DES UYDROPISIES EN GÉNÉRAL
dépend ici de ce que la sérosité résorbée a élé portée vers les centres nerveux par un véritable mouvement métastatique : aussi, à l'autopsie des sujets qui ont succombé aux accidents dont je parie, on a trouvé des épancbements séreux considérables dans les ventricules, dans la tavité aràcbnoîdienne, ou dans le tissu cellulaire de la pie-mère; ou bien enfm, mais beaucoup plus.rarement, la sérosité était combinée avec la substance, cérébrale elle-même. Les troubles précédents, qu'on peut voir survenir dans le cours de toutes les hydropisies, se rencontrent surtout dans les cas d'anasarque et d'ascite; on les a même vus se déclarer souvent lorsque l'infiltration n'occupait que les membres inférieurs: M. le docteur Las« serre en a recueilli plusieurs exemples chez les femmes grosses ( Gazette médicale de 18^3).
Diagnostic. — Le diagnostic des hydropisies offre deux problèmes à résoudre: 1*^ reconnaître l'hydropisie ; 2" déterminer si elle est essentielle ou symptomatique.
Il est, en général, facile de reconnaître un épanchement séreux par les troubles fonctionnels qu'on observe, ainsi que par les signes que fournissent l'inspection des parties, la palpation et la percussion, mais il est beaucoup plus difficile de remonter à la cause qui a produit et qui entretient la maladie. Cependant, pour déterminer œ point de diagnostic, on aura surtout égard à la marche plus ou moins rapide de rbydropisie, aux parties du corps qu'elle a d'abord affectées, aux circonstances qui ToDt précédée et aux symptômes qui l'accompagnent. Il ne faut pas oublier que le nombre des hydropisies idiopathiques et essentielles est aujourd'hui extrêmement restreint; que lorsqu'on ne pourra pas expliquer le développement des épancbements séreux par un obstacle mécanique à la circulation, presque toujours on en trouvera le point de départ dans une altération du sang ; et comme de toutes ces modifications celle qui produit le plus sûrement les hydropisies consiste dans une diminution de l'albumine qui est éliminée par les reins, on devra toujours rechercher si l'urine ne renferme pas ce principe.
Pronostic. — Le pronostic de l'hydropisie est subordonné à la cause qui l'a produite, au siège de l'épanchement, au nombre des récidives, aux complications .qui surviennent La diminution de l'épanchement est généralement une circon- Btance favorable; toutefois ce signe n'aura d'im|)ortance qu'autant que l'état général jse sera^ également amélioré, attendu que quelquefois, comme nous l'avons dit, la diminution brusque de l'hydropisie coïncide avec l'apparition de symptômes cérébraux graves. D'ailleurs il n'est pas rare de voir les épancbements séreux diminuer notablement dans les derniers jours de l'existence sans qu'il y ait métastase.
Traitement. Dans le traitement de toute hydropisie, il y a deux indications k remplir: 1" combattre la cause de la maladie; 2* favoriser l'évacuation du liquide épanché.
Première indication. — Les moyens à employer pour satisfaire à la première indication varient suivant la cause qui a produit l'hydropisie. Celle-ci dépend-elle d'un obstacle au cours du sang, il faudra s'efforcer de diminuer ou de détruire celui-ci. Mais c'est là une indication qu'il est rarement possible de remplir. Il y a, par contre, certaines causes d'hydropisies, telles que la pléthore et l'état anémique, qui peuvent être combattues efficacement, la première par la saignée et par les antîphlogistiques, la seconde par les toniques, les ferrugineux et |)ar un régime analeptique. Quelle que soit, d'ailleurs, la cause première de l'hydropisie, il faut, avant de songer à évacuer la sérosité, combattre avec soin l'état inflammatoire f"»
69B i)KS SÉCRÉTIONS MORBIDES.
