DE LA FIÈVRE EN GÉNÉRAL
Caœs de la fièvre. — Nous ne rappellerons point ici toutes les rêveries enfan« ws par les anciens médecins pour expliquer les causes de la fièvre ; ces causes ntt încoonoes dans un grand nombre de cas. Le plus souvent pourtant, ainsi que ■■s TaTODs déjà dit , on trouve la raison du mouvement fébrile dans Texisténce fne phlegmasie , dans l'exagération fonctionnelle de quelque oi^ne , dans une diéraâoii do teng par diverses substances , etc. Cependant on ignore encore et l'on j^MTcra probablement toujours de quelle manière ces causes agissent pour exciter le OKNiirement fébrile. Nous ne pouvons, en un mot, savoir le lien qui unit la cause i reflet ; toutes les explications qu*on a proposées sont ridicules on d*une démons* iraiMMi impossible, et ne doivent point, par conséquent, occuper les esprits sérieux.
De ta fièvre sous le rapport thérapeutique, — La fièvre, uMndiquant par ellemême ancnne maladie déterminée , et pouvant être l'expression de souffrances très direrses , ne doit pas être la source unique des indications; on peut dire aussi qu'elle ne commande d'une manière absolue aucune médication , et qu'elle n'en proscrit aucune. Ainsi les antiphlogistiques, les évacuants , les révulsifs, les toniques, les excitants diffusibles, les antispasmodiques, peuvent être conseillés, nîvant les caractères de la fièvre et la prédominance de tel ou tel symptôme. Soforent , en effet, ce n'est point en agissant directement sur la maladie principale on sar le système circulatoire qu'on modère la fièvre , mais en combattant un svmptôoie ou un état organique devenu accidentellement prédominant. C'est ainsi ^ne , dans certames maladies fébriles compliquées de troubles nerveux considérables , les antispasmodiques , en calmant ceux-ci , modèrent aussi la fièvre ; de Bème on voit l'appareil fébrile , quelle que soit sa cause , s'amender souvent après n éooétîqueoa un purgatif, lorsque l'indication d'évacuer l'estomac ou les intestins était précise ou prédominante. Enfin , dans ces états graves de l'économie où tes forces sont prostrées , et lorsque la vie est près de s'éteindre , si , ouUiant la nature de la maladie première , on obéit seulement à ce que les anciens nommaient V indication [vitale, si l'on tonifie, on voit, à mesure que les forces se relèvent, le pouls perdre sa fréquence et la peau sa chaleur aride.
La fièrre pourtant peut à elle seule, par ses caractères propres, sa physionomie, sa nature, déterminer le choix des remèdes : telles sont les fièvres périodiques qui indiquent tout d'abord le quinquina. Ce n'est pas à dire pourtant qu'on ne devra pas alors consulter les autres indications fournies par l'état organique, et qui peuîent, sinon s'opposer tout à fait à l'administration du spécifique, du moins en faire ajourner l'emploi afin de combattre certaines complications qni s'opposeraient Si ses bons effets. Ceci d'ailleurs ne s'applique qu'aux cas bénins ; car, lorsqu'il y a péril pour la vie, il ne faut voir que la périodicité, ne s'inquiéter que d'elle seule, et préiienir ou amoindrir l'accès suivant en donnant le sulfate de quinine à haute dose. D»]s la fièvre continue, il est aussi des circonstances où l'homme de l'art ne doit s'occuper que des caractères de l'état fébrile : ainsi, la fièvre est-elle franchement inflammatoire, peu importe la cause qui la produit, peu importe môme l'état de telle ou telle fonction ; il faut s'inquiéter avant tout de modérer le mouvement ctrcalatoire par les émissions sanguines.
Dans l'application des remèdes actifs indiqués par la fièvre, on se dirige plutôt par les caractères du pouls que d'après l'état de la peau. Cependant il est des circonstances où la chaleur vive et sèche des téguments, considérée seule , provoque le médecin à employer des moyens qui semblent plus spécialement dirigés contre die : tels sont les lotions fraîches acidulées et les bains tièdes, si utiles dans une foéle de maladies fébriles, et qni , donrtés dans les conditions que non» suppoi
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reudcut à la peau sa souplesse, modèreiH sa chaleur el souveiu dimiuueul égalemeut )a fréquence du pouls.
