DU CHOLÉRA-MORUUS EUROPÉEN
SYNOimtlK. - Cbbtcru l|K>radlquc ; chnleiti ncJtlnis ; lriiiii»e*gtilunt ; passio cholericn.
bans le-choiéra-morbus, qu'on nomme sporadique ou européen , les malades onl des Tomissements et des déjections répétées de matières bilieuses, jdunesou Vertes, le Tentre est te siège do vives douleurs , Tanxiété est g)^nde , les traits sont profondément altérés, le pouls est accéléré et parfois im|)ercepiible, la peau est froide, et il y a parfois des syncopes et des mouvements convulsifs.
Historique. — Cette maladie est fort ancienne , car elle est mentionnée dans Hippocrate; cependant elle n*a élé convenablement décrite dans les tetnps rectilés que par Celse , par Arétée et par Cœlilis Aurelianus. Dans les deux derniera siècles elle a fixé l'attention de plusieurs hommes émineuts, surtout de Sydenham « de Bianclii , d'HofTman , de Ctillen. Enfin , les modernes ont éclairé quelques points encore obscurs de son histoire : nous citerons surtout les travAUX de MM. Geoffroy (1) et Chauffart (2).
Caractfires anatomiquen, -^ Nous ne possédotis eticore ârtcurt renseignctncnt précis sur les caractères anatomiques du choléra européen. Les nombreux documents qui existent dans. la science .«ont à peu près sans valeur; car, en les consuU tant, on ne tarde pas à se convaincre que les auteurs anciens, et qne mOmequeU ques modernes, comme Portai, ont rapporté au choléra une foule d'altérations c|ni lui sont évidemment étrangères : tels stnit , par exemple , la péritonite, les étranglements intestinaux , diverses lésions aiguës et chroniques de la fate , du foie, ùei épipl(K)ns, etc. Néanmoins, dans ces derniers temps, on s'est autorisé des recherches de deux de nos contemimrains, MM. Gravier et (Chauffart, pour soutenir la nature inflammatoire de la maladie et s(hi siège dans les organes digestifs. Opendant on a tort d'invoquer les faits du prctnier; car, les ayant recneillis dafts riftd^. Ils ne peuvent servir iwur l'étude du choléra propre à notre climat. î^s obsehations de M. Chauffart ne sont pas non pins concluantes ; car, en les étudiant avec qtielqué attention , on ne tarde pas h se <x>nvaincre que Fauteur a ait ribtié au choléra des altérations essentiellement chroniques , telles qtie Vépaississement dé la muqueuse intestinale, sa couletir ardoisée et même les ulcérations, lésions qui, toutes, n*ont pas le temps de se prodtiire dans une affection qui, comme le cholér6, a une marche aussi essentiellement algud.
Les lésions cadavériques qu'on trouve chez les cholériques sont, bu antérieure^ à la maladie, on bien elles ne se développent'feuère que lorsque celle-ci traîne en longueur. D'ailleurs, comme l'a dit avec beaucoup de raison le sâtant et hondralilé Dalmas, le |)eu de fixité qtie les aliértltlons affectent dans leur siège leur fait perdre la plus grande partie de leur valeur.
St/mptômex, — Le choléra-morbus débute ordimih*ement brusquement, surlotif pendant la nuit et au milieu d'une santé parfaite ; d'autres fois il présente des prodromes consistant surtout dans un malaise général, dans l'endolorissément du tentre , accompagné de soif, de perte d'appétit et de flatilo8ité.H. Bientôt les malades
(1) Dictionnaire des sciences médicales, I. V, article Cholkha. — (3) Journal géiiéi*tU éê WÊédeeine, anné(> t839.
