LNPLAIIMATION DU TISSU MUSCULAIRE
' L'inflammation du tissu musculaire a reçu les noms de myosite ou myositis. C*est une affection extrêmement rare, dont beaucoup de médecins contestent même reiistence. H semble, en effet, que le tissu musculaire est un de ceux qui sont le teoins susceptibles d'inflamnoation ; c'est ce dont ou peut s'assurer tous les jouni
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en étudiant leà phénomènes <iui se passent dans toutes les plaies mmcoltiits, spécialement à la suite de l'amputation des membres. On reconnait, en effet, daos ce cas, que la fibre musculaire ne subit aucun changement de vitalité, landîi que les gaines celluleuses sont le siège exclusif des altérations qui surviennent, que linftammation soit adhésive ou bien qu'elle soit suivie de suppuration. Le pos qe'oi trouve quelquefois infiltré ou épanché dans Tintérieur des muscles est bien muios l'eiïet d'un travail phlegmasique local que de cet état grave de l'économie qo'oi observe dans la morve et dans l'infection purulente. En résumé, lorsque la sopporation est produite par une inflammation locale franche, celle-ci n'atteint peot-étre jamais primitivement la fibre ronsculaire; mais elle siège d'abord dans Je tissu cellulaire interfibrillaire, et ce n'est que consécutivement que la fibre charnue fK elle-même envahie.
En examinant l'état des parties à diiïérentes périodes de l'inflammation . a reconiiq^t que dans un premier degré de la maladie le tissu cellulaire interstitid s'injecte, rougit, s'épaissit, de manière que chaque fibre est emprisonnée dans aae sorte de coque solide. Dans cet état, le tissu charnu comprimé se décolore; d'aotres fois, an contraire, il devient d'un rouge violet. Dans l'un et Fantre cas, le muscle est plus volumineux, et il est devenu plus friable. Si plus tard la suppuration s'établit, les fibres charnues prennent une teinte jaunâtre; elles sont très triables, mais la suppuration n'existe que dans leurs interstices. Quelquefois elln ont subi de distance en distance des solutions de continuité; dans ce point mHî alors une petite excavation remplie d'un pus blanc ou rougefttre ; enGn, ailleurs, la texture musculaire n'existe plus, et l'organe est transformé en une masse honogène, qu'on dirait être exclusivement formée par du tissu cellulaire enflamma Lorsque la guérison survient après de pareilles altérations, le muscle a dimimé dr volume, il est souvent même atrophié et transformé en un tissu relinlo«Ghrein : c'est là un état toujours incurable.
La myosiCe résulte souvent de l'extension au muscle d'une phlegmaaie voîiiDe: c'est ce qui a lieu, par exemple, dans le phlegmon ; ailleurs la phlogmasie moscslaire succède à une cause traumatiquc, à une violence extérieure ou ^ une fcl%iK excessive de l'organe.
Tous les muscles du corps peuvent être atteints d'inflammation ; mais les aoicon ont surtout étudié cette altération dans le cœur, dans le diaphragme et les parus Nous avons parlé, k l'article Carditb, de l'inflammation du tissu ceUulo-OMScslaire du cœur. Nous ne dirons rien de l'inflammation du dia|>hragnie, eâraoïf ne possédons encore sur elle aucune observation précise. Il est surtout imposâUt de mettre à profil la description des auteurs qui, sous les titres àe parapkrénhir pffrénite, diaphragmatite^ diaphragmite, mots synonymes, et qui signifient tosi inflammation du diaphragme, ont confondu des afl'ections très différentes, notaih ment la pleurésie et la péritonite diaph^agmatique , Tinflammalion du tisra tellslaire et celle des organes voisins, et même certaines aflections aigués des centro nerveux.
Une douleur parfois vive, parfois sourde, augmentant par la pression et par les mouvements, assez exactement circonscrite, une induration et une luméfoction en général sans changement de couleur à la peau existant dans l'épaisseur d'oa muscle, caractérisent la myosite. Le muscle peut être aflccté pariielleuiant ou daos toute son étendue. Cette affection ne pourrait être prise que pour un plileguws diflus. Mais, ainsi que le remarque dans sa thèse M. Dionis (1), aujouid'kui mt*
(1) Thèse de Paris, année 1854.
