‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 140 sur 148 · TROISIÈME GENRE DE SÉCRÉTIONS MORBIDES · texte numérisé non relu

TROISIÈME GENRE DE SÉCRÉTIONS MORBIDES

DBS SACBÉTIOIVS FROIPBES A QUELQUES OBC34IVSS.

Les fluides particuliers sécrétés par plusieurs de nos organes peuvent être produits en quantité beaucoup plus considérable que de coutume. Cette supersécrétion, quand elle est trop abondante, devient la cause de nombreux accidents ; ceuxci varient suivant la nature du fluide et suivant que ce dernier est sécrété en plus ou moins grande quantité.

Nous allons étudier successivement la supersécrétion de la sueur, de la graisse, de la salive, de la bire, de Turine, du lait et du sperme. Nous ne dirons rien du flux des larmes, car la sécrétion exagérée de ce liquide ne se remai*que guère que dans les maladies du globe oculaire et des paupières, ou bien sous l'influence d'qn état nerveux particulier, comme dans les émotions tristes, et quelquefois dans la joie excessive. D'ailleurs les flux de larmes ne sont jamais portés au point d'affaiblir la constitution. Toutefois il importe de dire ici que Técoulement abondant de larmes sur les joues n'indique pas nécessairement une supersécrétion de ce fluide, mais qu'il se rattache souvent à un obstacle apporté à son excrétion par suite d'un renversement des paupières ou d'une obstruction des voies Ia(5rymales. A l'occasion du flux d'urine, nous ne devons parler ici que de la polyurie, renvoyant l'histoire du diabète à la fin du tome II, dans les maladies spéciales, attendu que le diabète est bien moins caractérisé par une supersécrétion d'urine que par la pré^ sence du sucre dans ce liquide. Cette dernière altération est constante, tandis que la première manque quelquefois.

DE l'éphidrose.

SnroimilE. — Hyperhydrotit ; djsodie cotante.

Je n'ai pointa m'occuper ici des sueurs plus ou moins abondantes qui sont un symptôme de plusieurs maladies ( fièvre pernicieuse diaphorétique, suette, phthisie pulmonaire, résorptions purulentes, etc. ) ; mais je veux seulement fixer l'attentioii sur certaines sueurs morbides paraissant être indépendantes de toute lésion, qui constituent réellement une affection spéciale, toujours incommode, et qui peuvent être la source d'accidents plus ou moins graves.

Les sueurs constituent lin état morbide lorsqu'elles sont trop abondantes ou lorsqu'elles sont altérées dans leurs qualités.

Les sueurs qu'on nomme morbides, en raison de leur abondance, sont presque toujours générales; on les a vues pourtant n'occuper quelquefois qu'une moitié du corps. Enfin il existe des cas beaucoup moins rares de sueurs bornées à des points circonscrits, comme les joues, la tête, les aisselles, les mains, les parties génitales et surtout les pieds.

L'éphidrose est donc caractérisée par une ethalatk» considérable de soeon ayant Tien d'une manière continue ou à des intervalles plas ou moins éloignés, ei quelquefois périodiques. Cette supersécrétion, lorsqu'elle est générale, ne se r^ marque guère que chez les convalescents et chez les individus faibles ; elle se fait tantôt spontanément; mais le plus souvent elle n*a lieu que lorsque le corps &( échauffé par la marche, par l'application de vêtements trop épais, ou par unech»leur artificielle, ou bien elle se produit après le re|>as, on à la suite d*uDe vhe émotion de Tâme ; en un mot, à l'occasion de toutes les causes qui, normalement augmentent la quantité des sueurs : seulement, dans les cas dont nous parions, b effets sont beaucoup plus considérables. On ignore si les propriétés physiques rt chimiques de la sueur sont toujours modifiées en même temps que le liquide esî sécrété en plus grande abondance. Cependant il est des cas où la sueur a acqob une odeur acide, urineuse, cadavéreuse ou bien une fétidité pénétrante, goidik on l'observe fréquemment pour celles des pieds et des aisselles. Quant à sa saveor. on l'a trouvé absolument insipide, ou bien amèrc, douceâtre, salée; elle peut èiit aussi altérée dans sa couleur : c'est ainsi qu'on l'a vue jaune, verte, noire, bleue, etc Sa température est plus ou moins élevée; sa consistance peut être nulle, ou bien elle est plus ou moins poisseuse et visqueuse. Enfin la sueur parait quelquefois contenir certains produits de sécrétions normales, coinme la bile, l'urée; on a iuéntt dit que certaines boissons ingérées dans l'estomac pouvaient s'échapper par U transpiration, sans avoir subi la moindre modification ; mais ces faits extraordinaires ne doivent être acceptés qu'avec la plus grande réserve*

Si les sueurs morbides étaient générales et très abondantes, elles pourraient unir par produire la chute des forces, l'amaigrissement, et tous les accidents que des évacuations excessives entri^înent ; mais ces cas sont infiniment rares. Lorsque le» sueurs sont partielles, la portion de peau par laquelle l'exhalation se fait est plus ou moins modifiée dans sa sensibilité; l'épiderme est souvent gonflé, blancÛ ci ridé, comme s'il avait macéré longtemps dans de l'eau diaude.

Les sueurs abondantes se prolongent en général beaucoup. Au bout d'un temps variable et tout à fait indéterminé, la sécrétion finit par diminuer* et revient à peu près à son état normal. Assez souvent l'exagération de la sécrétion produit un peu d'amaigrissement, mais il est très rarement arrivé qu'elle ait jamais détennioe les accidents de la fièvre hectique. Sa suppression brusque a, au contraire, soovent été la cause déterminante d'un grand nombre de maladies ou d'incommodités, telles que pleurésies, rhumatismes, névralgies, etc.

Traitement, — Pour combattre les sueurs générales, il faut éloigner les causes manifestes qui provoquent La sécrétion. Les malades seront donc placés dans un air frais ; ils seront, modérément couverts ; ils coucheront sur la paille ou le crin, ils prendront des bains froids d'eau de mer on de Baréges ; on provoquera d'auuts évacuations, et, si l'état de la constitution l'exige, ou usera d'un régime fortiliafit et de médicaments toniquei. On pourrait peut-être aussi retirer quelque avaouge de la limonade minérale, de l'acétate de plomb et de l'agaric blanc . La sueur des aisselles, et surtout celle des pieds, est une incommodité pour bquelle beaucoup d'individus demandent des conseils. On devra les engager à porter, dans les cas de sueurs fétides des pieds, des chaussettes de fil et des chaussure» légères ; ils prendront tous les jours un ou deux bains de pieds avec de l'eau de Baréges froide. Dans les cas où la suppression de la sueur produirait des acddeott. ainsi que Mondière en a cité des exemples, on se hâterait de la rappeler en eBV^ loppant les pieds de chaussettes de laine recouvertes d'un taffetas 00111016; on Mes

DE LA POLYSARCIE. 767

on poarrait, d'après' le conseil qu'en donne M. Ruelle (de Gœllingue), saupoudrer * d'une petilc cuillerée de chlorhydraie d'ammoniaque eidu double de chaux vive un bas que le malade conservera toule la nuit.

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