La fièvre étaut toujours uu mal, il faut, quelles que soient sa forme, sa nature, se hâter de la guérir ou tout au moins de Tamoindrir; nous ne saurions, par conséquent, approuver la pratique de quelques médecins modernes, pratique qui fut celle de beaucoup de médecins du siècle dernier, qui, s*appuyant de rautorité de Boerbaave, conseillaient de laisser durer pendant un certain temps les fièvres intermittentes et de ne les arrêter que vers le septième jonr, lorsqu'elles ne compromettaient pas la vie des individus. Il est aussi inutile d'insister ici pour prouver combien le^ idées de Sydenham sur la prétendue milité de fièvres continues ont exercé une fâcheuse influence si^r la thérapeutique des maladies, puisque ce grand médecin, dans la pensée de favoriser, d'avancer la coction, voulait qu'on laissât la fièvre dans toute sa force aussi longtemps qu'il n'y avait pas péril pour le malade ; c'est-à-dire que Sydenham perdait dans l'expectation l'époque pendant laquelle il pouvait le plus facilement, par une médication active, imprimer à la maladie une heureuse direction. Ayant contesté l'utilité de la fièvre, c'est dire qu'on ne doit jamais la provoquer. Dans quelques cas pourtant, on la ranime par l'administration des excitants diffusibles , par la rubéfaction et l'excitation de la peau , lorsqu'un exanthème s'étant brusquement supprimé, il se déclare quelque accident fâcheux. Nous croyons pourtant que les moyens qu'on empbie dans ces cas et qui sont uliles agissent plutôt en activant la peau qu'en imprimant à la fièvre un plus grand degré d'énergie, effet qui serait, à notre avis, plutôt pernicieux qu'utile. . 2^ Bcs flèYve*. — Si l'on considère quelles sont les circonstances au milieu desquelles la fièvre se développe « on voit (et cette distinction que nous avons déjà laite l'a été dès la plus haute antiquité) que, dans la grande majorité des cas. Je mouvement fébrile n'est qu'un symptôme, un état consécutif survenant à l'occasioii d'altérations diverses , spécialement à la suite des phlegmasies; d'autres fois, au contraire, la fièvre semble exister par ellennême ; on n'en trouve, en effet, l'explication dans aucune altération matérielle saisissable des solides ou des liquides : eu un mot, si dans le premier cas la fièvre ne forme qu'un des éléments de la maladie, dans le second, au contraire, elle semble constituer la maladie tout entière. Ce n'est pas à dire pourtant qu'on ne voie souvent coexister avec ces fièvres diverses altérations dans les solides et dans les liquides ; mais ces altérations sont presque toujours consécutives au mouvement fébrile, et ne sauraient, par conséquent, l'expliquer : telles sont la variole, la rougeole, la scarlatine et l'affection typhoïde ellemême.
Les maladies dans lesquelles l'état fébrile forme l'élément essentiel ou le seul appréciable, les maladies fébriles qui ne reconnaissent aucune altération locale , primitive, essentiellement liée à elles, constituent pour nous la classe des fièvres. Leur nombre, jadis considérable, s'est restreint de plus en plus, au fur et à mesure qu'on a su distinguer les mouvements fébriles qui étaient consécutifs ou symptomatiques, de ceux qui étaient primitifs ou essentiels.
Ce fut sans contredit une grande erreur lorsque Broussais et son école, prétendant expliquer tous les états fébriles par des lésions déterminées de quelque organe, proposèrent de rayer les fièvres du cadre uosologique et en firent des affections symptomatiques. Cette doctrine , pour la défense de laquelle Broussais déploya un talent prodigieux, séduisit la plupart des esprits, qui furent entraînés sans êire convaincus : aussi vit-on, après quelques années, une réaction s'opérer en faveur des doctrines anciennes, et les médecins admettre de nouveau une classe de mala-
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^j^jifilfs BAQS altération locale, constante et primitive. Pour eax comme pour
i«cî€<*s,U fièvre , dans ces cas, était considérée comme essentielle. Ce mot
lijéel^^ * suscité d* Interminables querelles, ne doit pas signifier que la fièvre
^çjr efie-môme, c|n*elle ne constitue qu*une perversion ou une altération du
ir^ xUa\ ; mais nons voulons dire par ce mot que la lésion quelconque qui
Qj^o^î^nient comme point de départ de la maladie nous est encore inconnue
èansiialfiTe et dans son siège. Le mot essentiel exprime donc, si Ton Teut, notre
xgiaam ou une lacune de la science , mais il ne préjuge rien sur la cause qui
pwàml el enlretlent la fièvre.
