‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 47 sur 148 · DE LA CONGESTION PULMONAIBB · texte numérisé non relu

DE LA CONGESTION PULMONAIBB

La congestion pnloMHiairc réveille peu de phénomènoK sympathiques , les seuls s\'aiptôiDe8 géuéraux qui raccompagnent sont ceux qu'on rencontre dans la pluf art des autres congestions actives.

Marche^ durée, terminaison. — Il n'est pas ordinaire que la congestion \mU BKMiaire débote aussi brusquement que celle du ceneau, et que, comme celle-ci, elie atteigne en peu d'insUnts son maximum d'intensité. Cependant il n'est pas absolument rare de voir la maladie naître tout d'un coup et amener une mort très prompte, parfois instantanée. Dans h plupart des cas, pourtant, le début est pins lent ; la durée de la maladie est rarement moindre de trois ou quatre jours , et la résolution est sa terminaison la plus ordinaire. La poitrine reprend alors sa sonorité, mais la iiaiblesse du bruit respiratoire disparaît plus lentement. Dans quelques cas, une héoioptysie plus ou moins abondante succède aux signes de la congestion , et Ton ?oit souvent alors se former plusieurs noyaux apoplectiques dans le parenchyme de l'organe; d'autres fois c'est une pneumonie qui se déclare ; mais ce dernier aiode de terminaison de la congestion nous a paru être bien rare. I«a congestion pulmonaire brusque et portée à son plus haut degré peut , ainsi que nous l'avons d^ dit, causer la mort instantanément. M. le docteur Devergie regarde même cette caose de mort subite comme très fréquente, puisque, sur quarante cas observés par loi, vingt-quatre fois la mort avait été occasionnée par une congestion do poomoD seule ou unie à one congestion cérébrale. C'est aussi ce que M. le docteur Lebert a parfaitement établi dans un excellent travail qu'il a inséré dans les Archives yénéralesde médecine pour l'année 18/i8. La mort s'explique ici par la suspension de la respiration et de la circulation dans les poumons , dont tout le système capillaire est gorgé de sang.

Diagnostic. — D'après ce que j'ai dit, on voit qu'il est assez facile de reconnaître une congestion pulmonaire active ; car cette alTection ne présente que peu de points de contact avec les autres maladies thoraciques, telles que la pneumonie ao premier degré, la bronchite et l'œdème do poumon. Il importe beaucoup, pour le pronostic et pour le traitement, de déterminer si une congestion pulmonaire est csentidle ou si elle est symptomatique de quelque lésion organique, soit du cceor, soit des poumons. L'examen attentif des malades permettra, dans la plupart des cas, de le préciser. Le siège qu'occupe la congestion pourra d'ailleurs fournir quelque présomption sur sa nature. Ainsi on peut établir en règle générale que la plupart des congestions qoi se forment dans le tiers sopéricur des deux poumons se lient ireûtence de tubercules. Cette opinion acquiert d'autant plus de Traisemblance que la congestion récidive {dus souvent, qu'elle survient spontanément, sans cause appréciable, qu'elle persiste plos longtemps, enfin qu'elle se juge ordinairement par one bénx>ptysie.

Pronostic. — Les considérations précédentes indiquent combien le pronostic de b congestion pulmonaire est variable. Lorsque celle-ci est simple , qu'elle survient chez un sujet bien portant 2i la suite de causes bien évidentes, elle n'a aucune gravité. Il en est tout autrement lorsque la maladie , tout à fait spontanée, se lie à rexistence de tubercules; car l'afflux insolite du sang, qu'on constate alors dans on point du poumon, révèle presque toujours un surcroit d'activité dans le travail morbide qui engendre les tubercules, ou qui fait marcher ces produits à un degré plos avancé.

Etiologie. — Les congestions pulmonaires se rencontrent spécialement chez les personnes jeunes, c'est-à-dire de vingt à quarante ans. On les obsene chez les sujets sanguins et pléliioriqucs, et peut-être plus fréquemment encore chez les

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tndîTidas d*oii tempérament lymphatique prédisposés à la phthkié polmonaire. Les maladies da cœur paraissent être une cause efficace de congestions actives. Nous ne savons rien de positif sur l'influence exercée par les professions. H est, au contraire, bien constaté que les extrêmes de température et surtout que les chaleurs de la canicule produisent un grand nombre de congestions pulmonaires : ainsi on a vu souvent la maladie survenir après une exposition trop longtemps prolongée à un froid intense ou à un soleil ardent. Chez d'antres, la congestion a succédé k des excès alcooliques , à l'inspiration du gai acide carbonique ou anx diverses causes d'asphyxie. Les congestions sanguines actives des poumons ont fréqu^nment lien dans le cours de certaines maladies ) je citerai en particulier les tubercules pohnonaires , les maladies du cœur , et , suivant Avenbrug^r et Gon isart , les fièvres éruptives dans leur stade d'invasion , circonstance que je n'ai pas^eneore suffisamment vériAée.

Traitement. — La saignée générale est le moyen par excellence pour combattre h congestion pulmonaire. On y joindra, si c'est nécessaire , la série des remèdes dont nous avons parlé précédemment dans nos généralités.

Beaucoup de personnes Mâment l'emploi des révulslfe sur les parois de la poitrine ; car elles croient que, loin de combattre la congestion , ces agents doivent , au contraire, l'augmenter. Je ne partage pas ces craintes , puisque des faits nombreux m'ont démontré qu'nn des meilleurs moyens de i^soudre les congestions actives qui ont résisté aux saignées générales et aux dérivatifs sur le tube digestif consiste dans l'application, sur les parois de la poitrine, de ventouses sèches on scariûées, ou bien d'un ou plusieurs vésicatoires volants.

Ha la eoagttftîoa passive des poumoas.

Les poumons sont» de tous les organes de l'économie, ceux qui sont le plus souvent le siège de congestions passives. Celles-ci ont de la tendance à se produire dans le cours de presque toutes les maladies aiguës et chroniques, et généralement chez tous les sujets débilités par une cause quelconque. A mesure, en eOet, que la puissance vitale vient à s'affaiblir, les lois physiques reprennent peu h peu tout leur empire, la circulation languit, et le sang, obéissant aux lois de la pesanteur, sti^e dans les poumons, et engorge les parties déclives de ces organes. Telle est l'origine de la plupart des engorgements sanguins qu'on remarque à la base et sur le bord postérieur des poumons.

Amtomie morbide. — Les parties ainsi congestionnées sont bleuâtres ou livides k l'extérieur ; elles surnagent incomplètement lorsqu'on les plonge dans Teaù , leur pesanteur spécifique est augmentée, et leur tisi^u crépite moins; lorsqu'on les indse, il s'en écoule une plus ou moins grande quantité d'un sang fluide , séreux, noirâtre ou bien rougeâtre, peu aéré. En général, le parenchyme engoué n'est point friable : cependant le contraire a souvent lieu en raison de la macération des tissus par la grande quantité de liquides qui les pénètrent Dans ces cas , il suffit de malaxer la portion engouée sous un filet d'eau, et de la priver par expression de tous les liquides qui l'engoi^gent, pour lui rendre sa couleur et sa consistance not^ maies. Cependant il n'est pas très rare , nonobstant cette opération , de voir le poumon rester encore plus ou moins friable; il devient alors impossible, d'après la simple inspection* cadavérique, de distinguer l'engouement simple d'avec la pneumonie au premier degré. L'engouement est d'autant plus considérable que les parties sont plus déclives. U est eu rapport avec le décubitus que les malades ont

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