‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 89 sur 118 · T, I, — 7' ÉDIT, M · texte numérisé non relu

T, I, — 7' ÉDIT, M

])our lui constituent essentiellement la maladie, de lolioiiner les plaques arec ae éponge ou une petite brosse douœ imbibée d'une solution de sublimé (2 gmm» de sublimé dissous dans Talcool \iom 500 grammes d'ean distillée).

Vu le caractère contagieux de raiïection, il est important que les bonnets et k$ iieignes des malades ne servent à pei-sonne ; il ne parait pas qu'il soit nécesnîreà séquestrer tout à fait les individus. |

Nature. — En résumé, l'altération si remarquable des cheveux, la formatin de {KTitcs tumeurs solides à la surface du dorme, la fonne extérieure de la maladie, sa marclic, sa durée, son incurabilité presque absolue lorsqu'on l'abaiidonneà éltmême, son car«ictére contagieux, établissent (Tes différences très grandes entre ki «ifTections herpétiques et la teigne toiidanie ; aussi, si je n'avais eu égard qu'à ce que j'ai vu moi-même, je n'aiwis pas fait do c«tte dernière une variéti^ de Therpih;; mais comme les observations de >!. Cazenave, juge si compétent en cette matièrr. ne sont pas conformes aux miennes, j'îii dû plutôt méfier à lulSqu*à moi. Voilà pourquoi j'ai, provisoirement du moins, classé la maladie parmi les aiïectiow vésiculenses.

On a d'ailleurs émis sur la nature de l'affection plusieurs antres idées. Ainsi pour Malicm elle serait constituée par une affection des f(^?ules sébacés qui existent à la base des poils, et ceux-ci perdraient leur souâ||j^. leur coloration, e\ deviendraient cassants parce qu'ils manqueraient de^^^fflRKl onctueux. Vow ([uelques micographes la maladie serait essentielienien^Mstituéc par la (iréseiice d'un cr\ptogame dont le dévelop|)ement dans l'intérieur du poil ferait penlivi celui-ci son élasticité, sa cohésion, d'est là une opinion qui a d'aboixl été fonnuléf par M. Grnby, et qui plus réœmmcnt a été soutenue; par M. le docteur Raxin. O dernier regarde; en effet la teigne tondante comme une maladie des poils, prodniif par un champignon qui a primitivement son siège dans l'intérieur niOmedecri appendice, et s(* manifestant extérieurement sous forme de productions blaarii». lamelleuses, lloconneuscs ou pulvérulentes. La doctrine défendue par M. Baiia nous semble avoir en sa faveur les plus grandes probabilités.

De reczéma.

SyHOHTMIE. — Dartre Miaameuie humide, dartre vive, gnie cpideniique, elc.. vient de xf^roi, f>0entÊn*

Le mot eczéma, employé par quelques anciens pour désigner des inflammatioas phlycténoîdes légères, a été consacré ])ar AVillan à dénommer un des genres des afTections vésiculenses caractérist'* par l'éruplion de vésicules très petitcHs, agglomérées en grand nombre sur des surfaces généralement larges et irrégulières, vésicules dont la plupart se déchirent et sont suivies d'excoriations superficielles, d'une exhalation séro-purulente, et de la formation de s(]uames ou de furfurps.

Depuis Biett, l'eczéma a été divisé en nifju et en chronique. L'eczéma aign présente lui-même trois variétés principales, qui sont : Veczema simpiex, Vecz^mn rubrum, et Veczemn imjfetiginodes.

1" FJczemn wnp(px, — Celte forme apparaît ordinairement sans prodromes. Les malades éprouvent s(Mdement un prurit plus ou nu)ins inconunode sur un imint oik la |)eau cons(*n'e sa couleur ordinaire, mais où l'on ne tarde pasch distinguer un grand nombre de vésicules très petites, très rapprochées entre ell(*s, offrant nn aspect brillant ii cause de la sérosité trans|>arente qu'elles conti<*nnent. Il faut jMrftHs s'armer d'ime loupe pour ]>ouvoir les distinguer. IJieniol le liquide si» tmubleel prend une teinte laiteuse. Tantôt alors il est résorbé et tantôt il s'échappe après la rupUira de la vésfcule. Dans le premier caSf il en résulte une desquamation inseu-

