DU PEMPHIGUS
I^ bulle qui caractérise le pcnipliigus a le volume d*un \yoïs ou d'une grosse aveline. Si plusieurs bjflles se réunissent, elles fcRinent alors une vaste ampoule qui a le volume et la forme d'un œuf d'oie; souvent une bulle simple acquiert le même volume. La bulle du peniphigus est arrondie, globuleuse, transparente, et ressemble au soulèvement de Tépiderme occasionné par \e deuxième degré de la brûlure ou par les vésicants. Le liquide qu'elle renferme est alcalin, de couleur citriue, puis roogeâtre, albumineux, inodore, fétide dans quelques cas. Au bout de deux ou trois jours, plus ou moins, les bulles se rident, se flétrissent, se déchi-
forme bientôt des croûtes minces et noi- 'épidenne seul se détache par lamelles minces. En ce moment la chaleur et le prurit diminuent et cessent même, la rougeur s'éteint, enfin un nouvel épiderme se reproduit; mais à la place occupéeqiar la bulle, il reste une tache lie de vin ou d'un rouge sombre, irrégulière, s'exhalant de temps en temps, et qui peut persister longtemps. Le nombre des bulles varie beaucoup ; il en existe, en général, sur une grande surface ; presque tout le corps peut même être envahi par elles ; mais ce fait est excessivement rare; il est, par contre, des cas où l'on ne trouvequ*une seule bulle [pompholix folitarius de \^illan). Souvent alors on voit, deux ou *|pis jours après, une nouvelle bulle naître de la première et suivre la même J^^g^^v^qu'elle ; des éruptions successives peuvent ainsi avoir lieu pendant huit oudiNl|îp. Aucune partie du corps n'est à l'abri de l'éruption ; rare à la face, aux pieds, aux mains et aux parties génitales, on observe surtout celle-ci sur le tronc ainsi qne sur les membres supérieurs et inférieurs.
En général, le pemphigus aigu ne détermine pas de symptômes généraux; ceuxci, du moins, quand ils existent, sont très bénins. La durée totale de la maladie varie entre un et trois septénaires, à cause des éruptions successives qui ont lieu; mais la durée moyenne de chaque phlyctène en particulier ne dépasse guère sept jours.
Pemphigus chronique {pompholix diutinus de ^illan). — Le pemphigus chroniqtie est beaucoup plus fréquent que la forme précédente. Après quelques jours de malaise, d'inappétence, de fièvre et de prurit, quelquefois sans aucun prodrome, on voit se développer comme précédemment de petites taches rouges sur lesquelles une bulle s'élève. Celle-ci, grosse d'abord comme un pois, acquiert bientôt le volume d'une aveline, d'one noix ou d'un œuf; le liquide qu'elle contient, d'abord transparent, devient bientôt rougeâtre. Vers le deuxième, troisième on quatrième jour, les bulles se déchirent, l'épiderme se roule autour, et l'on aperçoit une surface rouge et douloureine. Les bulles, qui sont encore intactes à cette époque, s'affaissent et se rident ; l'épiderme est opaque, macéré, ramolli. Dans l'un et l'autre cas, il se forme des croûtes brunes, jaunes ou grisâtres, aplaties ou bombées an centre: lorsqu'elles tombent, on trouve la peau encore excoriée, ou seulement une tache lie de vin qui persiste longtemps. Cependant, à côté des bulles qui se terminent, d'autres naissent et saivent la même marche que les premières ; un grand nombre d'éruptions successives peuvent ainsi se faire pendant des mois et même pendant des années, tantôt irrégulièrement sur toute la surface du corps, d'autres fois exclusivement sur une partie, comme le tronc ou un membre. Dans toutes les éruptions successives, les mêmes phénomènes locaux se reproduisent : cependant il arrive quelquefois que, dans celles-ci, on voit manquer les taches érythémateuses. Ces diverses éruptions peuvent se faire sans accidents généraux ; mais quelquefois chacune d'elle est précédée et accompagnée de symptômes plus ou moins aigus, tels que céphalalgie, fièvre, inappétence. Lorsque le pemphigus est
borné à une partie, les malades peuvent se le\er et \aquer à leurs aflairei; Téruption est générale ou du moins très étendue , tout travffilest impossible ï du malaise et des démangeaisons qui existent. ].a |)lupart <les malades, qoaiy sans fièvre, gardent le lit. Cependant, lorsque l'afTection se prolonge, ob voit C5 individus maigrir, puis dépérir; les membres s'iufiltrent : un dévoicnieDi afiquatif s'établit, et la mort survient par suite de ces complicationSb Les phlrgiman des membranes muqueuses, celles surtout de la muqueuse gastro-intestiiiale, Mt les plus communes, à tel point que Gilihert lésa regardées oomme consdtoaita des éléments de la maladie.
Auatomie pathologique. — A louverture ties cadavres, on dit avoir troméài* bulles sur quelques muqueuses, telles que celles de la valve, de la bouche et A pbarynx ; mais le plus souvent ces parties sont pâles ; plus souvent on trqiieh muqueuse intestinale ramollie, quelquefois ulcérée. On a constaté pluaieniv fniil dégénérescence graisseuse du foie (Biett, Cazenavej, et le sang a été trouvé san* blable, pour l'aspect, à de la groseille mal prise et foncée en couleur.
Diagnostic, — Le pemphigus est facile h reconnaître. Nous verrons phs tardai quoi il diffère du rupia, de Tecthyma et de Timpétigo. I..es bulles qui aqunfftgnent Térysipèle ne seront pas prises pour un pemphkfis vérilable, si l'onU attention à la nature de l'exantbème qui les accompagne^^st inutile de rappeler ici combien le pempbigus diffère de l'Iicrpès : cepej^^^R vu des cas où l(» bulles du pemphigus, qui sont en général grosses et ilffibs, sont petites, rapprochées, et s'accompagnent d'un peu de rougeur érythémateuse, de telle sorte qa'il serait alors assez difficile de distinguer tout d'abord la maladie d'avec une plaqur d'herpès, s'il n'existait pas pres(|uc toujours sur quelque autre point des holb avec les caractères propres au pemphigus.
Le pemphigus n'est pas rare chez les nouveau-nés. Il se développe pendant h vie intra-utérine ou quelques jours après la naissance. Il occupe presqne escfaBivement chez eux la paume des mains et la plante des pieds. Les bulles oontk— at un liquide séro-purulent et elles ont une aréole violacée. Quelques ohservaleBK. M. Paul Dubois surtout, attachent à celte éruption une valeur qu'elle n'a piscks l'adulte ; ils la considèrent, en effet, connue trahissant communément Texislaoe d'une infection syphilitique. Cette opinion, exi>osée encore en 1851 à TAcadénk de médecine parce célèbre professeur d*accouchements, a rencontré quelques coatradicteurs ; cependant elle compte en sa faveur des faits assez nombreux pour entraîner, sinon une conviction entière, du moins pour éveiller la sollicitude de$ médecins. On invoque en faveur de l'origine syphilitique du pemphigus des nouveau-nés plusieurs ordres de preuves : d'abbrd la coexistence du pemphigus avK des antécédents de vérole chez les parents, puis la mort fréquente des enfants, a qui, étant en désaccord avec l'apparence si bénigne de l'éruption, donne à penser que l'organisme est profondément altéré par une cause générale. Celle-ci, d'ailleurs, n'est pas toujours appréciable par l'état extérieur des enfants, car si quelquefois ils sontchétifs et amaigris, il n'est pas rare d'en voir qui ont, par contre, toutes les apparences d'une bonne constitution. Quelques-uns de ces enfants guérissant par les moyens les plus simples et sans jamais présenter par la suite aucun signedt* vérole, il faut en conclure que le pemphigus chez les nouveau-nés n'est pas un signe certain de syphilis; il peut donner une présomption, mais non une certitude.
Pronostic» — Le pemphigus aigu a constamment une heureuse terminaison, à moins de quelque complication, .^lais le pemphigus chronique annonce pn^sque toujours un mauvais état de la constitution ; peu grave par lui-même, il le devient
DU PËMPHIGUS. 603
en raison des aiïoctions viscérali^ qui le compliquent, et qui se développent d'autant plus facilemehf que les individus sont déjà plus afîaiblispar l'âge et par les privations. D'après ce que nous venons de dire, il est évident que Texistence du pemphigus chez un nouveau-né de\rait faire |)orter un pronostic grave, attendu que beaucoup de ces enfants succombent
Etiologie. — On ignore à |K'u près complètement les causes du pemphigus. Quoiqu'il ne soit spécial à aucun pays, on le dit pourtant plus commun en Allemagne, en Angleterre et en France. Il paraît que cette maladie se remarque plus souvent chez l'homme que chez la femme. A l'état aigu, il affecte s|)écialement les sujets jeunes; il n*est même pas rai^, avons-nous déjà dit, de l'observer chez les enfonts nouveau-nés.
Le pemphigus chronique affecte plus spécialement Jes vieillards et les sujets affaiblis par des maladies chroniques, par la misère, par la débauche et |)ar les privations. Le pemphigus n'est pas contagieux ; on l'a vu régner épidémiquemenl.
Tf^itement, — Ije |)eivphigus aigu cède, en général, facilement à l'emploi des boisBDUs acidulés et délayantes, à l'usage de ({uelques bains tièdes et de lotions narcotiques. La saignée est rarement indiquée ; mais il est assurément avantageai d*opérer une légère ré'^lsion sur le tube intestinal à l'aide de quelques minoratifs.