éprouvent simpltanément des vomissemen<» et des cY<^jectlons donloofcnses « répétées; les vomisseuients soiu formés d'abord d'aliinenis à moitié digérés, pois d'un liquide aqueux, glaireux, bilieux, puis enfin de bile pure ; mais rarement ik sont sanguinolents ; les matières vomies sont souvent acides et brûleut ii la gor^ Les déjections sont douloureuses, difficiles ; elles s^accompagtieiit d*une sensatioi de brûlure, d*érosion, de déchirure, parfois^ atroce , dans le ventre, sartootao voisinage de Fombilic; elles ont lieu simultanément avec les Tomissemeuts, ou bin elles alternent avec eux. Les matières rendues par le rectum sont muqueuAs. noirâtres, jaunes, vertes, porracées, rarement sanguinoleotes ; elles sont extrêmement fétides; leur expulsion est précédée ou accompagnée de ténesme, et dis produisent une sensation de brûlure en traversant I*anus. Le ventre est tmtà rétracté et tantôt plus ou moins ballonné : les douleurs parfois atroces dont il eti le siège augmentent en général par la plus légère pression. Dans l'intenralle do vomissements, les malades sont tourmentés par des nausées fatigantes, par de hoquets, des éructations gazeuses et des épreintes; la soif est vive, la gorge brûtante, Tanxiété extrême ; les traits sont profondément altérés , les extrémités soai froides, souvent marbrées, violacées, tandis que le ventre est brûlant; le ponkcs d'une fréquence et d'une petitesse extrêmes ; souvent il devient imperceptible. Beaucoup de malades accusent des crampes extrêmement douloureuses dans le mollets, dans les muscles fléchisseurs de la cuisse , aux avant-bras , aux doigts et aux orteils. Les urines sont communément peu abondantes; parfois leur sécrétioi est complètement interrompue. Enfin, quelques malades éprouvent des palplutio» douloureuses, des lipothymies , d'autres ont des convulsions. C'est lorsque la maladie est ainsi arrivée à son plus haut degré d'intensité que la face devient hippocratique ; le corps se couvre de sueurs visqueuses, la voix est éteinte ; le malade n'a plus la force de vomir ; il est tourmenté par le hoquet et ne tarde pas à succomber.
Marche , durée, — Le choléra a ordinairement une marche continue , exacerbante. Débutant le plus soiuvent d'une manière brusque , il arrive en peu d'heures à son plus haut degré d'intensité, et peut se terminer au bout de douze ou vingitquatre heures. Sa durée moyenne ne dépasse guère un ou deux jours. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il persiste au delà de .trois ou quatre. On sait que des symptômes cholériques peuvent survenir périodiquement , surtout sons le t^v tierce, et constituer alors une des formes de la fièvre pernicieuse : c'est ce que /iious avons déjà dit en parlant de cette deriiière affection. > Terminaisons. — La guériaon est la terminaison presque constante du cbolén européen. La convalescence est en général prompte; au bout de quelques joon les malades sont rétablis. Chose remarquable , les organes digestifs , qui ont été le siège d'une si grande perturbation, reviennent presque aussitôt à leurs cooditioos normales. Dans quelques cas , au cdltraire , les malades conservent pendant ao temps plus ou moins long un dérangement des fonctions digestives, ce qui se lie souvent à un état inflammatoire de l'estomac iet des intestins. Enfin, nousavo» vu que le choléra pouvait avoir une issue funeste : la mort survient alors le piv commnoément par suite de l'épuisement qu'occasionnent et les souffrances et b évacuations excessives.
Les rechutes sont assez rares, à moins d'écarts dans le régime; les récidifes sont, au contraire, assez communes chez quelques sujets qui , par les cooditiotf hygiéniques auxquelles ils sont soumis, sont plus spécialement prédisposés ï b .maladie.'