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sibie de l'épidcrruc ; dans h* second, on voit se former de petites squames qui se détachent et ne laisseift aucune trace sur la peau. Le prurit est le seul symptôme iucunimode qu'on obscr\ e. On ne remarque le plus souvent aucun trouble dans la santé générale, excepté pourtant dans les cas où l'eczéma est très étendu, loi*s(|ue, par exemple, il occupe d'emblée ou successivement presque toute la surface du corps, ainsi que Biett l'a vu plusieurs fois chez de jeunes enfants. 11 existe alors de la fièvre, de la soif, de l'agitation, de l'insomnie et des troubles divers du côté des on^aues digestifs. L'eczéma simplex parcourt ses différentes phases eu six ou sept jours; mais œmme il se forme généralement pi usieura éruptions successives, il g*ensuit que la maladie se prolonge pendant deux ou trois septénajres, et même davantage.

2"* Eczéma rnbrum, — Cette forme, plus intense (u^ la précédente, a souvent des prodromes. La peau sur laquelle Téruptiou se fait est le siège de chaleur, <i'un prurit Intense et d'une rougeur plus ou moins vive; les vésicules qui hérissent sa surface sont excessivement petites, les plus grosses n'ont que le vfluuic d'une petite tête d'épingle ; elles perdent leur trans|>arence au bout de deux ou trois jours. Dans les cas les plus simples, le lluide devenu lactescent se résorbe, Tépideniic s'exfolie, el la^^yrface de la peau conserve pendant quekpies jours une teint<^ rougeàtre qiii,^4riut peu à peu. ('ie|)endant le plus souvent les vésicules se déchirent ; des ei^fflMa^Lont lieu sur la surface enflammée ; cdie ci exhaie un fluide séro-purnlent, vÊfKi se concrète sous forme de lamelles minces et molles, qui tombent el se reproduisent tout aussitôt. Vm général aussi, de nouvelles éruptions vésiculeuses se font tantôt sur les jx)ints primitivemenl affectés, tantôt sur des |)oints voisins : la maladie se termine alors après deux ou trois septénaires, ou bien elle passe à l'état chronique.

3" Eczétna imj)€tiginoihs. — Dans cette variété l'inflammation est plus vive; la peau, très rouge, est tuméfiée; les vésicules sont confluentes et contiennent un liquide séro-purulent qui se concrète promptement, et forme, non des lamelles, comme dans Veczema rubrwn^ mais des squames ou des croûtes jaunes, humides, molles, qui s'imbriquent, et qui en tombant laissent à nu une surface excoriée qui s(*crète une sérosité roussàtre. l^es squames se renouvellent facilement ; en général, il y a plusieurs éruptions successives. A mesure que la maladie s'améliore, on voit les squames diminuer d'épaisseur et devenir plus minces. L'eczéma impétiginodes cesse après ^higt-cinq ou trente jours, ou bien il passe à l'état chronique. En somme, on voit que l'eczéma impétiginodes est un degré plus avancé de l'eczéma rubrum. Dans celui -ci les vésicules sont transparentes, et l'inflammation de la peau est médiocre ; dans l'autre cette inflammation est plus vive, et les vésicules, plus grosses, contiennent du pus. (les deux formes de la maladie C4>e\istent souvent chez le même individu: d'accord avec MM. liiett, Oazenave et Schedel, nous ne croyons pas qu*k l'exemple de MM. Rayer et Copland, on doive considérer l'eczéma impétiginodes comme un eczéma rubrum compliqué de pustules d'impétigo.

L'eczéma rubrum, et surtout rcczéma impétigincKles, lorscfu'ils sont étendus, s*accom|>agncnt de malaise, d'une fièvre nuMlérée, de |)erte d'appétit, de soif et de dé\oiemeiiL La |)eau, (fui a été le siège de la maladie, conserve en général, pendant un temps plus ou moins long, une couleur brunâtre qui |)ersistc môme durant toute la vie chez les vieillards et chez les sujets dont la peau est nitnreliement brune et sèche.