Les applications j^.»^4[lientes, ainsi que les bains, conviennent surtout dans la piemière période 3up^||higus, dans celle qu'on pourrait nommer érvthémateuse. Mais lorsque les bulles'^ffli bien fonnées, lorsque l'épidernie est tendu, il faut craindre de trop le ramollir et d'en opérer la rupture prématurée, soit de cette manière, S4)it par des frottements intempestifs. Les croûtes succédant aux bulles n'exigent aucun traitement spécial ; seulement, si elles tardaient à tom])er, si elles produisaient une tension ou un tiraillement inconunode , on en provoquerait la chute par l'application d'un cataplasme émollient
I^es érosions cousécuti\es sciont diversement traitées suivant leur as|)ect et 1 état constitutionnel des sujets. Ix)rsc|u 'elles sont simples, lorsqu'elles ne s'accompagnent ni d'inflammation ni de douleur vive, ou se lH)rnera, d'après le conseil de M. Baumes, à les sau|)oudrer de quelque poudre absorbante, de farine d'orge, de froment, etc. Si elles sont douloureuses et enflaunnées, on les pansera avec des décoctions ou avec des pommades émoilientes et narcotiques ; si leur surface est blafarde, ou violacée et saignante, on l'excitera avec la ))oudre ou la décoction de kina, avec le vin aromatique, avec l'eau chlorurée, avec le styrax, etc.
Ix* |)emphigus chronique exige fréquemment un traitement général; comme il s<* lie connnunément à un mauvais état de la constitution, il faut être avare démissions sanguines et recourir préférablement aux toniques; le vin, le quinquina, le fer, les amers sont en pareils cas très utiles. Les bains alcalins sont également très reconnnandés.
Le |)emphigus du nouveau-né devra faire rechercher les antécédents syphilitiques des parents. Si, comme cela a lieu quelquefois, une même femme donnait successivement le jour à des enfants vivants ou morts et atteints de pemphigus, il faudrait peut-être se résoudre à soumettre à un traitcmenl antisyphilitique le |)ère ou la mère, ou les deuv ensemble, s'il y avait lieu de croire à mie infection ancienne qui aurait été incomplètement traitée, il est inutile de dire qu'en |)arcil cas il faut agir avec la plus grande réserve et la plus extrême circonspection, pour ne pas |X)rter le trouble dans un ménage.
60f| DES LNFLAMMATIONS.
Ha rapîa.
On nomme rupia (.outto;, ordure) une aiïection caractérisée par rérnplîoDde bulles isolées, aplaties, remplies d*un liquide d'abord séreux, pub purnlat « sanguinolent, qui se concrète, et forme des croûtes noirâtres, épaisses, aniqsdks succèdent des ulcérations plus ou moins profondes.
Symptômes, divisioris. — On a distingué trois espèces de mpia, ne dîflémt entre elles que par retendue et Tintensité de Tépiption : ce sont les rupia simpkx^ p'oiininens et escharotica.
Dans le rupia simplex on voit se développer, sans inflammation préahbledeb peau, des bulles ayant poir la plupart le volume d'une pièce de 1 franc, qiblkfi qui, comme je Tai déjà dit, sont remplies d'un liquide séreui. Celni-d dmol bientôt puriforme et sanguinolent ; il se concrète et forme des croûtes noirSlmoB brunes, rugueuses, plus épaisses au centre, et se continuant par leur circonlëreoce avec répiderme, qui est légèrement soulevé. Si on les détache, on trouve aonscOa des ulcérations qui se cicatrisent promptement, qui d'autres fois se recoo?rent de nouvelles croûtes. EnHu, la cicatrisation terminée, la pea^Konserve pendant ionstemps une teinte d'un rouge livide. Le rupia simplex siéjB|j|anue exdnnvement sur les membres inférieurs, plus rarement on le rencqi^Porle tronc ou sur les membres supérieurs.
Le rupia proeminens débute par une inflammation circonscrite de la peau sar laquelle la bulle se développe. Cette forme diffère encore de la précédente par l'étendue plus grande des bulles, par l'épaisseur et l'aspect de la croûte; celle-d est d'un brun noirâtre; elle est rugueuse, inégale : aussi l'a-t-on comparée arec raison à récaille de l'huître, et à celle de ces mollusques univalves nommés paidles* Cette croûte adhère souvent intimement au derme ; et quand on la sépare, oo trouve une solution de continuité qui rappelle assez ces ulcérations atoniqMS w de mauvaise nature dont la cicatrisation se fait parfois attendre assez lonptempib
Enfin la troisième variété du rupia a été appelée eschatHttiea par Wiilan, et correspond à l'affection décrite par d'autres sous le nom dtpemphigus gangn* nosus. On ne l'observe que chez les enfants, depuis la naissance jusqu'à la premièfe dentition ; il commence par des taches livides et saillantes, sur lesquelles se dév^ loppent des bulles irrégulières, remplies d'un liquide noirâtre, et entourées d'nae aréole violacée. Ces bulles, en se déchirant, laissent voir des ulcérations douloareuses, fongueuses, saignantes, qui fournissent une suppuration fétide.
Diagnostic. — Nous verrons plus tard combien le rupia ressemble à i'ecthyma, puisque quelques auteurs considèrent ces maladies comme deux variétés d'une même affection. Le rupia diffère du pemphigus en ce que les bulles renferment rarement une sérosité transparente. Le liquide contenu est, en effet, presque toujours rougeâtre ou opaque primitivement Enfin les ulcérations, et surtout l'aspect des croûtes, établissent des différences suffisantes entre les deux affections.
Pronostic, — Le rupia n'offre par lui-même aucun danger : cependant le rupia escharotica, qui affecte les enfants jeunes, peut entraîner des accidents; d'ailleurs le pronostic sera établi d'après l'état des forces, d'après le nombre et l'étendue des ulcérations.
Ktiologie, — Le rupia est une maladie qu'on n'obscn'c guère que chez les enfants ou chez les vieillards, et généralement chez des individus affaiblis et cachectiques.
DE L*ACNÊ. 605
Traitement, — La première indication consiste à soutenir, à relever les forces, et il améliorer la coustil^tion des sujets : les amers, les toniques, le fer, une alimentation substantielle sont ici spécialement indiqués. La plupart cherchent en même ^ temps il provoquer la chute des croûtes par des cataplasmes et des bains ; puis les ulcérations sont lavées avec des liqueurs détersives chlorurées et pansées avec des digestifs ou avec des pommades au proto et au deuto-iodure de mercure, ainsi que Biptt le recommandait. Ënfm, lorsque les croûtes se renouvellent, on modifiera U vitalité des surfaces par la cautérisation.
Le traitement local est blâmé par M. Devergie comme inutile. Ce médecin veut ^ que l'on conserve les croûtes pour éHterèunsujet déjà affaibli des pansements douloureux, il n*a de confiance que dans le traitement interne. On voit, en effet, y lorsque la constitution des sujets s*est fortifiée, la suppuration tarir et les croûtes i te détachant peu à peu laisser au-dessous d'elles une surface cicatrisée.
INFLAMMATIONS PUSTULEUSES.
On donne le nom de pustules à de petites tiimeurs circonscrites, ayant un diamètre de 1 à 7 millimètres, et qui sont formées par Tépanchement d'un fluide purulent qui soulève *j|piderme. Ce liquide peut être résorbé : le plus souvent il se concrète sous fc^^ de croûtes, dont plusieurs offrent des caractères particuliers. Enfin le derraw niveau duquel la pustule s'est développée peut être induré ou ulcéré, et il en résulte souvent alors des taches ou des cicatrices indé^ lébîles.
1.68 inflammations pastuleuses sont au nombre de six. Ce sont : la variole et la vaccine, Vacné, la mentagre, Vimpétigo, et Vectliynia et quelques-uns ont à tort ajouté I cette liste le favus. Nous ne traiterons point ici des deux premières, car nous en avons déjà tracé l'histoire plus haut.
Les nuladies pustuleuses ^nt, l(*s unes aiguës, les autres chroniques. Dans les premières, les pustules sont généralement plus grosses, et leur base est enflammée: Willan les ^mmaï(te& phlyzaciées ; les autres, au contraire, sont plus petites, et nulle inflammation n'existe à leur circonférence: le même auteur les appelle p$ydraciées,
Se i*«oné.
I.e mot acné (de «xviî, vigueur), employé par Aétius et par Sauvages, a été consacré par AVillan et par Biett pour désigner une phlegmasie des follicules sébacés, caractérisée par des pustules peu étendues , séparées les unes des autres, environnées d'une aréole rosée, ou livide, plus ou moins dures à leur base, et qui sont répandues sur les joues, sur le nez, sur le front, et quelquefois aussi sur le cou et sur le tronc.
Divisions, — Les dermatologistes ont distingué plusieurs espèces d'acnés ; les principales sont les acnesimplex, indurala, rosacea, sebacea et punctata.
Symptàmes. — 1" Acn^ simplex. — Dans Vacne simplcx, on observe d'abord un certain nombre de points noirs et durs, qui augmentent peu à peu de volume, et qui deviennent pustuleux après quatre ou huit jours et quelquefois beaucoup plus tard. Une fois formées, ces pustules sont acuminées; leur base est entourée d'une aréole rouge : elles ne s'accompagnent d'aucun trouble dans la santé, souvent même elles ne produisent aucun symptôme local, si ce n'est parfois un léger prurit. Quand on les perce il s'en écoule un pus blanchâtre, et parfois un petit bourbillon. Abandonnées à elles-mêmes, on voit bientôt a^^l^araiM^ V\fi^\ cnciNx^^a^
|)oint jaunâtre ; la dessiccation s'opère ; une croûte se produit, et lorsqu'elle tonki il reste un point rougeûtre, quelquefois une cicatrice blaivhâtre et indcléhie. U nombre des pustules d*acné varie beaucoup : parfois ou u*eii compte que qockpo* unes, disséminées sur le dos ou bien sur le front, le menton ou les joues;d*a A)is il y en a un grand nombre.
2° Acné punctata ; acné sebacea; tannes, — I^rs(|ue la matière sâbacée, ■ lieu d*étre excrétée, est retenue dans le follicule (|ui Ta sécrétée, efle 8*y ooBate, le distend, et agrandit ToriGce cutané. Celui-ci est marqué par iiii point Mirtt qui n*est rien autre que la matière sébacée elle-même, qui a noirci au contMtdr Pair. En exerçant une pression à la base du fofficnle, on énuclée la matière sébacée i sous la forme d'un petit ver blanchâtre et très effilé. Quelques micrograpbes akmands ont pensé que, daiis cette matière graisseuse, il existait un insecte a»a voisin de Tacare. Quoi qu il en soit Varm' punctata peut n*C*tre caractérisée que par quelcpies points noirs. Ailleurs il en existe une nmltitude sur le nez, le froit, le menton.
