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Fou compare les accès entre eux , on voit tantôt ceux-ci se dessiner xl'autant mieux, et leurs trois stades être d'autant plus marqués , que la fièvre se renouvelle plus souvent. D*autres fois , au contraire , la fièvre semble s*uscr peu à peu , à mesure qu'elle se reproduit : alors ses accès diminuent non seulement dlntensité , mais il arrive souvent qu'un ou même deux stades manquent tout à fait. On dit alors que les accès sont incomplets.
Dans la plupart des cas, la fièvre intermittente se présente telle que je l'ai décrite précédemment Pinel commettait donc une erreur lorsqu'il prétendait qu'il n'y avait pas de fièvre intermittente simple , c'est- à-dire' qui n'eût été k son début ni inflammatoire, ni muqueuse, ni bilieuse, ni adynamique, ni ataxique. Ce sont là, en effet, tout autant de complications qu'on ne rencontre que dans des cas exceptionnels, et qui impriment à la maladie une physionomie |)articulière. Ainsi, lorsque la fièvre intermittente se complique d'un état inflammatoire , le frisson est généralement court, mais il est très intense; le deuxième stade est au contraire plus long , la chaleur est plus brûlante , il y a des signes de congestion vers la tèie on la poitrine; le quinquina n'a qu'un effet nul ou incertain, si l'on n'a pas préalablement le soin de désemplir les vaisseaux par la saignée. La fièvre intermittente, avec complication inflammatoire, a généralement le type quotidien ou double-quotidien ; eue a de la tendance à passer aux types subcontinu ou rémittent; enfin, les signes de pléthore persistent pendant l'apyrexie. Cette complication se remarque sortout chez les sujets jeunes et vigoureux.
Si la fièvre intermittente s'accompagne de nausées, d'amertume de la bouche, d'une suffosion jaunâtre de la peau de la face ; si , en un inôt , elle se complique d'un état bilieux , on voit celui-ci s'aggraver généralement pendant l'accès et persister pendant l'apyrexie, qui souvent alors est incomplète ou s'accompagne du moins d'un grand malaise; le quinquina enfin n'a d'efficacité qu'après qu'on a détruit la complication gastrique. La forme bilieuse se rencontre fréquemment dans les fièvres intermittentes qui régnent dans la Bresse pendant l'été et l'automne (Nepple). L'état inuqueux peut aussi compliquer la fièvre intermittente; c'est ce qu'on observe surtout chez les sujets débiles et qui vivent dans des lieux bas et humides. Ces individus ont la langue blanche, la bouche pâteuse , le ventre paresseux, l'appétit nul, les forces prostrées. Quant aux formes adynamique et ataxique, on doit les considérer comme une variété des fièvres pernicieuses ; j'en parlerai plus tard.
Durée. — Les fièvres intermittentes ont une durée longue. On a renurqué qu'elles se prolongeaient d'autant plus que leurs accès étaient plus éloignés. . Ainsi les fièvres quotidiennes sont plus courtes que les tierces, celles-ci le sont plus que les quartes. Les fièvres du printemps sont aussi moins opiniâtres que celles d'automne. Quelques fièvres cèdent spontanément après quatre ou cinq accès ; d'autres, après trente ou quarante. Il n'est pas rare d'en voir dont les accès se renouvellent sans interruption pendant plusieurs mois et même pendant plusieurs années. Dans ces cas , on observe plusieurs accidents consécutifs qui sont : la couleur jaunâtre de la peau^ V engorgement de la rate, et ïhydropisie.