Diagnostic, — Diverses maladies du ventre, telles que la gastrite * i'eilérile.à
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(lyssenterie, la colique de plomb, les calculs biliaires, la péritonite, les invaginations, rindigestion et les empoisonnements, donnent lieu à dos ciccideiits qu*il ne faut pas confondre avec ceux du choléra européen ; cependant le diagnostic différentiel ne peut présenter aucune difficulté. Ainsi la gastro-entérite n*a ni un début aussi brusque ni une marche aussi rapide que le choléra ; elle s'accompagne de fièvre; les vomissements et les déjections , très rarelnent verdâtres, sont moins abondants, moins fréquents; ils déterminent moins de douleur et d*anxiété que dans le choléra. La nature des selles, ainsi que les épreintcs, feront distinguer facilement la dyssenterie d'avec le choléra européen. La colique de plomb et les étran- ' giements intestinaux se rapprochent du choléra par les vomissements , mais ils en diffèrent par une constipation opiniâtre , qui est , en effet , un de leurs symjMômea prédominants. Il en est à peu près de même dans la colique hépatique , qui s'ac-* compagne de tension , de douleur dans Thypochondre droit , et souvent d*ictère; les accidents, en outre, ces^nt brusquement , et ce n*est guère qu*à cette époque que les vomissements bilieux se manifestent Dans la péritonite, il y a de la fièvre» une douleur très vive, très superficielle et du ballonnement; des vomissements existent souvent, mai^ ils ne ressemblent en rien à ceux du choléra; la constipa^ tion enfin est un symptôme très ordinaire dans la péritonite. Dans l'indigestion complète, il y a des vomissements, des selles liquides et des coliques; mais ces^ accidents sont consécutifs à une digestion laborieuse , l|queUe s'accompagne d'un dégagement considérable de gaz fétides , ayant une saveur acjdfltou d'œufs pourris; les matières vomies et souvent aussi les selles sont presque entièrement formées par des aliments à moitié digérés, et leur expulsion est toujours suivie d'un grand soulagement. Le choléra offre beaucoup de ressemblance avec l'empoisonnement par les poisons irritants ; cependant, dans ce dernier cas, les vomissements se sont déclarés après l'ingestion dans Festomac d'une substance qui a produit le plus souvent un sentiment de chaleur, dexuisson , de brûlure dans la gorge et le long de l'cBsophage, et même dans la bouche, où l'on trouve parfois des taches, des escarres qui dénotent l'action d'un caustique. Les) vomissements, au lieu de se manifester k |)eu près simultanément avec les évacuations alvines, précèdent, au contraire, celles-ci de plusieurs heures. Les douleurs du ventre présentent la même progression ; car, bornées d'abord à l'épigàstre, ce n'est qu'après un temps plus ou moins long qu'elles gagnent le reste de l'abdomen. Le choléra asiatique bien confirmé diffère du choléra européen par les selles et les matières vomies, qui sont blanclies» par la cyanose, l'amaigrissement, le refroidissement, par la voix éteinte presque dès le début , par l'absence du pouls , par la vivacité des crampes et par la snp« pression plus complète de l'urine.
Pronostic, — Le choléra est une maladie toujours grave. Toiites choses égales d'ailleurs, le pronostic est plui^ fâcheux aux deux extrêmes de la vie et chez les individus qui sont déjà atteints de quelque affection clminique des voies digestives. Le refroidissement du corps, l'absence du pouls, l'aphonie, sont les accidents qui doivent faire redouter une issue fâcheuse.
Etiologie. — Le choléra européen i\'apparait guère qu'à la fin de l'été, c'est-àdire pendant les mois d'août et de septembre; une chaleur humide en favorise le dévelop|)ement. On le rencontre plus souvent dans les pays méridionaux, tels que l'Espagne , l'iulie et la Grèce , que dans ceux du centre, et surtout du nord. On a dit que le choléra affectait plus souvent les hommes que les femmes, qu'il sévissait aortout dans la période moyenne de la vie, et qu'il atteignait de préférence les individus qui ont les attributs du tempérament) bilieux ; cependant aucune de ces
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assenions n*est encore justifiée par aucun résultat numérique. Dans la plupart ëe ca$, le choléra éclate sans qu'on puisse découvrir raction d'une cause détenninante; d'autres foi^ la maladie survient adssitôt après une secousse niorale, couak un acc^s de colèreraprès l'emploi intempestif d'un éméto-catbartique, el plus novent encore après l'ingestion de certafns aliments , tels que la chair do porc, les cfahes, les œufs de brochet, certains fruits, comme le nelon, l'ananas. On a vu également le choléra se déclarer chez les individus qui avaient bu des vins nmveàux, des boii^ns glacées, pendant que le corps était en sueur. Enfin l'expontiaA du corps aux inteinpéries de Pair, à la fraîcheur des nuits, ou bien eucore Tiasph ralion de miasmes putrides a plusieurs fois été la seule cause efficiente en cboléa Cette maladie peut affecter un grand nombre d'individus ii la fois, et r^ner mtae épidéiniquement , comme on Ta vu à Varsovie en 1701, et à Londres en i660ei 1676 (Sydcnhan>).
