‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 34 sur 148 · DE LA FIÈVRE INTERMITTENTE SIMPLE · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE INTERMITTENTE SIMPLE

étfcsouveut elle n*est qae partielle, aussi passe-t-clle parfois inaperçue lorsque les sont pas soumis à une surveillancQ très attentive. Les fièvres iutermitjeunes enfants reviennent presque toujours par accès quotidiens et qui «reaoïiTelleQt à des heures irrégulières ; ils sont généralement fort longs et plus ou MioB sufaiiitrants; aussi est-on exposé à ne pas constater l'existence de Tapyrexie. tar arriver à connaître le caractère de la maladie, il faut voir Tenfant aussi sou- «fotqae possible et l'entourer de personnes qui sachent l'observer. Il faut explorer veBtre ; car, le plus souvent, on constatera au bout de quelques accès seule* it une inlnmescence de la rate, qui aidera à fixer le diagnostic Pra$w$iie. — Les fièvres intermittentes printanières et les sporadiques sont géBàalemcait plus faciles à guérir, et récidivent moins que les fièvres automnales d épîdéiniqaes. Les fièvres quartes sont plus opiniâtres que les tierces et que les ^■otidîeiines. L*enfance, la vieillesse, une constitution débile, les affections chroniqirs préexistantes des organes digestifs, sont des conditions fâcheuses. Des accès doDt llntensité s'accroît à mesure qu'ils se reproduisent indiquent en général que h fièrre n'a point de tendance à se terminer. Enfin les phénomènes consécutifs dont j*ai parlé constituent toujours une circonstance fâcheuse, à cause de la len<toir avec laquelle ils disparaissent.

Èiiologie. — Il est peji de localités dans lesquelles on ne puisse observer des intermittentes, du moins à l'état sporadique. Cependant il paraît que ces sont inconnues dans les Indes orientales (Bontius), au cap de Bonneice, en Islande et dans certaines parties de la Suède et de la Russie. Une hticode géographique élevée, variable dans les deux hémisphères, peut être, à ce qa*on prétend, incompatible avec la manifestation endémique des maladies paluééeoaes. Ainsi Pétersbourg , dans le 59* degré latitude nord , et l'île Maurice , Hrsk 20* degré de latitude sud, sont, malgré leurs marais, exempts, dit-on, de fièvres intermittentes. Ces maladies ne régnent d'une manière endémique que dans le voisinage des marais, des rizières, des routoirs, et généralement de toutes ks ftagoations d'eau ayant lieu sur un sol peu perméable et contenant des matières végétales en putréfaction. Les marécages qui existent en France, surtout en pand nombre dans la Bresse, la Brenne et la Sologne, quoique permanents, n'ont poortant pas la même énergie dans toutes les saisons. On s'est, en effet, convaincu qse les émanations marécageuses acquéraient un surcroît d'activité à la fin de l'été H pendant l'automne, saisons pendant lesquelles les eaux stagnantes sont basses, léduiles à leur partie fangeuse, laquelle, par son contact avec l'air et par l'action do solefl , dégage une plus grande quantité de miasmes. On peut établir avec raison, et celad*une manière générale, que l'activité des émanations marécageuses s'accn^t à mesure qu'on s'avance du nord au midi. On a aussi reconnu que les marais situés sur les bords de la mer sont plus délétères que ceux formés seulement par Teau de pluie ou de rivière, probablement à cause de la grande quantité de matières putrescibles que les hautes marées entraînent dans les premiers. On voit encore les fièvres intermittentes sévir dans les terrains bas et humides, à côté des prairies artificielles, dans les rues non pavées et remplies de fumier, dans les pays oà Ton défriche un sol vierge, humide, et contenant beaucoup de débris de végétaux, ainri qu*on Ta souvent observé chez les colons du nouveau monde.