Si la matière sébacée sécrétée en plus grande abondance, au lieu d*ètre retcuoe dans les follicules, s'écoule au dehors, elle forme alors sur les téguments une coock huileuse qui brunit à Tair, ce qui donne à la peau iin^spect huileux et sale, et fonne parfois une crasse, une crofite grisâtre qu'on enCeen général aisément, mais qui se renouvelle aussi avec une rapidité dése^H^M^ Cette forme de la maladie, qu'on |)eut appeler acné schaceuj coexiste orcM^ment avec Vacnesimplex et surtout avec Vacne pnnctofn. Elle se montre surtout à la face; elle peu! occuper aussi le cuir chevelu. M. (^azenave a décrit celle-ci avec beaucoup de soin. Suivant cet habile observateur, dans sa forme la plus simple, la maladie se serait constituée que par une sécrétion d'une matière grasse qui se concrète forme d'écaillés jaunie ou noires, au-dessous des(|uelles la peau, humide et reste très légèrement rouge. La concrétion est parfois excessivement adhéranleet résiste à l'action du peigne. Ceci explique pourquoi les cheveux tombent, poorqnoi même il peut en résulter une alopécie incurable, lorsque la croûte, s'oppoeut i l'issue du cheveu, fmit de la sorte par pi-oduire l'atrophie du bolbe. L'acne tÊèacet envahit rarement tout le cuir chevelu, mais le plus souvent elle est circonscriiei quelques régions, notanunent à la partie antérieure et moyenne et postérinh rement à la réunion des raies de la coiffure. Dans une forme plus grave de la maladie, la matière grasse, au lieu de s'étaler et de durcir sur le crâne, se répandrait sur les cheveux, les collerait entre eux et finirait par les iotriquer de manière à constituer cette maladie si singulière nommée plique, sur le compte de laquelle on a publié les exagérations les plus incroyables.
Sous les noms d'acné variolifonne^ tuberculoïde^ de molluscum on a décrit une autre forme d'acné sébacée qu'on observe surtout dans les premières années de b vie, sur le dos, le ventre, le cou et la figure, et caractérisée par un nombre plus ou moins considérable de petites tumeurs arrondies, pisiformes, parfois pédiculéei Elles conservent en général la couleur de la peau, mais, quand elles sont volumineuses, quand elles dépassent le volmne d'un pois, elles sont blafardes, jaunâtres, ce qui tient probablement, d'après M. Devergie, au pou d'é|)aisseur de la vésicule qui sert d'envelop))e à la matière sébacée et qui lui doime ainsi une certaine transparence. Ces tumeurs sont indolores, elles ont une marche lente et n'arrivent à leur volume qu'après un travail de plusieurs mois. Ia^h une.s dis|)araLssent, ne résolvent; d'autres, pédiculées, tombent par une espèce de mortification du pédicule.et laissent une petite cicatrice. Enfin il en est qui, en se rom|)ant, donnent issue à h
DE l'acné. 607
maliùre sébacée, leur orilice s^oinbiliqnc, la tumeur ressemble assez bien à uue pustule de variole : la giiérMDii siirvieiit ensuite.
,T Acné induratu. — Dans Vante indnrata, les pustules sont plus volumineuses, plus nombreuses et |)lus rapprochées que précédemment; elles sont irrégalières, conoîdes, >iolai'é(^ el indolentes; la peau est indurée dans toute son épaisseur; la suppuration s'établit lentement; cnfm, lorsque la croûte qui s'est forméeaombe, on tnmve à sa place une induration du derme, occupant parfois aussi le tissu cellulaire subjacent, ou bien enfin il existe une teinte livide s'accom|)agnant d*unc dépression résultant d'une cicatrice qui est en général indélébile. • l\" Acno rosncen ou couperose. — frest la forme qu'on remarque surtout chez les femmes, à ré|H)que dite critique. I^lle est caractérisée par des pustules acuminées, peu élevées, discrètes, entre lesipielles la peau plus ou moins indurée présente une coloration rouge, une vascularisation capillaire. Coumu^ dans les formes précédentes, il n'existe aucun symptôme général, et le plus souvent même aucune douleur. Os tumeurs peuvent rester statioiinaires pendant nue ou plusieurs semaines; dans tous les cas, la suppuration s*y fait avec lenteur; des éruptions successives ont lieu le plus souvent, et la |H*au, qui est ainsi h; siège habituel d'une congestion, finit par rester nniformément injectée; bientôt elle perd sa souplesse, elle s'hyper-
Inipliie, s'indure, prés*tle des inégalités el des espèces de mamelons : c'est ce qu'on olwerve, par'tfWyUi. fréquemment sur les joues, <^t surtout sur le nez, qui |)eut alors doubler ou ti^^de volume, ce qui donne souvent à la physionomie un aspect re|M)ussant.
Toute la fac(* peut être à peu prés envahie li la fois ; il en résulte alors une d(V formation générale, d'autant mieux que le tissu cellulaire participe communém(*nt alors à l'engorgement de la pi^au. (lelle-ci, d'un rouge vineux dans un point, violacé dans d'autres, sillonnée par des veines presque variqiieusi*s, se congestionne surtout pendant le travail de la digestion. Les malades sv. plaignent alors d'un KiMitiment de chaleur, de cuisson et d'un prurit des plus incommodes.
diagnostic, — Le diagnostic de l'acné est facile; nous verrons plus tard à l'aide de quels caractères ou |)ourra la distinguer de l'ecthyma, du lichen agrius, des syphilides tuberculeuses et du lupus, qui sont les seules maladies avec lesquelles on pourrait la confondre.
Pronostic, — Quoique Tacné ne compromette point l'existence, cependant il est deux f«)rmes de In maladie (les orne indurnfa et rosncea) qui constituent des affections fort inromuKKles, car elles résistent longtemps aux moyens thérapeutiques ; Vnrnr rnsarea finit en outre par altérer les traits de la face.
/:tioIoffie. — l/acné n'affecte presque jamais \vs enfants. Les autres âges ne sont pas également sujets aux diverses variétés de la maladie : ainsi les ncne simpiex^ pimc'tnta et Sfùncea sont spéciales aux adok*srents ; la forme indurata survient dans la jeunesse, et la 7*os/icea n'affecte guère que les adultes. Les femmes paraissent être plus sujettes à la maladie (jue les hommes ; elles sont spécialement att4>intes de la coupen>s<* <i leur âge criticpie. On peut dire, en n*gle générale, que l'acné coïncide le pins soin eut a\ec une constitution robuste. (]e|>endant celle qui atieiHllecnir chevelu serait plutôt l'apanage des constitutions moll(*setlymphatiques. On a prétendu (|iie rarné s(* rattachait .souventù (pielque lésifm viscérale du ventre ■ foie, intestins, estomac) ou a des irrégularités dans récoiilement menstruel, c« (|ui ifest pas démontré. On a encore regardé eoninie étant des causes actives d'acné, les excès de table, l'abus d(*s alcooliques, k>s mets épicés, la malpropreté, U*s affections uKirales, l'usage de certains cosmétiques. \UU 9\ VnvkiV^ ^x&
ont de rinfluence sur la prodaclion des acné indurata et rosacea^ elles n'ct al aucune sur celle de Xacnesimplex^q^i survient uniquement par suite des rfinbtions organiques qui se produisent vers l'âge de la puberté. Vacne Mebaeea da chevelu reconnaît le plus souvent pour cause Tusage des cosmétiques irritsBtsL L'i l)eut naître sous rinfluence d'une disposition héréditaire. C'est à tort qu'on ait qu'elle était contagieuse; quelle pouvait, par exemple, se transmettre pv ki rasoirs contaminés ou par des baisers.
Traitement — Le traitement varie suivant les formes de la maladie et VëM, constitutionnel du sujet S'il n'y a que quelques pustules d'acne simpiex^ m l'i rien à faire ni à conseiller; mais si leruption^st abondante, ou si elle est pan>-| nente par suite des éruptions successives qui ont lieu, on proscrira les liqnon excitantes et alcooliques, on conseillera un régime doux, végétal, des bains lîèda, des boissons délayantes, ^elques laxatifs, des lotions sur les parties malades me des mucilages de gomme, de coing, avec du lait, etc Enfin, s*il existe nu ént pléthorique, ou s'il y a un dérangement dans les fonctions menstmelles, on pnscrira les moyens efficaces pour combattre ces états morbides ; mais lonqne l'affection affecte la forme chronique, ou lui oppose la série des moyens résolotib qai servent à combattre Vacne indurata.
Dans Vacne indurata, les émissions sanguines général^et locales peuvent bifo être indiquées au début; mais il faut bientôt recourir au^B^ns propres k favoriser la résolution de l'engorgement Dans ce but on HEille les lotions chlonirées, aluminées, ou avec les eaux distillées de lavande et de sauge, aiguisées avec un peu d'alcool ; une légère solution de sublimé (25 à 30 centigrammes poor 10 grauunes d'eau] avec ou sans addition d'alcool ou d'une substance énmliiTe (liqueur de Gowland). On a conseillé dans le même but les onctions avec lludr de cade, avec des pomniades à l'iodure de soufre, au calomel, au protochhMUrede mercure ammoniacal. Dans les cas tant soit peu rebelles, mieux vant enooie onployer les eaux minérales sulfureuses naturelles (Aix, Baréges, Luchon, EngÉûes, AUevard, etc.). Les malades en boiront plusieurs verres par jour; ils pouroat aussi les prendre en bains et en douches dont on graduera la force. Lesbaiv salés, ou mieux encore les bains de mer, conviendront encore. Il en est de wim des douches de vapeurs*aqueuses et aromatiques. Enfin, lorsque raOcction rénriCf on a proposé de changer la vitalité des parties par Tapplication d'uu vésîcatoîre, si en cautérisant les pustules : mais ce dernier moyen paraît dangereux, car «w emploi a été quelquefois suivi d'ulcérations et de cicatrices difformes. Ces divers agents seront employés avec prudence ; il faudrait les suspendre s'ils produisaieat une excitation locale trop vive, et les remplacer par des émollients pour les reprendre plus tard ; d'ailleurs il faudrait aider leur action par un régime convenable, par des boissons acidulés tempérantes et par l'emploi de quelques puiigatifc.