Traitement. — Le^ antiphlogistiqués, que l'école physiologique avait essayé d? mettre en vbgue dans le traitement du choléra, sont presque toujours contreHoèqnés par l'état du |>ouls et des forces du malade. La pratique des anciens, qst voulaient qu'on respectât pendant quelque temps les voralss6>neiits et les é^arutionsalvines, pa(TC qn^ils supposaient que la nature se débarrassait d'un prodoh # irritant, était également vicieuse. Nous croyons, en effet , que la première indiO' tion à remplir consisté k irréter les vomissements et les selles , et h calmer Ia phénomènes spasnftdiques et nerveux qui tourmentent les malades à un si haut degré. La glace et l'opium sont les deux agents thérapeutiques qu'il convient d'employer dabs ce but : les malades prendront donc une boissou Scidule ou faiblemeot aromatique et glacée ; elle leur sera donnée par cuillerée. En même temps oo prescrit l'extrafit gommeux d'opium en pilules, à la dose de 5 à 10 centigraminrs tous les quarts d'heure ou toutes les demi-heures, suivant l'intensité plus oo uK>iiL< grande des douleurs. On continue l'administration du remède jusqu'à ce qo'oc obtienne un effet sédatif. On pourra en môme temps agir directement sur les intestins en injectant dans le rectum un quart de lavement foit avec une décoction dr guimauve, ou avec une solution d'amidon, de gomme adragante, additionnée et 12 à 25 gouttes de laudanum de Sydenham. En même temps le malade sera pbcf ' dans son Ht : on lui ^commande l'immobilité; on l'appelle ou l'on entretient h ' clialeur aux extrémités par des frictions aromatiques , irritantes . et mieux encorr j par Tapplication de la chaleur artificielle, et par dès cataplasmes sinapisés. L» doses d'opium qu'on prescrit seront d'autant plus fortes et plus rapprochées qjn les douleurs sont plus vives, les spasmes plus forts, les évacuations plus nombmises. Celles-ci sont parfois tellement répétées, que les médicaments séjournent i pefK dans les organes digestifs; souvent même leur ingestion devient la cause détenuifiante de nouvelles évacilation^. Dans ces cas si graves, il faudrait se hâter d*i|^ quer suw le ventre un vésicatoire avec la pommade ammoniacale, et s'en senir {mw tiitrodûire dans l'économie un sel de morphine, eji comuienrant par 3 ou 5rettigrammes. Lorsque la maladie a une heureuse issue , il convient de cootijiMr le même traitement pendant pDusieurs jours; on dhuinuera seulement laquaatiC' d'opium.
Le traitement précédent s*apf>lique au plus grand nombre des cas. Qiieiqr' personnes ont voulu qu'on s'abstîntde l'opium dans le traitement du cholénsf*radique des très jeunes enfants : ainsi M. le docteur Ménard conseille de n'empli^ chez eux que les boissons à la glaee ; si les enfants sont à la mamelle, il neiearni' le'sem qu^ lovs^ue les évacuatiouj^ ont complétemeut cesiiA. ce ne hsfaMe W
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qoe quelques gorgées à la fois. Ce traitement est rationnel; dans ce climat, il mérite sans contredit la préférence sur celui qu*on emploie en Amérique dans de pareilles circonstances, et qui consiste dans 1 usage combiné des vomitifs et du calomel. Lorsque les malades sont en convalescence, il faut surveiller leur alimentation ; car la plupart des rechutes sont produites par des erreurs de régime.