Accidents consécuti/s. — 1° Chez beaucoup d'individus, il suffit de trois ou quatre accès de fiè?re intenuittente pour que la peau du corps prenne une tdote jaune toute particulière, caractéristique, et qu'il est impossible de décrire. Cette couleur, qui n'a aucun rap[mrt ni avec celle de rictère ni avec la teinte jaunepaille de la cachexie cancéreuse, est surtout marquée au visage ; elle se lie toujours h un appauvrissement du sang, (}ui est alors séreux , moins abondant, et contient
DE LA PlfcVRE nSTERMITTENtE SIMPLE. iSl
mcm» de globules, moins de matière colorante, et à la fui aussi moins de Les individus éprouvent la plupart des accidents que nous décrirons plus odi Farticle Anémie,. Avant la découverte du quinquina , beaucoup de ces ma- UeisaecomiMiieot à cet état de cachexie.
T L'ca^orgement de la rate est un des effets les plus ordinaires de la fièvre; ■M il n'est pis eiact de dire que l'organe splénique augmente de volume dans Ms les cas de fièvre intermittente, car on trouve à ce sujet quelques exceptions. L'caforsemenl de la rate parait plus constant dans les fièvres tierces et quartes fse dans les qootidieunes. On ne peut le découvrir que par la percussion seule, illcBipea considérable; mais, dans beaucoup de cas, il est assez marqué pour fi'àb ptlpation on reconnaisse Forgane débordant lo rebord costal ; la rate peut descendre jusqu'au niveau de l'ombilic ou de la crête iliaque et soulever la paroi abdominale {placenta febnlis). M. Fiorry, qui dans ces derniers s'est beaucoup occupé de l'exploration de la rate dans la fièvre intermittente, a noté que la moitié des malades environ (82 sur 171) accusaient une douleur ou •s srniinKnt de pesanteur dans l'hypocbondre gauche. Cette douleur ne se maniteie siMf ent que dans le premier stade ; d'autres fois on ne la réveille qu'en palpant •s en percutant la région splénique. Dans quelques cas de fièvre intermittente praiongée* le foie est également augmenté de volume, mais il l'est toujours à un digré infiniment moindre que la rate.
V Différentes hydropisies peuvent être aussi la suite des fièvres intermittentes prolongées. Quelquefois il n'y a qu'un peu d'oedème aux malléoles, ou un peu de à la face; d'autres fois Thydropisie est générale (anasarque), en même qu'nn épancbement séreux plus ou moins abondant se forme dans l'ab-
4* La céphalalgie est encore un symptôme qui peut persister d'une manière ineomflMide pendant la convalescence. A en juger par l'efiicacité delà saignée dans CCS cas , il est naturel d'attribuer la douleur de tête à un état de congestion du cerreau.
Ces divers accidents persistent en général plus ou moins longtemps après la cessaliao de la fièvre.
J'ai dit que la fièvre intermittente pouvait guérir spontanément Dans ce cas sou iûiensité va progressivement en diminuant : cependant on la voit parfois cesser jjmaquement, lorsque par exemple le malade change de lieu, ou bien à la suite d'me violente secousse morale , ou bien encore à l'occasion du développement d'une antre affection. Dans ce dernier cas, elle revient souvent pendant la conva- Incence de l'affection qui l'avait interrompue.
Rechutes. — Il n'y a aucune maladie dont les rechutes soient aussi fréquentes que celles des fièvres intermittentes. L'exposition au froid, à l'humidité, les émotions lites, les aliments indigestes, l'administration intempestive d'un purgatif en sont ici causes les plus ordinaires. Les rechutes sont plus fréquentes après les fièvres goéries par les fébrifuges qu'après celles qui ont cessé spontanément Elles seront d'autant plus à redouter, que la fièvre a duré plus longtemps et que la saison est plus froide. Elles arrivent d'autant plus facilement que les individus restent plus faibles, cachectiques et plus ou moins anémiques. Rien u'annonce leur retour. M. Vannoye , pourtant , a dans ces derniers temps cru trouver dans l'examen de la conjonctive palpébrale un signe indicateur très fidèle. 11 prétend que si on abaisse la paupière inférieure en la renversant pendant que \v malade porte la cornée vers la voûte orbitaire, au lieu de voir ime conjonctive d'un ronge plus ou
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moins vif, on trouve une raie pâle ou tout à fait blanche, demi-circulaire; c*esl une sorte de croissant dopt le bord concave entoure la partie inférieure de la scléitxique, et dont les deux cornes sont dirigées vers les deux angles de Tœil (1). Ce signe est réel, mais il n*est pas spécial aux sujets qui ont eu des fièvres intermittentes, on le trouve chez beaucoup d'individus anémiques. Il n'annonce pas le retour prochain des accès avec plus de certitude que ne le font les autres signes de Tanémie.