On a reconnu depuis longtemps l'impuissance presque complète de l'art contrt Vacne rosacea, à laquelle il faut se borner à opposer des révulsifs intestinaux, des saignées déplétives, un régime doux, végétal ; on n'emploiera pas de topiques, car ils aggravent le plus souvent la maladie. Les seuls qui conviennent sont quelques lotions émoUienti^ faites plusieurs fois par jour.
Les moyens résolutifs précédemment indiqués seront utiles dans Vacne fmnctatH. Souvent il suffit de lotionner fortement la partie avec une éponge un peu rude pour débarrasser la peau de la matière sébacée. Dans Vacne sebacea on aura recours aus lotions, pommades et bains alcalins, et plus tanl aux bains sulfureux et salés, et aux autres modificateui^ cutanés que nous a\ons énumérés précédemment Ces
DE LA MËNTAGRR.. 609
moyens cou viendraient encore dans le inolluscuin et dans l*acué tuberculeuse.
L'acné est presque tg^ujours une affection locale qui guérit par Tenip oi d*un Iraiteinenl exclusivement local ; a*pendant Tétat constitutionnel doit être- pris en considération. Ainsi, lorsque les sujets sont lymphatiques, et c'est ce qu'on observe dans Vacne sebacea, il faut prescrire les amci-s, les toniques, tous les moyens reconstituants, qui, avec le traitement local, tendent à rendre aux téguments la tonicité qui semble leur manquer. Quelques moyens empiriques ont, en outre, été proposte : ainsi, dans certains cas rebelles d*acne seùacea avec récidives successives, M. Devei-gie a employé avec sucaV la liqueur de Fowler, à la dose de 12 à 16 gouttes pendant six semllnesou deux mois.
A Vacne sebacea du cuir chevelu M. Cazenave ne veut op]X)ser que des lotions alcalines et surtout ammoniacales (1 gramme d*amm(j|iiaque ])our 250 grammes d'eau de son). Il donne, en outre, des bains alcalins, et veut qu'on tourmente le moins possible la chevelure, et qu'on s'abstienne de tout corps gras.
De la nient«gre.
Synonymie. >- Sycosis mrfUi^ vantj^ mentogre «l'AliWrl.
La mentagre, ot!'*1fe!|to. est caractérisée par l'éruption successive, soit de tubercules, soit de pustflHPqui se développent sur le menton, sur les lèvres et surtout sur la supérieure, ainsi que sur les régions sous-maxillaires et sur les parties latérales de la face.
Symptômes, marche, — Avant que la maladie soit tout à fait caractérisée, les malades voient se développer de temps en temps, sur le menton ainsi que sur la lèvre inférieure, une ou plusieurs pustules qui ont une duré<> fort courte. I\lais bientôt les éruptions se succèdent à des intervalles plus rapprochés, et deviennent surtout plus abondantes. L'éruption pustuleuse est généralement précédée d'un sentiment de tension ; il y a aussi parfois de la rougeur, de la chaleur et du gonflement On ne tarde pas à voir sur les parties aflectées un certain nomhre de |)oints rouges qui grossissent et qui passent à l'état de pustules au bout d'un, de deux ou de trois jours. Os tumeurs, disséminées ou conflucntes, sont acuminées ; un poil les traverse pour la plupart à leur centre, et un pus blanc jaunâtre, concret, les remplit. Après être restées stationnaires pendant cinq ou sept jours, elles se rom- |)ent et se dessèchent ; une croûte brunâtre se forme': ciillc-ci tombe af)rès rpielques jours, de sorte que l'éruption a parcA)uru ses i)ériodes en dix ou quinze jours; mais il est rare que de nouvelles éruptions ne succèdent pas les unes aux autres. Ces inflammations incessantes finissent par altérer la peau, qui s'épaissit ; des indurations tuberculeuses, tri's difficiles à résoudre, du volume d'une aveline, s'y développent ; des végétations fougueuses s'y forment ; le tissu cellulaire ])eut luimême s'enflammer, et des abcès peuvent en être la amséquence ; enfm, les bulbes di*s poils fluissent |)ar être détruits sur plusieurs points.
Ces tubercules sont en général consécutifs ; ils peuvent cependant se former d'emblée et caractériser ainsi une fonne spéciale de sycosis.
Lorsque la maladie se termine par la guérison, les éruptions sont moins fréquentes et moins nombreuses ; les tubercules se résolvent ; enfin les pustules cessent de se développer. Ce|)cndant la peau conserve pendant un temps plus ou moins long une coloration violacée; souvent même une exfoliation épidermique se fait de temps en temps à sa surface. I^ mentagre a une dv\vv« \\i(M:;\fi\\rà^^ <N.\Ri^-
T. f. — 7' MDiT. ^^
jours longue. Enfin, après avoir été gnéric une première fois, die réddive wt une extrême facilité. •
Diognosfie. — Lesyçosisest généralement facile à reconnaître : on ne pooml? confondre qu^avec Vimpengo figumta et a^ec les pustules ou les tubercule» syphilitiques; mais on verra, quand nous traiterons de ces maladies, que te diagnostic différentiel |)ourra être presque toujoui-s établi avec précision. Il OC iniposriUede confondre le sycosis avec les furoncles, qui ont un bourbilloDt ni avec rcdlljitti: car, nous allons le dire bientôt, les pustules de celui-ci sont pins larges; cBessoat superficielles, aplaties ; leur base est enflammée, et les croûtes qui sucoèdeni mbI plus épaisses, plus adhérentes et plus étendues. I^'acné a quelque analogie de fonK • avec les pustules de la mentagre ; mais la première siège sur le nez, le tmtUt et Ifs joues, et elle ne naît poiut^ar groupes successifs comme le fait la mentagre:
Pronostic. — La mentagre ne compromet jamais rexistence ; mais c^esl mw maladie dégoûtante, incommode, et dont il est le plus souvent impossible de pr^ dire la durée.
Ktiologie, — La mentagre n*a(Tecte guère ([ue les hommes adultes ou les jeun» gens : ceux qui ont beaucoup de barbe, ceux qui sont doués d'un tempérament sanguin v\ bilieux, semblent y être plus exposés. Ou a dit^ue la malpropreté, que les professions ((ui exposent ceux qui les exercent à la ch&urd*un foyer ardent, t pn'disposaient Ix^aucoup : cependant très souvent cett^^HRIoll se remarque dans la classe aisée et inémc riche. On a encore accusé les^Rs de taUe : toutefois le$ écarts de régime |)€uvent bien aggraver la maladie quand elle existe, mais il (^ douteux qu'ils la produisent. Le plus souvent, en eiïet, le sycosis tient à un élK constitutionnel. (Quelques faits ont porté à penser que la maladie pouvait qnelqoefois être contagieuse : ainsi on a dit qu'ellc-avait été transmise par des rasoinn»taminés. Ces faits sont révoqués en doute par M. Gazenave; cependantileit prvdent de prendre des précauticms.
TnnterM'fif. — I^ traitement que nous avons conseillé pour Tiime imdvrvfntfi à peu près celui qui convient à la mentagre. Ainsi, lorsque le sajet est saa|DiD, on commence par lui ouvrir la veine du bras, et si la face est 0Nigestionnée, n applique des sangsues sous la mâchoire ou derrière les oreilles t on prescriff outre des |)édiluve8 irritants et des purgatifs répétés, pourvu que IVtat des oifsw!^ digestifs le permette. Le traitement local comprend, dans les premiers temps, d^ lotions et des applications émollieiit«*s, puis les divers moyens i^ésolutifs dont nom pariions plus haut en traitant de Vacno ifidurntn. Dans les cas rebelles, on a mnseillé les cautérisations légères avec un crayon d*azotate d'argent; on a aussi recommandé d'appliquer un vésicatoire, qu'on panse deux fois seulement à dooee heturs de disunce avec une ponnnade au nitrate d'argent (50 centigrammes à I grammr pour h grammes de cérat). M. Baumes dit avoir obtenu de bons effets rie cettr médication. Le vésicatoire étant sec, le médecin de Lyon a recours à une compression faite avec une plaque de plomb entourée d'un linge fin; après axoir cx)ntinué celle-ci pendant six ou huit jours, il revient au vésicatoire et alterne ainsi plusieurs fois de suite l'emploi de ces deux moyens, (pit lui auraient donné des succès ines|H»rés. Tout récemment enfin, M. ilocharda pmné l'iodure de chlorurr mercureux en pommade (75 centigrammes pour 60 d'axonge), et à rinlérieurii la dose de 1 à 3 centigrammes, ('.'est une méthode que ce médecin ph»ne anssi contre la couperose, le psoriasis et l'eczéma, et qui est encore en expérimentation
I^ mentagre étant constamment aggravée par les frottements du rasoir, un devra se borner à cou|H»r la barl>e avec des ciseaux courl>és sur la |X)inte, on bien inénv
DK L*ECTRYMA. 611
la laisser croître (ont à fait ; nous avons tu cette seule précaution suffire pour triompher compléteui^nt de la maladie. Maïs la guérison n'était le plus souvent que momentanée, et les pustules ne tanlaient pas à reparaître dès que la peau était soumise de nouveau à Tirritation du rasoir. Dans ce cas, il faut chf'rclior à inodilier profondément la nutrition : ainsi nous avons vu des sycosis rebelles, ayant momentanément cédé à diverses médications, disparaître tout à fait à la suite d'un traitement incrcuriel, quoique très ceitainement la maladie n'eût point alors une origine syphilitique.
