‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 62 sur 148 · DU MUGUET · texte numérisé non relu

DU MUGUET

d'abord b pulpe da doigt, puis on la trempe dans un flacon contenant du chlorure sec en pondre, et on la porte ensuite snr les parties affectées, qu*on frictionne rude^ nent H. Taopin déclare cette méthode très efficace.

Du muguet ou de la stomatite crémeuse.

Les vaotÈ de muguet ou hlanchet servent à désigner une forme de stomatiti caractériaée par l'exsndation sur la muqueuse buccale de petites concrétions blan* châtres, qui tantôt sont disséminées , et tantôt sont confluentes.

Le magaet, que beaucoup de médecins, même modernes, ont à tort confondu arec les a[Àthes, n*a été convenablement étudié que par nos contemporains , spécialemeot parles docteurs Yéron (1), Lélut (2), Guersant et Blache (2), Yalleix (^), et récemment par MiM. Trousseau et Delpech (5).

Reblitement à Tabondance de Téruption , le muguet a été divisé en discret et ra amfluent; ce dernier a été aussi nommé malin, en raison des symptômes gêné* rau graves qui raccompagnent Une division plus importante encore est celle qui dntJDgne le muguet en idiopathique et en symptomatique. Le premier affecté it& sajets bien portants et constitue une maladie toute locale; le second, au contraire, se déclare chez deà sujets affaiblis et arrivés à une période avancée d'une maladie aîguê, et surtout chronique. Le muguet idiopathique est spécial à Tenbnce; celui qui est symptomatique est commun à tous les âges.

Lmon9 cadavériques. — I^armi les lésions qu'on trouve à l'ouverture des cadavres, les unes appartiennent au muguet, les autres aux complications. Les premières se retrouvent partout où l'exsudation s^est faite , c'est-à-dire dans la bouche, où elle est constante; dans le pharynx et dans l'œsophage, où elle est très commne; dans l'estomac, où on la rencontre dans un dixième des cas ; dans le tube iitestinal enfin, où elle est beaucoup plus rare. Cette exsudation est disposée par petits points blanchâtres, ayant la grosseur d'un grain de riz ou de semoule, plus iQ moins rapprochés entre eux ; d'autres fois tout l'intérieur de la bouche est reiétn par une couche uniforme et mamelonnée. Celte exsudation, molle, pullacce, iiodore, obéissant aux réactifs chimiques comme le ferait le mucus et la fibrine, jdbère faiblement à la muqueuse, qui est souvent rouge bleuâtre, plus s^che, quelquefois ramollie. Des ulcérations Se rencontrent fréquemment (dans près de la JBoitié des cas) à la voûte palatine.

Depuis longtemps on a recherché quel était le siège précis des concrétions dans le muguet. Van Winperse, qui écrivait en 1787, a prétendu qu'elles se formaient sou» Tépithélium, et cette opinion a trouvé dans MM. Lélut et Guersant des défenleurs habiles, fiillard, au contraire, soutient que l'exsudation se forme sur Tépidiélinm lui-même. Enfin , récemment MM. Trousseau et Delpech ont dit qu'elle se déposait plutôt à la surface de la muqueuse préalablement dénudée. C'est là , comme on le voit , une question d'anatomic pathologique qui n'est pas encore résolue. Tout en appelant de nos vœux de nouvelles recherches , nous croyons cependant qu'examinée tout à fait au début , l'exsudation morbide siège réellement sous Vépitbélium ; mais un peu plus tard, c'est-à-dire après trois ou quatre jours, on ne peut plus saisir cette disposition, probablement en raison de la destruction

(1) ObaervatioHê êur tes maladies des enfants, Paris. 1825. ~ (2) Archives, année 1827. — (3) Dietionmaire de médecine^ article Muguet. — (A) Clinique des maladies des nouveaux^ncs, — (5) Journal de médecine^ anoée 1845.

