‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 49 sur 148 · DES CONGESTIONS UTÉRINES · texte numérisé non relu

DES CONGESTIONS UTÉRINES

L'utérus paraît être, de tous les viscères abdominaux de la femme, celui qui se ooogestioune le plus fréquemment. Ces congestions, qu'elles aient lieu dans Tétat ^tacuité deTorgane ou pendant la grossesse, m'ont toujours paru être asscntielkment actives. Elles sont caractérisées par une sensation de chaleur dans le basai : il semble à ces femmes que le vagin et la vulve soient tuméfiés, elles rcssentcnl des pesanteurs vers le siège, des tiraillements aux aines, de la chaleur ou une véritable douleur à Thypogastre et dans la région sacrée ; quelques unes éprouvent êtes coliqnes utérines assez fortes, et semblables à celles qui accompagnent si souvent la dysménorrhée (voir cette maladie dans le tome II). Ces symptômes, quoique continus, s^exaspërent de temps en temps. Si l'on touche les femmes» on dit que rotérus semble plus gros, plus lourd, et que le col et le vagin sont plus chauds que de cotttnme; souvent il existe un écoulement muqueux ou sanguinolent; l'urine est ordinairement excrétée plus fréquemment en faisant éprouver un sentiment de cuisson. Ces signes de congestion peuvent se dissiper après un ou plusieurs jours , et dans un grand nombre de cas ils sont remplacés par Tapparltion des régies ou par ■ne véritable métrorrhagie, laquelle , en cas de grossesse , serait presque nécessaimncnt Tavant-coureur prochain d'un avortemeut.

Les congestions utérines ne se remarquent guère que chez les femmes réglées ou chez les jeunes filles chez lesquelles la révolution menstruelle se prépare. Il y a , en effet , un assez grand nombre de femmes non réglées qui éprouvent pèriodifoement chaque mois les signes d'une congestion utérine qui se dissipe spontané- ■ent sans être suivie par aucun écoulement sanguin. Chez la femme menstruée, b congestion utérine succède souvent à une suppression brusque des règles ou à ■le excitation insolite des organes génitaux, etc. La congestion utérine est un 'accident également très commun dans les trois ou quatre premiers mois de la grossesse; elle est la cause la plus ordinaire des avortements qui ont lieu si fréquemment à cette i)ériode de la gestation ; elle se développe quelquefois à Toccaâoa d*une émotion morale, d'une secousse, d'une chute, de rapprochements sexuels immodérés ; le plus souvent elle a lieu spontanément sans cansc appréciable, H à une époque correspondant aux périodes menstruelles. Les femmes sanguines, pléthoriques, celles qui d'ordinaire sont abondamment réglées, sont les plus «jettes à ce grave accident.

La métrite est la seule affection qui puisse simuler la congestion utérine ; mais , dans la première , la pression à l'hypogastre ou le toucher par le rectum et le vagin réveillent des douleui*s plus vives, souvent il existe de la lièvre , des phénomènes nmpathiques plus nombreux, enfin la marche est généralement plus longue que

dans une simple congestion.

Traitement, — Lorsque la congestion utérine est survenue après la suppression des règles, ou bien lors(|u'e]le constitue, pour ainsi dire, un prodrome de l'époque menstruelle, il y a indrcatioil \ provoquer l'écoulement sanguin qui doit être la crise naturelle de l'état congestif. CVst dans ce but que l'on conseillera l'emploi de pédiluves sinapisés, de fumigations de vapeurs aqueuses vers la vulve, de lavements chauds d'armoise, de cataplasmes chauds qu'on placera sur les parties sexuelles ; enfin , si ces moyens sont insuffisants , on appliquera des sangsues en petit nombre à la vulve.

Lorsque les congestions utérines, au lieu d'être, pour ainsi dire, le prodrome des

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