‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 45 sur 148 · MALADIES PAR UN VICB DE PBOPORTION DD SANG · texte numérisé non relu

MALADIES PAR UN VICB DE PBOPORTION DD SANG

après avoir été eiposés à une température de 30 à UQ degrés centigrades, ou à un froid de 8 à 15 degrés, préseoteot surtout comme lésion cadavérique une vive injection de la pulpe cérébrale. Je dis surtout , car il est commun alors de voir simultanément une forte congestion des poumons. Cette lésion serait même prédominante d*après le témoignage de Russel (1). Le froid exerce peat-dtre une action plus marquée sur la circulation cérébraJe que la température contraire. C'est ainsi que de nombreux relevés statistiques faits successivemeat k Paris, k Turin et en Hollande , ont prouvé que les congestions cérébrales avaient leur maximum de fréquence en hiver, (^tte maladie se rencontre fréquemment dans les maisons d'aliénés, où elle frappe surtout les déments paralytiques^

Les causes principales qui produisent l'hyperémie du cerveau mécaniquement, en empêchant le retour du sang vers le cœur, sont : les efforts violents, les ligatures et toutes les pressions exercées sur le cou. C'est le plus souvent à une constriction de cette partie, par le col utérin ou le cordon ombilical , qu'il faut attribuer ces accidents qu'on observe chez beaucoup d'enfants au moment de la naissance, et qu'on désigne communément sous le nom d'asphyxié^ bien que, dans la plupart des cas, ils ne dépendent que d'une congestion encéphalique. Les professions qui forcent à tenir la tête dans une position déclive ; les maladies du cœur, surtout et celles du ventricule droit; les anévrismes de l'aorte, ceux du tronc brachio-céphalique et des carotides, lorsqu'ils exercent une compression sur les veines jagulaim et cave supérieure; enfin le rétrécissement ou l'oblitération d'im ou de plusieora sinus de la dure-mère, quelle qu'en soit la cause, amènent souvent une coagestkNi cérébrale. C'est encore par suite d'une gêne de la circulation qu'il faut (vpUquer le développement des congestions cérébrales qui surviennent dans les asphyxiât par l'acide carbonique et par l'oxyde de carbona Leê substances narcotiques, stupéfiantes, conune l'opium, la bdladone, l'alcool, le tabac, la digitale, etc», prises ea trop grande quantité, peuvent aussi déterminer une forte hyperémie cérébrale. On a dit que chacune de ces substances avait une action élective sur une partie spédalo du cerveau : ainsi, d'après M. Flourens, l'opium agirait sur les hémisphères, l'alcool sur le cenelet, la belladone sur les tubercules quadrijumeanx. Mais aucun résultat recueilli sur l'homme n'a encore confirmé ces assertions, qui ne se fondent que sur quelques expériences , peu concluantes d'ailleura , tentées sur les animaux.

Ënfm, il est des hyperémies cérébrales qui surviennent sous l'influence de causes dont le mode d'action nous échappe : (elles sont, par exemple, ces congestions qui affectent si fréquemment les individus dont les digestions sont pénibles , ou qui sont tourmentés par la constipation. A différentes reprises, on a vu les congestions cérébrales sévir d'une manière presque épidémique. Il n'y a encore aucun rdevé statistique qui démontre le degré de fréquence relative des congestions cérèbnlci dans les deux sexes et aux différents âges de la vie. Toutefois tout porte à croire que celte maladie est plus spéciale aux hommes qu'aux femmes, à Tàge adulte et à la vieillesse.

Traitement. — Le traitement sera prophylactique ou curatif. Les individus pré* disposés ou sujets déjà aux congestions cérébrales ne devront pas séjouraer dans les lieux dont la température est trop élevée ou trop froide ; ils useront modérément des plaisirs vénériens; ils éviteront les émotions morales, les contentions d'esprit et les exercices violents. Us seront sobres et banniront de leur régime les

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DE Là CONGESTION SANGUINE RAGHIDIENNE. 171

boissoos el les alimeots doués de propriétés stimulantes; ils eutretieudront la liberté du tentre à l'aide de lavements, ou bien on leur administrera de temps en temps quelques pilules d*aloès, qui auront le double avantage de pn)voquer des selles et de. déterminer vers le rectum un mouvement fluxionnaire ou un flux hémorrbaidaL On évitera que le cou soit trop serré par les cravates ; on proecrirt tontes les coiffures qui pourraient congestionner la tête ; les pieds seront , au con« iram« tenns le plus cliauds possible et à l'abri de l'humidité* La construction du Mt mérite aussi de fixer l'attention du médecin : il faudra banair les oreillers de ptame » et les remplacer par des oreillers de crin ou de balle d'avoine ; enfin, le lit formera un plan fortement incliné de la tête aux pieds. Lorsque , malgré ces pri« caotions, la congestîon.cérébrale se déclare, on emploiera la série de moyens dont j'ai parlé dans mes généralités: saignées générales, révulsifs sur les. extrémités, purgatifs drastiques. D'ailleurs, le traitement de cette maladie ne différant pas de celui de l'apoplexie, je renvoie, pour plus amples détails, à celle-ci. Je dois pourtant dire ma mot de l'emploi des émissions sanguines, sur lequel régnent quelques diasidefieesi» Si tout le monde est d'accord pour conseiller la saignée générale » beaaconp blâment l'emploi des saignées locales bites dans le voisinage de Torgane. coogeatioiiné ; on craint que des sangsues mises derrière les apophyses mastoides, loin de combattre la congestion^ ne la provoquent ou ne l'augmentent Cette appréhension serait fondée si Ton n'appliquait qu'un petit nombre de sangsues, et ù Ton n'obtenait qu'un faible suintement de sang; mais si, au contraire, on met d'emblée vingt à trente sangsues, et si Ton provoque un écoulement considérable de nog, on produira sûrement le dégoigement des vaisseaux cérébraux. On parvieadnao même résultat en entretenant pendant douze, seize ou vingt-quatre benrat» on écoulement continu par l'application de deux, quatre ou six smgsues qu'oo remplace par d'autres aussitôt qu'elles sont tombées. Ce dernier moyen est peut-être celui qu'il faudrait préférer dans le cas de congestion cérébrale méca- Bîqiie, comme lorsqu'une tumeur quelconque , compridUnt les veines jugulaires , nnp^fJ>ft le retour du sang vers le cœur.

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