloflinaslqne local. Nous dirons encore ici rc \pliis haut en traitant de la myositc en général, savoir que lu <' psoas s'est fonné lantfit aux dépens du tissu cellulaire ^s re fluide, foiiriii par une carie vertébrale. » fusé dans I s'est arcûlé. Dans l'un et l'autre cas pourtant, les fibres ^l>;iraitrc, laulôt par alroptiie, iant<M par suite d'une véri- ' relroij^ alors dans le foyer, bous forme d'un détrîlus ici] elles sont encore reconnai^bles, mais décolorées ou Ire, verdaire, et ramollies. Il est rare que la suppuration I n'envaliibsi- <|ue le psi);is ; presque tnujoui's, eu effet, le foyer occupe en mCme [ IMDps le muscle iliaque et le tissu cellulairt- si)us-|)ériloiiéal, oi'i est ordinairement "aoa point d'origine

■■ lie fnnnation des alicès ilii psoas, les auteurs ont cru ^^^ isément à une douleur siégeant dans la région lom-

baire, et g'irradidffll^^la fosse iliaque, dans l'aine, dans la fesse et dans la cuisse correspondante ; on ^^k que le membre inférieur de ce côté est plus ou muius rétracté, et qu'il est iuijtossible de le ramener à l'etilension complète ; le pied est aiutii dans ta rotation en dedans ; enfin, une tumeur fluctuante se dessine successif cment dans la n'^ion lombaire, dans la fosse iliaque et au pli de l'aine. Cqwndaat, quoiqu'on pi-éien<li- le contraire, nous adirmons, d'après plusieurs faits obserrés par nous, que la iV-irariion du membre et l'impossibilité de l'étendre, (|ue k-s douleurs et les lirailleinenls dans les lombes, ne sont pas mi symptôme coûtant de la suppuration du jKoas, puisque nous les avons vus manquer plusieurs fois dans des cas où le muscle était complètement détruit. Kn outre, nous avons reln)uvé ces mêmes accidents ilans les plilegmons des fosses iliaques, lorsque les muscles de ce nom étaient affectés, et quoique l'altération nu se fût point propagée iiii corps m(''me du muscle |)soas. Nous croyons donc (|ue la rétraction du membru inférieur cl l'impossibililéde l'étendre se rapportent aussi bien ïnncléùon du psoas qu'à nue lésion du muscle iliaque, et que, pour détcmiiner si l'abcC'S siège dans le premier pluldl tgue dans le second, on doit avoir égard plutôt au siège de la dou> leur et ï celui de la tumeur ; c'est ce <|uc nous avons cx|>osé précédemment avec quelques détails (page 551).

- Les abcts du psoas (|ui ne dépendent pas d'une carie vertébrale ne se rencontrent guère que cJira les femmes ï une époque encore rapprocliéc des coiicbes.

l.e psolti.s réclame le tiN^e Irailemenl que les plilegmons et les abcts iliaiiues ; mais, en raisoTi du jwu de tendance qu'ont les abcès <lu psoas ii devenir superficiels, il faut examiner avec soin la région lombaire, car quelquefois on y sent de la fluctuation. S'il en était ainsi, il faudrait se liltcr de pratiquer une incision dans ce |Hiint, ce qui [jeimettrait au pus de s'écouler jdus aisément que par une ouverture faite sur ta [urni antériearc de l'abdomen.

INFIxAMMATIONS DE LA PEAt'.

I.a peau est fréquemment aOectée d'inflammation aigur- et clironique, et cette lésion .s'y montre avec des car«cttre» eitérïenn tort i\n6TKfA».*\wii!»,,«i **.- *

ii'cxisle qu'une rougeur plus ou ntoiiis ^ike; d'aulics U<'\i ce s

coiiti'ua»! ilivurs liquides (|iii se concrêteiit. Ces diiïéremcs funiies de Vît

tioii ne sout pas sculeiiiciU des variéli^ ou des degrés d'un mOme éiat n

mais elles constituent le {dus souvent dos aiïcclioiis diblincle.s. Nous a

diviser et étudier les iiuladies innamniatoires de h peau en ([uairc^

les exanthèmes, les vésicules, les èiillis et les piisltile".

plil^iiiasies !4>écirtqucs, nous établirons un grouix; de phlfa

causes, l<'ur marche, Iciirs produits et leur iiioile d'eMonJ

nalure toure spéciale.

Sei eiBDthinnt.

Le mot exanthème {de ila-J^lia, efporesco, erompo) servait ? ^^^^^ Grecs h peu près toutes lesïmplions cutanées ; d'autres l'oni resirënî^^i Srou))es de maladies Tort dilTérentes entre elles, liais depuis >\illati. le mot exa»^ thème a une signification précise, et l'oi) ne s'en sert pi js aujourd'hui qne pgtf dénonuner un certain nombre d'affections cutanées ayau! pour caract^re coomH une rouffeur jilusou moins vive, ci remise i-iti- ou diffuse, ^ui diminue oudispttnà momentanément sous la jiressioii du doigl. ^j, '

D'après cette définition, il faut comprendre dans l'i^ 3'; ,des exanthèmes 11 roséole, l'érythème et l'érysipèlc : nous ne parlerons paj^HWVougeolc ni de li 1 scarlatine; car bien que, par leurs caractères extérie^p^ces éruptions soicni | de nature eian thé mate use, ce|iendant, comme la fièvre, l'infection générale it l'économie, l'état du sang et la spécificité constituent les éléments principn de la maladie, nous avons dû les ranger dans une autre classe (voi/. plus but, page 32).

Ba la roiéole.

La nséok (nibeoln) est un exaniliéme non contagieux, caractérisé par des tadxs rosées, non proéminentes, diversement figurées, n'ayant qu'une durée éphémtre, et généralement précédée et accompagnée de fièvre.

Symptàmes. — L'éruption de la roséole est souvent précédée de malaise et de fièvre; d'autres fois elle a lieu sans prodromes. Llle est constituée par des lacbu irr^ulièremcnt arrondies, et généralement plus larges et moins nombreuses que relies de la rougeole et séparées pi- des intenalles de peau saine ; parfois ce taches se montrent sous forme d'anneaux roses, avec des aires centrales qui cooscTTcnt la couleur de la pcaii (né. onmUata de V illan). D'un rose plus on moins - fonc^>, ces taches occupent une partie ou la totalité du corps ; elles s'accompagnent généTalement de prurit et de picotements à la peau. Beaucoup de malades éprouvent aussi un peu de chaleur ï la gorge et de la douleur {>cndant la déglutition, accidents qui s'expliquent par des taches analogues qui exislent an pharynx. L'éruption, après être restée stationiiaire pendant vingt-quatre heures, commence bientôt ï pâlir, et vers le cinquième jour il n'en existe plus de trace ; quciquerois cependant on remarque nn peu de desquamation. En général, la roséole qui rC-gne dans les saisons chaudes est c«)le qui produit le plus de malaise et de fic-vre; l'éniption offre en onire une teinte plus foncée, et le prurit esi plus marqué [rub. œstivo ât^iWlan).

Diagnostic. — D'après ce que je viens de dire, il est imjKissible de confondre la roséole avec la rougeole régulière, ii cause de l'absence dans la première des symptâmes de catarrhe, et|>arce que les taclics sont plus régulières, plus circun-.

DE L'ÉRYTHËME. 57S

ICphiBAcDduesqucdaiis la rougeole. Copondant il faut convenir cjuc, clans

9 cas, les caractîTi's ili; l'f rupiion sout i peu près les mt^mcs dans les deux

^i alors il ii'cxisic point de sympl&ines de catarrhe, il sera souvent di(Ti-

t déterminer si l'on a aOTairc b nue rosi-oie ou ï une rougeole sans catarrhe;

^derni^-SH-a probable pourtant si l'émplion sunicnt dans une ramillc où

lais la iltstinclion est impossible loraiiue la maladie est spura-

'■'iodkiingueria roséole d'avec la scarlatine, quisccaracti'risc

*'( n rouge framboise, soîl par un granit fin et régulier.

iiiostic n'est jamais grave.

-iMoli' alTecte Ifiécialenieal les femmes et les enfants, surtout litiiin; elle règne |ilus souvent pendant l'élô et l'automne. l'fmid, un Oiercice forcit, des Ëmolions morales, une phli^masic emnammatton gastro-intestinale surtout, Peuvent la provoquei'. hilenmf. — Le repos, une tenipéralure douce, quelques boissons délayantes, I seuls moyens qu'il convient d'employer contre cette maladie, qui, mfnie ^lle eut fi'brile, n'exige aucun traitement actif.

l^l|Kntb i pai^R t:

De l'^TylUmc.

L'^ryiliènie csl^^Hithème non CAnlagicn\, le plus souvent apyrélique, et l|«i est caractérisé pa'^ff taches rouges, supcrricielles, variables quant à leur nombre, i leur forme i-i !i lear étendue, et se terminant par délilesccnrxï, par résolution ou par desquamation apK's une durée d'un i deni septénaires.

Sf/mpl6mes. — L'éryihème débute, en général, sans prodromes ; parfois il est précédé par un peu de malaise, d'inappétence cl de fièvre. On voit des taches, d'un rouge variant depuis le rose tendre jusqu'au rouge vif ou même violet, disparaissant momentanément psr la pression du doigt, se développer sur quelque pai'tie du corjis, le |)lus généralemunt à la face, à la )>oitrinc et sur les tneiuhres. Parmi ces taches, les unes n'ont que quelques millimètres d'étendue, d'autres ont 5 ou 6 centimètres ; dans quelques cas rares elles occupant toute la longueur d'un membre, et même une grande ])artie de la surface du coq». Cette rougeur eet superTidellc, et la [«au ne présente aucune dureté à son niveau ; celte membrane est intacte dans l'intervalle des laclics, ].'éru|)tioii érythémateuse s'accompagne souvent d'une légère douleur, d'un prurit plus ou moins incommode, et d'une augmentation dans la température locale.

Mnrc/if, dttfée, tenniiiaitons. — Après avoir persisté quelques jours avec ces raraclèrcs, les taches [ùlisseut jwu k peu, puis elles s'éteignent tout i fait, et ne laissent aucun vc>stîge, ou bieii elles sont suivies d'une desquamation plus ou moins pnmoncéc. Souvent, enlin, elles laissent après elles une lâche vlidacée ou ecchyinoiique, qui piMsisIe p«'ndant plus ou moins longtemps. Dans quelques cas l'éryllièine se termine par délitescence après une durée é|ihéinèrc [erytli. fiigax). Tels sont les caractères et la marche de l'érv thème qu'on nomme siia/ile ou léffr.

\'<iriêti':i. — L'éruption se présente quelquefois aiec d'aulres apparences, qui nul fait adtnettre |)Iusieurs variété» d'érythème. Les principales, et qu'il importe (le coiiii^tire sont les érytlièmes p/ipulcux et noueux.

Dans l'éryilièine |)apulcu\ {eryl/i. papi/fatiim de Willan), les plaques, irrégn> lirrcineiit arrondies, ont un volume qui varie entre celui d'utte lentille et ct^ui d'un cctttime. U'un rouge vif, violacé, surtout au centre, elles forment un léger relief, elles sont dui'es el comme [upuleuses. Si la saillie est plus considérable «l UdsuUife

jlU DLS 1\ÏI.A1IMAT10NS.

[tins (;raU(tL', l'éruliùno rai iiuniuié tuberculeux iliétiiulnlin.i) par T^kf^Kl V (Uns les cas où les plaqora, tri-N proéiiiiiiriilcs, scinliUiil si: Ji-iadicr de 1^^^^ («r leur circoiiR'itîiicc, l'érytliùiim a c'Ié aji|K'lt'! miifjinol im ninrginé [m tum). l/'s jilafiucs ulTreuUt'lIvs une funiiu l'irculaijo, ou plu(i)l n'y a-t-Qf cei'clc rouge circiHiscrivaiiI une |K)rti»ii de peati saiiii', rL-ryilièiiie grt dit a (;cs n-c>is (lemièrcs variiîtÈi oITrcul peu d'iiiiéiri.