Dans toutes ces conditions, on admet qu'il se dégage certains principes plus ou mmns actifs, nommés effluves (Lancisi), miasmes, émanations, exhalaisons, qui infectent Tair et le rendent apte à produire la fièvre intermittente. Mais jusqu'à présent on n'a pu saisir et isoler ce prii)C)pe délétère; nous ignorons sa t\av^r^ tft

136 hKS FIËVRES.

son mode d'action, et toutes les théories qu'on a faites à ce sujet sont ridicules ou insuffisantes. Cependant on ne peut s'empOcher d'admettre dans Tair des marais une c^use spécifique; car Thumidité ne joue certainement qu'un rôle secondaire : les débardeurs à Paris, qui travaillent sans cesse dans Teau sur les bords Ae h Seine, sont néanmoins peu sujets aux fièvres intermittentes, comme cela résulte des belles recherches de Parent-Duchâtelet La chaleur atmosphérique n'agit aussi, suivant nous , qu'en activant la putréfaction des matières végétales et la volatilisation des principes délétères. Je n'ignore pas pourtant que M. Faure a cité quelques faits pour prouver que la fièvre intermittente pouvait sévir dans les pays secs, arides, et sous l'influence seulement d'une haute température : mais, pour entraîner la conviction, M. Faure aurait dû décrire plus complètement qu'il ne l'a fait la topographie des localités dont il parle, la nature du sol, comme les lieui cir* convoisins. Quoi qu'il en soit, en les supposant exacts, ces faits sont exceptionneh, et ne sauraient autoriser l'auteur à conclure, comme il l'a fait, que la chaleur est la cause la plus générale des fièvres intermittentes.

On peut dire, en général , que les miasmes marécageux sont plus pesants que l'air; ils sont accumulés en plus grande abondance dans les parties basses. Lancisi a aussi prouvé que leur activité était à son maximum après le coucher du soldK car c'est alors que les vapeurs qui ont été raréfiées et dispersées par la chaleur du jour se trouvent condensées, et se précipitent vers la terre.

La sphère d'activité des effluves marécageux varie beaucoup suivant les climats* les topographies, l'état calme ou agité de l'air, sa teni|)érature et son hygrométrie. Dans nos pays tem|)érés, et lorsque l'atmosphère est tranquille, on a évalué à 600 ou 500 mètres la hauteur h laquelle peuvent s'élever ces émanations, tandis que leur propagation dans la direction horizontale ne serait que de 200 à 300 mètres. Mak dans les pays chauds la sphère d*activité s'agrandit beaucoup : ainsi dans les Iodes on a vu, par exemple, des vaisseaux éloignés de 3000 mètres environ d'un foyer d'infection en éprouver |K)urtant les funestes effets (Montfalron).

Otte migration des effluves par l'nir explique (|uelqurs particularités dignes d'être mentionnées, telles que l'apparition des fièvres intermittentes sur de hautes montagnes, dans des lieux sec^ et salubres. On voit aussi les pays voisins des étangs être préservés de la fièvre, parce qu'une forêt ou une colline qui les sépare intercepte complètement la transmission des miasmes, tandis que ceux-ci vont agir dans des lieux plus éloignés. C'est, en effet, en raison de telle ou telle exposition, de tel ou tel obstacle à la propagation des miasmes, que Ion voit, dans les pays maréesgeux, un quartier, une rue, une portion de maison éprouver la fâcheuse influence de l'infection, tandis que les endroits les plus voisins en sont à ral»*i.

La science possède un grand nombre d'observations rap|>ortéess|)érialemenl par Lancisi, par Lind, par Nepple, etc., qui prouvent que les émanations marécageuses peuvent exercer sur les sujets qui s'y exposent une action vive cl subite, qui \arie depuis un simple malaise ou un accès fébrile jusqu'aux accidents les plus graves et même la mort foudroyante. Kn général , pourtant , il y a une |)ériode d'incubation dont la durée varie d'un jour à plusieurs semaines, mais qui, dans la plupart des cas, ne dépasse guère le septième jour. Cela explique pourquoi la fièvre éclate souvent chez des individus qui, depuis quelques jours, s'étaient éloignés du foyer d'infection. Il parait prouvé que l'habitude émousse l'activité des effluves cliez certains individus ; c'est du moins ce qui résulte des ol)servations faites par Lancisi, par Lind et par M. Maillot. On dit aussi que certaines races sont, dans divers pays, plus ou moins réfractaires à l'action des effluves marécageux.

Page 1