Il est quelques accidents consécutifs qui réclament l'emploi de divers moyens : ainsi il est dei individus chez lesquels tous les symptômes du choléra ont cessé, sauf les vomissements, qui persistent; Tabsence de fièvre, de soif, de douleur à l'épigastre, exclut, dans ces cas, Tidée d'une gastrite. Ces vomissements, dépendant uniquement d'un état spasmodique, cèdent à l'emploi d'une boisson aromatique ou gazeuse, ou h quelques cuillerées de sirop d'éther ou h l'emploi des toniques et des amers ; quand ils résistent à ces moyens, on applique un vésicatoire i l'épigastre, qui en triomphe presque toujours.
Nature, — Les anciens, en soutenant que le choléra était une sorte d'empoisonnement produit par une altération de la bile, avaient émis une opinion hypothétique , (|ui n'a été justifiée ni par les recherches de la chimie ni par l'anatomie ])athologique. L'ouverture des cadavres a également prouvé que le choléra n'était pas une variété de la gastro- entérite; c'est ce qui est aussi bien démontré par la marche de la maladie, qui débute en général brusquement, et qui, après une durée courte, se termine rapidement, souvent même presque instantanément : or ce n'est point là la marche qu'on observe dans les phiegmasies de quelque organe que ce soit. En analysant les symptômes principaux du choléra , on est conduit à considérer cette affection comme un flux actif de mucus, et surtout de bile pure, qui se fait à la surface gastro-intestinale suivant un mécanisme encore inconnu.
DE LA POLYURIE.
Stiortmii. — Uyéruriê ; |Mljdtptie; tUuresIt; diabèt* iuiUpifU oa fiius diabèli', ele.
Lèpolyurie est une maladie ciiractértsée par une émission très abondante d'uriues aqueuses ayant une faible pesanteur spécifique , et ne contenant aucun principe sucré; les malades sont, en outre, tourmentés par une soif excessive qui les oblige à ingérer une très grande quantité de boissons. C'est en raison de ce symptôme prédominant que quelques auteurs ont donné à cette affection le nom depoi^dipgiê; d'autres, en plus grand nombre, en ont fait une variété de diabète , et l'ont désignée sous les noms de diabète insipide ou de faux diabète. (Cependant nous diront plus tard que quelques diabètes insipides appartiennent au diabète véritable, puisqu'il existe alors dans Turine un sucre de fécule qui est masqué seulement par sa combinaison avec d'autres substances. Ces cas exceptés , nous croyons que la polyurie doit comprendre k peu près tous les faits décrits autrefois sous la dénomi* nation de diabète insipide ou non sucré M. Lacorobe, dans sa thèse (18^1), a tracé de cette aiïectiou une description très exacte.
Symptômes, — Dans la polyurie , les malades peuvent rendre des quantités d'urine plus considérables que dans le diabète; mais le liquide n'a pas, dans les deux cas, la même composition. Dans l'affection dont je traite ici , l'urine est claire» limpide, à peine colorée, plus ou moins semblable à de l'eau filtrée , et peu ou point odorante ; elle est neutre ou légèrement acide ; la chaleur et l'acide nitrique ne la troublent pas ; elle a une pesanteur spécifique qui varie de 1001 à 1009. KUn fiCMitient enfin moins d'urée, d'acide urique et de sels fixes. La quantité de bail
qnc les malades preunciit est en rapport avec cette exagération de la sécrutioD annairc. Il est, eu eiïet, des individus auxquels il faut deux ou trois seaux de liquides pour étancher leur soif. Celle-ci est presque incessante; la plupart des maladesse réveillent souvent pendant la nuit pour obéir aux besoins impérieux de boire et d'uriner (Lacombe). Au milieu d*un trouble si remarquable, les digestions se foDt bien ; T.appétit est rarement augmenté , comme dans le diabète, mais il est géoéralement conservé ; parfois pourtant il est diminué, et les malades préfèrent, pour la plupart, une alimentation végétale et les boissons acidulés. La bouche est pâteuse, la salive rare ; il existe une sensation de sécheresse dans la bouche et dans le pbirynx ; il y a vers Testomac un sentiment de gêne , comme dans le besoin expriiné par la faim (Lacombe). Les fonctions respiratoire et circulatoire sont à Tétat physiologique; la peau est généralement sèche et rugueuse ; les noalades sont impressionnables au froid ; ils ont généralement peu d*embonpoint ; cependant leurs forces sont conservées, et ils ont presque Taspect extérieur de la santé, à moins pouriaot que le manque d*appétit ne nuise à la nutrition et à l'entretien des forces.