Lï-iytliêuic paiiulcux se rciiian|ui- surluiit cJn-z \i:s ri'Ditiies. Il occii|H3 presque toujoui-s h- cou. la iMiiiiitii des mains ou des avaut-bras. 11 esl souvent pii'-cédéde n |)ai'foisde liùvre. «

l.'i'iytfièiiie miutux [eryth. uodusuin) esl une foruio fréquB gurluul clivi les feuiiues peu ou nuu mon si niées, et gcnéralGin jeuues de l'un et de l'auti-^sexe. L'tïniplinii iierii[>e parliculière sui'loul b face . autérietire des Jariii)cs. lllle se pr^seiile snus foruie de I raiigtrs, ovales, ayaiil de .'> à 2.1 uiilliiiiètiis de diaiitètie cl tris doDloureuses. ^ sonl en plusuu moins grand uoiuhre ei (lissi'iniiiiM'^ ; l'Ilrs se réuoisttciil i cl foniieni des plaques rougis ênsipélauiisi's nyam parfois l'éicndue Ak la p de la uiaiti: la surrau: est inégale, iloueui>e, la iK-aii cxUilus on moins tt Au bout du (|ui<lque.s jnurs, les ])]ai|ues sonl moins duresV jfois i>llfs sont ir et donuenl, <]uaiid ou les pix-sse, la seiisalimi d'une lliiJttpfe douteaKC : ccprndaut aucun liquide n'est jauuîs é|>anclié dans Uii mui^g;,lcs lisRiis. Celle é liou, qui est souvent préc^dtJe et accoiiq)agnée de malaise, de perle il'a|>péiil il <k 1 lièvre, disparaît prugnssivcmeiil après uni> durée dt douïeâ ([uinzc jours, laissai | après elle une couleur noirâtre ou jaunâtre de la ]wau, comme si ruite nieuibnin avait élé meurtrie, ccch) musée.

lutenriijii. — Il est un érj'lliêinc digne de fixer iiii iiislaut l'alteniioa, c'<Ji celui qui se dévelop|)e sur les points uil la pea» esl conslamnipnt en contact iv« elle-même ; un l'obscnc derrière les ii'i-eilles, au pli des seins chez les femma gra.sses, dans la région axîllairc, dans le pli inguinal, au |iuinl de contact des bouna ou des grandes lèvres, entre les fesses, etc. On observe l'imeririgo clicz les cnraal! cl il la lin de l'âge adulte, chez les |>ersonn(.-s obèses, suaui facilement cl oifligéant les soins de propreté, l.a peau drviiiil rouge et le siège d'un prurit aussi TÏ, . l'épideruic se détache bieiitàl, et l'iiu voit se former des eicoiialîons d des cnvasses qui fournissent un fluide «'leuv ou sén)~puruleiit d'une oileur nauséabonde.

Érytlièmn rpiilènii'/ue de l'aris. — .le ne parlerai ici que pour mémoire d'oi érythèmc épidémiquc observé ii l'aris en 1K2B: crt le maladie a reçu le iiomd'novdyiiie, mais on n'a plus occasion de l'obsener aujourd'hui. On en tmuvera \t description dans les recueils scientiriques de l'époque, et dans lu preniirr tolunK du Dictimnairt de niédtdne, 2' édition. L'érliylhéme n'était guèio ici qu'nii éinpliénotnèue.

hiiigootlic. — Le diagnostic de l'éryllii-me, avec l'érvsijièle, l'urticaiiv. In syphtli<les, sera discuté à l'occasion de cliacune de ces maladies. Un diKiiiiguen l'érviliènie de la roséole, qui se caractérise par des laclies superlici elles et ros<-re: on ie dilTérencie aisi'-inenl de la rougeole qui a des taches iiii-guUi'ri's, pi'eM|He sans relief, cl (pii s'accoiii[iai;;ne de lièvre et de symptùmes plileguiasi<pies du côlé des moqueuses nasale, pituitaii-c et hi'uuchi([ue.

fnmostii: — Ijc |in)noslic n'offre jamais de grav lié.

Élioloyit: — L'éryilièmc affecte surtout le» enfants. les jeunes gens et les femmes. Chez les enfants il la mamelle, il est le pins souvent produit \m le runlaci jirolongé

1>L L'ÉRYSIPtLIL. 'iTâ

S et (k's iiialiC'ivs f{-i:a[iv : il sit-ge alors sur les cubisos, aui (esses, sur le

eu plus 131'ii, l'i il ré|Mi(|Ut! de la dcnlill»!!, des plaques d'érj llii'inu

rdivcrscfi pur tira du corps, surtout sur k's joues. <Jiez les fcinnics,

1 des rtglcs est suituut la seule cause qui explique le i\é\ flop|K-iueiit

,. Eutin, à tous les âges de la lie, la maladie iteul être syui-

e phleginasie des ('»ii-s digcstives, ou bien elle est produite par la

, coiiuiie dans l'auasarque ; dit; se lie (juclquefois ù des ar«>s

le DU à des aerideuts névralgiquim. Kiifiii l'ingesltoii de cci'-

I 'eiiieuili- baume de copaliu,|>euveut produire uu en thème

' '"^Wltt^*»^ ^,11 ajdi-s une g-aiidû partie du corps.

. . ' ». .,' ^,|^J^pt ||(.^ l'i yiliûines cèdent à l'cxpectation. tl est jtourtant

Il de donner aux malades des bains lii'des, dt-s l)<>is.suiis

Liiiiioratifs. bauslerjllième noueux/si les douleurs sont tives,

a la partie d'un cataplasme de fécult; arrusë d'uiit dfcocliuu de tètes de

:, ï l;ique!le on iijuutera utie |H-titi< (piaiililè de sfins-acètaie de plomb. H est

jteineot rare qu'où soit foicè de lecourir au\ Omissions sanguines. Ixtrsque

litne se développant entre k's plis de la ih'uh s'accomi>agnc de gei%'urt'8et

E^riaiions, ou ima des loliutis avec IVau blanclw, ou a\ec une eau légi'rentent

rurée; on sauiioudiVÉles points alTeett'ïsati'c de l'auiidouuu delà poudre de

lôdo, main oji^tfJHniIra la gUL-rtsoii qu'en s«;i)ai'ant les parties conligiiës de

la iwau aiec de la cïïai^Bî-che ot i-ài»ée ou avec un linge très fiu.

9i l'itjHfilt.

l.'érysipMe est une iiinamniaiioii exaiitb^niatique, cxteiisivc, non contagieuse, raractérisf'e |>ai' une rougi'ur {iliis on moins vive de la peait. iwr. dureté et gtniflemt'itt de celle niembrane, se terminant génèraletiient par résolnliiin et ilcsqiiaiiiatiwi, suivie <|uel<|uefoîs de KU(>|iiiration et plus rarement de gangrène.

Attaltmiie ))al/iiilui/itjin: — Il u'est pas vrai de dire, avec licaucouj) dv |>er- Koaim, que l'érysipèie ne laisse aucune trace sur le radav re ; car si, après la nion la peia qui eu a été le siégu cessi! d'être muge, elle ctuiserve du moius une l<;iiitc brunâtre ou violafée ; l'épiilcrme est foncé l'I se détache avec facilité ; le derme est quelquefois injecté, violacé, comme ccclivmmié, |)lus liuiuide, épaissi et un p<^u friable; le tîssti cellulaire Kous-culané est souvent wdémateux, i|uelqucfois on y trouve du pusinflltré ou réuni en foyer; enfin la |>eauel le tissu cellulaire penvciit i-tre mortifiés dans une étendu*' plus ou iixiias considérable. Ces lésious sont à iku ytrcs les seules qu'on puisse coiulaier. Ou dit |)uurtaiit avoir trouvé les iyniphaliipies, les artéix-s et surtout les veines de la ]x>au entlaiiiniés et reiiijilis <h' pus i.ltilMS, (loplaiid, Cruveillner, Mandinj; mais ces vais.s(»us sont tellement déliés dans rè|>aiss«-ur du derme, qu'il nuiLs parait iiiipossilili' de constater ({uel est leur iiuxle d'al ferai ioii. >i)us ne nions pas puurianl (|ii'tm ait quelquefois rencunti'é du |)us dans les veines et dans les lymplialhiqiies sons-cutanés ; mais ces lésions ne sont proltiihlrmetil ipie const'-cutives : d'ailleurs elles nous |>araissent indépendantes de rèr\sijH-le liii-inèiiie, i>I se rattaclier itlutôt à la suppuration du tissu cellulaire, cVsi ii-dir<'jiri-:iislence d'un érysi|)(-Ic phk^moneux. M. ltaycri>rofesseàpeupK-s la même opinion.

Si/iii/if'jiii''s, m'ii-rh': — l/énupèle est prestiue toujours précédé de quelque*

57fi t)KS INFLAMMATIONS.

plifnomtiics précurseurs, tels que malaise, lassiliidi', lièvie, <-i''pli3la)|

bouchf! aincre, vomissement, cie. Mats un des sympirimes ks plu:

les plus comniuus, pui$(|u'ui) l'observe dans les dcu\ liers dts cas, i

■lient douloureux dcsgaiigliouslyiiiplialiquesquivei'ai

(le la partie qui doit Etre aLiGÎnic d'érysipi-le, qiioi(|uc 1,1 [wau iic présente ■

aucune motlifi cation appréciable clans sa coloi'atjon, dans so

teni|>éralure et dans sa sensibilité. Cet engurgcmcnt des g

!tl. Clioniel a surtout appelé l'attention, précède d'utt, de ûeià

développement de l'érysiitèlc. Nous avons inOme vu pltrsieujg

devancer la rougeur de sept, huit et nième^euf jours. LÉ

afTectés, icur tuméfaction, leur sensibilité, sont généralcnifl^

gravité et i l'étendue que l'érysipèle aura ; cependant il exista ^^^

Iireuses exceptions, t^uoi ^'il en soit, la sensibilité morbide des gangnSns di

et souvent même die cesse lorsque l'érjsjp&le débute ou lorsqu'il a pri& bu

développement

l.'ér^'sipèle est caractérisé à son début par une rougeur plus ou mcKos d sciîlc, dont la teinte varie depuis le rose tendre jusqu'au rouge écarlate o Elle disparaît ou diminue, du moins inomentanénient. par la pression dad A son niveau, la peau est tendue, luisante, manifestcmciAtoaissie et gonflée : c' ce qu'on appK'cie trî-s bien par le toucher. Si, en cfTci Jj^j^ mti n e le d les limites de la roi^eui-, on sent eu ce point tiii [let^^rreiet. I.e goi peut devenir parfois considérable : c'est ce qui avmit lors(|uc Tiii-y^pèle emii' 1 une partie dont Ictissucellulaireest lâche, comme cela a lieu aux |>aupièrcsouin 1 grandes lèvres, ou bien encore lorsque, quelle que soiL la partie du coq», l'éfyNpilr ' est devenu phleginoueu\, par la propagation de rindamnialion au tissu 1 1 MÉ' subjaccnL La peau alTeclée d'éiysipilc est le siège d'une douleur vive, MOliTta prurigineuse, que la pression exaspère. La température des t^nmcnts aQedéi S aimiiiieolée ; elle paraît être plus considérable qu'elle n'est réellement, puwqn'Hk ne dépasserait gutre, dit-on, que de 3 ou /i degrés ia température nomule. Us mouvenieuts sont difficiles ou rendus même impossibles. Enfin, si réryBïjièlei vk certaine étendue, il s'accompagne de syinjttÛRics généraux : ainsi il y a une fihit souvent intense, de la céphalalgie, de l'agitation et du délire, des frissons irrégiAn. de la soif, de l'inappétence, des nausées, des vomissemeiils, do la coiuiipatioa « de la diarrhée.