Enlin, on a conseillé de recourir 5 l'épiiation, soit à l'aide de poudres et pommades dont nous parierons à pr(^)os du favus, ou bien à l'aide d'une pince, (le traitement est s|)écialement recommandé par M. le docteur Bazin. Il veut qu'on arrache non-seulement les gros poils qui traversent 1^ pustules, mais encore les petits poils et mOme le duvet ; il cx)mplètc le traitement en lotionnanl les» parties avec une solution de sublimé dans la pro|)ortion de 1 gramme pour 500 d'eau distillée.
.\ahtve et siège. — Le sycosis est une alî«»ction en général pustuleuse: elle siège non, comme l'acné, dans les follicules «iéhacés, mais dans les follicules pileux et dans les tubes pilif^res. Les indurations tuberculeuses qui l'accompagnent souvent indiquent, d'après >I. Cazenave, une phlegmasie du tissu cellulaire sous-cutané. L'examen niicroscopit^e a révélé à quelques personnes l'existence d'un cryptogame. M. Bazin «mN||iné cette opinion par de nouvelles recherches et institué un traitement fondé sfJWftte doctrine. Mais rien ne prouve encore que ce parasite soit le |>oint de départ des accidents, rien n'indique qu'il soit indispensable )><nir constituer la maladie. 31. Bazin lui-même reconnaît que le cryptogame n'existe pas dans tons les cas de mentagre. Il est donc rationnel d'admettre que ce parasite n'est qu'un accident ou un épiphénomène, comme le sont pour le muguet les niucédinées qui naissent sur les fausses membranes qui caractérisent anatomiquement la maladie.
Le mot ecthyma (1) sert à désigner une phlegmasie cutanée caractérisée par des pufttules phii/zaciéest arrondies, d'un volume assez considérable, ordinairement (lihrrètes, à base rouge et enflammée, auxquelles succède une cmOte bnmâtiT pIuM ou moins épaisse, qui elle-même est remplacée {)lu8 tard ]>ar uup tache rongeât rc ou par une i>etite cicatrice.
Syviptômes. — 1/ecthyma offre quelques prodromes dans les cas seulement o(t l'éruption doit être tout à coup nombreuse; mais le i)lus souvent les pustules naissant successivement, on n'observe aucun symptôme prodnimique. La maladie débute [)ar des |)oints roug(>8, durs, saillants, circonscrits, oiïrant dt^s le deuxième jour une cfudeur blanche, en raison du pus qu'ils contieiment; nu troisième et au quatrième, la pustule est bien établie; sa base est dure, d'un r(»ugr vif ou livide; vers le septième, la tumeur s'ouvre; le pus se concrète et il forme des croûtes jaunes, brunes ou venhitres, qui se séparent du deuxième au quinzième jour. Kn général, I erupti(»n |)arcoiirt ses périwles sans exciter de réaction fébrile. Il l'xiste iKUirlanl assez soin eut du malaise et de l'anorexie ; mais il y a c(mnniinénient des douleurs lancinantes dans la partie malade : celles-ci stmt assez vi\es lorsque plusieurs (ni.stuh's sont ronduentes, et dans ces cas il est comnnin d'obseryer un engorgement douloureux des ganglions lympliatiques voisins.
: !; Do ixOv.iv, romi rc mue fureur, ou de /lÔvfuaM. j'exhale. Il a «outent é:é euiv^^^^^^ v^\loui par les Latins, coininc synonyme de pnttvtei.
Tels sont les caractères et la marche de Tecthyma qu*oii peut ap|)eler aigu. Il est rare cependant que la maladie suive cette marche ; presse toujours, en eflfi, on voit des groupes de pustules naître successivement pendant plusieurs moisdt ' suite : c'est ce qui caractérise Tecthyma càrtmique, qui est la forme habîtoeDe et la maladie. Chacune de ces éruptions s'accompagne des mèines phéDomèDes que nous avons précédemment énuniérés. L'ccthyma chronique présente quckpo particularités, suivant Tétat constitutionnel des malades. Ainsi, lorsqu'il aflecle d» enfants affaiblis et mal nourris, les pustules sont très inégales entre elles pour Ir volume : les unes suppurent et se couvrent de croûtes ; les autres diminuent pn à peu, et offrent plusieurs desquamations succC^ives; quelques-unes, enfln, sooi | suivies d'ulcérations profondes [t'cthyma infantile de AVillan). Chez les YieiDanb débiles, ou chez les sujets adonnés à la débauche, l'ecthyma se présente égalemot sous un aspect insolite : ainsi la peau est d'un ronge livide ; la pustule est noiritre à cause du sang qu'elle contient ; la croilte a la même coloration : elle se fonu plus lentement, et elle peut rester adhérente à la peau pendant plusieurs semaine ou plusieurs mois. Lorsqu'elle tombe, elle laisse souvent à nu une ulcération et mauvaise nature, dont la cicatrisation est longue et difficile {ecthyma caeAeciievm de Willan).
L'ecthyma peut se montrer sur presque tous les points «i la peau ; mais on lobsorve surtout aux membres, aux épaules, aux fesses, à\^Ê^^ la poitrine. Il est rare de le rencontrer à la tète. Les pustules peuvent emKlr successivement plasieurs régions ; mais communément elles sont bornées «i une seule partie, à on membre i)ar exemple.
Diagnostic. — L'ecthyma ne peut être confondu ni avec l'acné ni avec If sycosis, même lorsque les pustules ont une base dure et rouge ; car dans ces diii\ dernières maladies les pustules sont plus petites, leur marche est lente, rinduratioo de la base persiste plus ou moins lougtemps, tandis que les pustules de rcctfaymi sont plus larges, plus superficielles, et ne sont jamais accompagnées d'indurations; enfm, les croûtes elles-mêmes ont un as|)ect différent II est facile de distinguer l'ecthyma du rupia ; mais nous avons vu que quelquefois la bulle de celui-ci était puruleutc, ou contenait un sang noirâtre, comme dans Vecthyma cacheciicw. Cependant, même alors, il sera encore possible de saisir le caractère bnlleux, d si l'on n'y parvenait |)as, l'aspect des croûtes semblables aux écailles d*huitrc cl les ulcérations profondes permettraient de reconnaître la véritable nature de la maladie. Les pustules de la variole et de la vaccine, ainsi que les croûtes du favus, diffèrent des pustules f^t des croûtes de l'ecthyma par leur forme ombiliquée, par leur marche et par leur caractère contagieux. EnHu nous dirons plus tard comment on distingue l'ecthyma de l'impétigo et des pustules syphilitiques.
Pronostic. ■— L'ecthyiua n'offre par lui-même aucune gravité; il n'est fâclieux qu'en raison de l'état de faiblesse, de cachexie avec lequel il coïncide souvent, et à cause des complications intestinales qui arrivent surtout chez les vieillards rt chez les enfants. Si ces derniers surtout sont déjà maladifs, débiles, un ecthyma on peu étendu peut être grave en raison de la fièvre qu'il excite, de l'insomnie qu'il produit
Ktiologie, ~ Il parait que Tecthyuia affecte surtout les hommes, li»s sujets débilités portant quelque lésion viscérale, les individus misérables et malpropres, ceux adonnés à l'ivrognerie ou qui exercent des professions qui mettent la peau en contact avec des substances irritantes. Enfin, l'ecthyma coinpli((ue souvent divei^^'s maladies de la ]eau, surtout la variole et la gale.
DE I/JMPÉTIGO. 613
Traitement — Des boissons délayantes, des lotions éniollientes, des bains tlcdes, quelques laxftlfs, sont les seuls moyens à opposer à Tecthyma simple, aigu. Mais, si la maladie se prolonge, il faut modifier Tétat constitutionnel : ainsi, les malades étant ordinairement malingros, af&iblis, cacochymes, il faut ranimer leurs forces par une hygiène convenable, par l'emploi des bains de mer, par les amers, les toniques et les ferrugineux. Les ulcérations qui succèdent à la chute des croûtes peuvent Otre assez enflammées pour nécessiter une médication topique émollicnte ; mais plus comnmnément Tulcère est atonique, et il convient alors de raviver sa surface par des lotions stimulantes, par des digestifs ou par la cautérisation. ^
]>• rimpétigo.
SvKOMYMIC. — Dartie crusluc^e, intfliUgr* d'AlIbert. ^
\J impétigo est une maladie non contagieuse, caractérisée par Téruption de petites pustules psi/draciées^ agglomérées ou discrètes, qui, en se desséchant, forment des croûtes jaunes, rugueuses et épaisses.