Eczéma chronique, — Il peut succéder aux Ivow tonwcs^ «pftwro&NwtfSïft^toîaL-

(lier, mais surtout aux deux dernières. La peau est alors teadue, luisante, d'i rouge vif ; elle ressemble parfois à la surface d'un vésicatoir^. Il a y aussi plus rouges, où elle est excoriée, fendillée, gercée, comme égratignée; séro- purulente ou séro-sanguinolente la baigne sans cesse, et imprègne les li^o, qu'elle durcit souvent, comme le ferait de Tempois. Cette sécrétioa serait, d'aprèi les uns, exclusivement fournie par le derme altéré; d'après Biett, an oootnJR. elle proviendrait de la rupture des vésicules qui continueraient à se former nrh surface malade. Toutefois Bictl convient lui-même que ces vésicules soot somiil difficiles à reconnaître, car Tépiderme qui en forme l'enveloppe est ezcessiveBiat mince : c'est ce qui explique leur marche ra^de, leur rupture prématurée et h * difficulté qu'il y a à les distinguer. Quoi qu'il en soit, le liquide, en se couoeotrat, forme des squames humi^i^, jaunâtres, épaisses, qui tombent et se reproduint bientôt. Tous les malades accusent, dans la partie où siège reczéma, une chalev vive, un prurit qui augmente généralement par la chaleur artificielle, par le séjov au lit, après les repas, et surtout par Tingesiion des liqueurs alcooliqiies et ëo autres excitants diffusibies. Le prurit |)eul devenir tellement intoiérahle que h volonté la plus énergique cède à l'impérieux besoin de se gratter. Les indifite s'écorchent alors avec leurs ongles ; les surfaces malade^fûgneut abondammesi, et il en résulte souvent un soulagement passager. Le prw^gtun symptôme qoi manque rarement dans l'eczéma, et surtout dans i'ecz^wlMhque.

Lorsque la maladie persiste pendant longtemps, ^^Krme s'épaissit, et ks ganglions lymphatiques du voisinage s'engorgent. Il est rare que, même da» les cas où l'eczéma est étendu, on obsene des symptômes généraux gravesL Les principaux troubles qu'on remarque sont : un peu d'amaigrissement, rarement de la fièvre, de l'insomnie, du dévoiement et quelquefois une inflammation aphthesK de la bouche.

11 est excessivement rare que l'eczéma ait une terminaison funeste : celie-d s'a guère lieu que chez les vieillards affaiblis, et par suite de quelque compHcalkM. Dans d'autres cas également rares, l'éruption eczémateuse a jugé faTorablenest des maladies anciennes et plus ou moins graves. Biett parait avoir observé pluaienn faits de ce genre.

I^ durée de la maladie est indéterminée ; elle peut persister plusieurs mois M des années entières. I^orsque la guérison a lieu, on voit la surface malade M rétrécir peu à peu de la circonférence au centre ; les squames deviennent petitei, minces et moins humides ; l'exhalation séreuse tarit; enfin, la peau, après éoe restée plus ou moins longtemps encore lisse et rougcâtre, finit par reprendre toutes ses propriétés ; clic conserve pourtant pour le reste de la vie une coloraliofl anormale. L'eczéma est une des maladies qui récidivent le plus souvent, soit dios le point primitivement affecté, suit dans toute autre partie des téguments.

Pour compléter le tableau que nous venons de tracer de l'eczéma, il nous reste à indiquer les modifications particulières que la maladie présente, suivant les points du corps qu'elle envahit.