Itaretncnt l'érysipèle reste borné dans les points qu'il a piimilivcment flccnpti Quand il en mt ainsi, ou le nnmuie fixe: mais l'un des caractères Ica plosrenurquables de cette affection est de tendre -sans C4.>ssc k envahir de nouvelles surfac» Dans la plupart des cas, l'inBaïutnalion s'étend de proche en proche : on dit ilort que rérysi|)èlc est serpigineux ; il peut ainsi envahir successivement toute la surface du coTp». Ou bien il se porte dans un point plus ou moins éloigné, en re^iwlant les parties intermédiaires : on le nomme alors ambulimt : ce mode d'extension est le plus rare. Enliu il arrive assez souvent qu'en examinant au delà des |>oiDU oii l'érysipèle semble s'éii'e limité, on aperçoit, disséminées çï et li, des tacbn l'osées, irK'gtdiéres, qui bientAt se réunisseut en une seule plaque franchement érysi|>éiateuse. 11 ne jtaraît |)as qu'on ait jamais vu d'éi'ysi|)èle universel, c'csl-idire recouvrant toute la peau dans un seul et même instant. 1^ faits, soit anciens. soit modernes, qu'on cite comme des exemples d'érysipèle universel, ne sont p» eoncluanls ; car il est facile de ])rouvcr (|ue la jilupait d'entre eux ne sont qoe d« scarlatines tnéconnucs, on bien des érj'sipèles erratiques <,u ambulants.

RE l'èbtsifële. 577

kAprèi avoir persisté à un ci-rlain d<^ pendant quatre ou cinq juura, la tenuon pli peau dtniÎDUc d'intensité ; la surface pâlit, prend une teinte jaunâtre ou vio- ; l'épidenne se ride ; la douleur et la chaleur s'éteignenL La inCine série de lènesse reproduit dans lcspoin[£ qui ont été pris successivement, et s'il y a a entre chaque éruption un intervalle de trois, dcquatreou cinq jours, on pourra, nr le mèj>":'.'iijci, étudier la maladie à ces différentes phases.

7'-'*"- .Aj.f. — La plupart des érysip^Ies se terminent par réscduliun, avec '"■'' -^"Tépidermy dans la partie afTecIée. La peau conscrre ensuite pen-

|jrs semaines une couleur violacée ; le derme est épaissi, a^é- \i où l'érysipèlcw occupé plusieurs fois le niéme point, la peau toujours une teïnle bleuâtre; les tissus restent souvent empâtés, e qu'on observe surtout aui extrémités inférieures chez queiciilards. •

On il dit qui' l'i^rysipile pouvait se terminer par di^itescence; mais ces faits, qui 1 d'ailleurs très rares, se rapportent ))eul-Olre plutôt à l'érvibème qu'ï l'éry^ lèle. Quoi qu'il en suit, dans ces cas, )'érysi|)èle disparaît brusquement, et pour I, sans laisser nulle part aucunes traces de son existence ;oubien,serepr»- [i point plus DU moins éloigné, il mériterait plutôt la qualirication de métiistaiique, qu'on li^P parfois aj^iquée. On a dit que la métastase, se faisant "^^lufait Être suivie des pins graves accidents; mais l'observation n'a pas encore j|^^ ces craintes ; car la délitescence, loin d'dtre la cause de <iuelque accident, paraîtrait, au contraire, f trc presque toujours consécutive ï une plilcgmasie d'un organe important. Rnfin l'érysipile peut <>trc suivi de suppuration; il peut aussi produire l'ulcération de la peau, avec gaii)(rëne de cette inembrane et des tissus subjacetiis ; mais ce sont là des accidents <|ui sont peu ordinaires : bientôt d'ailleurs nous en parlenins avec plus de détails.

D'après ce qui précède, ou a pu voir que l'érysipËle avait une marche toujours aiguë continue ou exacerbante. Peu après avoir cessé, la maladie peut se reproduire dans les mômes points, soit spontanément, soit par suite de quelque imprudence des malades, comme lorsqu'ib s'exposent ii l'air froid ou qu'ils commettent des 4^ils de régime. Toutefois ces rechutes sont généralement peu graves; car la fièvre est alors peu intense, et la maladie a une durée beaucoup moins longue que dans la première attaque. Il est des individus clieï lesquels les érjsipèles se reproduisent au bout d'un temps plus ou moins long, quelquefois une ou plusieurs fois par an, et toujours aux mCmes époques (l.orry, Frank). On dit aussi avoir vu quelquefois la maladie' revenir périodiquement à de courts intervalles, et suivant un des types propres aux fièvres intermittentes. L'érysipèic présente, en général, d'autant moins d'intensité qu'il s'est déjà reproduit an plus grand nombre de fois chez le même individu.

Durée. — La durée de l'érysipêle est variable ; cependant on peut la fixer en moyenne i douze ou quinze joun, s'il s'agit d'une première attaque, et ï cinq ou liuit pour les attaques subséquentes.

Vtiriélé». — L'érysipêle ne se présente [)as toujours avec les caractères que nous venons de lui assigner; mais la maladie oUrt- des variétés nombreuses, portant : 1° snr les phénontènes locaux, 2* sur les symptOmes généraux et sympathiques, 3° sur 1<; siège, 'i" sur les suites et les modes de terminaison.

1* Viiriété* (le l'éri/sifjèle quant aux phénomène» locauj:. — ].ors(|ue l'érysipêle est très intense, de la sérosité e-st exhalée snus l'épidernie, qu'elle soulève. On vmt alors se dessiner sur la surface enflammée laulôt de petites vésicules ■uaU^in^ V

578 DES IHFLAMUATIONS.

celles d« l'eciéiiu {éryaipèle eczémateux ou miliaire) ; il'aulrcs foîs ee

vessies, des ampoules (éryaipète phlycténoîde, iiempItijijGide

liquide ([ui soulève l'épidcmie, aa lieu d'C'trcséreiR, peut dcTeiitr li

niéine tout i fait purulent [érystpèU poiluleux). Eiilin (|uel(|ueruis 1'

remplie par un sang noirâtre, qui finit par se dessérli^r, cgui d'autres f(

tissu du dorme, ,et produit alors dans les deuK cas, à la surface

plaques noirâtres qui effrayent souvent les personnes ine\|>ériinentd

cn>iii> à l'existence d'une gaugrùne. Quoi qu'il en suii, les tésici

déchirent, ou bien le liquide qu'elles cunticuiient se n-sorbe

cuncr<-te, l'épiderme se fronce et durcit, et il«e foiTue une

DU niùrâlrc, qui tombe au bout de quelques jours. Fréffueuii

produit une inûllration du lissu cellulaire subjacail; on dit aloj ,

teux. Dans ce c^as, la peauftii lisse, unie, biillante; si on la comprime

on produit une dépression, comme dans toute partie œdénialeuse. Cetto

l'érysipèle, plus commune chez les sujels lymphatiques débiles t-i itlTuUîs, «

remarque surtout là où le tissu cellulaire est naturellement lâclie. I':iiliti. (iam u

grand nombre de cas, la pblegmasle de la peau se pn)|)agGant iiu tissu tdlulin

subjacent, on dit que l'érysipèle est plUegmoneiu:. Dans cette foruie de la uiaWv, >

la peau est plus dure et plus tendue, la rougeur ne éispaiWmlns par la premoi, ta

tuméraciitm des parties est considérable, les symptômes jAHlhit et syinpathiiiwi

sont plus graves ; c'est surtout alors qu'on voit la mala^gjtre suivie de snppm-

tion on de gangrène.

2* Variétt-» de l'pryiipèle quant aux lymptAmeigpnêrnttx et si/mpatAiguet.— U est rare que l'éryaipèle soit tout i fait apyrétiqne. L'absence de fièvre h c remarque tjue dans les cas où la maladie est très bénlj^ut: ci boiuée à un peUtapact- Presquc toujours il existe un appareil fébrile, pru]>ortiouné àl'inteiisîtéetk Vifmiii de la phlegmasie cutanée. Le pins souvent la réaction est franche, et l'on abion la série de symptômes caractérisant l'état inflammatoire. Ailleurs on voil l'^pvd symptomatique (|ui accompagne les formes adyoamique et ilauqiie des liim graves. Otie variété se lemarque spécialement sons l'inQueuce decertaÏBes«MF tutiuns médicales, ou lorsque l'érysipélc survient chez des indiridos airubfe|> l'âge et les privations, ou bien encore lorsque la maladie s'est tenDinée, aar ■< grande étendue, par suppuration et surtout par gangrène. Enfin nne des vwiM les plus remarquables et les plus fréquentes de l'érysipèle est celle qu'on aoaat bilievse, parce qu'elle se complique d'embarras gastrique ; la honebe est alun amère et la soif vive ; la langue, la peau, l'urine, sont jaunâtres ; il y a des naméo, des vomissements et des déjections bilieuses. Cette forme règne souvent d'nt maoière épîdémiqne, surtout dans les hûpitaui et pwtdant Im niaons chandcn ri humides.

3* Variélét de l'én/nipéle quant à son »iége. — Je ne parlerai que de l'érmpéle qui altectc si communément la face ot le cuir chevelu. L'érysipèle de la télc débute presque toujours par la face, sp<^cialement sur le nez, sur le front on >ar la joue droite; il s'étend ensuite plus ou niiûns rapidement au reste de la figure et au cuir chevelu. l'rcs([ue jauuis il n'aiiive que l'érysigièle de la face soit consécutif, c'est-ii-dire qu'il ne soit que l'eitcnsion d'un i^rysipèle primiliveuieut développé sur une partie plus ou moins éloignée. C'est surtout dons les prodromn de rérysi|ièle qui ra envahir b face qu'on observe l'engorgement douloureux des ganglions souS'UMxillaires et de ceux des parties latérales ilu cou. Lorsque tonte li face est prise, les individus sont tout il fait méconnaissables; les paupières disien-

DE L'ÉHVSirËLE. .^79

^iiflaes recunTreiil K-k glotieti uculaires; les lèvres sont conloarnées, la boucbe est ■<f antr'aurerte. l'articulai ion des sons est difficile ou impossible, le nez a acquis un

Îmiume éuaime, les narines sont sèches et obstruées par du satig et du maa». .ïbGd, si la pblegtuasic a envalii les oreilles et le conduit auditif externe, les nia- K ladesiprouTGiU desbonrilonnctnenlset de la surdité.

"" " ' !Bt à ce que nous avons VU pour la face, rérj'sipèle dn cuir clicvclu

fient prJDiitil'. Sauf le cas nù il reconnaît une cause iranmatique, il , presque toujours coiiséculiTemcnt h un érysipùle de U face. ^iteinent indiqué les phénomèues qui le distin^enl de l'ërysipèle l'S parties (lu cor|kb Ainsi, dans l'Énsipêlc du cuir chevelu, la ^,u moins elle eat (■quivoque, on bien (ta uc découvre qu'une .e ou bleuâtre qui trauchcunpeu sur la couleur grisâtre naturelle . Les siguea caractérisliijues de la maladie sont une douleur ten- «{dus ou moins viiT, que la pression exaspi-re; de plus, en comprimant un peu uni celte partie avec la pulpe du doigt, on produit une déprenion en raison e Vinliltratiuti œdémateuse du tissu cellulaire : c'est là un phénomène à peu près istaat. Il est inutik' do dire que, cliez les chauves, l'ërysip^e du cnir chevelu inpagne d'une couleur fraiicbe semblable i cdle qui a lieu sur les autres ■s des i^gumi'His^P Ixs érysipC'Ius ^^^Vh^^^ <1" cuir chevelu sont les plus graves ; car ils se compliquent louvcRI de d^^picquel toutefois est bien plus souvent sympathique que l'elTet d'une phlegmasic des méutngcs ou du cerveau : ces demif'i'es coni pi ica lions sont d'ailleurs iK-s rares. MM. Piorry et Malle ont cliacun publié, on 1S33, dans la Gasette tiwdîcalt:, un travail pour prouver que les accidents cérébraux qui surviennent dans le cours des érysipéles de b face dépendaient surtout de ce que rindammalioa se serait piulougée au cerveau et I ses membranes par le tissu collulaire des paupières et de l'urbilc, qu'on trouverait alun toujours snppuri-. Itlais ou peut ubjectcr à cette opinion qu'il est très commun de voir des abcès dans les paupières cbex des individus qni n'ont jamais eu ni délire ni coma. D'ailleurs il résnlte dca travaux métucs de MM. Piorry et Halle que, dans les cas où il y a en des accidcuts cérébraux pendant la vie, et oi) l'on trouva après la mort la suppihntiou du tissu cellulaire de l'orbite, le ceiveau et les membranes étaient presque toujours intacts, d'où il suit qu'il n'y a |ioiot eu transmission de la maladie de l'un k l'autre, mais seulement ciïet sympathique ou de simple voisinage.

