‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 46 sur 148 · DB LA CONGESTION SANGUINE RAGHIDIENNE · texte numérisé non relu

DB LA CONGESTION SANGUINE RAGHIDIENNE

Lodwig, les deux Frank, et plus récemment Ollivier, d'Angers, dans son Traité dti maladiei de la moelle^ ont rapporté à une congestion racbidienne un certain nombre d'accidents, tels que des douleurs vagues dans les membres et le dos, cer* taioes névralgies sciatiques, certaines claudications, divers tremblements et mouvements convubifi , la stupeur et la paralysie de ces membres, ainsi que plusieurs phénomènes épileptiformes et tétaniques, surtout dans les cas où ces accidents dispanûasent après une durée assez courte. Cependant les auteurs dont je parle n'ont pas démontré l'exactitude de leur opinion par des recherches nécroscopiques; mais Us ont surtout été portés à rattacher à une congestion racbidienne les acci« dents qne j'ai énumérés, parce que ceux-ci étaient à peu près semblables à ceux qœ d^ermine une forte hyperémie cérébrale. Gomme on le voit, l'existence de la congestion racbidienne n'est établie que par voie d'analogie et nullement d'une manière expérimentale ou clinique. M. Calmeil observe , à ce sujet , qu'on aurait tort d'inférer de ce qui se passe vers le cerveau , que la même cause matérielle tiWMporlée vers le rachis y entraînerait les mêmes inconvénients. En effet, lorsque le sang se porte en abondance dans les vaisseaux cérébraux , il doit inévitable* ment exercer une compression sur la pulpe nerveuse, puisque l'organe rempli

172 31ALADIES PAn UN VICE DH l>R0P0RT10Tf IHJ SANG.

exactement la boite osseuse du crâne; tandis que, quelque intense que soit la congestion racfaidienne , on voit Finjection plus ou moins considérable dans les veines et les vaûiseaux de la pie-mère pénétrer rarement le cordon nerveux. Cette congestion d'ailleurs ne saurait jamais exercer l)eaucoup de compression sur la moelle elle-même , à cause de l'espace considérable qui existe naturellement en arrière , entre les lames des vertèbres et l'organe rachidien.

En résumé, je crois que, dans l'état actuel de la science , on ne cônnatt aucau groupe de symptômes qu'on puisse regarder comme étant l'effet d'une congestion de la moelle épinière. Tout ce qu'on a dit à ce sujet demande k être vérifié par de nouvelles observations.

DE LA CONGESnON PULMONAIRE.

Le poumon est un des organes qui se congestionnent le plus {adlement ; c'est ce qui s'explique par la nature de ses fonctions , par l'activité de sa circulation, par la grande quantité de sang qu'il contient habituellement , par son voisinage et ses connexions intimes avec le coeur. Les congestions pulmonaires sont active^ ou pas* sives. Peu ou mal étudiées jusqu'à ce jour, nous allons essayer d'en tracer l'histoire, surtout d'après les faits que nous avons nous-même observés.

X>e la eoBgestîon aetive d«t poomoDf .

Dans la congestion active, les poumons sont moins crépitants et pins lourds; ils surnagent moins complètement; d'une couleur violacée, il s'écoule des incisiona qu'on leur pratique une grande quantité de sang noir, fluide, mêlé à de la sérosité spumeuse. Les bronches sont ondinairement vides, ou bien elles contiennent un peu de mucus Uanc ou légèrement sanguinolent

Symptômes, — Dans toutes les congestions actives des poumons , les malades accusent de l'oppression, un sentiment pénible de gêne dans la poitrine, souvent accompagné d'une sensation de chaleur dans cette cavité , et d'une légère accélération des mouvements respiratoires. Lorsque la toux existe, elle est presque toujours sèche et peu fréquente; quelquefois pourtant les malades rejettent quelques crachats blancs, visqueux, souvent striés de filets de sang. Il est fort rare que la percussion du thorax donne quelque signe morbide. Cependant, lorsque la congestion est considérable ou lorsqu'e//^ affecte la superficie du poumon , le son de la poitrine sera obscurci à ce niveau , ce dont on pourra se convaincre en percutant comparativement le côté sain dans les points correspondants. Par l'auscultation , on constate en outre, au niveau des points congestionnés, une diminution parfois considérable dans le murmure vésiculaire, mais sans augmentation dans la résonnance de la voix. Dans quelques cas rares, iiidépendamment de la faiblesse du bmit respiratoire, on entend encore, surtout pendant l'inspiration, quelques bulles rares de râles muqueux ou sous-crépitants^ ce qui indique qu*un peu d'exhalation s'est faite dans les vésicules ou dans les bronches. Ces râles n'offrent rien de particulier, et tout ce que M. Fournet a dit à ce sujet dans son livre me semble avoir été plutôt imaginé que réellement observé. A l'aide des signes physiques que je viens d'indiquer, on peut limiter plus ou moins exactement le siège de la congestion. Quoique 6eUe-ci puisse se montrer indistinctement dans tous les points du poumon, l'ob^srvationa prouve cependant que, dans la gjrande majorité des cas, i'hyperémie occupe le bord postérieur et lai partie inférieure de l'organe.

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