1° Ecz(*ma du cuir chevelu. — Lorsque l'eczéma occupe le cuir chc\elu, il l'envahit généralement dans sa totalité, et se propage souvent ù la face. La démangeaison est vive, la sécrétion séro -purulente souvent très abondante. Celle-ci exhale une odeur nauséabonde ; en se concrétant, elle forme des squames qui adhèrent aux cheveux, et qui, humides d'abord, se dessèchent ensuite et tombent en lames furfuracées. Dans quelques cas les lamelles de l'eczéma offrent une disposition toute spéciale et si remarquable, qu'Alibert en avait fait une variété à part, qu'il

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nommait teigne amiantacêe, parce que les lamelles ont alors la blancheur de Tamiante. Dans cette forme de la maladie, les cheTeux, collés par petits paquets, •ont entourés d'un étui blanchâtre plus ou moins long, qui semble les prendre à leur sortie et se continuer avec eux à mesure qu'ib se développent Le cuir che- Telu est ainsi parsemé de ces mèches réunies à des hauteurs différentes par de petites gaines qui, devenant de plus en plus sèches, et prenant une teinte de plus en plus blanche, impriment à la chevelure un aspect spécial (Cazenave). Il arrive enûn, parfois, qu'il y a à peine de liquide; on ne trouve alors que des lamelles blanches et furfuracées, et si Ton q^percevait pas de temps en temps une surface on peu humide, on pourrait être exposé à méconnaître la véritable nature de l'affection. La forme squameuse peut être primitive, mais presque toujours pourtant elle est consécutive. I/)rsque Teczéma du cuir «bevelu est chronique, les ganglions cervicaux et sous-maxillaires s*engorgent, les cheveux tombent ; mais, les bulbes n*étaut pas altérés, cette alopécie n*est que momenlanéa Comme Biett l'a obser^'é, Tinilainmation eczémateuse chronique du cuir cbevdn finit par produire une tension de la peau du visage telle, que les traits sont tirés en haut et eu arrière.

2* Eczéma de la far^ — Il n*est peut-être aucune partie du corps qui soit aussi souvent affectée ^^i^^Sa que les oreilles; c'est ce qu'on voit surtout chez la femme. La tuméfactiod^||^ être assez considérable pour obstruer le conduit auditif et rendre l'audition difficile ou impossible. L'inflammation gagne parfois le conduit auditif interne, la trompe d'Eustachi et le pharynx. L'eczéma peut encore se montrer partiellement sur les paupières, sur les lèvres et aux ailes du nez. Dans tous ces cas, l'éruption se reproduit souvent sur la membrane muqueuse voisine. L'eczéma des paupières a quelquefois provoqué un ectropion.

5* Eczéma des organes génitaux. — Chez l'homme, l'éruption eczémateuse occupe le pénis, le scrotum et la partie supérieure et interne des cuisses; elle peut être cause de priapisme. Chez la femme on l'observe sur le mont de Vénus, aux grandes et aux petites lèvres; elle peut gagner l'entrée du vagin, le clitoris et le méat urinaire. La cuisson et la démangeaison sont souvent intolérables. L'excitation permanente des organes génitaux produit quelquefois la nymphomanie ; elle a inspiré à beaucoup de jeunes filles innocentes l'idée de la masturbation. Enfin, chez la femme, on voit encore l'eczéma se développer sur les mamelles, où il occupe de préférence le mamelou et son aréole. La maladie est généralement alors très rebelle. Enfin, dans les deux sexes, le pourtour de l'anus peut être le siège d'un eczéma très incommode.

L'eczéma des membres n'offre aucune particularité digne d'être mentionnée.

Diagnostic, — L'eczéma pourrait être confondu avec un grand nombre de maladies de la peau, spécialement avec la gale, avec l'impétigo, avec le pompholix diutinus, avec le lichen agrius et avec le psoriasis; mais nous établirons leur diagnostic différentiel à l'article consacré à chacune de ces affections. L'eczéma pourrait encore être confondu avec l'herpès phlycténode; mais dans celui-ci les vésicules sont arrangées par groupes et disséminées. Cette disposition existe, il est vrai, quelquefois dans l'eczéma; mais dans ce dernier cas les vésicules sont beaucoup plus petites : elles font à peine saillie et sont suivies de desquamation» tandis que dans l'herpès elles sont plus grandes, elles sont globuleuses et perlées; enfin la desquamation est peu marquée.