Iv Variété* d'ujjris li-t modes de fermiiuiisou. — Nous avons vu que lu résolution n'était pas le seul mode de terminaison de l'ërysipèle ; que celui-ci pouvait être suivi de suppuration, de gangi'ène et d'ulcération. Ïa suppuration peut avoir lieu à la surface de la peau : dans ce cas, l'épidermc est soulevé par du pus au tieu de l'iUre i>ar de la sérosJlé. Mais c'est là un fait peu im|>iirtant. Il n'en est plus de inêinu loL-sque le |)us se forme dans le tissu cellulaire suus-cntané, où le liquide est infiltré ou épanché. Ce mode de terminaison a rarement lieu dans toute l'étendue de la [unie érysiiHÎlatcuse ; il est le plus souvom partiel : ainsi, à la lace, MU l'observe presque exclusivement »u\ lunpières. ïjl stijipuration est aussi un des acudenis les plus grades de l'érysipôle du cuir chevelu ; cm a quelquefois vu aloi^ le pus décoller le périciane sur une grande surface, les its se carier, se nécroser, cl le li.ssu cellulaire être entraîné par lambeaux. Au milieu de ««s désordres, la |>eau reste le plus souvent intacte, et ne se morlirie pas conune le ferait celli^ des membres si elle était aussi largement dénudée. Dupuytren a expliqué ce fait remar. quablc par la disposition des artères qui, an cràuc, raia\nA\. cn.u^VvQO^BHtiMfc'tt.

la peau, adhèrent intimcnieul k cette deniii-rc, de suiic qu'elles codUddouïé tnenin- celte mcmbraue, aïOine lorsque le tissu cellulaire sous-jacent a été i*~ Partout ailleurs, au coDirairc, lorsque la suppuraliori a désorganisé le I: lairc suus-cutané, les vaisseaux qui le traversent sœit cux-iiiênics dûchïrCs,^ Htvs, détruits ; la peau, cessant alors d'Otre aliiaeniie, est frappée de { Nous n'avons jamais vu les ganglions suppuras, niâine lorsqu'au débui ils avaient étû très luméSii» et très douloureux.

La gangrène n'est pas toujours produite par l'iincusitè de la b elle résulte souvent de l'état général, cachectique, des individus/ est fréquente chez les vieillards, chez les etrfhnLs nouveau-uH débilités. 1^ lUurtiGcation [>cui frapper priiniiî veinent le tissu t dans ce dernier cas, c'est conuuuuément au centre d'une phlyctèhc qSJ grène se déclare. Celle-ci est un accident fréipicnl lorsque la peau que1'é>| envahit est nitnce, Gnc, et lorsqu'elle est doublée par un tissu cellulaire 't c'est ce qu'on voit, par exemple, dans l'érvsipèle des paupières, dans I scrotum, de la vei^c et des grandes lèvres, surtout riiez les jeunes filles.

Si la suppuration et la gangrène sont limitées, il n'<'n résulte aucun a grave; mais si elles occupent une grande étendue, on vt^'^lurs apparaître l'a) reil symptomatique qui caraaérisc les états adynaniiqueV^|iaxique.

Enfin l'ulcération est un accident ran: de l'érvHpèle^^linbscrve guère qw 1 dans certaines conditions graves de l'écunomic. L'ulc^HSh succf-de lanlAt 1 me I ptiljctène, à une pustule ou Si la chute d'une eschare.

On peut, chez le niQnic iudividu, observer ii la fuis plusieurs des suitesqi nous venons d'indiquer: c'est ce qu'on voit surtout pour rérvsipcle de laface.qii détermine souvent de la sup|>uration dans les |)aupières, une gangrène nr 1» oreilles, tandis que partout ailleurs la maladie se termine par résolution.

Diaijnostic. — On peut prédire le développement prochain d'un ér^upHe IbdM les fois qu'un individu présentera pendant vingt-quatre ou quaraote-hnit heatff du malaise, de la fièvre et un engorgement doulointux det ganglion» lymfi»tique». L'érysipèle devra occuper la fesse, la cuisse ou la jamhe, si les gao^ioK de l'aine sont atteints; la tuméfaction et la douleur siégcnt-clles dans les ganf^iai axillaircs, la rougeur apparaîtra au membre su|)érieiir ou sur la plroi tboracîqK; enfin l'engorgement douloureux et aigu des ganglions cervicaux et sons-tanilaires annoncera sûrement un érysi[)èle de la face ou du cuir chevelu, poarrt qu'il n'y ait ni dans la bouche ni dans la gorge aucune lésion qui en explique k dévcloppcmcul. I.'érysipèle, une fois déclaré, sera facilement reconnu, cl il sm impossible de le confondre ni avec la rougeole ou la scarlatine, ni avec la nsédr, ni avec l'eczéma, ni avec l'érythème, pas même avec une simple roogenr pnidnitF par l'insolation ou par un sinapisme, etc. Cette dernière, en elTet, reste borné* i ta peau sur laquelle elle s'est développée, et elle ne g^ne pas les partira vMsinei cnuime le fait l'érysipèle. En outre, la rougeur est très superficielle, et la pen n'est ni indurée ni épaissie. C.cs différences i>eiiTeiit s'appliquer également i l'érvthènie simple, qui, d'ailleurs, est souvent disposé par taches on par jrfaques, landb que l'érysipi-lc occupe communément une large surfaa*. L'érythème noueux or pourrait en imposer non plus pour un érysipfle [)hlegmoneux , en raison de b circonsTjiptlun, de l'aspect et de la forme txHscIée de la tuméfaction, etc. Quant k la rougeole, elle se distingue de l'érjsipèle par le caracièi'c irrégulier des taches, par leur coloration et ]>ar l'affection concomiiauie des muqueuses ; comme la scarlatine se distingue par sa rougeur framboisée uniforme ou sous forme de piqnelé

DE l/ËRYSIPtLE. 561

Îct régulier avec coexistence <riiiie angine plus tiu imiiis viulciile. fj variole n, quaad clic est irh coanueiile à la face, donne â la peau une tuméraciion ni rougeur qui pourraient simuler nn <;rïsipi'leî mais en y ]x^eardant de près, on *= ^Mteonvrira à la surface nne multitude de papules, et i supposer que le doute pôt ' n trouverait sur les autres poiuts du corps l'éruption varioleuse avec ses

I caractères hLii trancliés.

y'»o»tfj«.lir— Lorsque l'èrysipi^le se développe chez des sujets bien portants, il

' >n* •«). Q\ leniiine d'une manière funeste, mËine lorsqu'il envahit successt-

) I luX^ii^ 'lurlace du corps. Toutes clioses égales d'ailleurs, celui qui occupe

^ fji« ' >r' ' i;' te cuir chevelu csf le plus lâchcui. L'extension de la phlegmasie

f au ti^sT 1. claire, la suppuration dilTusc, la gangrène, les symptômes «dynamiques

= et aiaviipKs, ^i;iit tout autant de circonstances qui doi'j^nt a^ravcr le pronostic.

! Enfin rLr'>st|i<'][> qui survient dans le cours d'une autre maladie, même lorsqu'il

'k«t peu iulenst', esi toujours une circonstance fâcheuse; car s'il n'est pas assez

■ntpre pour tnti aîner la mort, il alTaiblit du moins tellement les malades, qu'il accé-

W&fc le terme fatal : c'est ce qu'on voit spécialement dans la lièvre typhmde et dans

i^Hudupart des maladies chroniques. L'érysii)Èle est une maladie également fort

I^Hnre chez les nouveauttaip, en raison <lo la faiblesse des sujets, des coin pli catious,

^Wscérales et du la bégnice de la gangrène : c'est ainsi, que sur quarante-cinq

cas d'érysipèle obse^^^t Billard, par Bang et par (Eaterleben, trente et un ont

en nne issue funeste. ^fl^Taul Dubois, Moreau, Trousseau, disent n'avoir encore

observé aucun cas de guérison dans les premiers mois de l'existence, l'our moi,

j'ai vu, non sans surprise, un enfant de cinq i six mois guérir et même souffrir h

peine d'un érysipèle qui a occupé les cuisses, lus parties génitales, et qui avait

entraîné le spbacèle de la moitié de la peau des bourses. L'érj'sipèlc, chez les sujets

plus âgés, peut être utile quelquefois, en modifiant avantageusement la marche de

quelques affections clirnnii|iirs et rebelles de la peau ; cependant il n'est pas très

rare que le contraire arrive.

Il importe surtout au pronostic, et pour l'appréciation rigoureuse des moyens iliérapcu tiques, de déterminer si l'érysipêle a de la tendance !i s'étendre sur d'autres parties, ou s'il va rester stationnaire |mur décroître ensuite. La coo.sidération de l'état général, et surtout la diminution de la fièvre, peuvent fournir quelque présomption favorable ; cependant on devra surtout se fonder sur l'aspect même de l'exanthème. Si l'érysipélc offre une rougeur vive, et si aux limites de cette rouf/eur la }ieau i/miflre forme un relief sensible, on peut prédire que l'érysipèle n'est pas encore usé, et que sous peu il envahira, <|uoi qu'on fasse, les parties voisines, lorsque, au contraire, l'intensité de la rougeur va en diminuant, et que vers sa circonférence il n'existe plus que quelques taches rosées irrégulières, on devra croire que la maladie est déjà bornée ou sur le point de l'être.

Hlioldgie. — Toutes les parties de la peau peuvent être frappées d'érysipèle, mais nulle n'y est plus sujette que la face : on peut même dire que celle-ci est, ï trilu seule, plus souvent alTectée d'érjsipèle s|)ontaDé que toutes les autres régions ■lu corps réunies. Cependant cette prédisposition de telle ou telle partie à être plus iilûnalenieut alTectéc d'érysipèlc varie aui diiïérents âges de la vie : ainsi, chez les jeunes enfants, l'érysipèle du iranc est le plus commun ; chez le nouveau-né, il se déclare presque toujours au voisinage de l'oiiihilic, ce qui s'explique par l'iuflamiiiaiion et la sujipuration de cette partie nécessaires pour opérer l'élimination du conloii. Chez les vieillards, on observe, dit-on, plus souvent l'érysipèle des membres inférieurs, tandis que, dans la jeunesse et dans V'iffi. a(\nV\.c,c'«A.Vt£r^vq^^N»

face qui prédomine ; maïs nous croyons que, la première enfance exceptée, rérjii».. pt^le de la face et du cuir chevelu est celui qu'on constate le plus souvent, qvel^ soit d'ailleurs Tâge des individus.

