DEUXIÈME GENRE
»Bfl HALADIEfi PAR DÉFAUT DE HANQ.
DE l'anémie.
Le mot anémie n'est jamais pris dans son sens étymologique rigoureux , car il exprimerait l'absence complète de sang ; mais il sert à désigner tantôt une dimi-
DE L'ANÉMIE. i8l
oolKNi dans la masse totales de ce liquide, ou bien seuleuieiU une diminution* de ses parties solides, telles que la fibrine, le fer et les sels, tandis que la proportion du sérum reste la même ou bien est devenue parfois plus considérable. On dit, dans ce dernier cas, qu'il y a /tydroémie. Ces deux étals morbides peuvent être conicMidus sous une dénomination commune et dans une même description ; car ib déterminent les mêmes troubles fonctionnels, et ne peuvent pas toujours être disdogués Fan de l'autre pendant la vie.
Historique. — L'anémie, confondue par les anciens avec diverses lésions organiqaes sons le terme générique de cachexie , n*a guère été décrite comme maladie spéciale que vers le milieu du siècle dernier par Lieutaud , dans sa Médecine pra-tique ^ et dans des travaux publiés en Allemagne par Albertl (1), par Iseoflamm (2) cl en i777 par HoflBnger (3) ; mais son histoire a été surtout tracée par nos contemporains. Il me suffira de citer ici les travaux originaux de Halle (A), ceux de MM. Pîorry (5), Marshal-Hall (6), Andral et Gavarret (7).
Divisions, — On a distingué l'anémie en idiopathique et en symptomarîque « soÎTant que l'altération du sang constitue toute la maladie , ou suivant qu'eUe est cBe-mème le symptôme d'une autre lésion. On a encore admis une anémie géné^ raie et une anémie locale. On voit un exemple de cette dernière dans la décoloratîoD t Tétat de flaccidité et de langueur que présentent les membres qui ont été longtemps enveloppés d'appareils.
Anaimnie pathologique. — On trouve moins de sang qu'il ne convient dans le cadavre des sujets anémiques, ou s'il existe en quantité encore assez considérable , il est très séreux , d'un rose clair et d'une densité moindre. Mais le caractère foMhmental de l'anémie est, d'après MM. Andral et Gavarret, dans la diminution des globules, qui, de 127, moyenne normale, peuvent descendi*e à 60, 50, 27, et même 21. Cette altération est constante; tandis que la fibrine , l'albumine et les astres principes solides du sang, qu'on a crus être pendant longtemps en proportîoo DM>indre , paraissent n'avoir subi aucune variation pathologique , d'après les récents travaux des auteurs que je viens de citer. Observons cependant que cela ■'a liea qne dans les cas où l'anémie s'est développée lentement. Lorsqu'au contraire celle-ci est rapidement produite par des héroorrhagies ou par des saignées inmodérées , il est commun de constater avec la diminution des globules une dînimution également considérable dans la quantité de fibrine. Le sérum augmente alors dans la même proportion que les globules diminuent; il |)eut, en effet, de 790, moyenne normale, atteindre le chiffre de 915. Il est plus aqueux que de coatnme , et contient moins de sels solubles. M. Marshal-Hall a vu quelquefois somager à sa surface une substance semblable à de la crème, substance que Prout a reconnue être de la matière grasse : ce serait, diaprés M. Hall, la graisse même des sujets que l'absorption aurait trans[)ortée dans le torrent circulatoire. Le sang retiré du vivant de l'individu se concrète ordinairement en un caillot dense, fortement revenu sur lui-même, nageant dans une grande quantité de sérum incolore, et recouvert souvent d'une couenne aussi épaisse que s'il existait une pleurésie ou un rhumatisme. La présence de la couenne sur le sang des sujets anémiques , sans qu'il existe pourtant d'inflammation nulle part , est une circonstance remarquable,
(i) De amemia. Haie, 4751. — (2) Demiemia vera et spuria. Erlaiig», 176â. — (S) De se* teeiiê muéieémemtie, 1777. — (&) Journal de Corvitart, 1. 1X« aanéu 1813. — (5) TraUé ée médecine ^ratiquet no* de juillet et août ib3j. — (6) Efftit sur Ut pertct du »ang, {Archives éâ méiecimÊf Muée 1839) — (7) Eitai d^ hématologie.