‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 95 sur 118 · DB LA $TO>IATORRHAGIË · texte numérisé non relu

DB LA $TO>IATORRHAGIË

La stomatoiTliagie est riiémorrhagic qui a sa source dans la bouche ou dans l*arricre-bouche. Celte maladie est très rarement primitive ou essentielle; quand elle a ce caractère, ou ne lobscrvc guère qu'à titre d'iiémorrliagie suppiémenlairf chez les femmes, au moment de leurs règles ou apri*s la suppression du fiai menstruel. Presque toujours la stomatorrhagic est une alfeclion symptomaliqor d'une dcfibrinalion du sang, de l'état fongueux des gencives, de la blessure dr b muqueuse buccale, de l'cvulsion d'une dent ou d'un cnixinome de la langue. U Womatorrhagie est une aiïeciion presipie toujours bénigne cl dans laquelle il n'y a W plus généralement qu'un faible écoulement de sang, H faut excepter jwurtant celle qui provient d'une dégénérescence ou d'une altération du sang, et qui , par son abondance, a plusieurs fois compromis la >io des malades. Lorsque le sang est (>\ha]é leuteinent dans l'arrière-bouche et que le malade garde habituellement le décubitus donal. le liquide tombe souvent dans le pharynx et dans 1 estomac. Rendu plus tard par

I)L l\ CASTllOKRHAr.IL ET DK f/lIÊMAT^SE. 6/i3

11* \oiiiiss(>iiionl v\ (l<ins les sclirs, ou bien paf* les secoussc^Are toux qujlcxcitr, il )K)urrait faire rroin* à ipe }tôuial('>uK'i>e ou <i une hémoplyjR mais l'inspection dv, la Ik)Uc1r\ préalablomcnl uoUo\oe par dos gargarisnie^jftermettra toujours de H^cou\rir Je siège de riiéuiorrhagie, el le plus sou\cutaul|Ud cause organique qui ia produit. Dans tous les cas on peut s'assurer aisément que fe sang pro\ieut de rintérieur de la bouche, lorscpie, inclinant la tête eii avant, on fait- cesser la toux et le vomissement, b1(*n-(fue le flux sanguin continue (P. Fi'ank]. Le san» de la sloinatorrliagic est rendu |)ar spulalion; il est généralemeiA rouge, non écunieu\ ; il est -pur, ou du moins il n\'st |n^uèlé intimement ni à Id salive ni à du mucus. On op|)Osera à c«tte hémorrhagi^les collutoires froids et astringents; dans ({uelques cas d'hémorrhagie survenant par érosion d'un Aisseau, la cautérisation |)ar ie fer rouge peut Otre indiquée. Si le sang provenant ^unc alvéole ne cessait d(; ' Huer malgré l'emploi des styptiques, ou devrait exe(t!br \mc compression directement avec le doigt, ou bien encore eu introduisant aanï la cavité alvéolaire une

l)ouieUc de cire ou de papier inùclié imprégnée d'aifun ou de colophane, etc.

DE I.A «iASTriORUHAGlE ET DE r/lIÉMATÉMÈSE. STKOIIYMIBi — Voiiiis'vniuut de Mtng, gusliu-heniuri lingic ; vomilus cruentur^ mtiofna^ Cic.

I.a giistrorrhagic estJ'Iiémorrhagie qui se fait à la face interne de Testomac, et V/iêinatémèse est le rO"^ par le vomissement, du sang ainsi exhalé ou (|ui s'est épanché d'une manière quelconque dans ce viscère.

Antitowîe pathologique, — A l'autopsie, Testoniac contient une(|uantité de sang . plus ou moins considérable ; j'ai vu ce viscère énonuément distendu i>ar un st^ul caillot noir; le plus sou>eut pourtant on ne trouve que des giumeaux noirâtres, ou bien c'est un sang noir, dissous, mêlé à du mucus et à des aliments : il eu existe aussi plus ou moins dans le leste du tube digestif. Tantôt la muqueuse est uniformément rouge ou bleuâtre, comnu; si la matière colorante du sang éj)anché Tavait pénétrée; ailleurs elle est \érilai)lement injectée, parfois elle est ecch\mosée par places. Les vaisseaux ^oiiiins |M'Uven( être pUis ou moins apparents; mais on ne C/Onstate pas ces dilatations variqueusc^s dont on a tant parlé autrefois, et il est très rare aussi (\uv. la meud)rane muqueuse* ollre la moindre solution de continuité. IJans l'innuen.se ujajorité des cas, le sang a donc été seuienn'Ut exhalé.

La gasirorrhagie étant pres(pie toujours symptoniatique, on tn)uve conununément, à l'ouverture des cadavres, divers(*s lésions oi-ganicfues. Dans (pielques i^as très rares ce sont des tumeurs anévnsmales de l'aorte ou du tronc cœliaque, elc, qui se .sont rompues dans Testomac, ou des maladies organiques du cœur qui ont ap))orté une gène considérable dans la circulation. (Quelquefois alors on constate une ou plusieurs ulcérations qui intéressent à la fois la muqueuse et le tronc même ou bien une des priiiri|)ales ramifications des artères coronaires stomachi((ues. I'res(pie toujours la gastrorrhagie reconnaît pour cause une tumeur sqnirrluMisr' ou un cancer ulcéré de l'e^stomac; ou bien cette forme de gastrite* ulciTcuse dont j'ai parlé à la p. *i()(). U'autres fois enfin riiémorrhagie est provocjnée! par des lésions organiques siégeant dans le foie, ou <iaus la rate e( même, dit-on, dans les poumons.