Divisions, — La disposition des pustules a fait admettre demx variétés princi* pales d'imi)éiigo. Lorsque les pustules sont agglomérées sur une surface plus ou moins circonscrite, c(;j| laquelle on peut assigner une forme quelconque, circulaire ou ovale, ^Vihi^|y|nne à Timpétigo le nom de fiyurata; tandis que, lorsque les pustules sont épar^Rt qu'elles n'affectent aucune forme régulière, Timpétigo est dit $pai'sn : ces deux variétés peuvent exister à Tétat aigu ou à l'état chronique. Knfin, à l'exemple deBiett, de iMM. Cazenave et Schedel, etc., nous rapporterons •1 rimpétigo les maladies décrites par Willan sous les noms deporritjo larvalis et porrigo granuiata, aifections que d'autres ont confondues sons le nom générique de teigne, expression qui n'est plus usitée dans notre langage actuel. ^'
Syniptômes. — \' impétigo figurata occupe ordinairement les joues ; on l'observe moins souvent sur les membres, et plus rarement encore sur le tronc. Il survient communément sans prodromes. Ou voit un ou plusieurs points de la peau devenir rouges et le siège d'une chaleur etd'mi prurit incommodes; bientôt il se dévelop|)e sur ces plaques un plus ou moins grand nombre de pustules petites, I)cu saillantes, qui, en trente-six, quarante-huit ou soixante-douze heures au plus tard, s'ouvrent et versent un liquide purulent qui se transforme ensuite eu croûtes jaunes, friables, demi-transparentes, qu'on a comparées au sucgommeux de quel- (|ues arbres ou à du miel desséché. A la circonférence de ces croûtes, qui envahissent parfois une |>arlie du visage, on trouve généralement quelques {)ustule8 ( nn)re intactes. C'est d'ailleurs par le développement de pustules à la circonférence des croûtes qu'on voit la maladie, d'abord limitée', occuper plus tard un ^innd espace. L'im|)étigo reste ainsi stationnaire |)endant un temps qui varie entre deux et (|uatrc semaines; alors le prurit et la chaleur sont moindres; les croûtes tombent, et la portion de peau qu'elles laissent ù nu est tantôt rouge, luisante et tendue, d'autres fois elle est excoriée et gercée. Ces surfaces fournissent un suintcMuent almndant (pii devient la source de nouvelles concrétions, ou bien la croûte rest(\ mais au-dessous d'elle se forme une ulcération rongeante qui détruit la peau et laisse en guériss<mt une cicatrice difforme {impétigo rodens). Ceci ne se voit ^uère qiK^ dans l'imiK'iigo du nez. Dans d'autres cas, une éniption de nouvelles pustules s<* fait sur les surfaces malades et s'accompagne des symptômes locaux qui ont niarcpié la première éruption. Ixi maladie a |)assé alors h l'état chronique ; le derme enflninmé finit ici par acquérir une épaisseur plus ovi \\\QUi% c»wÂAJtt^^.
t\li DES INFLAMMATIONS.
L*iwpeli(fu figuvQta qui siège aux nieuibres el au tronc présente les loêno caiactèrcs que celui de la face; les plaques sont seulement pl€b larges : €*e8tce^ a lieu surtout |)our celles (pii se développent sur les membres inférieure. Id, es ciTet, ou voit parfois des croûtes assez étendues pour envelopper le membre de toutes parts. Celles-ci ont alors une dureté très grande; elles sout.d'im brun jasnàtre foncé {imp, scabida de AVillan). Dans ces cas, les mouvements du membit sont difficiles et douloureux; il y a un prurit insupportable et de rœdème; ks ongles tombent, et si des portions de croûte se séparent, elles sont Uentût rem- [vlacées par une concrétion nouvelle formée par le fluide exhalé.
>ous avons déjà dit quelle était la dispositmii des pustules dans Vimpeii^ sjjarsn ; cette variété de la maladie n*alîecte guère que les membres ; sou siège de prédilection est aux jambes. Les pustules suivent la même marche et s*acoonipignent des mêmes démangeaisons que dans V impétigo figurata; plus que celoMi la forme précédente a de la tendance à |>asser à l'état chronique.
L'impétigo, qui quelquefois ne dure que deux ou trois semaines* peut se prolonger pendant plusieurs années consécutivei», et linit, s'il est très étendu, par affaiblir la constitution. Lorsque la maladie doit se terminer heureusement, le prurit et la chaleur diminuent, ainsi que le suintement; les croût<^ s^aniincisseDt et tombent sans se reproduire, la surface malade se rétrécifcl 'engorgement de la peau diminue peu à peu, ainsi que sa coloration violacée^j^^t le phénomène morbide qui disparaît le dernier.
Il nous reste à faire connaître deux espèces d'impétigo qui n'occu[)ent guère qac la tête, et qu*on observe spécialement chez les (enfants : je veux ])arlcr des intfitti^ larvnln et granulata. Le premier, aussi nommé par le vulgaire gourme^ ou cnÂln de lait y a reçu son nom scientifique de l'espèce de mas([ue qu'il formesur le visage {larva, masque) : c'était la Ceigne muqueuse d'autrefois. Il occupe le front, l« joues, le menton des enfants âgés d'un à quatre ans. La peau ^t rouge et enflammée ; les pustules sont discrètes ou confluentcs ; elles donnent un écoulemem abondant, visqueux, jaunâtre, lorsqu'elles se déchirent, et le liquide, en se cobcrétant, peut couvrir toute la figure d*une espèce de masque jaunâtre, humide; il peut s'étendre aussi au tronc et au cuir chevelu sans détruire jamais le bulbe ds cheveux. Cette éruption s'accompagne de prurit et souvent de douleur; aussi la enfants se déchirent ; les croûtes, en tombant, laissent voir une surface n»uge. humide, e\a)riée, et quoique souvent elle soit saignante, lacérée par les ongles, et couverte de cntiltes épaisses, jamais i)ourtant on n'y voit des cicatrices. Cette éruption p(>ut suivre une marche aiguë et s'accompagner de Hèvre. Mais le pUis souvent la maladie est chronique ; les croûtes tombent et se reproduisent plusieurs fois avant de cesser définitivement. Elle a souvent pour effet de produire un gonflement doulouivux des ganglions cervicaux et sous-maxillaires.
La seconde forme d'impétigo a été nommée granuiata {teigne grnnulée) ; elle se dévelQp|)e sur le cuir chevelu des enfants de deux à huit ans qu'on ne soigne pas. Elle est caractérisée par des pustules qui fournissent un liquide abondant, lequel se concn'te. Les croûtes, en se desséchant, adhèrent aux cheveux, et ressemblent assez à des fragments de mortier ou & du plâtre tombé des: murs et sali par l'humidité et la |)oussière; les cheveux ne sont jamais détruits; et s'ils tombent quelquefois, il n'y a qu'une alopécie momentanée. L'impétigo granulé dun! rarement plus de deux ou trois mois : il cède souvent en quelques semaines à des soins de propreté.
Diagnostic. — Le caractère pustuleux différencie suffisamment l'impétigo des
nii; l'impétigo. 615
éruplions ker|)éti(|ues et cczéinatciisos. L'éruption qui occupe le meuton pourrait êlre confondue avec )# uientagre; mais si l'on se rappelle <|ue dans l'impétigo Ie3 pustules sont petites et rapprocliées, que le suintement est alnindant, que les croûtes sont épaisses, d'un jaune verdûtre et demi transparentes, qu'il n'existe enfin aucune cnllositc de la peau, on arrivera à préciser le véritable caractère de la maladie.
On distinguera toujours facilement l'impétigo du favus et des syphilides pustuleuses.
Quant au porrigo scntulata, il y a, comme nous le verrons bientôt, entre lui et Vi'iii/jctigo fiyurata des dilTéreu^ essentielles. En eiïet, dans le premier il n'y a pas de pustules, mais seulement production d'un liquide qui se concrète promptemeut, et forme des croûtes bientôt creusées on godet ; dans l'impétigo, au contraire, il y a des pustules d'uu certain voluni(>, et la croûte, niolTis épaisse et noirâtre, n'olTrc jamais de cupule; enfin l'impétigo n'est pas amtagieux et ne produit pas i'alo|)écic.
Pronostic, — Il est le même que pour l'eclliyma.
Htioloffic, — L'impétigo siirxient (luelqucfois par l'action des substances irritantes sur la peau. Quand il est spontain'', ou le dit plus fréquent, au printemps et à l'autoinne, chez les sujets ]yinphati(iues et sanguins, chez les enfants, les \ieillards, et à Tàge Q&ique des fenimcs. Enfin, on a regardé les passions tiistes, jrs excès, le niauvcffi<^y^me, comme fa>()ri.sant le développement delà maladie. Mais aucune de ces o|4^ms n'est encore justifiée* |xir une observation sévère, (le- |)endant il est à peu près démontré que l'impétigo affecte \\\ plus souvent les enfants |)auvres que ceux de la classe aisée. Cette maladie est n^ardée comme n'étant jamais contagieuse; M. Devergie seul, je crois, professe une opinion contraire.
Tmitcment, — Dans la forme aiguë de rini|)étigo, il faut recourir aux moyens précédemment conseillés dans Tétat aigu de l'ecthyma et du sycosis. Mais lorsque la maladie est |)assée à l'état chronique, les préjvirations sulfureus(ïs en boissons, en bains et en douches devront être préférées. On c(mseille encore les bains et les douches de vapeurs simples. Quand la maladie résiste à ces moyens, queUpies personnes veulent qu'on modifie les surfaces par l'application d'un vésicatoire, ou par la cautérisation avec le nitrate d'argent, ou bien par di*s onctions avec la pommade au protonitrate de mercure (1 gramme pour 32 grammes d'axongej. Eulin aux impétigos qui s'étaient montrés rebelles à ces moyens, on a opposé les préparations arsenicales et surtout la solution de Pearson : on en donne de 12 gouttes ji k grammes etphis lurjour.
\,iinpelitjo larvaiis (ou la gourme) n'exige en général que des soins de propreté, des lotions fréquentes avec des substances mucilagin(*uses, des bains, parfois des laxatifs. Dans certains cas, il ne faut pas oublier que V impétigo larvaiis |)eut être un émonctoire utile, et que, |)ar conséquent, on ne doit pas le supprimer ni trop tôt ni trop vite.
Dans V impétigo granulata, il faut faire tomber les croûtes avec des cataplasmes éniollieuts, et, dés que l'inflammation est calmée, recourir aux lotions et aux pommades alcalines, et quelquefois aux préparations sulfureuses en douches et en lotions. M. Cazenave pourtant n'a retiré aucune utilité de ces moyens: il donne la préférence aux lotions émoUientes et aux applications de linges enduits d'huile ou de l)eurre frais; il veut qu'aprC» cliaque loti(m on essuie doucement avec un linge lin, et qu'on sau|)oudre les parties malades avec de l'amidon sec
Le traitement général doit souvent venir en aide au traitement local ; il variera suivant les circonstances. S'agit-il d'un enfant, par exemple, il pourra 6tM u\x^^
6 If) nr.s iNFr.VMMAiiONs.
(le rliangcM* (!o nourrie»' ou df \o scvnM*. Lorscpic» rôruplioii se prolonge, iw emploiera ((U(!l(|nes dépuratifs, comuie le sirop de Portai, les fliiiers, I*liuîle de foîe de morue, etc.
