‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 110 sur 148 · DES TUMEURS PHLEGMONEUSES DES FOSSES ILIAQUES · texte numérisé non relu

DES TUMEURS PHLEGMONEUSES DES FOSSES ILIAQUES

de l'absorption dans le torrent circulatoire , impriment un certain trouble dans Torganisme et peuvent devenir ainsi la cause d'un phlegmon iliaque, maladie à laquelle la femme est déjà prédisposée par le fait seul qu'elle est récemment accouchée.

Ainsi, en résumé, le sexe masculin, une constitution forte, Fâgede vingt à trente ans; chez les femmes, l'état puerpéral et le défaut d'allaitement, sont les causes qui prédisposent le plus aux abcès des fosses iliaques. Ces abcès se montrent plus fréquemment à droite, excepté ceux qui surviennent après les couches, lesquels paraissent se développer plus souvent à gauche.

Parmi les causes efficientes des phlegmons, je citerai les contusions, les elÏDrts YÎoleots, les plaies, surtout celtes que complique la présence des projectiles, les perforations du coecum et de son appendice, spécialement celles qui sont le résultat de la gangrène. Enfin, si l'inflammation des organes voisins peut quelquefois s'étendre au tissu cellulaire des fosses iliaques, cette cause est une de celles qu'on observe le plus rarement ; il n'est pas encore démontré que le phlegmon iliaqnç soit quelquefois la suite de l'entérite aiguë ou chronique. Dans la plupart des cas cependant, il nous est impossible de saisir la cause qui a présidé au développement de la phlegmasie cellulaire.

Cette obscurité dans l'étiologie, la marche insidieuse et sourde qu'affecte souvent la maladie dans sa première période, empêchent parfois le médecin de pouvoir en préciser le début

Traitement, — Tous les auteurs sont à peu près unanimes pour conseiller l'usage des émissions sanguines dans le traitement des phlegmons iliaques, quelle que soit h cause qui les ait déterminés. Les uns préconisent les saignées générales faites abondamment et à peu d'intervalle; les autres ont reconnu plus d'efficacité dans l'application des sangsues et des ventouses sur le siège même du mal ; la plupart» enfin* combinent ces deux modes d'évacuation.

Pnzos voulait que, dans les engorgements puerpéraux, on saignât largement et souvent ; Deleuryc était également partisan des saignées générales, mais il n'en conseillait l'emploi que dans les cas où la fièvre était intense, et c'est seulement alors qu'elles me semblent, en effet, devoir être de quelque utilité. Dans quelle mesure doit-on employer les émissions sanguines? que peut-on espérer de l'usage de cet agent thérapeutique? quelle est son influence sur la terminaison heureuse ou malheureuse de la maladie, sur sa marche et sur sa durée? Pour répondre à ces questions importantes j'aurais besoin d'un grand nombre de faits exacts et détaillés ; mais malheureusement la plupart des observations de phlegmons iliaques, publiées jnsqu'âi ce jour, ne peuvent être d'une grande valeur pour éclairer la thérapeutique de la maladie. £n effet, dans beaucoup de ces histoires particulières on indique vaguement qu'on a fait une ou plusieurs saignées locales, sans déterminer le nombre de sangsues qui ont été appliquées. Il en est de même des saignées générales qu'on note grandes ou petites sans préciser la quantité de sang qu'oo a retirée. Si plusieurs saignées ont été faites, souvent l'auteur ne mentionne ni à quelle dislance les unes des autres elles furent pratiquées, ni l'effet immédiat qui eut lien après chacune d'elles dans les symptômes généraux et locaux. Ajoutons enfin que l'inva* sion de la maladie est dans un grand nombre de cas vaguement indiquée ; circonstance fâcheuse, car nous savons que le même agent thérapeutique peut avoir des actions fort diverses dans une même maladie, suivant qu'on l'applique à une période plus ou moins rapprochée du début. J'ai donc été forcé d'éliminer bon nombre d'observations comme ne |)ouvant être d'aucune utilité. J'en ai pourtant réservé

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trente assez complètes et qui me serviront à apprécier Finfluence des émisBioiis sanguines dans ie traitement des phlegmons iliaques.