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^kdn dtaiogdé 4 Aux^rrt, dant la myosite, H n*y a ni Fempâtetneiit, ni la roagear de h peau, dî la tumeur circouscrite qu*on observe dans le phlegmon. Nulle analogie n'eiîste entre la myosite et le rhumatisme musculaire, affection mobile, très douloureuse, qui ne s'accompagne d'aucun changement appréciable dans la texture de Torgane : le muscle malade n'est donc point induré, comme nous le voyons dans la myosite.
La myosite se termine le plus souvent par résiolution , quelquefois par suppuration et par induration.
Le traitement se borne dans l'emploi des antiphlogistiques locaux (sangsues et cataplasmes), puis on fera des frictions mercurielles, et si la résolution est lente k -se (aire on promènera quelques vésicatoires volants.
En résumé, l'histoire de la myosite est encore |)eu avancée; il est impossible* avec le peu d'éléments qu'on possôde , d'en tracer une histoire satisfaisante , M. Dionis l'a tenté dans sa thèse, mais la science a besoin d'observations plus précises ; la pathologie comparée pourrait peut-H3tre nous les fournir plus facilemeut que la pathologie humaine.
Nous allons dire un mot du psoîtis^ qui est l'inflammation musculaire qu'on a le plus étudiée.
Ha psoUif.
Les psoas sont, de tous les muscles du corps, ceux qu'on trouve le plus sou vent suppures, par suite d'un travail plilegmasique local. Nous dirons encore ici ea que nous exprimions plus haut en traitant de la myosiie en général, savoir que le pus qu'on trouve dans le psoas li'est formé tantôt aux dépens du tissu ceUu* lairc enflammé; d'autres fois ce fluide, fourni par une carie vertébrale, a fusé dans la gaine du muscle où il s'est arrêté. Dans l'un et l'autre cas pourtant, les fibres musculaires peuvent disparaître, tantôt par atrophie, tantôt par suite d'une véritable destruction; on les retrouve alors dans le foyer, sous forme d'un détritus roiige ou noirâtre, ou bien elles sont encore reconuaissaUes , mais décolorées ou d'un rouge foncé, noirâtre, verdâtrc et ramollies. Il est rare que* la suppuration D*eovabisse que le psoas; presque toujours, en effet, le foyer occupe en mime temps le muscle iliaque et le tissu cellulaire sous-péritonéal, où est ordinairemeot son point d'origine.
Quel que soit le mode de formation des abcès du psoas , les auteurs ont cru qa*on pouvait les reconnaître aisément à une douleur siégeant dans la région lombaire, et s'irradiant dans la fosse iliaque, dans l'aine, dans la fesse et dans la cuisse correspoudante; on ajoute que le membre inférieur de ce côté est plus ou moins rétracté, et qu'il est impossible de le ramener à l'extension complète; le pied esc aussi dans la rotation en dedans; enfm , une tumeur fluctuante se dessine successivement dans la région lombaire, dans la fosse iliaque et au pli de l'aine. Cependant, quoiqu'on prétende le contraire, noiis affirmons, d'après plusieurs faits observés par nous, que la rétraction du membre et l'impossibilité de l'étendre, que les douleurs, que les tiraillements dans les lombes, ne sont pas un symptôme constant de la suppuration du psoas, puisque nous les avons vus manquer plusieurs fuis dans des cas où le muscle était complètement détruit. £n outre, nous avons retrouvé ces mêmes accidents dans les phlegmons des fosses iliaques , lorscjue ka muscles de ce nom étaient affectés, et quoique ralléraiion ne se fût point propagée au corps même du muscle psoas. Nous croyons donc que la rétraction du membre inférieur et rimpossil)ilité de l'étendre se rapportent aubsi bien à une lésion du psoaa
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qi]*à une lésion du muscle iliaque, et que, pour déterminer si Tabcès siège dans k premier plutôt que dans le second, on doit avoir égard plutôt au si^ de la douleur et à celui de la tumeur; c'est ce que nous avons exposé précédemment avec quelques détails (page 528).
Les abcès du psoas qui ne dépendent pas d*une carie vertébré ne se ranm* trent guère que chez les femmes à une époque encore rapprochée des coocfae&
Le psoïtis réclame le même traitement que les phlegmons et les abcès iliaques; mais, en raison du peu de tendance qu'ont les abcès du psoas à deyenir soperficids, il faut examiner avec soin la région lombaire, car quelquefois on y sent de la fluctuation. S'il en était ainsi, il faudrait se hâter de pratiquer une incision dans a point, ce qui permettrait au pus de s*écouler plus aisément que par une oofertmt faite sur la paroi antérieure de l'abdomen.