Pronostic. — L'eczéma, surtout à l'état aigu, est une maladie légère. S'il est chronique, il constitue une affection très incommode et &'uYi^àntte\tâJ^X«raà!fik^

Les eczémas rubruin et iin|)étigiiiodcs sont plus fâcheux que la fonnc simple; chevelu l'eczéma sc|uameux est le plus rebelle. Le [)ronostic serait grave si 1* envahissait presque toute la surface du corps, ou s'il se compliquait de quelqiR lésion viscérale. Il est douteux qu'il constitue jamais un l)énéfîce de nature et qn'oi doi\e le res))erter; c'est une maladie, en effet, incommode, et dont il est presqit toujours avantageux de se guérir; les exceptions à cette manière de voir sont es effet exin'memenl rares.

Ktiolofjie. — L'eczéma est souvent pmduit |)ar des causes directes, telles SQOt les frictions sixhes ou avec des substances plus^u moins irritantes. L'usage de certaines pommades, ou bien Tabus que fimt beaucoup de femmes du peigne dw leur toilette dé la léte, sont une cause non nnoins puissante de l'eczéma du air chevelu.. On observe fré<[#pmment aussi cette éruption sur les mains et nr ks avant-bras d'individus exerçant certaines professions qui exposent ces partiel à l'action dé substances irritantes. La maladie p(*ut encore être produite par b nulpn)preté; c'est ce qui arrive notamment pour l'eczéma des parties génitales et du cuir chevelu. L'éruption eczémateuse succède souvent aussi à l'irritation que produisent sur la peau certains écoulements. Knfm, une exiK)sition prolongée aoi rayons solaires détermine souvent, sur les parties hab^ellement déanivertes, une éruption vésiculétl^ qui participe à la fois d(*s caraubude l'eczéma siroplei et de l'eczéma rubnmi, variété à laquelle AVillan a do|^^Piiom A'eczema solm^, en raison de la cause spéciale qui la produiL D'autrefois l'eczéma est spontané; on l'observe alors plus souvent chez la femme que chez l'homme et pendant k printemps ou l'été que dans les autres saisons. Les vicissitudes atinos|diériqiie» provoquent souvent la pre nière appaiition de la maladie, ou l'aggravent lorsqu'elle existe déjà, ou tout au moins augmentent les démangeaisons. L'eczéma est quelquefois sunenu subitement à la suite d'une impression morale vive Cette maladie n'est jamais contagieuse : Biett et M. fiaumès disent pourtant l'avoir vue plo8ieiii> fois se transmettre par le coït d'un individu à un autre ; mais ceci peut s'ezpKqner par la nature acre de l'écoulement, sans qu'il soit besoin d'invoquer un principe contagieux.

Nous avons vu précédemment que l'eczéma pouvait se montrer sur tons les pÔRls de la peau; ce|)endant on l'obscne plus comnmnément sur les parties garnies de poils, là où les follicules sélxicés sont plus aliondants : tels sont le pubis, les aines, les ais.selles, le scrotum, la vulve, le cuir chevelu.

Siéf/emintomique, — On a beaucoup discuté sur le siégeanatomjquedela maladie: ainsi quelques personnes l'ont placée dans les follicules sébacés; d'autres penseat avec Riett, et cela avec plus de fondement, que l'cciéma est une inflammation de cette couche su[)erricielle du donne, appelée membrane vasculaire de Eichhom, il qui semble destinée à sécréter l'épiderme.

TrnitemnH. — Lorsque l'eczéma est simple, on se l)omera à employer à l'intérieiu' des boissons rafraîchissantes acidulés, à l'extérieur des lotions mucilagineuses et narcotiques, des cataplasmes de fécule (la graine de lin ne convient pas). des l)ains tièdes. Ceux-ci ]>ourtant augmentent quelquefois le prurit, et l'on est obligé de les suspendre; on {Miurrait alors les rendre alcalins. Les eczémas nibnim et impétiginodes exigent le même traitement : cependant, lorsque la maladie occupe une grande surface; lorsque, la peau étant enflammée, il y a un ap|>areil fébrile, la saignée générale peut être utile, et si la phlegmasic locale dé]Nissc certaines limites, on pourra appliquer aussi dans son voisinage des sangsues on des ventouses scarifiées. Dans cette période aiguë, les bains tièdes, mucilagineux, les

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calaplasmes émollients, sont les seuls moyens qui puissent procurer du soulagement. 11 faul évii(>r d*9inpl()\er les préparations sulfureuses et les |K)inraades mercuriclles, dont on abuse trop souvent, et qui, en effet, ne conviennent pas à cette période.