Stfui/ifônif's, ntfirrhe, ffriuniaisuti^, — ^^Chez la plupart des malades, la gastroriliagie est précédée par un état de malaise et j)ar un dérangement dans les fonclions de restoniac. De la chaleur ou une douleur à Tépigastre avec sensation de bridure, des tiraillements loml)aires, de l'étoulTement, un refroidissement du corps^ la pâleur de la face et des lipothymies aunoaceiUquo lb!^vxi^T\\\^^<^^^<(î:c\>x<^.

6UU DES HÉM0RRHA(;1ES.

Bicntôl des envies de vouiir se font sentii*, et le sang esl rcjelé par la bouche m milieu d*une anxiété et d*un malaise inexprimables : on^t alors qu'il y a ftëmÊténme. Souvent, après ce vomissement, les malades se seulent soulagés : cepndant ils consenent encore de la pesanteur épigastrique, une soif vive, une safnr désagréable ; le pouls est fréquent, et les malades sont d*uue faiblesse cxtrémeft nullement proportionnée à la quantité du sang qu'ils ont i)erduc.

Le sang rendu n*a pas toujours le même aspect. L,orsqu1l est rejeté peu aprà avoir été exhalé, il est d'un rouge plus ou moins artériel, tantôt fluide, tantôt réai en caillots volumineux. Si, au contraire, il a sé^^né pendant quelque temps te Testomac, il est d*un noir plus ou moins fon<7: dansce dernier cas, il eihak

vent une odeur aigrelette. Il est rare que tes malades rejettent moins de 313 i 375 grammes de sang; a|»ez souvent ils en perdent plus d'un kilogramme d demi; le liquide est alors rendu par flots, tandis que, lorsqu'il est moins abonte. il n'arrive dans la bouche que par régurgitation. Dans Tun et Tautre cas, H ot vomi pur ou plus ou moins mélangé avec du mucus, avec des boissons et anc divers aliments.

Lorsque riicmorrhagie est très considérable, indépendamment des syroplâma généraux qui accompagnent toute perte de sang un peu forte, comme horripilitions, pâleur de la peau, accélération du pouls et lipothymies, on observe souvent, soit pendant, soit avant que rhématémèse ait lieu, ui^lDnsion considérable df Tépigastre, souvent avec matité de cette région, ce quRëpend de l'accumulatipn du sang dans la cavité stomacale. On a prétendu également que quelquefois la raie et le foie étaient augmentés de volume pendant la période congestivc, et qnecetif tuméfaction cessait après le vomissement; mais nous n'avons pu encore lériGerb justesse de cette assertion. Il est rare qu'il n'y ait qu'un seul vomissement; dansb plupart des cas, l'hémorrhagie, après avoir paru s'arrêter pendant quelques heoffi, recommence, et de nouveaux vomissements s'eiïectuent Ces alternatives pemem avoir lieu pendant plusieurs jours ; la maladie diminue alors peu à peu, laimBl après elle une faiblesse extrême.

Tout le sang exhalé dans l'estomac n'est pas vomi, maisime portion de ce liquide franchit le pylore : aussi, lorsqu'on examnic les selles des mahdes, six, dom, vingt-quatre, trente-six ou au plus tard quarante-huit heures après le début de b gastrorrhagie, on trouve qu'elles sont formées en grande partie par une matière pultacée noirâtre, que Ton reconnaît facilement |)our être du sang altéré. Ces évacuations noires ont lieu tantôt sans souffrance, tantôt après avoir excité des coliques (t un peu de ballonnement du ventre. Ces selles sont on symptôme que je crois presque constant : elles manquent, en effet, bien plus rarement que le vomissement lui-même. Dans les cas de gastrorrhagie sans hématémèsc, on observe comme précédemment les mêmes douleurs, la même chaleur à l'épigastre, de la soif, des 'frissons et des lipothymies. Ces divers phénomènes, qui par eux-mêmes n'ont rien de caractéristique, devraient pourtant faire soupçonner la nature de l'affection, si le malade avait déjà eu antérieurement des iiématémèses ; mais ou n'acquiert de certitude à cet égard que le lendemain, lorsque du sang est trouvé dans les selles.

L'hémorrhagie de l'estomac i)eu(; tuer rapidement après un ou plusieurs vomissements. Quelquefois la mort arrive inopinément en <|U(>lques instants, et sans qu'on puisse en soupçonner la cause ; à rauto|)sie, on en trouve l'explication dau> Testomac, qui est énormément distendu par un caillot sanguin. J'ai observé un fait de ce genre; P. Frank en a également rapporté un exemple, et l'on en trouve uu troisième dans les Dulletins de la Société anatomiquc (année 1833).

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