On observe Térysipèle à tous les âges de la vie; mais, d'après les aSatkài Neuman, la maladie aurait son maximum de fréquence entre ^ingt et qnj cin(] ans. Les stalisti(|ucs de T. Frank, de M>l. Chomel, f^ouis, et uosj s'accordent pour prouver que l'érysipèle de la face est plus fréquent que chez Thomme. Si les constitutions et les tempéraments ont qu< la production des érysipèles, cette influence est inconnue, tandis ql stances influent certaincinenl sur la forme oc la maladie , qui est inflammatoire cbez les sujets sanguins, et plutôt oedémateuse chez le» débiles. On ne sait rien detprécis sur les circonstances hygiéniques qui sent aux érysipèles ; tout ce qu'on a dit des eflets produits par les alifnemi^iiBltr par les boissons fermentées, etc. , ne doit être accepté que comme de dH||ji assertions. On ignore également l'influenco des climats et même des saison t tHi m J. Frank regarde les érysipèles conmie plus communs en hiver, MM. Choioelll Blache les croient, au contraire, plus fréquents au printemps et surtout pcadHt l'automne. De temps en temps on voit les érysipèles régn^^n plus grand nombre, et devenir épidémiques sous l'influence de constitutions atn£y|Lj^ques fort diversa. Under^'ood, MM. les professeurs P. Dubois et Moreai|^Bpioté la fréquence de l*ér\'sipèle cbez les nouveau -nés pendant les épidémies den^^s puerpérale ; il semble alors, dit 1^1. Trousseau, que la même influence qui tue les mères s*appesantise aussi sur les enfants. Il est des lieux où l'érysipèle règne, sinon habitueUemenl. du moins fort souvent, de manière à pouvoir y être regardé comme endémiqnei On a signalé surtout certaines salles d'hôpital: c'est ainsi que la salle Saiot-GÂme de l'Hôtel-Dieu de Paris, avant d'être restaurée, était célèbre par les érysipèks qu'on y observait presque endémiquement ; c'est ce que j'ai constaté encore moimême de 1829 à 1833.

Il est incontestable que, dans la grande majorité des cas, l'érysipèle sunientsans le concours manifeste d'aucune cause déterminante. D'autres fois, au contraire, b maladie est consécutive à l'action d'une cause matérielle, telle que Tinsolationttfw solution de continuité, des frottements, l'excitation trop vive d'un exutoire, «te Cependant, saus nier l'influence que ces causes exercent, on ne peut contester, je pense, qu'elles ne peuvent agir qu'en raison d'une prédisposition antécédente de la constitution, puisque ces conditions ont souvent existé plusieurs fois chez le même sujet sans produire les mêmes résultats. Il faut donc reconnaître que, dans le cas spécial où elles ont été suivies d'un érysipèle, il a existé une cause inconnue quelconque, qui n'est autre que la prédispositioa Les causes occasionnelles peuvent hâter le développement de la maladie, la fixer sur tel point de la peau plutôt que sur tel autre ; mais là seulement se bornent leurs effets. Ces principes sont exactement ceux que professe M. Chomel ; nous les adoptons complètement, et nous croyons avec lui que l'érysipèle n'est jamais le résultat d'une cause externe, ou du moins, si quelqu'une d'elles concourt & sa production, elle n'a qu'une part secondaire dans son développement ; elle suppose le concours d'une cause interne, d'une disposition particulière que nous ne connaissons pas.

Traitement. — On a préconisé contre l'érysipèle une foule de médicaments et de méthodes de traitement, depuis l'expectation jusqu'aux médications les plus actives ; mais la thérapeutique devra varier suivant les formes que la maladie présente. liOrsque l'érysipèle est bénin, lorsqu'il s'accompagne d'une fièvre peu in-

DE l'êrtsipèle. 58S

]^|toiute, lorsqu*il se reproduit chez un sujet qui en a déjà eu plusieurs atteintes, on =a^MHirra ne faire qu'une médecine presque expectante. Les malades seront alors placés dans une température douce ; la partie phlogosée sera mise dans la position »i> Il plus convenable pour favoriser la circulatiou veinensc et activer le moins pos- -^r nUe l'afflux du sang ariériel ; on donnera des boissons douces, acidulés ; il sera ndle généralement de joindre à ces moyens l'emploi de quelques révulsifs sur le tnbe digestif et sur un |)oint de la peau éloigné de la phlegmasie (siuapismes, laves). Quelques médecins ont voulu étendre à tous les érysipèles la méthode Texpectation ; mais nous ne saurions approuver une pareille conduite. L'obserjoumaliére prouve, en effc^ que lorsque la maladie affecte un individu dana b force de Tâge, et qu'elle s'accompagne d'une vive réaction fébrile, lorsque le pouls est large, dm*, développé, il est utile ou^lutôt urgent de pratiquer oa même plusieurs saignées. Ces émissions sanguines modéreront la fièvre, Innaront peut-être l'érysipèle ; mais il ne faut pas espérer qu'on arrêtera celui-ci fenaMpement, ni même qu'on abrégera beaucoup sa durée : c'est ce qui résulte, cm^et, des recherches de M. Louis, dont nous avons nous-u>ême vérifié l'exac-

Nous ne dirons riai|^e ^1. Bouillaud, quoiqu'il prétende guérir les érysipèles avec une facilité e^ÉjMapidité étonnantes (textuel), en leur appliquant la formule des saignées coiqM^oup ; car en consultant les trois exemples d'ér^sipèle intense publiés par TaiIM^dans sa Clinique, et qu'il a traités d'après sa méthode, OD voit que, dans un cas, l'érysipèle a parcouru une partie du corps et a duré TÎDgt et un jours (obs. 3*) ; que, dans un autre (obs. /i*], on n'a pu empêcher la formation d'abcès multiples : l'affection a persisté pendant trente-cinq ou quarante joum, et huit moisapr^s la malade n'avait pas encore quitté l'hôpital ; enfin, dans le cas le plus favorable, la durée de l'érysipèle fut de treize à quinze jours. Pour couronner ces résultats, disons que les trois malades de M. Bouillaud, épuisées par les saignées et par la maladie, devinrent tout à fait anémiques. L'expérience des siècles s'est depuis longtemps prononcée contre l'emploi des saignées abondantes dans le traitement des érysipèles : car les pertes de sang ont pour résultat de favoriser le développement des accidents ataxiques, de prostrcr les forces, qu'il faut ménager, surtout lorsque l'érysipèle a de la tendance à s'étendre, à devenir vague, puisque sa durée est alors indéterminée.

Lorsque les émissions sanguines sont indiquées, il faut préférer la saignée générale aux sangsues, qui offrent plusieurs inconvénients : ainsi, appliquées sur l'érysipèle, elles le font souvent passer à l'état phlegmoneux, et si on les met dans le voisinage, les piqûres sont souvent le foyer, le point de départ d^ln nouvel érysipèle, si le sujet y est d'ailleurs très pi'édisposé, ou si l'on observe eu temps d'épidémie.

Nous croyons qu'en règle générale on doit s'abstenir de tous les topiques qu'on a conseillés, soit pour modérer l'inflammation delà peau, soit pour la limiter dans le point qu'elle occupe. Cependant, lorsqu'il y a beaucoup de tension, lorsque la phlegmasie gagne le tissli cellulaire, nous pensons qu'il est utile de placer la partie malade dans un bain prolongé, et de l'entourer de cataplasmes de fécule de ponunc de terre modérément chauds. Ces deux moyens sont impraticables ou incommodes dans rér)'sipèIo de la face. On a beaucoup vanté l'emploi des fomentations froides, astringentes ; du camphre en poudre avec ou sans mouchetures, de l'alcool camphré étendu d'eau, d'un mélange de basiKcum et d'huile essentielle de térébenthine (linimentde KentLscb), d'une solution de mlraie^d'ar^^iiV^ &\àV^c^A»sÀV^M^^

5ft(l DES INFLAMMATIONS.

[«r eu Iuliuns (30 graiiiiiic» par liirc dVau) uu on poininade (8 grainma 32 d'a\onge)ienrm on a inOme conseillé l'ertiploJ du cautère ictuel et du loais aucun du ces utoyuns n'a reflicacitù qu'on leur attribue, et ia plupart nril^ dangereux. Pendaut plusieurs années, le vràicatoirp, api^iqué au centre l'érysiptle, a joui d'uue grande faveur en b'rancc. Ou sait que ccitc mi cicnne déjà de deux siècles, préconisée par Peiii, de Lyon, fui adoptée par Dopaitreu, qui la regardait coininc trt-s efficace. Dans les érysipèleg do la face, j'ai )im souvent, d'après ses prescriptions, appliqué un large vésicjiloire sur chaque jow, K parfois un troisième sur le front. Cependant, en consulluit les faits que j b i^ serves à la clinique de ce grand inaitre, je uft suis coaTaioca que le n'avait le pouvoir ni de bonicr rérysi|)èlu ni d'enabr^«'la dorée. Mais il M < tain que je n'aliamai^vu^d'autrc part, aucun accident résulter de Vi d'un ou de plusieurs vésicatoires sur les parties de la peau qtii étaient le piVH' flammées, et que ces eiutoires, dont on excitait parfois la siippuratîoD deux on trois jours, n'ont jamais laissé après eux aucune trace un pea et qui dût faire repentir de les avoir employés.

II y a quelcjiies années on a précosi.sé contre les érysip&lps \ts onctfonSîMt l'onguent mercuriel ; mais il est reconnu aujourd'hui qiwJp plupart des guénsoM attribuées h ce médicament doivent Otre uniqucmentSÏ^rtées à la i naturelle de la maladie. D'ailleurs nous regardons cet^^^ffiSmoo cooitue reusc, et nous voulons qu'on la proscrive tout à fait : cIMlle pix>duit sonveDtda salivations incommodes, interminables, et deux fois j'ai vu la vie des malades m péril par suite d'un goudement énorme de la langue, qui empêchait la d^olitiBi et gênait l'entrée de l'air. Quelques personnes ont encore conseillé les ooctiM avec l'aioDge fratcliement préparée. Ce i no v en, que nous avons vu emplnjcra 183'i par Martin-Solon, nous a paru, en oiïet, diminuer la sensation de Mhnff de tension des parties affectées ; mais ce soulagement est, en général, de triaavfe durée. Je ne sais encore ce qu'il faut penser de la pommade au nitrate d'agM (10 grammes pour A(l d'aionge), vantée par ^1. Jubcrt, pour dimianer la teMi douloureuse de l'éri'sipêle et pour le limiter. La compression exercée i l'aide IW bande convenablement appliquée a eu quelques pailisans. Cependant il scrat^ gereax d'employer ce moyen lorsque la phlegmasie est encon intense, car R ■ résulterait parfois des douleurs vi\es, des escliares, ou la propagatioa de b pUqinasie au tissu cellulaire subjacent. Il est donc prudent de n'employer la compR»sion que lorsque la maladie est à sou déclin, lorsque le derme reatc épaissi ei le tissu cellulaire tedémateui ; d'ailleurs la compression n'est applicable qa'k l'éryapèle des membres.

En parlant de l'usage de la compression dans le traitement de l'érjsipèle, nout sommes naturellement conduit à dire un mot du collodiun appliqué sur les mfaces érysipélateuses, et qui probablement agit à peu prés de la même nuni^n que la compression : c'est M. le docteur liobert Latour qui a eu l'idée de cette médication. Ayant recouvert les parties malades d'une coudic de collodion, dr manière i les séquestrer lout h fait du contact de l'air, ce médecin aurait \u presque toujours t'érysipèle s'éteindre sur pbce, et tous les accidents concomitants céder simultanément, .l'ai, sur une dizaine de malades atteints d'érystpt'li' spontané, expérimenté ce moyen, et dans près de la ninitié des cas la phlc^inasir cutanée s'est limitée eu 3, k ou ,*> jours, {'.ependant je suis loin d'être édifié encore sur la valeur de ce moyen de traitement l.'énsipéle est, en elTet, une des aiïectious dont la marche est la plus incertaine et la durée la pi>is inégale. On le voit.