Lorsque l'eczéma est chronique, on insistera, comn^^ précédemment, sur les ])ains tièdes, alcalins et gélatineux ; on donnera des limonades minérales et des boissons rendues alcalines en y ajoutant 6 à 8 grammes de bicarbonate de soude par pinte; enfin, on insistera sur les laxatifs, pourvu que le tube digestif soit intact. Cependant, lorsque ces moyens échouent, il fau( recourir à l'emploi des eaux sulfureuses naturelles d'Aghien, de Baréges, de Cauterets, de Bagnèresde-Luchou, etc., données à l'intérieur à la dose de un, deux ou trois verres par jour, et administrées simultanément en bains et en (Jûpches. T^es bains sulfureux pourront aussi être préparés directement, en ajoutant à Teau d'ime baignoire de 60 à 100 grammes de sulfure de potasse. Ces bains produisent quel(|uefois une excitation vive : aussi convient-il, surtout dans les commencements, de les faire alterner avec des bains simples, gélatineux ou amidonnés. D'autres fois on remplace les bains sulfureux par des douches de vapeur aqueuse on sulfureose. On a encore conseillé TeiPA^i d'un grand nombre de topiques : les principaux sont les pommades avec^U»*Jln, avec l'acétate de plomb, avec le camphre, la belladone, l'opium, l'huile Hernie goudron {U à 8 grammes par 32 grammes d'axonge, avec ou sans camphrj^^décigramme à un gramme), avec la suie, et les pmto et deuto-iodurc de mercure (50 à 60 centigrammes par 32 grammes d'axonge), enfin avec le bismuth et avec le calomel {U grammes pour 32 d'axonge) : cette dernière nous a paru très utile dans un grand nombre de cas ; on i)eut y ajouter un peu de camphre i)our calmer le prurit. A certains eczémas, surtout à marche chronique, on a opposé la compression, moyen parfois palliatif, mais rarement curatif. Dans ces derniers tem|)s, on a recouvert les surfaces eczémateuses avec le coUodion; mais .M. Devergie a été obligé de renoncer à ce moyen qu'il a vu être plus nuisible qu'utile. Dans ces eczémas opiniâtres, on a essayé de changer la vitalité de la surface soit eu la recouvrant d'un vésicatoire. soit en la cautérisant avec le nitrate d'argentjOu avec l'acide chlorhydrique ; mais ces moyens ont été très rarement utiles. (îontre ces eczémas qui se sont montrés si rebelles à la théra|)eutique, on a prescrit à l'intérieur des moyens empiriques ; on a spécialement i^ccommandé la teinture de cantliaridc et les m^parations arsenicales. Ainsi Biett a administré la solution de f'owler, qu'on peut donner à la dose de 2 ou 3 gouttes par jour, et qu'on augmente ensuite piï)gres8ivement, mais sans dé|)asser 1 5 gouttes ; ou bien la solution de Pearson et c^Ue d'arséniate d'ammoniaque, qui convient mieux aux sujets délicats, et qu'on prescrira à la dose de i k U grammes. Cependant l'ellicacité de ces moyens n'est |)as encore suffisamment constatée. Lorsqu'on se décide à recourir à l'emploi des préparations arsenicales, il faut surveiller avéic soin les malades. Dans quelques cas, pn changement de régime, d'habitudes, de climat, a suffi [)our guérir de^ eczémas qui avaient résisté à tous les moyens thérapeutiques.

I^ traitement est le même, quelle que soit la région du corps que l'eczéma affecte. Il y a ce|K'ndant, dans quelques cas, certaines précautions à prendre. Ainsi, lors(|ue la maladie occupc^oreille et s'accompagne de gonllement de la conque et du conduit auditif, on devra prévenir l'ocxlusion de cette ouverture par l'inti-oduction de mèches de linge ou de morceaux d'éj)onge préparée. Si l'eczéma envahit le cuir chevelu, il peut être nécessaire de couper lc*s cheveux pour faciliter l'applicaiioii des topiques ; mais il n'est jamais indiqué de Tasscv W M^V^.