In fièvres, telles que nous les comprenons ici , forment une classe importante de mab^ remarquables par quelques phénomènes particuliers qui (es différen-» dent des autres groupes de maladies fébriles , notamment des phlegmasies avec tesqod&eson les a longtemps confondues. Ainsi les fièvres sont prioiitîvement gè^ Bénies, comme le prouve l'impossibilité où Ton est de les rattacher à une^ lésion kxale. Sî dans plusieurs d'entre elles on trouve une lésion constante, celle-ci « litti qoe nous V avons déjà déclaré plusieurs fois, est presque toujours consécutive au mouvement fébiîle , et ne peut expliquer, d'ailleurs , retendue , la gravité , li g^oérafisatîon des symptômes. Les fièvres sont encore remarquables parlalon-^ goeur des prodromes, par les causes qui les produisent, et qui sont pour la plupart laooQtaçon ou Vinfection. Enfin, dans ces derniers temps, MM. Andral et Gavarret ont trouvé dans Tanalyse du sang'de nouveaux caractères distinctifs: ainsi l'analyse chimique a démontré à ces auteurs que dans les fièvres, en les supposant dégagées de toute complication phlegmasique , la fibrine n'augmente jamais; que souvent elle reste en quantité normale (3/1000 en moyenne), et que parfois elle diminue jusqu'à un point que l'on ne retrouve dans aucune autre maladie aiguë. Dans les phlegmasies, au contraire, il y a augmentation constante et souvent considérable de la fibrine (voy. Infimnmaiion) ; aussi le sang est-il habituellement couenneux, tandis que ce caractère manque dans les pyrexies, puisque dans ces maladies, sup* posées toujours sans complication phlegmasique, deux seuls cas, comme le dit M. Andral, peuvent avoir lieu : ou bien la fibrine a gardé sa proportion normale, on bien elle a subi une diminution plus ou moins notable.
La diminution de la fibrine, bien que fréquente dans les pyrexies, n'existant pas
nécessairement dans aucune d'elles, il est inutile de dire qu'on ne saurait placer
dans cette altération du sang le point de départ de cette classe d'aiïections. Cette
altération, ainsi que le croit M. Andral, n'est probablement qu'une lésion secon*^
daîre analogue à celle qu'on rencontre si communément dans les solides, et qui,
comme ces dernières, peut devenir la cause de nouveaux accidents. C'est, en effet,
par cette destruction de la fibrine que s'expliquent cette tendance aux hémor-
rhagies passives, et la facilité avec laquelle se produisent les congestions viscérales,
qui sont deux ordres d'accidents qu'on rencontre fréquemment dans les pyrexies
graies. Ajoutons en outre que cette diminution de proportion dans la fibrine
coïncide constamment avec l'apparition de ces symptômes graves que le vitalisme
attribuait à l'adynamie, le solidisme au relâchement de la fibre, l'humorisme à la
pntndîté des humeurs (Andral). C'est dans ces cas que le sang retiré des veines
pendant la vie se coagule lentement ; son caillot large, sans vestiges de couenne,
est mon ; on le brise avec la plus grande facilité ; souvent même il est difiluent et
se divise à la moindre pression en une foule de grumeaux nageant dans un sérum
Toossâtre.
Diviiion de$ fièvres. — Rien de plus arbitraire que les classifications des fièvres
^k DES FlfeTBES«
proposées par les pyrétologistes. Les causes véritables oo présumées de la maladie, son siège et sa nature presque toujours hypothétiques; sa marche, sa durée, et la prédominance de tels ou tels symptômes, ont été les circonsUinces principales qui ont servi à faire, dans Tétude des fièvres, des divisions nombreuses, et la plupart sans aucune importance.
La considération du type des fièvres sert à établir une division très naturelle et très importante, qu'on trouve exprimée dans les livres hippocratiques. Ainsi, le mouvement fébrile persiste-t-il sans interruption, la fièvre est dite continue: cesse-t-il pour reparaître à des intervalles réguliers, c'est alors la fièvre intermittente ; si enfin, de forme conlinue, la fièvre présente des exacerbatioos périodiques, on la àk rémittente.