DE l/ÉRYSIPÈLE. 585

'Jtprès a\oir débuté d*une manière très aiguë, s*arrôter parfois brusqucmeut sans *f|D*on ait employé pourtant aucune médication active. Ce qui nous rend encore lins résené dans l'appréciation des faits que nous avons vus, c*est que, à ]'éi)oquc z Blême où nous expérimentions le collodion, des érysipèles d'égale intensité, aban- ^1 ooniiés è eux-mêmes, se terminaient à peu près dans le même espace de temps. -'^Noll8 attendons donc de nouvelles observations avant de pouvoir conseiller ou • i. proscrire« en parfaite connaissance de cause, Tusagedu collodion dans le traitement 7r 4b rérysîpèle.

Divers moyens ont été spécialement recommandés pour arrêter les progrès des

les qai s'étendent de proche^n proche sur de grandes surfaces. Ceux ([ui

it le plus de partisans sont les cautérisations avec la pierre infernale et les

On a dit, en effet, qu'en cautérisant légèrement la peau avec un crayon de ite d'argent au pourtour de l'érysipèle, ou bien en appliquant sur les limites ^de l'exanthème un vésicatoire de quelques centimètres de large, on bornait la ma- Î^Jadie et ob l'empêchait d'envahir de nouvelles parties. Mais, après de nombreuses tepérioientations faites par nous, nous regardons ces moyens comme n'ayant pas f refficacité qu'on leur i^bue. Si quelques médecins ont cru à la puissance des vésirants et des esd^^ques pour borner la maladie, c'est qu'ils ont attribué à agents thérap^^^^^e qui n'était qu'un eiïet de la marche naturelle de la le. Ainsi lorsqu'^HRKérise ou qu'on met un vésicatoire autour d'une surface érysipélateuse dont le pourtour offre une rougeur />eu vive^ mal circonscrite, parfois disséminée par plaques et sans relief du derme, il n'y a rien d'étonnant que la maladie ne franchisse |)as les limites qu'on lui a tracées : car, aux caractères que je viens d'indiquer, on doit soupçonner que l'érysipèle a déjà de la tendance à s*arr6ter spontanément Pour apprécier le degré d'efficacité des moyens dont je parle, il faut les employer exclusivement, comme nous l'avons d'ailleurs fait nousmême au pourtour d'érysipèles qui, bien circx)nscrits, rouges, durs et formant relief à leur circonférence, présentent tous les caractères extérieurs qui indiquent cjue la maladie n'est pas usée, et. qu'elle a de la tendance à envahir de nouvelles sariaces. Or nous affinnons rpie le vésicatoire ou la cautérisation employés dans ces circonstances sont sans effet, et n'empêchent pas l'érysipèle de s'étendre au delà. Requin a également reconnu l'inutilité de l'azotate d'argent pour limiter les érysipèles.

Tous les moyens dont je viens de faire l'énumération, en y comprenant la cautérisation avec le fer rouge, ont été jusqu'à ce jour employés en vain contre l'érysipèle du nouveau-né.

L'érysipèle peut présenter quelques indications spéciales à remplir, d'après la nature de ses complications : ainsi les signes d'embarras gastriques seront combattus par les évacuants ; dans certaines constitutions épidémiques, il suflit même parfois d'obéir à cette indication pour voir la marche de la maladie rapidement modifiée. Si la prostration est grande, le |)ouls petit, dépressible, il faudra soutenir les forces par l'emploi des toniques et des cordiaux; enfin, si le délire survient, on en recherchera la cause. Dépend-il de l'intensité de Térysipèle ou d'une phlegniasie des méninges, on insistera sur les antiphlogistiques ; coîncide-t-il avec Tadynamie, on donnera les toniques; enfin, le délire est-il l'effet d'une simple perversion nerveuse, on tentera l'emploi de quelques antispasmodiques, surtout du musc ou du camphre uni au nitre et à l'opium, il est encore des indications spéciales, suivant les accidents de la maladie. Ainsi une c;oUec\\ou\i^xv\«\\ft^«iKr

elle formée, il faut lui donnerlssae. L'érysipèle csl-ii suivi de gaiigrèue, on âforii la chute des eschares par des cataplasmes émollients, si la m '^(iGcation est Vém de rintcnsité de Tinflammatiou ; par des topiques excitants, tels que le stym, k kina, les chlorures, si la gangrène est l'effet de la débilité ou d*un écat cachectiqit Knfm, dans Térysipéle ulcéreux, on observe les soins de propreté, ou panie kl solutions de continuité avec du cérat; si riilcération faisait trop de prqgrti, I pourrait être nécessaire d'essayer à la borner par la cautérisation.

Il est encore quelques précautions à prendre, suivant que l'éryripëh telle ou telle partie du corps. Ainsi la maladie occupe-t-elle la face, on se d'enlever les boucles d'oreilles, r^r la conviction produite par elles pooml amentT la gangrène du lobule si l'érysipèle s'étendait jusqu'à lai. Dans Vénfà^ de la vulve, il faudra iniergoser entre los grandes et les petites lèvres un pho» seau de charpie on un linge fin, afin de prévenir les adhérences qui se sont qnt quefois établies entre ces parties à la suite de leur émsion.

Prophylaxie. — Il est des individus très disposés aux érysipèles, qui contractai cette maladie à certaines époques plus ou moins déterminées ; U n*7 a ami moyen pour la prévenir. l.es bains, les boissons acidulés, tempérantes, les apéftfft. les amers, les purgatifs, qu'on conseille dans ces cas, o^/aremeut les effets qoe quelques jyersonnes en espèrent. ^i^

Nature, — On a beaucoup discuté ou plutôt divagué^^Hfflnure de réryajpib qu'on a regardé pendant longtemps comme produit pa^Hiignation ou par NM* ration de la bile. Il est incontestable que l'érv'sipèle est une phlegmasie cntanée; mais est-ce une inflammation simple, ou bien l'ahération de la peau ne serait-€ile qu'un des symptômes d'un état général ? Il est im|)08sible aujourd'hui de répondit à une pareille question. Nous dirons pourtant, avec MM. Choinel et Blache, que si l'on considère la grande mobilité de l'érysipèle, le trouble des fonctions dSgtsr tives, la disproportion qu'il y a souvent entre les symptômes généraux et le pen d'étendue de la phlogose cutanée, enfin l'insuffisance des moyens antiphlogistîqaes et le développement presque toujours spontané de la maladie, on sera antoriié à penser que les phénomènes inflammatoires dont les téguments sont le siège ne constituent pas toute la maladie. Ce{)endant nous ne croyons pis qu'on pdM, avec Rust, considérer l'érysipèle comme étant une véritable fièvre esanthématiqnB, comparable, par exemple, à la rougeole ou à la scarlatine.

INFLAMMATIONS VÊSKXLEUSES.

Les maladies de ce groupe sont caractérisées par la foroiation de vésicules. Os donne ce nom à de petites tumeurs formées par le soulèvement de Tépîdemie d remplies par un liquide séreux et transparent. 1^ sérosité peut être résorbée; d'autres fois elle s*épanche à la surface de la peau par suite de la rupture de la tumeur, et elle forme en se desséchant des lamelles ou des croûtes minces et jaunâtres ; ailleurs la peau visit excoriée, ulcéréa On doit distinguer deux espèces de vésiculei : les unes sont précédées de rougeur plus ou moins vive, et leur hase est plus oo moins euflammée : les autres, au contraire, se développent primitivement sans lésion antécédente de la peau. Dans le premier groupe on trouve la varicelle, quelques espèces d'her|)ès, l'hydrargyrie, la suette et la gale ; dans le second sont les sudamioa et l'eczéma. Nous avons déjk parlé de la varicelle, de la suette et de la miliaire. Nom renvoyons l'histoire de la gale aux maladies prodtiites par les animaux parasites, celle de l'hydrargyrie aux maladies mercurielles : nous ne devons nous occuper ici que de l'herpès et de l'eczéma.

DE L*HBBPÈS. 587

^ De rherpèf .

'i Le mot herpès^ employé pendant longtemps comme synonyme de dartre^ a été • consacré, depuis Willan et fiateman, pour désigner un grou{)e de maladies cutanées, caractérisées par le développcMncnt d*uu nombre plus ou moins considérable de vésicules rassemblées en groufjcs sur une base ei^fiawmée^ et séparées par des L '^portions de peau tout à fait intactes. Cette maladie, dont la marche est aiguë et la k durée assez courte, n*a jamais ou presque jamais de gravité. On en dislingue plu- Jlaielirs espèces: leurs diffcrences ti(Aneut 1° au siège {herpès labiali» et prœpu- ' tiali$)i 2' à Farrangement des groupes vésiculeux {herpès phylclenotdes, zosfer eirehmatuà) ; 3* à la coloration du limbe qui les entoure (A6r/>e« iris) ; k" à Tallé- ' nthm des cheveux (herpès tonmram). Cotte dernière variété ne doit être admise que sons réserve.

A. Variété de siège.

1* Herpès labialis. •— On sait qu*à la suite des fièvres éphémères, catarrhales et de quelques autres maln^ aigués, comme la jtneumonie, ou dans le cours de la méningite cérébro-jay<^ épidémique, ou bien encore à la suite de l'impression du froid ou du confffiSk^rtaines substances irritantes, il se développe sur les lèvres et autour de la Mffie des groupes plus ou moins nombreux de vésicules. Cette éruptiou n'occu|)e ordinairement qu'une des lèvres, et même qu'une partie de l'one d'elles; rarement elle gagne les joues, le nez et le menton. I^cs vésicules peuvent se développer exclusivement sur la peau des lèvres ou sur leur l)ord libre ; mais le plus souvent elles existent au point de jonction de la muqueuse labiale et de la peau.

Î^L'A^y^é's labialis apparaît tantôt d'emblée; d'autres fois il est précédé {)endant quelques heures de rougeur, de tuméfaction et de chaleur bnllante. Bientôt on voit poindre 4es vésicules; le liquide, d'abord trans|)arent, devient trouble au bout de vingt -quatre à quarante-huit heures, et, dès le quatrième ou cinquième jour, les vésicules, dont les plus grosses ont à peine le volume d'un |)ois, se rompent, et il se forme quelques croûtes jaunâti*es. Cette éiniption est souvent critique ; elle n'exige presque jamais de traitement. Cependant si elle s'accompagnait de chaleur et de doulenrs trop vives, on ferait quelques lotions avec de l'eau fraîche, \ laquelle on ajoutera quelques gouttes de soas-acétate de plomb liquide.

T Herpès prœputiaits. — Des vésicules d'herpès se développent fréquemment sur la peau et sur la muqueuse du prépuce : elles sont tantôt s|)ontanées; d'autres fois celles sont précédées par des taches rouges de la largeur d'une pièce de 20 centimes à 1 franc. La marche de raffection varie suivant le siège qu'elle occupe. Si les vésicules se développent sur b surface cutanée, le liquide se trouble rapidement ; les vésicules se flétrissent au bout de trois, de quatre ou cinq jours ; il se forme enfin de petites scjuames ou une exsudation, et tout est terminé après un septénaire. I^es vésicules qui siègent sur la muqueuse excitent des cuissons plus fortes; leur développement s'accompagne de chaleur et d'un prurit très incommode ; elles sont extrêmement ténues ; vers le quatrième jour le liquide se trouble, l'épithélium se rompt, et laisse à nu une petite excoriation rosée et superficielle, ayant parfois un fond blanchâtre, des bords un peu saillants, et dont la cicatrisation peut se foire attendre pendant sept ou huit jours. Biett a quelquefois observé Vherpen prœj^tiaiis à l'état chronique : il y a alors des éruptions sncc^vi«& ^x^'oÀMOGiX^t»

588 DES INPLAMMATiO-NS.

rendre la peau du piY»puce rude, ratatinée, indurée; Cflle-ci rulîn se gerce, se fndille par les moindres tractions qu*on opère sur elle. (Pour le diagnoslic diffèmilicl» voir plus bas. )

3° Herpès de la vulve. — La vulve, les petites lèvres, la face ûitenie èei grandes, le vestibule et rentrée du vagin sont quelquefois le si^e d*an heipès semblable à celui que nous avons décrit sur le prépuce. Le plus souvent il aâtf un assez grand nombre de petites ulcérations; cependant parfois il n*y enaqaW seule, mais étendue h une grande partie de la vulve. Olle-ci est le siège d'un salir ment de cuisson et de brûlure qui augmente pendant la marche et pendant réni- ^ sion de l*urine, lorsque ce liquide vient à bai^icr les surfaces malades.