INFLAMMATIONS CUTANfiKS .SPr:(:iFIQUES.
1^ peau est fréqueninient le siège de di^ei-ses phle^masies qui, |>ar la cause qol les produit, par leurs propriétés contagieuses, par leur marche et leur tcmiiDaisiOD, ont ime |>hysionomle spt'xiale et doivent être étudiées à part. La variole, la raog(;ole, la scarlatine, etc. , sont de ce nombrr^nais rélément plilegmasique m constituant pas toute la maladie, nous a>ons dû, pour 1(» raisons que nousa\0K e\|K)sées ailleurs, 1(^ classer dans les p\ revies; nous pourrions aussi traiter ea ce lieu des plilc*ginasies cutiAées syphilitiques, mais nous préférons eu renm'o- Tétude lorsque nous ferons Thisloirede tous les autres accidents du virus vénérien. Nous nous bornerons doue à traiter ici seulement de deux phleginasics spéciflqi de, la jwau : le faous et la diphthérite cutanée,
]>u favus.
Stno!iymie. — Porrigo, lifiea vern, leigiie faveuse.
^1. Cazenave définit le favus : une inflammation 8i)éciflnKcc hypersécrétion de rorilice extérieur du œnduir pilifére; r*est une maladie contagieuse ayant pour siège principal le cuir chevelu, et caractérisée |)ar un petit épancliement sons Tépiderme, et autour du cheveu, d'une matière jaune qui se conci-ète de boanf heure et se convertit en un godet ai*rondi, déprimé au centre; elle tend à produire une alo|>écic permanente.
Lq favus a été longtemps considéré comme une aiïection pnstnleuse dont le liquide se concrétait aussitôt et fermait des croûtes d'un aK[iect particulier ; mais les pathologist(!s sont aujounllmi d'accord |)our regarder cette opinion comme étant tout à fait erronée. Il est en eiïet démontré que le fqvus ne débute pas par une pustule, mais seulement par un point jaune ayant le volume d'une léte d'épingle, ou par un cercle linéaire formé sous l'épiderme par une matière solide entonnai le cheveu, (pii le traverse à sou centre et auquel il adhère intimement. Si le favos est ancien et si le cuir chevelu est dégarni de cheveux, ou distingue assez bien autour du |)oint dont nous |)arlous une auréole (|ui |)àlit bientôt. La sécrétion morbide date à peine de quelques heures ou d'un jour au plus, qu'elle se concrète et forme une croûte qui se creuse eu gixlet. Celle-ci, d'un jaune sale, plus humide en général au centre qu'à la |)ériphérie, déliasse bientôt de quelques millimètres le niveau de la peau et oiït*e alors un rel)ord plus ou moins épais. Ces croûtes sont tantôt parfaitement isolées ; ailleurs plusiein-s se réunissant, le cuir chevelu |ieol finir par être envahi eu entier imr tme incrustation d'im jaune fauve oiïrant à sa surface une multitude de dépressions en godet, dont chacune correspond au point jaune primitif. Cependant, lorsque la maladie est aussi étendue, il n'y a plus qu'une vaste croûte sans forme détenninée, lézardée de toutes parts, ficrcéc de loin en loin par quelques cheveux grêles et cassants. L'épiderme qui pmtége d'abord la matière faveuse, disteuihi outre mesure, se bris<% et la concrétion morbide, de plus en plus des.séchée, se casse et tombe en menus débris semblables à des parc4)]les de mortier sali.
Ce travail morbide s'accompagne constamment d'un prurit violent, qui devient
Dr K.WL'S. 617
inlolérahlr lorsque, |>ar suite du défaut de soin, des poux en grand nombre pullulent sous les croût(»s.#a i)eau voisine est alors tendue, cntlainmée, et le plus souvent les ganglions cen icau\ et sous-maxlllairos sVngorgent. Les malades exhalent une o<leur nauséabonde ou fétide, analogue h celle de l'urine de chat. Si les croûtes du faviis se détachent, elles laissent à nu une surface excoriée, érodée, douloureuse, saignante, déprimée en godet, ce qui dépend de la comprt»ssion exercée sur ce point jMr la concrétion favcuse. Mais cette dépression se comble en peu de jours, et une croûte nouvelle se fonne tant ((uc le cheveu persiste. Si quelques croiltes se détachent du reste s])ontanéinrnt, l)eaucoup, la plupart môme restent assez adhérentes à la peau |)endant plnsffurs mois et même pendant plusieurs années. Dans CCS cas elles se desséchent, elles se brisent, elles s*uscnt à leur surface, ou bien elles si'. séparent par fragments. (]hez les malades (Jpnt nous parlons, les cheveux .sont amincis, grêles, décolorés ; ils tombent ou ils cèdent h la moindre traction ; la |>eau finit par en être dégarnie entièrement Cette alopécie persiste souvent toute la \ie; d'antres fois les cheveux repoussent, mais ils sont minces et lanugineux, l/inflanimation du derme peut , dans quelques cas rares, se propager au tisKU cellulaire et même jusqu'aux os.
La teigne fa>eus(r est une maladie apyrétique, cl elle ne s'accompagne pas, eu général, de symptômej'/j^énéraux ; ce|K*ndant, quand elle est étendue et qu'elle se prolonge pendant loii^'^t^js, on voit alors la nutrition languir ; les enfants restent débiles, leur intelligenH^Kt obtuse, et l>eaucoup ont les traits de la constitution scrofuleuse.
Dnrpt', terminai 8om, -- Le favus a une durée indéterminée, rien de plus commun que de le voir persister pendant des années entières : il offre peu de tendance ^ se terminer spontanément. Lorsque le malade guérit, le cuir chevelu conserve pendant plus ou moins longtemps une coloration rougeatre; souvent il est le siège de cicatrices irrégulières ; enfm il y a une a1o[)écie partielle ou générale, et lorsque h*9 rJîeveux repoussent, i's ne re|)rennent pas de longtemps leur vigueur première. O n*est pas que le bidlie soit alors détruit, il est au contraire intact, et souvent après la guérison on peut voir, à travers la cicatrice, le cheveu qui continue à être sécrété ; mais, ne {)Ouvant s'échapper au dehors, il se replie sur lui-même, (^e qui s'oppose h la sortie du cheveu, c'est l'altération, l'érosion dont le conduit pilifèrc a été le siège, et qui, s'étaut terminée [)ar une cicatrice, oppose une barrière infranchi.ssab1e : l'alopécie est dès lors incurable ; le bulbe, devenu inutile, finit luimême par s'atrophier.
Vtiriétps, — Ce que je viens de dire s'applique surtout au favus ; mais il est une variété de la maladie dans laquelle les fnvi oni une disposition particulière : c'est la variété que fiielt ap|)elait jMrrigo scutulafa, que M. Cazenave a décrite .sous le nom de favus en cercles^ que d'autres nomment nummulaire ou en anneaux, /,
Elle débute, dit M. Cazenave, par plaques assez régulièix^ment arrondies, et elle est annoncée par des démangeaisons plus ou moins intenses. Il y a tout d'abord gonflement inflammatoire de l'extrémité des conduits pilifères ; le cuir chevelu est grenu et comme chagriné à sa surface, des squames se forment comme dans le pityriasis; bientôt apparaissent de petits points jaunes saillants, formés par une matière plus ou moins liquide, et qui se dépriment en godets; mais ils ne s'éten- <lent pas de manière à prendre l'aspect de ces soUes de gâteaux qui constituent le favus type. 1a>s fa\ i du ftorrigo scvtulata sont plus (>etits et moins enchâssés dans la peau que ceux du favus, plus nombreux 2i la circonférence de la plaque qu'à son centre; les croûtes qui se fonnentont aussi moins d*épa\s8«^,\it ; \^ ^V«^^^x«soX
moins profondciuent altéivs, ils résistent plus loii|^teiups, et Talopécie n'a lieu,li plus souvent, que par petites plaques. Le favus en cerclH^peut durer trr»kM|temps en présentant tour à tour et cet état pilyriasique et cet état faveax que je viens de décrire (Cazenave).
Diagnostic, — L*existencc de croûtes sèches, jaunes et creusées en godet sur k cuir chevelu, des cheveux grêles et rares, des cicatrices plus ou moins étendiia, sont des caractères qui distinguent le favus de toute auti*c aflVctJon. Lnàfm variétés du porrigo se reconnaissent outre elles diaprés la disp<»sition des crailci Si celles-ci sont discrètes, ou bien si, étant réunies, elles n'affectent aucnnefom régulière, on diagnostique un favus; niais l'ag^niéraiion des croûtes, leurdâp»* i sition régulière en anneaux, et la possibilité, lorsque plusieurs de ces plaqneiM sont réunies, de pouvoir déterminer encore la fpnne primitive de chacnne d'elei, caractérisent le porrigo icfttulatn.
Rien de plus facile que de ne pas confondre les deux variétés du favus ai anc Teczéma, ni avec la teigne muqueuse. I/eczénia, en effet, ne présente ni croûl», ni godet, ni alopécie, mais seulement une surface rouge qui suinte abondanuKil de manière à humecter et à coller les cheveux entre eux ; il n'y a enfin que du squames. Dans la teigne muqueuse, ce sont des petites pustules envahissant souveni toute la face, donnant lieu à quelques croiites ou plutôt tdes laïuelies uioUes, et laissant à nu des surfaces rouges; enHn le cheveu n'(^ljp|^ altéré, et la maladiv n'est pas transmissible. I^ pityriasis, par ses squames ^Kes, qui tombent et se renouvellent très vite, par rabscnce de tout gonflement de la peau, ne peut janutt en imposer, même pour le porrigo scu/ulota. Nous en dirons autant de Tlieipès tonsurant, si remarquable par sa forme, par s» circonscription, par ses lamelles furfuracées , par Taspect des cheveux , qui sont secs et cassants , mais qui se tombent point
L'impétigo seul pourrait en imposer et donner lieu à une erreur de diagaotic Cependant, dans l'impétigo, il y a des pustules qui manquent toujours dans le favus. Les croûtes du pi-emier ne scmt jamais ombiliquées ; non-senlement il s') a pas d'alopécie, mais les cheveux conservent leur vigueur et leur aspect; le air chevelu ne présente jamais de cicatrice, et la maladie, dans aucun cas , n'est tranimissible. Cependant, quand Timpétigo est très ancien, surtout si les inaladei soil malpropres, il peut se former une calotte épaisse, sèche et puante ; mais si Toi remarque aloi'sque les cmûtes sont noires, sinon partout, du moins dans qnelqacf points, que nulle part on ne trouve ni des godets plus ou moins parfaits, ni ces points jaunes qu'on voit dans les favus les plus invétérés ; si enfin on constate l'intégrité des cheveux, on ne pourra plus hésiter sur le caractère de la maladie.