De tous temps les médecins ont distingué plusieurs espèces de fièvres continues, et ont fondé spécialement leurs divisions sur les caractères prédominant» de ces fié- Très ou sur Tidée qu'ils se formaient des causes et de la nature du la maladie. De là sont tenues les divisions des fièvres continues en adynamique et ataxique, en inflammatoire, bilieuse, muqueuse, putride, maligne, etc. Ces divisions arbitraires, dont Pinel, entre autres, surchargea la pyrétologie, ont fait faire un pas rétrograde à la science, et arrêté la tendance qu'avaient les esprits, depuis Chirac, à la fusion des fièvres continues. Pinel exerça un tel empire sur ses contemporains, que MM. Petit et Serres, ayant, en 1813, décrit les lésions intestinales caractéristiques de la fièvre typhoïde, crurent avoir découvert une maladie nouvelle essentiellement distincte des fièvres adynamique et ataxique de Pinel, auxquelles ils laissèrent une existence séparée. Broussais, qui vint peu d'années après, poussé par un sentiment instinctif plutôt que par une conviction puisée dans l'observation exacte, essaya d'opérer la fusion des fièvres continues, et les localisa dans le tube digestif, ainsi que le prouve le nom de gastro-entérite qu'il leur imposa. Mais ce mot était lui-même une erreur, car il supposait une gastrite, qui existe rarement ; d'ailleurs, sous cette dénomination, Broussais confondit |)lusieurs maladies différentes, sans saisir néanmoins les caractères distinctifs de la fièvre typhoïde. Tel était Tétat de la science, lorsqu'en 1829 parurent les recherches de M. Louis, qui établit tout d'abord la fusion de toutes les fièvres continues graves de ce climat en une seule, la fièvre typhoïde. La démonstration de cette grande vérité est sans contredit une des plus belles conquêtes de la médecine contemporaine ; elle a opéré une véritable révolution dans l'ancienne pyrétologie, puisqu'elle a fait voir que les fièvres continues graves, si différentes en apparence, considérées par chacun comme des maladies distinctes , étaient au fond et dans leur nature des maladies identiques, ne constituant qu'une seule affection qui pouvait se montrer, suivant les circonstances, sous des formes variées (Chomel et Genest). La fièvre typhoïde et le typhus d'Europe ne comprenant pourtant que les formes graves des pyrexics anciennement admises, on doit, pour compléter la connaissance des fièvres continues de ce climat, admettre plusieurs autres pyrexies : ce sont les fièvres éphémère et inflammatoire. Dans quelques autres régions du globe même, la fièvre typhoïde ne comprend pas toutes les œpèces de pyrexies graves qu'on y observe : c'est ainsi que la fièvre j aune ^ h fièvre bilieuse des climats chauds et la peste d'Orient, sont des fièvres continues spéciales et distinctes de l'affection typhoïde. Enfin, il existe encore partout un genre de fièvres continues, remarquable par une marche déterminée invariable, et par we éruption spéciale à la peau, qui constitue leur lésion caractéristique : ce sont les fièvres éruptives. Toutes les espèces précédentes de fièvres sont des affections ilBtiitidknieat aigufc; mais on ne saurait nier aussi qu*il existe im certain genre
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èftrrci à marche chronique, conniies sous le nom de fièvre heciique, genre très locreiot de nos jours, et très rarement observé depuis qu'il est prouvé que la fiè\re àroiiqae est presque toujours symptomatique d'une lésion organique.