Diagnostic, — Au début, lorsqu'il existe deux ou trois vésicules déTelo|ipéfi sur une base enflammée, (^ qui sont le siège de cuisson et de prurit, il est impossible de dire si c'est ua herpès ou un chancre syphilitique qui commence; mail k doute disparaît bientôt. En eiïet, Tulcération ssphilitique est remarquable par B profondeur, par la couenne épaisse et blanche ({ui recouvre sa suriacet et par m bords indurés et relevés ; tandis que l'ulcération herpétique oITre des coodiliSBi tout opposées. Elle est superficielle, plus ou moins irrégulière, sans induration ai au pourtour ni à sa surface ; celle-ci est rouge ou grisàlj^i: cette ulcération n'ot jamais très sensible et ne produit pas d'engoi^ement daiS^ne, ainsi que cda a si souvent lieu pour le chancre. S'il n'existait plus que^^ffirames, on ne croiraii pas à une syphilide, attendu que celle-ci produit de^^mtes épaisses, dures et noirâtres.

Ktiologie, — L'herpès du prépuce n*aiïecte guère que les adultes et les jeuDcs gens ; le défaut de propreté, le coït avec des femmes sales, des frottements contre des vêtements grossiers, sont les causes principales de la maladie. Chez la femm^ rherpès vulvaire atteint si)écialement celles qui n'emploient aucun soin de propreté ; il est surtout fréquent dans les derniers mois de la grossesse.

Iraitement. — On lave le prépuce ou la vulve avec une décoction de guinunre additionnée de quelques gouttes d'extrait de Saturne ; lorsqu'il existe une ulcération, on la recouvrira de charpie râpée. L'herpès chronique exige des lotions alcafioes. des bains de vapeur alcalins, sulfureu?t, et quelques laxatifs; on s*opposera an RSserrement du prépuce. L'opération du phimosis ou la circoncision pourront devenir quelquefois nécessaires. >IW. Ricord et Diday ont préconisé contre V herpès prmpulialis la médication substitutive avec le nitrate d'argent : ainsi ils appliquent sur le mal quelques bourdonnets de charpie imbibés, deux fois par jour, d'une solution de nitrate d'argent {k grammes de sel pour 30 d'eau).

B. Variétés de forme.

1<> Zona ou zoster, — L'herpès zoster ou zona est caractérisé par des groupes plus ou moins nombreux de vésicules siégeant sur une base enflammée et occupant seulement une des moitiés du corpji.

Sf/inptômes, — Le zona a souvent des prodromes, tels (pie malaise, accablement, troubles divers des organes digestifs. Bientôt toute la {hmu où l'éruption \a se faire devient, dans les douze ou vingt- quatre heures qui précèdent celle-ci, le siège de cuissons, de picotements et de briUurc. L'éiuplion commence par des taches d'un rouge vif, irrégulières, apMMBsaut en général les unes après les autres, et à la surface dcsquellessedessineiFtantôt de petites saillies qui ont d'abord la couleur de la peau, mais qui s'en distinguent bientôt pour constituer de petites

DE l/HERPkS. 589

vésicules trausparentcs. En trois ou quatre jours la métamorphose de la plaque CM complète. Kn général, la rougeur dépasse de 1 à 2 centimètres, plus ou moins, les limites des vésicules : celles-ci oiïreut tous les caractères des vésicules d*herpès. Ce sont, en elTet, des groupes tantôt discrets et tantôt coufluents de vésicules aphties, opalines ou violacées, qui siègent sur un point de peau enflammée, et sont séparées par des portions saines.

Cette éruption est toujours bornée à une moitié du corps : c'est à peine, en

r effet, si quelques vésicules, an nombre de cinq on six, dépassent parfois le raphé

I médian, soit antérieurement, soit en arrière. On a cité ponrtant des zona qui auraient

% occupé tout le tour du corps ; maisf ainsi que M. Cazenave le remarque, ces faits

appartiennent plutôt à Therpès phlycténoïde dont nous parlerons bientôt J.-P.

Frank a vu pourtant en 4818, à la clinique de W'ilna. un cordonnier qui avait

I deux demi-ceintures très distinctes et placées sur deux pians différents, caril y avait

S centimètres de différence entre la zone du côté droit et celle du côté gauche.

On observe, en général, le zona sur le ventre, ou bien sur la poitrine, où il forme nue demi-ceinture de 2 à 3 centimètres de large; beaucoup moins souvent il siège sor les membres, soit qu'il reste borné à l'un d'eux, soit qu'il affecte simultanément les membres suiM'>jdcnrs et inférieurs du même côté ; plus rarement encore il se développe sur le ^ffou sur une moitié de la face et du cuir chevelu ; quelquefois même, dit ^l.^^MÎÉ^e, il s*étend jus(|uc dans la bouche. I^ maladie occui)e plus souvent le côté dw^ie le côté gauche, et cela dans le rapport de 1 9 à 1 , d'après J. Frank, et dans celui de 37 à 16, suivant M. Rayer. MM. Cazenave et Schedel ont également reconnu la fréquence plus grande du zona sur le côté droit du corps ; Ueil est du |x;tit nombre de ceux qui ont émis une opinion contraire. I^es vésicules du zona, dont quelques-unes peuvent acquérir le volume d'une lentille ou d'un gros |X)is, devi(>nnent opaques au bout de cinq à six jours ; la rougeur diminue en mr>mc temps. Parmi les vésicules, les unes se flétrissent par l'absorption du liquide, d'autres se déchirent et laissent à nu le corps muqueux excorié ; enCn, dans la plupart des cas, des croûtes jaunâtres et minces se forment Lorsque celles-ci tombent, on trouve que la peau qu'elles recouvrent est brunâtre et violacée ; quelquefois elles laissent à nu des excoriations, ou plutôt des ulcérations qui se cicatrisent assez lentement, eu laissant des marques indélébiles : enfin, chez des vieillards débilités, on a quelquefois vu la peau, siège de l'éruption, être frappée de gangrène. L'éruption des groupes de vésicules s'étant faite successivement, souvent à phisieui's jours de distance, il s'ensuit qu'on peut voirsur le lAème sujet la maladie parvenue à ses différentes phas(>s. I^ durée du zona varie entre un et trois septénaires : il ne passe jamais à l'état chronique.

Cette maladie ne s'accompagne jamais d'accidents graves. Dans la période la plus aiguè, les malades ont des élancements, de la cuisson, de la chaleur et un sentiment de brûlure dans les parties affectées : les souffrances sont quelquefois assez aiguës |)our em|)ècher complètement le sommeil. Souvent il y a un ap|)areil fébrile médiocre, de l'inappétence, de la soif, de la constipation, ou un peu de dévoiement; enfin, pendant la convalescence, quelques malades se plaignent d'éprouver des élancements douloureux dans les points que l'éruption a occu|)és : ces donleyrs, qui quelcpiefois |)ersistent indéfiniment, semblent dépendre d'une néviailgie )les nerfs intercostaux.

Dinfjnostiv, — \a\ ciiractère vésiculcux de la maladie, les vésicules disposées par groupes, siégeant exclusivement sur une moitié du corps, forment une réunion de caractères qui n'appartiennent qu'au zona, il esl lUWlxVe^ V^x usi!AKi\^^Vi ^^

réfuter ces auteurs, qui n*ont décrit le zona que connue une variété de le car si ce dernier, comme nous Tavons ^u, se complique jiarfoîs de celles-ci néanmoins sont irrégulièrcs, et il est imi)ossible de les confondre celles qu*on trouve dans le zona.

Pt'onosiic. — Le zona n'est prenne jamais grave, eicepté pourtant émê h cas très rares où la maladie est suivie de gangrène; on dit que quelq[iMfDÎifl è(â critique.

/iiioiogie. — Le zona affecte plus souvent les hommes, les sujets dont la peau est blanche ; Il est plus fréifuenl dans les saisons chaudes et on la vu quelquefois régner épidémiquemenk Les causes qui le développeat à peu près inconnues; les seules dont M. Cazenave ait constaté on plutôt Texistence, ce sont les perturbations nerveuses et les influences morales.

T/miemeiU, — Le repœ, les bains tièdes, les boissons acidulés, les d*opium si la cuisson em|)<}che le sommeil, sont les seuls moyens qu'il généralement d'employer. On s'abstiendra d'appliquer aucun topique, i des cataplasmes, car ûa favorisent les ulc^^rations. M, Gazeuave, pour décliirement des vésicules, est dans l'habitude d'ohidre avec un peu d'huile lies malades, et de les saupoudrer ensuite avec de Tauiidfjn sec. Il en résnhe wê espèce d'enduit inerte qui abrite la vésicule contre tout^^pèce de frottement, il lui permet de suivre ses phases sans être suivie de déchiiJipHU'nlcérations. CM donc là un moyen utile [)our prévenir de petites com|ÉK!^ns, mais 11 n*abrégeci rien la durée de l'affection.

Quelques |)ersonnes ont essayé de faire avorter le zona en cautérisant lesiéécules avec un crayon -d'azotate d'argent ; mais, quoi qu'on en ait dit, cette méthaie n'a aucun avantage, et surtout elle n'abrège pas sensiblement la durée de la anladie. Nous en dirons autant des ap[riicatioDs de collodion, qui en effet m mm ont i)as beaucoup réussi

Lorsque des ulcérations succèdent à la chute des croûtes, on les pause anp di cérat opiacé ou de Saturne. Enfin les douleurs névralgiques qui penuslent pftâmi la convalescence, si elles résistent à des applications sédatives, cèdent pfcagiplsa jours à l'emploi d'un vésicaloire. Inutile de dire que, chez les indivi par l'âge ou la misère, surtout lorsque des ulcérations se forment on que la grène est imminente, il faut seconder le traitement local par une médication glÉ^ raie : c'est ici que les toniques, le quinquina, le vin et une alimentation anhalMtielle sont s|)écialement indiqués.

*2? Het'i/eschrinuatus. — L'herjjes chvinnaius est caractérisé par des véaicalH très petites, siégeant sur un fond ronge et formant des anneaux ou des œnto complets dont le centre est intact

Symptômes, — Due rougeur pouvant n'avoir que l'étendue d'une pièce de 1 franc, ayant d'autres fois 5 ou 6 centimètres de diamètre, de forme ronde oe ovale, moins foncée au centre qu'à la périphérie, constitue le premier degré de ta maladie. Bientôt la circonférence se garnit de vésicules très petites et globohoMs; le liquide que celles-ci contiennent, d'alrard transparent, se trouble ensuite; ta dessiccation s'opère plus tard; enfin les croûtes tombent : la maladie est alors terminée, et il ne reste plus ((u'une rougeur vive, qui disjMirait lenlemenL Le centre de l'anneau, où ix)urtant on ne ^<ût jamais de vésicules, mais qui a été le siège d'une rougeur plus ou moins vive, s'exfolie quelquefois.

Vhet'l^» circinnatus est une affection très bénigne, ne produisant qu'un pra de cuisson et de prurit ; sa durée moyenne est de huit à dix jours ; cependant, s*îl

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'' existe un grand nombre d'anneaux et s'ils se sont développés successivement , la maladie peut se prolonger pendant deux ou trois septénaires.