£n général , les Gèvres intermittentes présentent dans leurs rechutes le même type et à peu près les mêmes phénomènes qu'elles avaient dans la première attaque. Quelques auteurs, Strack surtout, ont avancé que lorsque la fièvre récidivait, les nouveaux accès survenaient le même jour et à la même heure que si les anciens s'étaient reproduits sans interruption ; mais ce fait est loin d'être démontré. II en est de même de l'opinion de "Werlhof, qui admettait non seulement des jours, mais même des semdimes pat^oxystiques ; il prétendait que la fièvre tierce rechutait surtout dans la deuxième semaine, et la fièvre quarte dans la troisième.
Sans prétendre , avec quelques médecins optimistes , que les fièvres intermittentes sont des mouvements salutaires de la nature, il est vrai pourtant que, dans quelques cas, ellesont amélioré des constitutions débiles, ou amené laguérison de maladies graves qui avaient résisté jusqu'alors à tous les moyens thérapeutiques (épilepsie, folie, névralgies, etc.). Cependant il faut considérer ces faits, qui ont pour eux l'autorité de Boerhaave, d'Hoffmann, de Strack, de Werlhof, etc., c^mme étant des cas rares et exceptionnels, car il est beaucoup plus ordinaire de voir les fièvres intermittentes prolongées altérer la constitution générale et aggraver les maladies préexistantes. On a vu aussi la fièvre intermittente, quand elle affectait la femme enceinte , provoquer l'avortement ou l'accouchement prématuré. Ou a dit que dans ces cas plusieurs des enfants avaient été eux-mêmes atteints de fièvre intermittente survenant aux mêmes heures que celle de la mère* Enfin, oo a vu des maladies graves, telles que la pbthisic, le scorbut et le diabète, succéder à des accès répétés de fièvre intermittente. Sydenham a aussi signalé une sorte de manie consécutive aux fièvres, surtout à celles qui ont le type quarte. Mais cet observations ne paraissent pas avoir été confinnées par d'autres médecins : Scnac lui-même n'a jamais rencDutré qu'un seul cas analogue , et M. Baillarger n'en a vu que deux. Il est d'ailleurs probable qu'il n'y a eu ici qu'une simple coïncidence.
Diagnostic, — Le diagnostic de la fièvre intermittente régulière (la seule dont je parle actuellement) ne présente aucune difficulté ; la succession des trois stades vi la réapparition périodique des accès ne peuvent faire confondre la maladie avec aucune autre affection.
Chez les enfants, surtout lorsqu'ils sont encore fort jeunes, le diagnostic peut offrir quelque incertitude; car les accès sont ordinairement incomplets; du moins ne pouvant interroger les sensations des malades, le frisson |)asse presque toujours inaperçu. Le premier stade n'est guère marqué que par de l'inquiétude, de l'agi* tation ; quelquefois on a vu survenir alors des accès convulsifs. Quand on surveille attentivement ces enfants, il n'est pas rare de noter au début de l'accès de la pâleur à la face, et parfois une légère teinte cyanique aux lèvres et à la pulpe des doigts; leurs traits sont plus ou moins grippés. Bientôt la chaleur s'élève, puis les enfants s'endorment et de la moiteur survient. La sueur pourtant est rarement très abon-
(i) Ànnaies de la Socitté médicale de (a fYrfnJr/> oHeninIr, nnnéc 4848.