En n'admettant pour notre ciimat« indépendamment des fièvres éruptives, qui Ht ï part^ que quatre espèces de fièvres continues, qui sont V éphémère^ la fièvre àflammatoire^ raffection typhoïde et le typhus proprement dit, je ne me dissimule pn qB*oo rencontre très fréquemment dans la pratique des états fébriles qu*il sent ahaohimeiit impossible de classer dans les espèces précédentes. Ces états fébriles, <hw lesquels prédominent les troubles des organes digestifs qui caractérisent la forme ■oqoeose on bilieuse de l'embarras gastrique, offrent une physionomie spéciale. iuH j*aTaîsd*abord songé à les étudier à part ; et, à l'exemple des nosographesqui se soat succédé jusqu'à Pinel, j'avais voulu établir une fièvre ^as^r/^z^eou bilieuse: mais ea oMwiiltant les pyrétologistes les plus célèbres, et en y comprenant Pinel luinème, j*ai pu me convaincre que rien n'était plus obscur et plus hypothétique que h doctrine des fièvres bilieuses. Ainsi, en lisant la relation que StoU donne de celle fièvre» qa*il place au premier rang des fièvres annuelles, on trouve un as*^ semUage des symptômes les plus disparates, sans retrouver les traits d'une maladie Utt dessinée. StoU sanblait le reconnaître lui-même en avouant qu'il avait vu peu de maladies qui eussent une physionomie aussi mobile : car elle change, ditfl, de caractère non seulement dans les diverses années, mais encore dans la même coQStitotion régnante. Cette apparente mobilité dépend toutefois de ce que les nédecins anciens, qui ne jugeaient les maladies que par leurs formes extérieures, araient réuni dans un même groupe des affections très dissemblables. C'est ce qui optique pourquoi les auteurs modernes ont été à peu près unanimes pour rejeter feustence des fièvres bilieuses ou gastriques , les uns rapportant cet état morbide i la gastrite, à l'hépatite, à la gastro-duodénite, d'autres voulant en faire une variété ëe la fièvre typhoïde. Cependant l'opinion des premiers n'est justifiée ni par les symptômes, ni par la marche de la maladie, ni par les résultats thérapeutiques. Ceux qui ont fait de la fièvre bilieuse des auteurs une variété de la fièvre typhoïde ont èmb une opinion vraie, mais seulement un peu trop exclusive. Il est, en effet, incoDtestaUe qu'il faut rattacher à la lésion des follicules intestinaux et des gaoglioos mésentériques, toutes ces maladies graves décrites sous le nom de fièvres bilieuses f qu'on a vues régner en si grand nombre dans tous les temps, surtout dans la dernière moitié du xvm* siècle. C'est ce dont il est facile de se convaincre, pa- exemple, en lisant la relation de Tissot sur l'épidémie de Lausanne de 1 755 ; cdfe de Mertens, sur Fépidémie de Moscow, en 1769; celle enfin dont Finkea élè riiîstorieD , et qui régna dans le Tecklembourg de 1776 à 1780. La fièvre typhoïde cependant ne peut rendre compte de tous les états fébriles avec prédo* mînaDce de symptômes bilieux qu'on observe fréquemment dans ce pays, ou plutôt elle ne rend compte que des cas graves; mais elle ne saurait comprendre les cas légers, c*est-li-dire tous ceux qui, à l'aide d'un traitement convenable, cèdent après deux on trois jours, et au plus tard après dix jours. Doit-on cependant ranger ces cas an nombre des pyrexies essentielles? ne faut-il pas les considérer plutôt comme des états fébriles symptomatiques d'une souffrance de l'estomac ou des voies biliaires, dont la nature est encore indéterminée ? La chose me parait incontesuble : car, d*mie part, ces troubles gastriques existent fréquemment sans fièvre; celle-ci, quand elle surfient , n'est qu'un épiphénomène , un acte accessoire , qui d'ailleurs est tellement sous la dépendance de l'état morbide des voies digestives, qu'il suffit de laire ce«er cdui-ci pour voir à l'instant le mouvement fébrile s'amender, et le
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plas souvent disparaître aufl^ôt Toutes ces considératioiB m*oiit empêché il^ad^ mettre, pour ce pays du moins, une fièvre gastrique ou bilieuse ; Tétat morbide qui |X)urrail recevoir cette dénomination sera plus convenablement placé dans les «ia-> ladie» spéciales de Testomac, à l'article Embarras gastrique,
En résumé, nous avons prouvé qu*îl eiistc une classe de maladies qui doit rece^^ voir le nom de fièvre; nous eu distinguerons cinq genres différents, qui sont :
Premier genre, — La fièvre con/tntie proprement dite, comprenant sept espèces différentes, qui sont : la fièvre éphémère, h fièvre inflammatoire, la fièvre typhoïde, le typhus d Europe, la fièvre bilieuse des pays chauds, la fièvre jaune et le typhtês d'Orient;
Le deuxième genre comprend les fièvres éruptives , variole, variolotde et varicelle, la rougeole, la scarlatine, et la suette miliaire.
Le troisième genre se compose des fièvres intermittentes bénignes, pernicieuses et anomales.
Dans le quatrième genre sont les fièvres rémittentes eipseudo^continues^ qu'on pourrait peut-être, à la rigueur, considérer comme une simple variété ou un sous-* genre des intermittentes.
Dans le cinquième genre , enfin , «e trouve la fièvre hectique , lente ou chro^ nique. -