Ix)rsrjuc l'eczéma ost ancien, il y aurait peul-Otix; danger à le supprimer trtf brusquement On devra donc établir un cxutoire, sinon permanent, da moi» temporaire. Enfin, si c'était un vieillard, si la maladie remontait à plusieurs amiéo, et si d'ailleurs elle était peu incommode, il ne faudrait prescrire que des moras palliatifs, et se garder surtout des remèdes violents précédemment indiqués, et qn pourraient être nuisibles chez les individus dont nous parlons.

I^FLAMMAT10^S «ULLEUSES.

Les inflammations huileuses de la peau sont ibractcrisées par des tumeurs onlinairement transparentes, remplies par un liquide séreux ou séro-purulcnt épaoché sous l'épiderme, et dont le volume varie depuis celui d'un pois jusqu'4 celui d'an œuf d oie. Ces tumeurs, aufS[iuelles on donne le nom de bulles^ d^amjpoulei, de p/ilyctèneSj sont constituées comme les vésicules, dont elles ne diffèreut que pv un volume plus considérable. Nous avons déjà vu des bulles se former à la snrboe de quelques érysipèles ou dans certains cas d'herpès (le zona) et d*eciéma. U brûlure au deuxième degré et l'application des vésicatoires produisent le même elTet. iMais nous n'avons à nous occuper ici que des iuflanunalious huileuses proprement dites; elles sont au nombre de deux seulement, lepXMgus et le rupia.

Du p«nipbîgus, ou pompholi

Le pemphigus {nip^t^, bulle) est une maladie de la peau caractérisée par la formation d'une ou de plusieurs bulles qui se déchirent facilement, se temiinenl par l'effusion du liquide qu'elles renferment, et par la formation d'excoriadons superficielles ou de croûtes minces laissant après elles des taches qui persistest pendant un temps plus ou moins long.

Divisions. — C'est à tort que AVillan et Bateman ont considéré le pemphigiis comme une affection toujours chroniqua I^s recherches complètes de Gilibot. auteur d'une excellente monographie, et celles plus récentes qu'ont insérées dans leurs traités des maladies cutanées MM. Rayer, Cazenave, Schedel, Baumes rt Devergie, doivent faire admettre deux espèces principales de pemphigus, l'aie aiguë ^ l'autre chronique.

1' Pemphigus aigu. — Le pemphigus peut être précédé pendant un, deux ou trois jours, de malaise, d'inappétence, de fièvre et de pruriL Bientôt on voit apparaître à la surface du corps un nombre plus ou moins considérable de taches ayant l'étendue de nos diverses pièces de monnaie, érj'thémateuses, arrondies, et au centre desquelles on ne tarde pas à voir l'épiderme se soulever et former une bulle qui peut occuper tonte la tache. Le plus souvent pourtant le limbe de celle-ci est respecté, et forme autour de la tumeur une aréole rouge qui est le siège d'une chaleur et d'une cuisson prodigieuses. Ces taches existent constamment; c'est à tort qu'on a [>rétendu le contraire : cette dissidence s'explique par la marche de la maladie, qui, en effet, n'est pas toujours la môme. Ainsi, quelquefois les rougeurs et les bulles sont presque simultanées, elles sont du moins à peine séparées par un intervalle d'une ou de deux heures : aussi il n'y a rien d'étonnant que.dans ces cas, la rougeur puisse passer ina|)erçue. Toutes les taches ne se recouvrent pas de bulles : cependant il n'arrive peut-èta' jamais que l'épiderme ne soit pas plus ou moins soulevé; c'est ce dont on peutseconvaincre en passant le doigt sur ces plaques, car on sent alors une saillie, puis si l'on frotte légèrement, on entraîne l'épidenne, et la pulpe du doigt est plus ou moins humectée. ^ ^

renl ; le liquide combiné avec répickrme ^ litres ; d'autres fois l'épiderme seul se dét:

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