‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 28 sur 148 · DE LA VARICELLE, OU PETITE VÉROLE VOLAMTE OU YÉROLETTE · texte numérisé non relu

DE LA VARICELLE, OU PETITE VÉROLE VOLAMTE OU YÉROLETTE

Je réserve le mot de varicelle pour désigner une maladie fébrile caractérisée par réruptiond'un nombre plus ou moins considérable de vésicules, dont la dessiccation l'opère du cinquième au huitième jour sans présenter de fièvre secondaire. Cepcn* dant quelques auteurs, et M. Rayer en particulier, ont compris sous le nom de taricelle, non seulement l'éruption dont je parle, mais encore toutes les affections farioiiforroes qu'on observe chez les sujets vaccinés et dont j'ai traité dans l'article précédent. On a prétendu, en effet, que, quelque différentes qu'elles fussent entre dfes aoos le rapport de leurs caractères extérieurs, ces diverses éruptions étaienl DèaaiDoios identiques, qu'elles avaient la même origine, la même source, ^^

étaient, en un .mot, produites par le même eontagiqm. Le professeur Thomson, d'Edimbourg, qui Tun des premiers a soutenu cette doctrine, a fondé son opinion : 1^ sur l'existence simultanée de la variole et de la varicelle dans le cours d'une épidémie de variole ; 2° sur ce que la varicelle ne se rencontre que cbes des sujets ayant eu, plus ou moins longtemps avant, une variole ou une vaccine ; 3* enfin, sur la possibilité de produire une variole avec la varicelle, et réciproquement

Cependant on a contesté k M. Thomson l'exactitude de tous ces faits. C'est ainsi que la varicelle a régné parfois, mémeépidémiquement, sans être accompagnée de variole ; elle affecte, en outre, fréquemment des sujets qui n'ont été ni vaccinés ni varioles, et chex eux l'éruption ne diffère en rien de celle qu'on observe chez les Individus qui ont la varicelle consécutivement à la variole ou à la vaccine. On a aussi nié que la varicelle pût produire la variole, et réciproquement Enfin, on a même contesté à la Taricelle vésiculeuse tout caractère contagieux. On voit donc qu'il existe encore à cet égard beaucoup d'incertitude, et il est impossible, dans l'état actuel do la science, de se prononcer sur 'ce sujet avec connaissance de cause. Cependant, en ne tenant compte que des caractères de l'éruption elle-même, nous croyons que la varicelle constitue une affection distincte de la variole comme elle l'est delà varlololde.

Symptàmes^marehe, — L'éruption qui caractérise la varicelle est précédée pendant vingt*quatre,(trente-six ou quarante-huit heures, par du malaise, de la céphalalgie et de la fièivre ; il y a assez souvent aussi des vomissements et des douleurs épigastriques. Ces symptômes varient beaucoup d'intensité ; ils diminuent, et quelquefois mêmelb cessent au moment de l'éruption.

Celle-ci est caractérisée par des vésicules existant en nombre plus ou moins considérable, et dont la disposition variable a fait admettre deux formes ou variétés de varicelle. Dans la première forme, h laquelle les auteurs anglais ont donné le nom de chicken-pox, oh voit d'abord apparaître de petites taches rouges SemUables à des morsures de puce, qui se transforment pour la plupart, dès le lendemain de leur apparition, en vésicules, dont les unes pointues et les autres aplaties sont remplies d'un liquide qui reste rougeâtre pendant un ou deux jours. Au bout de ce temps, la sérosité devient opaque, lactescente; en même temps les vésicules se flétrirent Au cinquième jour, elles commencent à se dessécher, et vingt-quatre heures plus tard elles sont remplacées par des petites croûtes minces et brunâtres qui tombent du neuvième an dixième jour.

Dans la deuxième forme de la varicelle , appelée swine-pax par les médecins anglais, ou varicelle conoïde par Willan, on commence, comme dans la forme précédente, par observer des taches lenticulahes rouges au centre desquelles apparaît bientôt une vésicule conoïde plus volumineuse que celles du chicken-pox, et dont le liquide se trouble dès le deuxième jour ; elles sont entourées d'une aréole inflammatoire. Stationnairos les quatrième, cinquième et sixième jours, elles commencent à se dessécher au septième, et lorsque les croûtes jaunâtres qui leur succèdent viennent à tomber, il n'est pas rare de trouver à leur place de petites cicatrices.

Il faut rapporter à cette dernière forme de varicelle la variété qu'on a décrite sous le nom de varicelle pustuleuse globuleuse, à cause de l'aspect arrondi et globuleux de l'éruption. Mais on a tort de la nommer pustuleuse, puisque, d'après la remarque de TVillan, l'état pustuleux est consécutif; il n'est apparent, en effet, qu'au deuxième jour de l'éruption , celle-ci étant d'abord constituée uniquement par des vésicules. Je ne dirai rien de la varicelle papuleuse : cette dernière existe

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cflmmiiiieBt a? ec les varicelles dont je viens de parler, elle est caractérisie par

àsftipaies cpii avortent ou qui se résolvent après quelques jours de durée.

Les véncules de la varicelle sont le siège d'un prurit plus ou moins vif, ce qui Awrent porte les malades à les déchirer. Elles sont en nombre plus ou moins conadérahle. Presque toujours discrètes, on les a vues pourtant être confluentes. Dans il plupart des cas, ellrâ commencent à être visibles au tronc avant d'occuper la fèOL En général , on observe pendant plusieurs jours des éruptions successives, k sotte qu'on peut voir sur le même individu la maladie parvenue k des degrés iiérents.

Diagnostie. — On ne pourrait confondre la varicelle avec la forme la plus béigoe de la varioloîde que brsque les vésicules ont passé à l'état pustuleux; mais ta première diffère de la variole par l'absence de la dépression ombiliquée et du diaque pfeado-membraneux, ainsi que par la rapidité avec laquelle la deasioeatiQtt s'opère.

Pronôiiie. ^— Le pronostic n'offre aucune gravité.

Étiolofie. — La varicelle est plus fréquente dans l'enfance, mais elle n*est pnmt adttiîve à cet âge, comme on l'a prétendu à tort Les causes qui y donnent lieu mit tout à fait inconnues. Nous avons déjà dit combien il était douteux que la laricelle fût produite par le contagium variolique. Cette affection est-elle même ooBtagieiise ? U y a dans la science des faits assez nombreux, observés notamment par Wîiian , FontaneiUe et Eichhom, qui semblent prouver que les différentes variétés de varicelles que nous avons reconnue» peuvent être transmises par ino* fnhtffM

Trmiemeni, — Le traitement de la varicelle consiste dans l'usage de boissons imKe% priées tièdes, dans le séjour au lit, ou du moins dans l'appartement au rai-* fieo d'nne température convenable, et dans l'abstinence des aliments sdides.

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