‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 16 sur 148 · DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE

■nienofnt; mais, poor cq suivre exactement le développement et la marclie, il Mfiait, à l'exemple de M. Cbomel , de partager la maladie en trois périodes dismet», ayant une dorée variable, mais qnl pour chacune d'elles peut cependant %eéf alliée à sept jours.

Première période. — Dans cette première période , les malades accusent une xphlalgie généralement vive, tensive, lancinante ou contusive ; leur physionomie libérée exprime Tatiattement ; leur intelligence est plus ou moins obtuse ; les réfmÊfÈWoat lentes, pénibles; il y a parfois, dès le début, un peu de divagation dans b idées, oa même un délire complet, maniaque, avec une agitation extrême. Ce faiîer cas néanmoins est assez rare. Les forces sont prostrées ; les malades sont lephB souvent couchés sur le dos et immobiles; ils ne peuvent même se tenir éeboat sans être soutenus ; leur démarche est chancelante, inégale , et ressemble a celle des individus ivres. Ils se plaignent en même temps de vertiges, d*ébloais- Kments , de tintements et de bou^nnements d*oreilles ; parfois fouie est déjà noins parfaite. La plupart ont des épistaxis , en générai peu abondantes , mais qoelquefcNS assez graves pour nécessiter le tamponnement ; souvent il n*y a qu'ua trà léger suintement ; dans ce dernier cas, comme les malades restent dans leur fit et conservent habituellement la position horizontale, il s'ensuit que le sang s*écoole dans le pharynx, où il forme une couche ou des stries noirâtres, qu*on aperçoit aisément en faisant ouvrir largement la bouche ; tôt ou tard ces petits caillots sont rejetés par expuition sous forme de crachats pelotonnés et noirâtres. Dans cette même période de la maladie, la bouche est pâteuse, amère; la langue est blanchâtre, peu humide, elle colle aux doigts ; la soif est vive, l'appétit nul ; il \ a souvent des nausées et des vomissements formés surtout de matières verdâtres amères. Le ventre, un peu plus saillant et sonore à la percussion à cause des gaz qu'il contient en plus grande quantité, est le siège de quelques coliques; la pression est souvent douloureuse à l'ombilic, mais elle l'est surtout dans la fosse iliaque droite, oà, en pressant avec la paume de la main, on détermine du gargouillement ; les selles sont liquides, jaunâtres et plus ou moins nombreuses. Examinées au microscope, on voit qu'elles contiennent plusieurs éléments anatomiqoes des plaques, de J*épi'théliom et des cristaux prismatiques signalés par Schoenlein ; mais ceux-ci, d*après la remarque de MM. Gluge et Lebert, n'ont rien qui soit spécial à la fièvre typhoïde. La rate est augmentée de volume, c'est ce que l'on constate parla percu^n de rhypochondre gauche, qui donne im son mac dans une plus grande étendue ; si l'organe dépasse le rebord costal d'un ou plusieurs travers de doigt, la palpation le fait aisément distinguer à travers les parois abdominales. La peau est chaude et sèdie ; le thermomètre mis dans l'aisselle s'élève souvent à /»0 ou i!»l degrés (Roger); le poob donne généralement plus de 100 pulsations par minute; il est mou ou drpresBÎble, mais souvent , au contraire , il est ample , résistant , dicrote. Dans ce dernier cas, il n'est pas rare, ainsi que M. Beau l'a noté le premier, de trouver dans les carotides un bruit de souffle pluH ou moins fort À l'époque dont nous parlons il j a commonément un peu de toux ; les malades rejettent quelques crachats généralement grisâtres, qui se détachent difficilement, surtout en raison de leur extrême viscosité. Dans presque tous les cas, l'auscultation de la poitrine fait découvrir un râle sibilant et ronflant^, inégalement disséminé ou bien existant des deux côtés et dans toute la hauteur des poumons, sans qu'on observe une dyspnée proportionnée à rintensité et â l'étendue des bruits morbides. Il est commun aussi de noter en arrière» vers le tiers ou le quart inférieur, des râles muqucux et sous-crépitants» mêlés on non aux rhoochus sibilants et sonores dont nous venons de parler. Le

sommeil est nul , ou bien les malades sont assoupis et sont tourmentés par des vî« sions et des rêves pénibles. Enfin, c'est souvent à la fin de cette première période que l'éruption typhoïde commence à se déclarer.