Diagnostic. — Le diagnostic ne peut présenter, en général, aucune difficulté ■ërieuse. Nous verrons plus tard que si l'aspect de l'éruption herpétique, à certaines I périodes, lui donne un peu de ressemblance avec la ièpre^ le lichen circonscriptus I elhpofTigo scutulata, cependant il y a dans les caractères extérieurs de ces affections assez de dissemblance pour qu'un œil attentif les distingue aisément, fi Étiologie. — Vft€fj)e$ circinnafus affecte souvent les enfants et les jeunes per- • sonnes; les filles blondes, dont la peau est fine et blanche, y sont ti*ès sujettes. Les 4^ anneaux herpétiques peuvent se déMopper sur toutes les parties du corps; mais •' on les voit surtout sur les joues et au menton.

IVaitement, — Les lotions alcalines ou légèrement astringentes avec Talun, le mUate de zinc et le sous-acétate de plomb, sont le seul traitement qu'il convient d'opposer à celte affection légère.

' Z* Herpès phlyciénoide. — On donne le nom d* herpès phlycténoïde, phlyctê^ '% mde ou miliaire, à une éruption de vésicules agglomérées en pins ou moins ^-^gnnd nombre sur une peau enflammée et disposée en plaques plus ou moins inrégulières. j5^

Symptômes. — Dai{^« points où l'éruption doit se développer, on voit d'abord 8e former un cemiÉMm^re de petits points rouges presque imperceptibles, groupés et très rappnx^^Kntre eux. Le lendemain, cette surface plus on moins irrégulière, et variant, pour l'étendue, depuis celle d'une pièce de 2 franco jusqu'à celle de la paume de la main, est couverte de vésicules dures, très petites pour la plupart; quelques-unes, cependant, acquièrent le volume d'un pois. Parfaitement transparentes à leur début, elles se troublent rapidement, et souvent douze ou vingt-quatre heures après leur fonnation, le liquide qu'elles contiennent est déjà lacteseeoL Vers le troisième jour, l'éruption se flétrit ; au huitième, elle est tout à fait affaissée. On trouve, en outre, des croûtes, et çà et là quelques ulcérations soperficielles. Enfin, du douzième au quinzième jour, quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard, la guérison est complète, et il ne reste plus de l'éruption qu'une coloration rougeâtrede la peau, qui disparait lentemeitL L'herpès phlycténoîde ne produit, en général, que la douleur |)rurigineu8e ou la cuisson qui accompagne presque toutes les éruptions lier|)étiques. Cependant, s*îl existe un grand nombre de plaques, et si celles-d sont très étendues, on peut observer de la fièvre ou un état de malaise, et divers dérangements des organes digestifs, accidents qu'on remarque quel<|U(îfois pendant un ou deux jours comme pi^romes.

Diagnostic. — La réunion de vésicules nombreuses sur une surface enflammée, disposées par pla()ues, caractérise assez la maladie pour qu'on ne puisse jamais la confondre avec aucune autre affection vésiculeuse ou huileuse.

Étiologie. — Les causes de h maladie sont tri*s ol>scures : cependant rheri)ès phlycténoîde, plus fré(iuent dans les climats chauds, affecte surtout les jeunes gens. Ou a dit qu'il se dévelop|)ait souvent à la suite d'iuie insolation prolongée, ou après des veilles ou des excès dans le régime.

Traitement, — Il est rare que la fièvre soit assez intense pour exiger l'emploi de la saignée : en général, des boissons délayantes et acidulés, quelques bains, des lotions narcotiques ei émollientes, et plus tard alcalines et résolutives, sont les seuls remèdes k opposer a une maladie qui est toujoui's bénigne.

U"" Herpi*s iris, — C'est une foruie très rare de la maladie : Bateman l'a indiquée le premier. Klle consiste dans de petits groupes de )è«K\i\c:& cxi\»^v^Kiii ^^ o^aANx^

anneaux concentriques, énthémateux, de nuances diiïérentes, ce qui laitqieki malades comparent quelquefois leur éruption à de petites cocardes.

L*hcrpès iris occupe de préférence le» parties saillantes, comme les maHéokii ou bien la face, les mains, le coude, les pieds, les doigts, le cou. La maladie déte |)ar de petites taches circulaires formées par des zones de couleurs différeolei; t% le deuxième jour, il se forme, indépendamment de ces taches, une véskiile faînlit entourée d'autres vésicules plus petites qu'elle. Après deux ou trois jours, la ^éàdt centrale est aplatie, son liquide est trouble; on distingue alors quatre wuatsm éryihémateux : le plus interne estd*nn rouge brun, le second d'ua blanc jamdlR, le troisième d'un rouge foncé, enfin le dernier a une teinte rosée qui se coaiall peu à peu avec la couleur de la peau ; cependant ces nuances ne sont pas toujoan aussi distinctes. Chacun de ces anneaux peut se couviir de vésicules ; mais odkKÏ s<; dé\eloppent surtout sur le premier. L'herpès iris se termine par desqnanttion vei*s le dixième ou le douzième jour.

Les causes de l'herpès iris sont inconnues ; on paraît l'avoir surtout observé m les sujets jeunes et blonds. Le traitement de V/terpes circinnatus lui est appiîcabkL

5" Hei*pès toiisurant, — M. Gazenave a signalé, en 18^3, dans les Anmdtié» maladies de la peau et de la syphilis^ sous le nom à'kef^a tonsurmU^ une varièlè de l'herpès circinné, affection très curieuse entrevue A^par Alibert, parCuiement décrite par Mahon jeune, sous la dénominatioi^flM^ tondante^ et qui est caractérisée par des plaques arrondies siégeant ^KÊm cuir chevelu, et dos lesquelles la peau , inégale, parsemée d'aspérités, est recouverte de cheveux mom colorés* que ceux des parties voisines, friables et rompus très également i 2oa 3 millimètres au-dessus du niveau de l'épiderme, de manière à former une véritable tonsure ayant parfois l'étendue d'une pièce de 2 ou de 5 francs et même plifi^ Tantôt uniques, souvent multiples, ces tonsures ont un développement eicntrique et progressif; aussi voit-on parfois plusieurs d'entre elles se rtnair^ manière à envahir alors la plus grande partie de la tète.

!^L Bazin dit que la teigne tondante peut être primitive ou bien être oonsécolive à de l'herpès circumé. Pour M. f^zenave, au contraire, cette maladie débttiail constamment par une éruption de vésicules, il y aurait d'abord herpès; nais ce caractère serait éphémère : c'est ce qui expliquerait pourquoi je n'ai jamaii pa constater de vésicules dans les cas nombreux de teigne tonsurante que j*ai cb occasion de voir au Bureau central, pendant l'année où je fus chargé de la surrefllance du traitement de la teigne. Kn effet, lorsque la maladie remonte à une époqoe un peu éloignée, on trouve des plaques tondues plus ou moins larges, reconverto de débris grisâtres, pulvérulents, semblables souvent à du mortier ou à de la ferioe très ténue et d'une teinte un peu bleuâtre. Lorsqu'on les a détachées du cuir cll^ velu, celui-ci paraît être à ce niveau plus épais, plus dense ; il est roide, dur, dusr couleur bleuâtre, et sa surface est hérissée de petites inégalités, de i)etites aspérités, que x>lahon a comparées avec bonheur à la chair de poule ou à la peau du chien de mer. il regardait ces aspérités comme formées par la saillie des follicules qui, altérés dans leur structure, ne sécréteraient plus la matière onctueuse destinée à lubrifier les poils. M. Cazeuavc allinne que, dans un grand nombre de cas, c'està-dire quatre fois sur cinq, il a trouvé concurremment avec la teigne tonsurante des disques d'herpès circinné développés sur des |)oints plus ou moins éloignés du cuir clioveln, mais apparaissant le plus souvent sur le cou et sur le front, fait im- I)ortant à signaler et qui semblerait révéler la forme anatomiquc primitive de la maladie qui siège sur le cuir chevelu.

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L'herpès toiisurant a une marche lente : Mahon l'a vu persister quinze ans, et il est rare qu'il dure moins de deux à trois mois; il a peu de tendance à se terminer spontanément. Lorsqu'il guérit, la peaa perd son aspect farineux; elle devient plus douce, plus unie, les cheveux poussent rapidement et bientôt il devient impossible de reconnaître la place que la maladie a occupée.

Diagnostic, — Cette aiïcclion curieuse ne peut être confondue avec aucune autre maladie du cuir chevelu, elle n'a surtout aucune analogie avec les aiïections chroniques que nous étudierons plus tard. Le psoriasis, la lèpre vulgaire et l'ccxéma squameux sont peut-être les seules maladies qu'on pourrait confondre avec elle. Voici comment M. Cazeuavc ^établit leur diagnostic différentiel dans son Traité des maladies du cuir chevelu. Dans le psoriasis et la lèpre, dit-il, si arrondis d'ailleurs que soient les disques de cette deipière, nous savons que les squames sont larges, très sèches, dures, blanches, comme chatoyantes; les cheveux sont arrachés çà'et là, comme entraînés par la chute des sqttames elles-mêmes; ceux qui restent sontgrêles, clab'-semés, ternes, cassants. Dans l'herpès, au contraire, il n'y a qu'une desquamation farineuse, mais continue, il n*y a pas arrachement du poil, mais seulement tonsure, et l'oif peut toujours constater la présence des cheveux si p)Mtt coupés qu'ils soient. D'ailleurs les disques de la lèpre vulgaire, rares surJ^Tir chevelu, et qui seuls pourraient inspirer un instant quelques doutes <fflR|aH^leur forme arrondie, sont sains au centre. Quant à l'eczéma squameux, qU^pe sec qu'il soit, toujours on trouvera quelque part un peu du suintement qui lui est particulier, tandis que l'herpès n'offre pas de trace d'humidité ; l'eczéma est disposé par plaques irrégulières, tandis que les disques de l'herpès sont bien arrondis. Enfin les produits squamoso-lamelleux de l'eczéma sont toujours mous et jaunâtres, et ils n'ont aucune analogie avec la desquamation farineuse de Therpès tonsurant.

Pronostic. — L'herpès tonsurant n'est jamais grave, il ne produit jamais l'alopécie; mais il est opiniâtre, et l'on ne saurait en préciser la durée. Attaqué dès son début on en triomphe assez vite ; il n'en est pas de même quand l'affection est invétérée.

Causes, — L'herpès tonsurant peut affecter les divers points du cuir chevelu, mais on le trouve préférablemcnt à la partie postérieure et sur la &ce pariétale. A peu près inconnu chez l'adulte, il atteint presque exclusivement la première et la scc4)nde enfance ; aussi n'est-il pas rare dans les pensionnats. Cette affection est très contagieuse ; elle atteint certains animaux-, comme le cheval, et elle peut être transmise aux individus qui sont en contact avec eux.

Traitement, — On ne sait encore rien de bien précis. Les frères Mahon emploient la médication que nous exposerons plus bas en traitant du favus. M. Cazenave établit d'abord en principe, qu'il faut rejeter comme nuisibles tous les topiques actifs, irritants. Les préparations qui lui ont réussi le mieux sont : 1^ une pommade faite avec l'onguent cilrin (10 à 20 grammes \yom 30) et le goudron (10 grammes) ; 2° une |)ommade au tannin (1 à 2 grammes pour 30 d'axonge) ; il a aussi fait des pommades de sulfure de chaux. M. Cazenave fait encore des lotions fréquentes avec Teau savonneuse, et il prescrit en outre des bains alcalins. Enfin, M. Bazin \eut quon épile exactement les surfaces malades, qu'on enlève même les poils qui entourent les plaques, et qui, altérés déjà dans leur coloration, indiquent que la maladie les a déjà atteints. Mais Tépilation est difficile, parce que les poils sont fragiles, aussi presque tous viennent sans leur racine Indé^tidamment de Tépilaiion, M. Bazin recommande, pour d(^\.Tu\te\^ cri\^<Q(fS^tMSb^QÙL

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