‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 52 sur 148 · MAIADIES PAR UN VICE DE PROPORTION DU SANG · texte numérisé non relu

MAIADIES PAR UN VICE DE PROPORTION DU SANG

qiiç fiorsieii avait signalée, mais sur laquelle M. Andral a plus particulièrement insisté. Ln formation de la couenne, en a])parencc si insolite, sVxplii|uc naturellement par la conslitufion môn)e des éléments du sang. Nous avons vu, en eiïet, quo dans l'anémie il y a diminution des globules , tandis que la fibrine reste dans sa proportion normale, c'est-à-dire qu'il y a excès de fibrine par rapport aux globules; or, toutes les fois, comme le dit M. Andral, que cet excès a lieu, qo*iI soit relatif ou absolu, et que la coagulation de la fibrine n*est pas trop rapide, on verra ce principe s'accumuler seul h la surface du caillot , et la couenne appamitre. Voilà pourquoi le sang des anémiques peut être couenneux , tandis que celui des sujets pléthoriques ne Test pas; voilà pourquoi aussi, chez les premiers, le caillot est plus ferme et plus dense que chez les seconds.

I^orsque l'anémie dure depuis longtemps, le cœur et les vaisseaux sont revenus sur eux-mêmes; M. Beau prétend, par contre, que les cavités du cœur sont agrandies et les parois de l'organe plus ou moins épaissies. Mais ce fait n'est pas encore démontré pour nous. Quoi qu'il en soit, chez les individus dont nous par- Ions on trouve tous les tissus décolorés, exsangues ; les pouiQons , légers et crépitants , ne sont pas ou presque pas engoués à leur partie postérieure , ainsi qae la chose a communément lieu , et cela en raison de la vacuité des vjiisçjsaux. Enfin , de la sérosité infiltre souvent le tissu cellulaire des mepabres ou est épiachée dans les principales cavités séreuses; mais ces infiltrations et ces épanchements sont très peu considérables, à moins pourtant que le sang n'ait perdu son albumine , ce qui constituerait alors une complication grave. (Voir l'histoire de la maladie de Bright et l'article Hydropisies.)

Symptômes. — Les sujets anémiques ont les chairs flasques ; leur peau est pâle, blafarde, ou plutôt elle a la couleur jaunâtre de la cire blanche qqi a vieilli. La conjonctive , la muqueuse de la bouche et celle des parties génitales , sont également décolorées ; on n'y reconnaît aucune ramification capillaire; les veines souscutanées sont affaissées , presque vides ; souvent on ne les distingue plus , ou bien leur trajet se dessine à peine par une nuance violette extrêmement pâle. Les individus dont nous parlons sont sensibles au froid ; ils ont le |)ouls généralement faible, quelquefois dur, presque toujours fréquent; ils sont oppressés dès qu'ils marchent; ils éprouvent des palpitations et tombent souvent en syncope. La percussion indique que le cœur a son volume normal, ou qu'il est plus petit. En auscultant ses bruits , on les trouve quelquefois clairs et éclatants ; l'impulsion de l'organe est vive parfois , mais le plus souvent elle est faible , et s'accompagne fréquemment d*nn bruit de souffle qui existe toujours aw/)r^w/er temps.

L'auscultation n^édiate des principaux vaisseaux donne des résultats plus importants et plus curieux encore ; l'oreille perçoit, en elTet, plusieurs espèces de bruits. Souvent c'est un bruit de souffle doux, unique, intermittent, comme la diastole artérielle à laquelle il correspond; on peut l'entendre dans la plupart des artères volumineuses , mais 11 existe surtout dans les crurales, et plus encore dans les carotides, spécialement dans la droite. Il est, en général, permanent , mais il peut cesser de temps en temps pour se reproduire à l'occasion de toutes les causes qui excitent la circulation. Outre ce bruit , qui se passe manifestement dans les vaisseapix artériels, on perçoit encore dans l'anémie quelques autres bruits dont le siège serait, dit-on, diiïérenL Ainsi, en appliquant le stéthoscope dans le triangle sus-claviculaire, et en ayant soin que le cou du malade soit tendu et tenu droit, le menton relevé et la face tournée du côté opposé , on entend souvent un brqit de souffle continu que Laénnec a comparé avec bonheur au murmure de la mer, ou \ celui

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