219 DES jr^FLASlMATlONS.

spontanée de la couche épiderinique. Inutile de dire que la coocrétiou donl nous parions est une pseudo-membrane , résultat d'une sécrétion morbide ; personne ne le cotiteste , si ce n*cst quelques micrographes , qui ont émis Tidée singulière que ce produit était une moisissure, un parasite végétal, un amas déplantes cryptogames, dont les racines s'implanteraient dans les cellules de l'épithélium.

Récemment encore , M. Robin a soutenu la même doctrine , et il m*a magistra- 4P||emént gourmande de mon incrédulité et de mon irrévérence envers MM. l(^s micrographes. Je persiste , néanmoins , dans les mêmes idées , et je suis heureux de m'étayer ici de l'autorité de M. Monneret Cet observateur, qui du moins a le rare mérite d'être à la fois médecin et micrographe habile , a reconnu comme moi que le muguet était constitué par une fausse membrane , dans laquelle l'étude micrographique lui a fait décou^nr : 1<* de la Gbrine en granulations et en fibres ; 2'' des cellules granuleuses ; 3' quelques globules de pus ; W un nombre considérable de cellules d'épithéllum pavimenteux. Or il arrive que, sur cette concrétion, il se forme souvent , mais non nécessairement , des mucédinées. Ces parasites , dit encore M. Monneret, ne jouent aucun rôle dans la |)athogénie des productions morbides, au milieu desquelles on les rencontre, et qui leur servent purement et simplement de terrains de support, et rien de plus (1). C'est une opinion analogue qui avait été également développée par un médecin non moins distingué, M. Gubler, qui reconnaît que les mucédinées du muguet ne constituent qu'un épiphénomène, et qu'elles se développent au milieu de détritus organiques, lorsque les fluides de la bouche acquièrent des qualités acides (2). Mais à quoi bon insister davantage ici sur une question qui peut intéresser l'histoire naturelle, mais qui n'a nulle importance au ppint de vue médical ? Pour le médecin, en eflct, le muguet restera une forme de la stomatite ; une stomatite avec production d'une fausse membrane.

Chez presque tous les sujets qui succombent, surtout dans les hôpitaux, on

trouve la muqueuse intestinale rouge, injectée, ramollie, quelquefois ulcérée ; alté-

, rations qui tantôt ont précédé et tantôt suivi le muguet. Plus rarement il existe de

la rougeur dans les bronches, et dans les poumons diverses formes d'bépatisatioo.

Symptômes. — D'après M. Yalleix, un érythème aux fesses et à la partie postérieure des cuisses précéderait presque toujours (17 fois sur 23) le muguet; puis il surviendrait de la diarrhée, un mouvement fébrile plus ou moins intense, et ce n'est que consécutivement à ces accidents que les premiers symptômes buccaux apparaîtraient C'est ainsi, en effet, que les choses se passent pour le muguet, qu'on peut nommer symptomatique, et qui atteint des enfants débilités ou déjà malades : c'est le muguet le plus commun dans les hospices. Cependant, chez les enfants bien constitués et sains, la maladie débute souvent sans prodromes, par des accidents du côté de la bouche.

Quoi qu'il en soit, dans les deux cas , la langue devient rouge en partie ou en totalité , et ses papilles sont plus saillantes. La même rougeur se développe dans plusieurs autres points, et s'étend souvent dans toute rarrière-bouche ; la muqueuse qui tapisse ces parties est sèche, luisante, et elle devient le siège d'une chaleur brûlante. M. Gubler dit aussi que le mucus buccal acquiert alors une réaction acide. La succion est douloureuse, et la déglutition le plus ordinairement difficile lorsque l'inflammation érythémateuse s'est propagée dans le pharynx. Cependant,

(i) Histoire naturelle des végétaux pantsiles, 2* édition, p. 489* (3) Gautte médicale de Paris, année 1853, p. 589. (5) Gautte médicale, 1852, p. M2.

Page 1