Pronostic, — I^ porrigo est une affection grave en raison de sa durée toujours longue, de l'influence fâcheuse qu'il exerce sur certaines constitutions, et à cause aussi de l'alopécie qu'il peut produire ; il est toujours plus grave et plus rebelle quand il occupe le cuir chevelu que toute autre région du corps. Il est aussi, toutes choses égales d'ailleurs, plus opiniâtre et partant plus grave chez les enfants et les individus affaiblis. Le favus est plus fâcheux que le porrigo scutulata : celui-ci est, en effet, moins opiniâtre, et il n'est pas suivi aussi fréquemment d'alopécie que le premier.
Le porrigo est toujours un mal : ce serait une erreur de sup|)oscr, comme on l'a fait, qu'il puisse être jamais critique, et qu'il soit |K)ur certains indi\idus un cxutoire qu'il faille respecter ; loin de là, par sa persistance, la maladie finit par atteindre la constitution des individus.
DU FAVliS. 619
Etiologie, — Le |)orrigo peut alîecter tous les âges; mais ou l'observe spécialeineul (laus la seconde eiifance et dans la jeunesse. Son développement six)ntané est rare dans la classe aisée ; c'est ime maladie pres(]UQ s|)éciale à la classe pauvre, et qui reconnaît pour causes loutes les circonstances capables de détériorer la constitution, comme la misère, lespri\ations, Thabitation des lieux malsains. Les individus d'un tempérament lymphatique sont plus souvent atteints paria maladie, et les habitudes de malpropreté en favorisent beaucoup le développement Le favus et le porrigo scutulata sont esseniiellement contagieux : la maladie peut se transmettre d*un individu à un autre yar le contact immédiat ou par des objets ayant «servi à la toilette des malades (ling^, éponges, i)eignes, brosses, etc.). Knfm, sur le malade lui-même, le porrigo ne se montre souvent sur certaines parties, comme aux membres, que par suite d*unc inoculation directe Cependant la transmission n*e8t pas aussi facile que quelques pei*sonnes le croient ; il résulte, en effet, d'une série d'expériences faites au commencement du siècle par M. Gallot, que l'iiKiculalion du favus n'a réussi qa*une fois sur huit.
Traitement, — A part les cas où il convient de soutenir ou de relever les forces, de fortifier la constitution des malades, on peut dire que le traitement du fa\us est tout à fait local. Cependant, vu raison des conditions fâcheuses au milieu desquelles la maladie seftéveloppe le pins communément, le traitement général est presque toujours un d'^^émeut indis|)ensable : les amers, le quinqniua, le fer, l'huile de foie de mori^l'huile iodée, une alimentation substantielle, etc., en feront la base.
Quant au traitement local, il faut avant tout que les malades soient tenus très proprement. On leur coupera les che\eux, et l'on déterminera la chute des croûtes en ramollissant celles-ci par des lotions, ou mieux encore par l'application de cataplasmes émoliients et très humides. Les croûtes tombées, on lavera fréquemment le cuir dievelu avec une eau alcaline, avec de l'eau de savon, par exemple. (^e|)endant il est rare que la maladie cède à ces moyens simples : aussi les autours so sont-ib de tout temps évertu('*s à chercher quelque remède plus efficace. Presque tous veulent qu'on détruise les cheveux ; en eiïet, ceux-ci favorisent la formation des croûtes et s*op|X>sGnt à leur chute. Pour remplir cotte indication capitale, on a pendant longtemps couvert l<i| tête des teigneux d'une calotte de poix rendue très agglutinati\e; après l'avoir laissée en place pendant trois ou quatre joui-s, on la retirait brusciuement et ^ contre-poil, de manière à arracher violemment les clieveux. Aussitôt après on réappliquait un autre emplâtre , et ce supplice, qui a coûté la \ie k beaucoup d'enfants, était ainsi répété |)endant un ou plusieurs mois de suit4>. Aujoui-d'hui ce moyen barbare n'est plus usité, ou du moins, revenant k un pix)cédé décrit déjà par lléliodore et adopté |)ar lUcherand, on étend la poix sur des bandelettes qu'on arrache séparément, ou bien, à l'exemple du docteur Kvens, chirurgien hauovrien, on remplace la poix |)ar la gomme ammoniaque, et l'cm n'eiilè\e les bandelettes qu'au bout de six semaines. J'ignore si cette modification du traitement par la calotte a l'efllicacité qu'on pi étend. Quoi qu'il en soit, on a encore essayé d'obtenir depuis longtem|)s la chute des cheveux à l'aide de diverses |xmdr&s ou ixnnmades. C'est ainsi qu'on peut se servir d'une pommade faiie avec ^ à 8 granunes de sous-carbonate de |>otasse ou de soude pour 32 grammes d'axonge, et dont on oint les parties malades deux ou trois fois par jour ; ou bien on la\e celles-ci ^vec la solution de sulfure de soude {Uh 3 grammes |)our 500 d'eau). Biett se louait beaucoup de la pommade à l'iodure de soufre (8 grammes pour 30 d'axonge), et M. Caioiave d'une autre pommade au sulfure
620 DES INFr.AMMATlONS.
de chaux (8 grainiuos {M)ur 30); mais tous ces remèdes paraissent iufcrieurskh poudre et à la |)ommade des frères Malmn, (|:]i ont une céffi>rité mcriléc. QuoîqK ce soit là encore un arcane, cependant tout i>orto h penser que la préparatioD oâin par ces messieurs n'est probablement qu'im mélange de chauv éteinte et pres^ carbonaiée, de sous-carI)onate de potasse, de cliarl)on, et probablement de ceoàm de certains végétaux, de sarments de vigne, dit-on. Les cheveux ayant été oonpii Il environ 'J centimètres, on oint chaque soir les parties malades avec une pommade contenant la |)oudreépilatoire; le corps gras ramollissant les croûtes i
le ferait un cataplasme , on s(''parc celles-ci^iaque matin avec le peigne ai violence et sans aucun tiraillement. On renouvelle ces soins tons lesjoarav eiFp*
sau[K)udre de temps en temps les parties malades avec la poudre épilatoire. lot les cheveux tombent ; <ytte chute, et les soins de propreté, la précaution qa*! a de nettoyer tous les jours avec le peigne le cnir chevelu, font que cdai-d i déierge, se cicatrise: et communément, après quatre mois de ce traitement avec i)ersévéranco, on vient à bout de faMis très graves. Il en est pourtant qi exigent des soins plus prolongés. I^ niéihoth; épilatoire telle que la praliquett MiM. Mahon et Vauconsiuest excellente ; elle ne provoque aucune douleiu*: jKîUt- on Tadopter pour les enfants les plus jeunes. Chsu^é pendant une aniiff entière, par Tadministration des hôpitaux, delà surveillJ^ du traitement de b teigne, j*ai pu m'assurer des bienfaits de cette métho^^T Cazenave a rendakmême tén)oignage, après avoir employé préalablement tout ce que la thérapeutique pouvait offrir de ressources et après avoir reconnu Tinefificacité presqiK constante de ces moyens.
Enfin, dans ces derniers temps, un médecin (jui a réalisé plusieurs progrès dvn la thérapeutique des maladies cutanées, >1. le doctem* Bazin, a prôné l'épîlAkMi par les pinces , préconisée jadis par Samuel Plunibe , et depuis aband«uiée. Après avoir fait tomber les croiltes par les moyens indiqués plus haut, ^ qni s'opère en général après im jour, il lave la tète avec une solution de âibCmé (1 gramme pour 500 d*eau) ou une dissolution d*ac/*tate de cuivre, dans le bat de détruire le parasite qui, d'après ce médecin, constitue essentiellement la teîpt Après ces opérations préliminaires il fait Tépilation avec une pince appropriée. In cheveux étant implantés obliquement, il faut, pour ne pas les briser, les citmf dans le sens de leur implantation. Pour dégariiir une tète il suffit de trois àquatir jours, en faisant chaque fois une séance de deux heures environ. Après la première épilation on fait pendant quelques jours une lotion avec une dissolution de sublimé, et les jours suivants une onction avec une pommade contenant , poor 500 grammes d'axonge, 1 gramme acétate de cuivre; di*s que les cheveux repoussent, il faut les arracher de nouveau |)Our prévenir une nouvelle éruption faveusi* qui se fait presque toujours après trois h six semaines. Par cette méthode, M. Bazin guérirait ses malades au bout de six semaines à deux mois, c'est-à-dire après un temps incomparablement plus court que par aucune autre méthode.
Siège, nature de la maladie et explication des principaux phénomènes. — On a généralement admis {vendant longtemps, avec IJndemoiMl, Dimcan et Alibert. que les j)ot*rigo favom et scutulata étaieul constitués \\dx une éruption pustuleuse' siégeant dans les bulbes des cheveux. Ce|)endant Sauvages, iMurray, Mahon, considèrent la maladie conmie étant plutôt une altération des follicules sébacés. Mahon surtout combattit ridée, si généralement répandue, que le favus était primitivement constitué par une pustule. Baudelocque, dans un travail inséré en 183i dans la Ihvuc mf^icale, insista sur c<» point, Tétablit d*une manière plus précise et plaça