Marche^ durée^ terminaisons. — Cette affection, qui commence souvent dus Tenfance, va en augmentant jusqu'à la puberté, puis elle reste stationnaire. Lorsque la polyurie affecte les adultes, elle acquiert en peu de jours son summum d'intensité (Lacombe). Les saisons n'ont aucune influence sur les principaux symptômes de la maladie , tandis que le développement d'une affection fébrile produit pendant toute sa durée une diminution dans l'intensité de la soif (Lacombe). La polyurie a ' une durée indéterminée; elle est rarement moindre de plusieurs années, et se prolonge souvent pendant toute la vie. Lorsqu'elle cesse, la guérison n*est le plus souvent qu'éphémère. Les récidives sont fréquentes ; je ne sais s'il existe aucun cas authentique de guérison défmitive. Il ne paraît ()as que cette maladie ait jamais occasionné la mort par elle-même ; cependant elle laisse les individus dans nu étal habituel de faiblesse, et lorsqu'elle commence dans l'enfance ou pendant la puberté, elle peut, comme nous l'avons vu une fois, retarder le développement régulier du corps.
Diagnostic, — On ne pourrait confondre la polyurie qu*avec le diabète; maisb première diffère de celui-ci par la composition des urines, qui ne contiennent . jamais de sucre , et ont une pesanteur spécifique peu considérable ; par l'influence beaucoup moindre qu'elle exerce sur l'embonpoint et les forces , par sa durée illimitée , et parce qu'elle n'a presque jamais une issue funeste. (Voir Diabète.)
Pronastic. — Si la polyurie ne compromet pas prochainement Texistence, die n'en doit pas moins être considérée comme une maladie fâcheuse , eu raison de sa persistance et de l'état maladif qu'elle entretient pendant toute la vie.
Causes. — I..es causes de la polyurie sont inconnues. Cette maladie affecte plus frécpiemment les sujets lymphatiques et scrofuleux; les hommes semblent en être un peu plus fréquemment atteints, et l'âge adulte est celui qui y prédispose le plm D'après un fait que M.. Lacombe a rapporté dans son excellente thèse, il semble que la polyurie peut se montrer héréditairement dans certaines familles.
Cette aûection n'est pas spéciale à l'homme, on l'a vue quelquefois régner épidemiquement sur les che\'aux : c'est ce qui eut lieu à Paris en 1830. Les vétérinaires l'ont décrite sous le nom de Pisse.
Traitement. — Le traitement de la maladie dont je viens de parier est encore à trouver. On a tour à tour essayé, sans grand avantage, les antiphlogistiqaes, h éméliqnes, les narcotiques, les toniques> les martiaux, les astringents, les aolispasmodiqu^, les régimes végétal et animal. Chez une malade que j'ai Craitéeii
DU FLUX l>Ë LAIT. 777
1849, après avoir expérimenté la plupart de ces moyens, ainsi (|oe les bains de vapeurs et la valériane, je parvins i produire momentanément un mieux notable avec Textrait d'opium.
Nature. — On n*est pas encore fixé sur la nature et le siège de Taffection. Est-ce primitivement un flux rénal , ou bien uue névrose de Testomac analogue à la boulimie 7 et alors le flux urinaire ne serait-il pas la conséquence de Tingestion considérable du liquide? C'est ce qu'il est impossible de déterminer dans l'état actuel de la science.