Tous les efforts du praticien doivent tendre à provoquer la réscdution de Teiigprgcnient inflammaloirc, la seule terminaison qui soil avantageuse; mais e'est aussi la plus difficile à obtenir, surtout pour les phlegmons consécutifs aaz coochcs. Telle n'était pas pourtant l'opinion de Puzos. Ce célèbre accoocheur croyait, en effet, qu'en attaquant ces engorgements dès leur naissance par plusieurs saignées du bras, faites dans un court espace de temps, on viendrait aisément à bout de les faire disparaître ; mais ce n'est là qu'une assertion. Lorsque la tumeur est bien développée, qu'elle a acquis un volume considérable, Pnzos croyait égaleoient à la possibilité d'eu obtenir la résolution, quoique cet engorgement datât souvent alors d'un mois ou de six semaines. Ce médecin cite cinq observations de tumeurs abdominales dans lesquelles, suivant lui, on vit l'emploi des saignées coup sur coup provoquer la résolution. Je suis loin de nier un pareil effet; néanmoins les cas invoqués par Puzos ne me paraissent pas concluants, car les symptômes ne sont pas tellement détaillés qu'on ne puisse élever quelque doutesur l'exactitude du diagnostic D'ailleurs supposons celui-ci parfaitement exact, je ne suis pas convaincu que Puzos n'ait pas erré quelquefois ; ce célèbre accoucheur ne paraissait pas sonp^ çonucr que le pus pût être évacué par la vessie, par le vagin ou le rectum : aussi a-t-il toujours négligé l'examen de ces organes.

Quoi qu'il en soit, si nous voulons par l'analyse nous rendre un compte exact de l'effet des saignées dans le traitement des phlegmons iliaques, nous voyons que chez vingt malades les émissions sanguines furent employées asseï largement, puisque la quantité de sang tirée a varié de huit à vingt-deux palettes. Quinze d'entre eux eurent à la fois une ou plusieurs saignées générales et des applicatioos de sangsues; tandis que chez deux on n'employa que la pblébotomie» et chez ks trois autres la saignée capillaire. Le traitement anliphlogistique fut commenoé do deuxième au quinzième jour, à dater des premiers accidents, et les effets immédiats ont beaucoup varié : ainsi chez cinq malades un amendement notable a suivi la première saignée ou la première application de sangsues, faite du deuxième au qoa* irième jour du début ; l'amélioration s'est soutenue, le plus souvent uiêmeolka fait de nouveaux progrès sous l'influence de la même médication , sur laquelle on avait dû insister. De ces cinq jmalades , quatre virent leur phlegmon te résoudre peu 11 peu et plus ou moins complètement après une durée de quinze k vingtcinq joun>. Chez le dernier, l'élat général etTétat looal, après s'être considérablement améliorés , demeut*èrent stationnaires; la suppuration se déclara lentement vers le vingt-sixième ou vingt-septième jour, et la guérison sunint deux mois après. Chez quinze malades les accidents locaux et généraux s'accrurent lors des pre« mières évacuations sanguines : celles-ci furent renouvelées jusqu'à huit fois dans l'espace de un à six jours, on vit alors les symptômes diminuer d'intensité ; la réwlution s'opéra nue fois, et dans toi»s les autres cas la chute de la fièvre , la dimina-* tion ou la cessation des douleurs coïncidèrent avec l'établissement de la suppuration, de telle sorte que l'amendement observé doit être attribué bien moins à l'effet des évacuations sanguines qu'à la marche naturelle de la maladie. H est, en effet, d'observation que le pus une fois réuni eu foyer , on observe une sorte de détente, une diminution, et quelquefois même une cessation complète des accidents inflammatoires jusqu'alors observés. Ces derniers faits prouvent donc que les saignées générales et locales ont eu une action très bornée sur la marche et la terminaison des phlegmons iliaques ; on peut même avouer que , lorsque la maladie se montre

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