sthénique, qui tantôt est la cause de l'hydropisie, qui d*aulres fois vleot seoleoieot a compliquer. Cet état sthénique spécialement caractérisé par la force et li vibrance du pools, la chaletir et la congestion de la peau, réclame remploi des émissions sanguines, que l'on proportioiiircra d'ailleurs aux forces du sujet et k l'intensité des symptômes. Les antiphlogistiques seront d*aotant mieux indiqués que ces accidents suniennent le plus souvent chez des sujets jeunes, vigoureux, bie» nourris, et chez lesquels l.*hydropisie s*est développée rapidement Les médecins anglais conseillent dans ces cas remploi simultané de t*opiam et du calomei i doies fractionnées (10 à 20 centigrammes de calomei et 2 à 10 centigrammes d'oplnn toutes les trois heures). Beaucoup proposent de continuer cesinoyens jusqu'à lali* vation: rcflicacité de ce traitement n'est pas encore suffisamment démontrée.
Deuxième indication. — Lorsqu'on a combattu convenablement l'état stbéoique ou astbénique, ou bien lorsque aucune de ces deux indications n'existe, et que, l'hydropisie tenant à une cause matérielle, on ne peut espérer qu'un soulagemeat momentané, il faut tenter l'évacuation de la sérosité. On y parvient par des moyens directs, tels que l'incision ou la ponction des parties dans lesquelles le liquide est épanché, ou bien on em)>loie des moyens indirects, tels que les purgatifs, la vomitifs, les diurétiques, les sudorifiques, les silagogues, les vésicatoires, dans le but de provoquer des sécrétions artificielles et d'activer l'absorption aux dépens du liquide épanché. Parmi ces moyens, les purgatifs, et surtout les purgatifs drastiques, sont ceux qui ont le plus d'efficacité ; on les emploie lorsque aucune complication des organes digestifs n'en contre-indiqne l'usage. L*huile de croton tiglium, la scammonée, le jalap, le sirop de nerprun, la gomme-gutte« les décoctions de sureau, ou sambucus nigra (32 grammes pour deux pintes d*eau ; réduire à une), les pilules de Bâcher, dont l'ellébore forme la base, au nombre de denik dix par jour, sont les principales substances purgatives auxquelles on aura recoin^ On devra les administrer à des intervalles très rapprochée, c'est-h-dire tons les deui ou trois jours; sans cette précaution, on voit l'hydropisie reparaître avec une grande rapidité.
Les diurétiques spécialement employés dans les hydropisies sont : les tisanes faites avec le chlenàent, la pariétaire, les queues de cerise, la turqoette« le fraisier, le cerfeuil, l'asperge, le genêt vert, auxquels on ajoute une certaine quantité de aitre ou d'acétate de potasse. Les poudres de digitale et de scille pourraient égalemeat être prescrites. On a aussi conseillé d'introduire les diurétiques par la peau. Dans ce but, on pratique des frictions avec les teintures de scille et de digitale, ou biei on met des compresses trempées dans une forte décoction de ces plantes. C'est m moyeu que M. Trousseau a beaucoup préconisé, mais dont je n'ai guère redré d'avantage. On a proposé aussi d'administrer le sucre i très haute dose; ce moyea agit comme diurétique ou comme sudorifiquc. On est parvenu quelquefois, parlai seul, à faire disparaître des hydropisies considérables. La cassonade, d'après M. Bagat. serait plus efficace que le sucre raffiné ; on la donne à la dose de une à plusieurs livres chaque jour. Les sudorifiques sont des agents plus incertains encore daas leur action que les diurétiques ; les fumigations aromatiques, et surtout les bains de vapeur, sont le moyeu le plusefficace pour produire la diaphorèse. GnpeutyjoiadR l'emploi dos bois sudorifiques, et de la poudre de Dower ; le corps devra en odI!C être couvert de flanelle de la tétc aux pieds.
Le régime alimentaire variera suivant les conditions particulières des maladfi Dans aucun cas on ne doit, à l'exemple des anciens, priver les malades de boifsons, de peur d'augmenter l'hydropisie, car cette crainte n*est nullement fondée:
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c*est donc sans motifs qu'on ajouterait le tourment de la soif aux souffrances de la maladie.