Cette éruption consiste dans l'apparition d'un nombre plus ou moins conâidé* rabic de taches rosées de 1 à 5 millimètres de diamèti*e, arrondies, ne formant pas ou à peine de saillie, disparaissant par la pression , comme le fait la rougeur de l'érythème, existant communément sur la peau du ventre, parfois sur celle de la poitrine, très rareuient sur les membres. Plusieurs éruptions successives peuvent avoir lieu ; chacune d'elles dure deux ou quatre jours; les taches pâlissent et disparaissent peu à peu sans laisser aucune trace. Je ne crois pas qp'on ait jamais noté l'éruption typhoïde avant le cinquième jour ; elle a lieu communément du septième au douzième, et on ne l'a plus vue après le trente-cinquième. Ce symptôme manque assez rarement ; quoiqu'on puisse l'observer dans le cours d'autres maladies aiguës, il est néanmoins presque spécial à l'affection typhoïde.

Deuxième période, — A la fin du premier septénaire, la céphahlgie a diminaé, ou même a compfétement cessé, mais tous les autres symptômes se sont aggfavéSt et de nouveaux accidents ont apparu, surtout du côté du s^'stème nerveux. Ainsi la stupeur est plus profonde , les traits sont immobiles, la prostration a augmenté, les malades sont devenus tout à fait sourds, les membres sont agités par des soubresauts, parfois même de véritables mouvements convulsifs ont lieu ; il y a de h roideur et de la carphologie. Le délire, s'il n'existe déjà, se déclare alors : tantôt il est léger, n'ayant guère lieu que passagèrement, surtout pendant la nuit ; tantôt, au contraire, il est continu ; les malades sont alors, les uns calmes, les autres plus ou moins agités et même furieux, ce qui force à les fixer dans leur lit avec la camisole; enfin beaucoup tombent promptement dans nu état de somnolence et de jcoma vigil. Ces différents troubles du côté du système nerveux, qu'on nomme communément les symptômes ataxiques de la maladie , peuvent se rencontrer sur le même individu , et alternent souvent les uns avec les autres.

Dans cette seconde période de l'affection, la langue est tremblante et tout à fait sèche ; elle est le plus souvent recouverte, ainsi que les lèvres et les dents, par an enduit d'abord gris, puis brun , puis noir et brillant, auquel on a donné le nom Ae fuliginosîtés* Beaucoup de personnes croient que cette matière n'est autre que duVing que la muqueuse buccale a exhalé ; mais elle paraît plutôt formée par de la salive et par du mucus desséchés. La langue, lorsqu'elle est complètement recouverte par cet enduit, est petite , rapetissée, sèche et dure comme un morceau de liège ou de bois; sur sa face supérieure on voit des crevasses que quelques auteurs graves regardent comme étant des ulcérations ; mais Fexamen attentif de l'organe nous a convaincu depuis bngtemps que ces fentes n'intéressent pas le tissu de la langue, mais seulement la couche concrète qui la tapisse.

Dans cette période , la soif est généralement moins vive ; la déglutition des liquides est quelquefois difficile , tantôt à cause de la paralysie des muscles du pharynx et de l'cesophage, tantôt par suite de quelque altération de la gorge ou de Tépiglotte, ou bien à cause de l'aridité, de la sécheresse du pharynx, qui, à l'inspection, est rouge, lisse, très luisant, et recouvert de sang et de mucus desséchés. A cette même époque de la maladie, le météorismc a beaucoup augmenté : aussi ]a percussion donnc-t-ellc partout une résonnancc considérable; la distension des intestins est parfois tellement grande , que le diaphragme est refoulé vers la poitrine , ce qui gêne la respiration et augmente l'anxiété des malades. La diarrhée, que nous avons notée dès le début, pendste ; parfois elle est même plus abondante.

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